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Isabelle Gugnon (Traducteur)
ISBN : 202101469X
Éditeur : Éd. du Sud (19/08/2010)

Note moyenne : 3.32/5 (sur 25 notes)
Résumé :
À New York, par une nuit d’hiver, deux jeunes garçons passionnés de science-fiction construisent une planète de neige pour une jeune fille extraordinairement belle qui les regarde derrière sa fenêtre. Le souvenir de ce moment d’amour absolu est ce qui les maintiendra unis alors que leurs routes se séparent et que chacun vit dans des temps différents et des mondes éloignés. Exécuteur testamentaire d’un certain Warren Wilbur Zack, un écrivain de science-fiction mal co... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Hugo
  11 janvier 2011
La critique va pas être facile.
Ce roman est curieux, en faite je ne sais pas l'expliquer, peut-être que si je disais que j'avais chialé, ça vous donnerait une idée approximative de la chose...ainsi J'éviterais d'écrire une critique méga barbante truffée de mots et de phrases tirés de la "bourgeoisie littéraire" dont un grand nombre d'entre vous détiennent le secret...Mais je n'ai pas pleurniché, par contre j'ai beaucoup aimé : une écriture plaisante et riche, une histoire mélangeant passé, présent et futur, des évènements réels ou irréels sans morale ni jugement, juste en pointant du bout de sa plume certains dysfonctionnements de l'être humain... C'est comme si l'auteur vous racontait un truc vraiment moche en vous faisant aimer ça... (hum, je vous l'avais dit que c'était pas simple...) Bref c'est pas un roman comme les autres c'est un OLNI (objet littéraire non identifié) venu d'ailleurs (Pléonasme) qui vous transporte au delà d'un tout... (Je sais : je raconte n'importe quoi...)
A plus les copains
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keisha
  16 janvier 2011
"Ceci n'est pas un roman de science-fiction. Ceci est -a été et sera- un roman avec de la science-fiction."

"Et nous étions là, moi et Ezra, dans la neige.
(...) Et il y a eu une rafle de vent et toi à la fenêtre.
Et c'était comme si le vent n'avait été inventé que pour souffler dans tes cheveux et proclamer ainsi que, bien qu'invisible, lui aussi avait une forme: ta chevelure en bataille dans l'air de ce matin sombre avait la forme du vent."

Un trio à la Jules et Jim, engendré au milieu de la neige tombante (merci à Mediapart de m'avoir donné la solution de la carte postale de Paris, mais je n'ai jamais vu le film de Truffaut, "où deux jeunes gens couraient derrière une fille sur un pont)... Les cousins Isaac Goldman et Ezra Loventhal, passionnés de science fiction, et une mystérieuse et belle jeune fille rencontrée lors d'une tempête de neige, qui apparaîtra et disparaîtra à plusieurs reprises de leur vie. Ezra participera à de mystérieuses missions au sein de l'armée, Isaac écrira pour la télévision. Il recevra aussi par courrier sur plusieurs années les chapitres d'un roman inachevé de science-fiction légendaire intitulé Évasion, où les habitants de la planète Urkh24 observent avec fascination la terre, au point d'oublier de s'y rendre. Sans oublier Warren Wilbur Zack- le double de Philip K. Dick.

"Maintenant je me souviens et je comprends: je ne suis qu'un humble astronaute descendant du singe qui rêve d'évoluer , et Ezra un ordinateur désordonné et confus qui cherche à décrypter les mystères de l'univers.
Et elle est notre monolithe."

Un roman absolument fabuleux, dévoré en peu de temps, sans doute trop vite car à relire un peu des premières pages je réalise à quel point les détails comptent et la construction est minutieuse. Mais finalement le mieux était de se laisser emporter par la prose de l'auteur, poétique, souvent drôle, bourrée de clins d'oeil et de références (la précédente, là, dans le passage cité, vous l'avez, oui?). Sans doute quelques romans et films de SF manquent à ma connaissance pour tout capter, mais cependant le plaisir est bien là, à découvrir ... quoi? Une histoire d'amour? Une vision de l'histoire du 20ème siècle? Une évocation amoureuse de la bonne vieille SF des familles? Une vraie aventure de science fiction avec extra-terrestres et tout et tout? En prime quelques fins du monde vous attendent...

