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ISBN : 2849903787
Éditeur : Editions des Equateurs (09/04/2015)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 32 notes)
Résumé :
Contrairement à Dantzig abandonnée autrefois à Hitler, Kobané symbolise une résistance réelle, celle des Kurdes contre ce nouveau totalitarisme : l'islamisme radical - sans doute la plus grande barbarie enfantée par le début du XXIe siècle. Pour les djihadistes de Daech, habités par la haine de tout ce qui ne leur ressemble pas, l'idée même de démocratie doit disparaître à jamais. Celle-ci est au coeur du mouvement révolutionnaire des Kurdes de Syrie qui combattent ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
nadiouchka
  15 juillet 2019
Ce grand baroudeur – aventurier – écrivain – aviateur – marin (tout cela pour un seul homme), qu'est Patrice Franceschi, est aussi un homme engagé dans la résistance afghane et il soutient depuis longtemps et activement, ses amis Kurdes.
Avec « Mourir pour Kobané », c'est l'histoire d'une guerre trop souvent ignorée. En faire la lecture est une bonne « piqûre de rappel. »
Patrice débute son récit par ces lignes : « Deux années se sont écoulées depuis la première édition de ce récit. Conçu comme la guerre romanesque et révolutionnaire d'hommes et de femmes avec lesquels je m'étais intimement lié, je voulais qu'il se suffise à lui-même quel que soit le passage du temps et on n'y trouvera donc rien de changé. » (p.9)
Au moment où il écrivait ceci, personne ne pouvait dire comment tout cela finirait. Mais il était certain que Rakka tomberait et que c'en serait fini de l'hégémonie de Daech en Syrie.
« Mourir pour Kobané – sans point d'interrogation – est le récit de deux années de compagnonnage avec les Kurdes de Syrie. Un récit de terrain, engagé, à hauteur d'homme, volontairement trempé dans le seul « savoir de la chair ». (…) Kobané ? Kurdes contre islamistes ? Une guerre qui, comme à Dantzig autrefois, nous concerne tous. » (p.18)
Pendant deux ans, Patrice Franceschi a été sur le terrain, avec les Kurdes de Syrie, se trempant volontairement dans le « savoir de la chair. »
Chaque chapitre de l'ouvrage débute par une citation stoïcienne, ainsi en a décidé Patrice après que l'un de ses compagnons lui ait fait des remarques sur ses lectures. Il a côtoyé les Peshmerga - le PKK – les « Yapagués" (YPG : Unités de Défense du Peuple) - les "Yapajas" (YPJ : Unités de Défense Féminines) - des "amazones de feu", des guerrières prêtes à tout, même à mourir s'il le fallait et qui gardaient, pour cela, soit une balle pour elles, soit une grenade 💣: plutôt mourir que tomber dans les mains des barbares.
C'est avec passion que j'ai lu cet ouvrage d'un écrivain qui ne cesse de m' étonner. Son témoignage est bouleversant et effrayant. Je me demande pourquoi j'avais laissé ce petit livre de côté car lorsque je vois le nom de « Patrice Franceschi », je m'empresse de lire ses écrits…. Voilà donc que j'ai rétabli cet oubli (mais rien ne dit qu'il n'en reste pas d'autres : à vérifier).
Difficile d'en dire plus car c'est un ouvrage à lire d'urgence, si ce n'est déjà fait.
En guise de conclusion, j'ai choisi les dernières lignes de « Mourir pour Kobané » : « Rien n'est donc joué. Mais une chose est sûre désormais. Ces Kurdes qui partagent nos valeurs, sont les seuls à marcher main dans la main avec les chrétiens, les seuls à protéger les musulmans vivant chez eux, les seuls à respecter les minorités, les seuls à se battre farouchement contre l'islamisme radical. (…) Si nous nous en souvenons assez longtemps, peut-être finirons-nous par les aider comme il se doit. Massivement et courageusement. Pour garder là-bas comme chez nous, à l'exemple des combattants de Kobané, un quart d'heure de souffle de plus que le destin. »
J'ajoute simplement que cet ouvrage bouleversant est un véritable « Requiem pour les Kurdes oubliés ». Alors, ne les oublions pas.
Petit nota : les numéros de pages ne correspondent peut-être pas car le livre que j'ai est un livre de poche pour lequel je n'ai pas pu changer la couverture.
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Heval
  21 juin 2015
Je ne pouvais passer à côté de ce témoignage. Kurde d'origine, j'ai suivi la lutte des forces kurdes contre les intégristes musulmans en Syrie, j'ai été alarmée par l'avancée rapide et instantanée de Daech au Kurdistan, j'ai été horrifiée par le sort des Kurdes yezidis, j'ai été meurtrie par ces histoires de femmes et d'enfants capturées, vendues et violées. J'ai regardé, de là où j'étais, assise dans un fauteuil douillet, mon peuple encore une fois se faire massacrer, attaquer.
Moi qui pensais que les Kurdes ne connaîtraient plus jamais les horreurs du passé - persuadée qu'ils avaient survécu en silence et loin des regards aux crimes les plus atroces, moi qui pensais à un avenir plus heureux - persuadée qu'au pire succédait toujours le mieux, j'ai été frappée par la dure et triste réalité: les Kurdes sont encore une fois confrontés à l'horreur qui les avait un peu oubliés. Un peu oubliés, oui, car si le sort des Kurdes, avant l'arrivée de Daech, n'était pas à envier - toujours confrontés à la dure répression des autorités et incapables de vivre dans la pleine jouissance de leurs droits et libertés - ils vivaient mieux que par le passé. Mais voilà que la monstruosité de l'humanité vient, de nouveau, les frapper. Et on se dit alors que les Kurdes n'aurons jamais le droit de respirer. A chaque souffle, chaque respiration, à chaque relèvement de tête, les Kurdes doivent payer le prix: leur sang doit couler. Plus d'un siècle de luttes et de combats acharnés contre les autorités turques, iraniennes, irakiennes et syriennes pour obtenir un peu de liberté et vivre librement de son identité mais rien n'y fait. Il faut encore lutter contre des ennemis toujours plus féroces et impitoyables dans cette région d'une grande instabilité. Que croyez-vous que l'on ressente? De la colère qui va parfois friser la haine, de la tristesse, du désarroi, du pessimisme, du désespoir. Fatiguée d'entendre des "experts" raconter des stupidités sur les Kurdes, lasse de voir les politiques "agir" quand il en va seulement de leurs intérêts, épuisée par le travail plus que pitoyable des journalistes longtemps - pour ne pas dire toujours - restés sous silence, j'ai fini, très jeune, par abandonner tout espoir, par ne plus croire aux déclarations des institutions nationales, internationales, gouvernementales, médiatiques. Très vite, j'ai appris en effet que les intérêts qui guidaient ce monde n'étaient pas de ceux que l'on avouait. Quand Kobané a été attaqué, je n'attendais donc rien des pays étrangers. Ils sont finalement venus aider. Par les frappes aériennes, ils ont apporté le soutien qui manquait aux Kurdes mais faut-il les en remercier? Certainement pas. Dans le sort du peuple kurde, ils ont une très lourde responsabilité. Et s'ils viennent à l'aider, c'est toujours pour sauvegarder leurs intérêts et exiger une contrepartie. La solidarité, on le sait, a un prix à payer.