J'ai adoré l'évocation des histoires SF, par exemple celle "où l'on suivait à travers le cosmos la passion amoureuse et voyageuse d'un vieux professeur d'astronautique pour une Vénusienne pubère et manipulatrice qu'il clonait plusieurs fois dans l'espoir qu'une de ses versions finirait par l'aimer"(là ça ne m'évoque rien - pour l'instant; et vous?) ou " la folie d'un capitaine poursuivant d'étoile en étoile une mythique bête cosmique" (mais on dirait..., oui!).

Et quand je pense que sans le cafard cosmique j'aurais raté "Les temps sans temps, le récit obsessionnel de Mars-El, le dernier martien, un voyageur qui, après avoir ingéré une étrange boisson distillée à partir de la poussière en suspension sur les anneaux de la mélancolique Saturne, reculait jusqu'aux confins de son enfance et, de là, reprenait le cours de sa vie comme s'il la voyait de l'extérieur, comme s'il la lisait, comme s'il s'agissait d'un livre composé de nombreux livres."

Allez, un dernier passage pour la route:

"Je ferme le mobile et ouvre le livre. Les livres ne se déchargent pas, ils sont toujours en état de marche, toujours prêts à être lus. ... ce sont des machines unplugged qui se connectent instantanément à notre cerveau, nous envahissent, prennent possession de nous. Maintenant que j'y pense, les livres sont peut-être des organismes extra-terrestres. Des êtres qui nous enlèvent pour nous emmener dans d'autres mondes, des mondes meilleurs et bien mieux écrits que le notre."
Lien : http://en-lisant-en-voyagean..
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traversay
  29 août 2012
Le meilleur du livre de Rodrigo Fresan, le fond du ciel, se situe dans sa postface. Là, au moins, c'est clair, et le lecteur se réjouit de tout comprendre, ce qui était loin d'être le cas dans les 290 pages qui précédaient.
Qu'écrit-il, l'auteur argentin ? Que le fond du ciel n'est pas un roman de science-fiction, mais un roman avec de la science-fiction, nuance ! Un peu plus tôt, il prétendait même que ce n'était peut-être pas un roman (sic). Et Fresan de citer toutes ses sources d'inspiration, de Kurt Vonnegut (Abattoir 5) à Stanley Kubrick (2001), en passant par Philip K. Dick (la référence la plus évidente), Mark Rothko, les Beatles (écoutez les paroles d'A day in the life), Ray Bradbury, David Lynch, Roberto Bolano, etc.
Pendant une centaine de pages, le fond du ciel est à peu près lisible et compréhensible. Ensuite, il n'y a plus ni temps, ni espace, l'auteur abolit toutes les limites, ne reste plus que la description d'un scène tendre d'adolescence, qui n'existe plus que par la force de la mémoire. Ce n'est effectivement pas de la science-fiction, c'est de l'ésotérisme, qui ne fonctionne que par impressions ou sensations superposées.
Au-delà de quelques formules qui claquent et d'un humour discret, le fond du ciel est un voyage sans retour et sans indications topographiques. le livre n'a pas que largué les amarres, ses lecteurs aussi, sauf, évidemment, quelques élus qui sauront se retrouver dans cet espace-temps situé sur une planète qui est sans doute la nôtre, mais rien n'est moins sûr. Au secours !
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Athouni
  04 octobre 2012
"Le Fond du ciel" est un livre difficile. Fresan nous propose ici un récit éclaté où les repères de l'espace et du temps ont été abolis. Les trois membres du trio amoureux se partagent la narration. Un chapitre chacun, voilà pour la structure du livre. Et c'est tout. Les repères habituels disparus, il faut accepter d'être perdu, de ne pas tout comprendre à la première lecture.