En lisant le témoignage réussi de Patrice Franceschi, j'ai vécu sous le coup des émotions. Tantôt en colère, tantôt triste, tantôt fière et pleine d'espoir, tantôt pessimiste et inquiète. Je me suis énervée contre l'Histoire et ses effets, contre la stupidité tragique de l'humanité, contre toutes celles et ceux qui n’avancent qu'en fonction de leurs intérêts politiques et économiques, contre la triste réalité de notre monde, contre les partis politiques kurdes incapables de faire l'unité. J'ai pleuré pour les Kurdes, pour cet ancien combattant qui, jusqu'à sa mort, gardait dans sa poche un morceau de pain, reste de son triste passé. J'ai sangloté parce que je suis une privilégiée que ses parents ont su protéger de la misère, de la guerre et de la pauvreté en s'enfuyant dans un pays étranger. La culpabilité mine toujours mon esprit. Je me sens coupable, comme d'autres, de vivre dans la paix quand les miens ailleurs luttent sans rechigner. Que faire? Comment les aider? Je suis coupable de ma passivité, de mon incapacité à penser une action sur le monde.
La douleur ressentie pendant la lecture a laissé place quelque fois à une immense fierté. Je suis fière, en effet, de ces Kurdes qui face à Daech défendent leur projet politique, exigent une démocratie laïque, respectueuse des minorités, de la diversité et de l'égalité entre les hommes et les femmes. Je suis fière de leur combativité, de leur sens du sacrifice, de leur foi en leur combat mais ai-je le droit de ressentir cette fierté? Qu'avons nous de commun en dehors de l'identité? Je ne suis pas de celles qui luttent et qui sacrifient sa vie pour le peuple et la patrie, je suis de celles qui s'intéressent à leurs causes et leurs combats, qui veulent voir venir leur succès mais à part ça? Ma fierté est toujours triste parce que je ne fais rien pour la mériter, parce que leur projet politique, pour exister, fait couler leur sang et celui de tous ces gens innocents qui n'ont que peu de moyens pour se défendre. Dois-je enfin vous écrire mon inquiétude? Inquiète, je le suis. Que va-t-il se passer quand les Kurdes auront obtenu ce qu'ils ont toujours tant espéré? L'ivresse de la victoire et du pouvoir va-t-elle les gagner au point de les éloigner des idéaux pour lesquels ils ont lutté? Sauront-ils, tant bien que mal, éviter les dérives d'un autoritarisme obligé puisqu'il s'agit d'établir et de protéger une démocratie dans une région et un territoire hostile à leur projet?
Le témoignage de Patrice Franceschi, vous l'aurez compris, m'a émue par bien des aspects. Il m'a secouée, chamboulée parce que l'auteur connait. Il sait l'histoire des Kurdes, leurs luttes, leur combat, leurs problèmes, leurs difficultés. Il sait les problèmes internes et externes à la société kurde. Et parce qu'il sait, son témoignage gagne en respect et crédibilité. Certain(e)s pourraient contester sa "partialité". Je ne le ferai pas. Il a choisi son camp. Il soutient les Kurdes, on le sait. Mais il n'est pas aveugle. Il sait que les Kurdes devront, dans le cas d'une éventuelle victoire, avancer avec prudence et intelligence pour ne pas perdre le contrôle et tuer à petit feu leur projet révolutionnaire. Il suffit de se pencher sur l'Histoire pour percevoir les dangers qui courent après une Révolution. Les dirigeants kurdes en sont conscients. Ils savent les risques qu'ils encourent, les difficultés auxquelles ils sont et seront confrontés. Et il faudra les aider à les surmonter parce que tous nous savons qu'un projet politique, surtout quand il est de type révolutionnaire, ne se construit pas sans obstacles ni contrariétés. L'Histoire et la Vie nous ont maintes fois prouvé l'existence de la complexité, en tout point et en toute chose. A tous ces "experts" qui écrivent perchés sur leur bureau sans jamais avoir connu le terrain et qui se promènent de plateau en plateau pour dire que le P.K.K et le P.Y.D sont des organisations autoritaires voire totalitaires pour mieux les dénoncer, je citerai donc Patrice Franceschi qui écrit au mieux ce que j'ai toujours pensé:
"On reproche souvent son autoritarisme au principal parti Kurde, le P.Y.D, fédérateur de ce mouvement d'unité. On se méfie aussi de son affiliation au P.K.K d'origine marxiste. Mais c'est une guerre totale que le P.Y.D doit gérer. Une guerre de survie. Les atermoiements ne peuvent être de mise en cet instant, non plus que les facteurs de division. C'est cette unité, même imposée parfois, qui a fait la victoire de Kobané. Nombre d'Arabes, de chrétiens ou d'Arméniens combattent dans les troupes kurdes parce que cette unité existe. Sans cela, ils auraient tous connu le même délitement mortifère que l'Armée syrienne libre." (p.139)
Patrice Franceschi est loin de la frilosité et je l'en remercie sincèrement et profondément. Merci à lui de défendre sans sourciller les Kurdes, merci d'écrire leur lutte et leur combat qui ne se fait pas sans doute ni incertitude. Les organisations kurdes croient en la légitimité de leur combat, défendent les idéaux qui sont ceux a priori des "occidentaux" mais ils savent la difficulté de leur tâche dans une région qui ne se nourrit pas de l'idéal démocratique. Ils s'arment donc en conséquence parce qu'ils ont digéré la leçon apprise à leur dépens: la guerre impose ses lois et ce n'est pas en jouant aux bisounours qu'on la gagne. Celles et ceux qui ne l'ont pas compris sont prié(e)s de se rendre sur le terrain pour parler d'un autre lieu que celui de leur fion, excusez ma vulgarité, et/ou doivent lire avec attention Nelson Mendela qui disait avec une malheureuse lucidité:

"Un combattant de la liberté apprend de façon brutale que c'est l'oppresseur qui définit la nature de la lutte, et il ne reste souvent à l'opprimé d'autres recours que d'utiliser les méthodes qui reflètent celles de l'oppresseur." (MANDELA, Nelson, Un long chemin vers la liberté, Le livre de poche, p. 203)
Les Kurdes savent ce qu'il en est:
"Les islamistes nous mettent une pression considérable et seule cette unité nous sauvera. Concilier cette unité avec la démocratie est un défi en tant de guerre, il ne faut pas se faire d'illusions. Mais nous sommes attentifs à ne pas perdre sur ce terrain." Aldar Khalil, membre du P.Y.D. (p.94)
Il y a tant de choses à dire, tant de choses à exprimer, à dénoncer mais j'en resterai là. Merci à Patrice Franceschi pour son témoignage et sa solidarité. Merci sincèrement.
Lien : http://mezelamin.blogspot.fr..
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dourvach
  29 juillet 2015
Que vous dire ? Qu'il faut lire et très vite FAIRE CONNAITRE (de tous) ce tout petit "très grand livre", témoignage poignant et fruit d'un grand courage... et de pas mal d'obstination !
Trois événements persos, pour ma part et dans l'ordre :
(1°) Entendu par hasard Patrice FRANCESCHI parler de ses amis kurdes sur une chaîne radio du "service public" (France Inter, je crois) : le gars était concis, parlait sans cesse des autres, n'était pas un de ces foutus Narcisses chatouillés par les flagorneurs professionnels et putassiers des radios/télés françaises... Il nous emmenait si loin de là en trente secondes de parole : si authentique et (hélàs) si rare, le bonhomme !!!
(2°) Lu en deux jours l'ouvrage (aussitôt commandé chez ma libraire)... et été totalement conquis par la FORCE de ce témoignage exceptionnel...
(3°) Découvert ensuite l'emballante et émouvante critique de notre amie babéliote Heval [dont je vous engage à très vite lire l'intégralité de son beau texte critique ci-dessous] : "Les organisations kurdes "croient en la légitimité de leur combat [...], ils savent la difficulté de leur tâche dans une région qui ne se nourrit pas de l'idéal démocratique. Ils s'arment donc en conséquence parce qu'ils ont digéré la leçon apprise à leurs dépens : la guerre impose ses lois et ce n'est pas en jouant aux bisounours qu'on la gagne [...]" [soit un petit EXTRAIT de sa talentueuse critique].
On n'oubliera pas de sitôt la longue galerie de portraits vivants des "Yapagués" (YPG : Unités de défense du peuple), puis celle des "Yapajas" (YPJ : Unités de défense féminines) : Esrin, Rodja, Beriwan, Rona, Zivan, les "amazones de feu" -- qui ont les prénoms des héroïnes courageuses du romancier kurde (écrivant en langue turque) Yachar KEMAL...
Profonde dichotomie existant entre le nord syrien et le nord irakien... Entre des territoires gérés depuis 1991 -- à la faveur d'une zône d'exclusion aérienne, valant une quasi-autonomie kurde de ce Nord irakien -- par les forces de l'UPK de Jajal Talabani et celles du PDK rival de Massoud Barzani et... ces territoires du Nord syrien, nés de la "révolution" (sanglante) de 2012 -- ce pays kurde en formation qu'est le "Rojava" charnel, formé de trois territoires encore séparés dans le Nord syrien, où la société civile tente de s'organiser autour des territoires libérés par le PYD (une émanation syrienne du PKK turco-kurde clandestin d'Abdullah Öcallan... ).
Puzzle complexe, comme on le voit... Un peuple kurde spolié puis oublié depuis le traité de Sèvres (1921, et jamais appliqué) et désormais entouré d'ennemis féroces qui souhaiteraient bien le voir disparaître ou, au mieux, le voir définitivement "assimilé" (Je pense au nationalisme turc obtus [pléonasme] de l'andouille cynique Erdogan, ce nouveau "pacha" mégalo anatolien, islamiste dit "modéré", plutôt peu regardant sur les nuisances de Daech jusqu'à récemment...)
Voilà, ce livre est magnifique et tout empli d'humilité : il retrace deux années de présence sur le terrain par un témoin "écrivain" (on aurait dit "aventurier" il y a quelques décennies) entre 2013 et le début de cette année 2015... jusqu'à la "libération" de Kobané (c'est-à-dire des ruines de ce qui fut une grande cité de 100.000 habitants au nord de la Syrie) : libération par les Kurdes eux-mêmes, facilité bien sûr par l'appui aérien de la coalition occidentale ! Plus de 2.000 kurdes ont déjà perdu la vie dans cettte guerre pour simplement rester en vie en tant que peuple avide de démocratie, et prêt à offrir sa protection aux citoyens chrétiens, sunnites, ou yézidis (etc.) : bref, à tous ceux qui ne leur ressemblent pas par leur langue, leur religion, leur ethnie -- leur culture et leur être, donc...
Lisez, et faites lire "Mourir pour Kobané" (édition "Equateurs", 2015) de Patrice Franceschi : un tout petit livre teinté de rouge-sang, vendu 13 euros... Pouvoir fragile de la plume pour faire connaître ce beau combat des forces kurdes contre le sabre des psychopathes daechiens déchaînés, oui...
Lien : http://www.regardsfeeriques...
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Hardiviller
  24 avril 2016
le peuple kurde : approximativement 35 Millions d'individus , dont 15 en Turquie , 7 en Iran , 2 en Syrie , 5 en Irak plus une importante diasporas . 80% sont musulmans ( principalement sunnites ) mais aussi chrétiens .
A la fin de l'empire Ottoman , le traité de Sèvres ( 1920 ) leur promet un territoire spécifique .... promesse non tenue .
Dans chacun des pays ou ils vivent , des répressions , voire pire leur ont toujours été opposées . S'ajoute à cela un nouvel ennemi ( Daesh ) qu'ils combattent avec un grand courage mais bien seuls et manquant de moyens matériels . Ce livre a le mérite de leur rendre hommage dans leur lutte contre les " intégristes " et dans leur conception véritablement démocratique de la société .
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Le 12/04/2018 , complément de la précédente critique :
Ce titre paru en 2015 s'était arrêté , un instant sur le sort de la ville de Kobané . Mais l'histoire continue et elle ne va pas toujours dans la bonne direction : c'est aujourd'hui la ville d'Afrin assiégée , à la foi par l'armée turque et par les forces islamistes de Daech , qui vient de tomber , décimant les YPG .
L'auteur qui est depuis longtemps un des rares intellectuels à prendre la défense du peuple kurde s'époumone inlassablement à dire le sort de ce peuple que les grandes puissances veulent ignorer
Bien timidement et trop tard , le roi Macron leur a tendu la main en catimini . Mais le désastre vient d'arriver et peu à peu , ce peuple disparaîtra dans le silence .
Toutes les grandes puissances qui avaient déjà trahi leurs promesses de doter les kurdes d'un territoire , viennent de se rendre complices de leur défaite à Afrin .
Lorsque les dirigeants de diverses nations se rendent complices de crimes contre l'humanité peut-on continuer à les penser crédibles ?
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bibliothequeViroflay
  10 novembre 2015
L'histoire tragique du peuple kurde reflète en creux la tragédie qu'a toujours vécue, peu ou prou, ce point névralgique de la planète, objet de multiples appétits. Instrumentalisés pendant la Guerre froide, trahis tour à tour par les quatre pays où son indomptable population vit dispersée (Syrie, Irak, Iran et surtout le grand ennemi héréditaire turc), les kurdes ont vu à plusieurs reprises s'évanouir le rêve d'un pays où vivre en paix. Patrice Franceschi, écrivain-aventurier, rejoint sur la ligne de front en 2014, les peshmergas, en butte au califat, espérant que le vent de l'histoire tourne enfin dans leur sens… Son livre est la relation poignante et éclairée de cette immersion, placée sous les auspices des grands auteurs stoïciens.
Hugues
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka   25 juillet 2019
Chacun a son histoire personnelle. Une part de la mienne est attachée aux Kurdes et aux Afghans depuis longtemps. Modestement mais sûrement, par amitié et en toute liberté. A chacun sa route assumée.
Avec les Kurdes, cette histoire personnelle commence en 1991, à la fin de la première guerre du Golfe. Et en ce temps-là – mais qui s’en souvient encore ? -, Saddam Hussein, après avoir envahi le Koweït, est écrasé sous le flot de bombes des armées onusiennes emmenées par les États-Unis. C’est un succès militaire total avant un échec politique retentissant.
P.53
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nadiouchkanadiouchka   16 juillet 2019
Non seulement Kobané, la ville kurde cernée par les islamistes, s’est refusée à tomber entre leurs mains, mais elle s’est libérée de leur barbarie avec bravoure et en à peine quatre mois. Un record pour la Syrie. Que l’on songe à Homs ou Alep.
P.147/148
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nadiouchkanadiouchka   15 juillet 2019
Soixante-quinze ans après Dantzig, Kobané, dont la bataille n’est pas terminée en vérité, symbolise une autre résistance, celle des Kurdes contre ce nouveau totalitarisme : l’islamisme radical – sans doute la plus grande barbarie enfantée par le début du XIXe siècle.
P.17
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nadiouchkanadiouchka   17 juillet 2019
Saddam Hussein en Irak ? Un Attila de l’armée chimique. Hafez-el-Assad et son Bachar de fils en Syrie ? Des Gengis Khan en automitrailleuse. Reza Pahlavi puis Khomeny en Iran ? Des satrapes orientaux à la petite semaine.
P.47
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nadiouchkanadiouchka   18 juillet 2019
Depuis trente ans, les Turcs ont un problème avec les quinze millions de Kurdes vivant chez eux. L’oppression qu’ils exercent depuis toujours sur cette minorité a fait émerger dans les années quatre-vingt le PKK, ce gouvernement de libération marxiste-léniniste où s’était engagé Hussein.
P.37
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Vidéo de Patrice Franceschi
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