Pour autant, et si l'on parvient à ne pas trop s'agacer de cette structure a minima, "Le fond du ciel" regorge de pépites littéraires. On peut sans mentir dire de ce livre qu'il est un livre d'amour et plusieurs pages sur cet thème sont formidablement écrites. Pour ma part, je retiens surtout la justesse de Fresan lorsqu'il évoque les ressorts de la science-fiction. C'est bien senti et touchant, tous les amateurs de science-fiction ne peuvent que se reconnaitre dans ces portraits d'adolescents.
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brigetoun
  24 septembre 2010
en trois parties, correspondant chacune à l'un des trois jeunes amoureux figurant sur une photo - la première, la plus longue, de l'auteur de science-fiction hétérodoxe, mélangeant leur histoire, une réflexion sur le temps, des auteurs miroirs, doubles, proches, se transformant en auteurs célèbres - le cousin, ami, scientifique, la guerre d'Iraq, les attentats du 11 septembre, et dans sa partie, incorporés, des passages d'un livre, rencontré déjà chez Isaac Goldman, l'auteur sans consécration - et puis la jeune fille, en liaison avec les habitants d'une autre planète, auteur ou transmettrice du livre.
Et une histoire d'amour. Des personnages qui parlent à la première personne et restent étrangers. Une langue simple et travaillée, et passé un très bref moment d'adaptation, moi qui ne suis pas lectrice de science-fiction je suis rentrée dans ce théorème vécu, cette épopée vide, même si beaucoup de références, de clins d'oeils (certains tout de même, que j'ai saisis, m'ont été petits sourires) me sont opaques.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   13 juin 2017
La fine perception des dérangements de la mémoire, des intermittences du cœur – des palpitations du temps qui, maintenant, se traîne pour se mettre aussitôt à courir et soudain à voler – a toujours été mon plaisir, mon privilège et ma condamnation.
La mémoire est un astronaute qui travaille dur pour établir des relations durables entre les étoiles, mortes pour la plupart ; mais leur souvenir allume encore des lumières dans un espace qui, même extérieur et inaccessible, ne fait pas moins partie, lui aussi, des nébuleuses de la pensée, si proches et également inaccessibles. Se souvenir, c’est trouver sans cesser de chercher. Nous ne savons pas si un souvenir est ce que nous considérons comme perdu lorsque nous l’évoquons ou ce qui, perdu, est tout à coup retrouvé.
Le plus étrange (ou le plus normal, car les distorsions de l’espace-temps sont des lieux communs très fréquentés du genre) est peut-être qu’à présent – alors que je commence à la perdre, la mémoire m’inflige une douleur aiguë et palpitante – j’essaie de me rappeler en écrivant ce dont je ne me souviens plus si je ne me sers pas de mes mains.
Et je ne le fais pas à l’aide du langage fonctionnel et presque télégraphique de la science-fiction.
Je veux parler de ce style qu’est l’absence de style, où ce qui compte vraiment est la trame, la bonne idée, la prophétie novatrice. L’intérêt constant pour le futur servi par une écriture vraiment primitive.
Non : maintenant, ce sont de longues lignes sinueuses (les parenthèses fonctionnent comme des pinces de crustacés agrandis et enorgueillis par l’action des rayons Epsilon) qui semblent avoir été écrites par un gentleman expérimental et peu expérimenté du dix-neuvième sur les brisants du nouveau siècle.
Encore le passé.
La façon dont on écrivait par le passé, lorsque les livres pouvaient compter sur des lecteurs ayant tout leur temps et que tout le temps du monde était contenu dans ces livres qu’il était si difficile de refermer, car il se passait bien plus de choses à l’intérieur qu’au-dehors. Des livres à l’usage d’un lecteur d’une ère finissant pour qu’une autre commence, déjà prête à lancer l’idée et la théorie du futur lointain.
Et, de là, la nouvelle et paradoxale conviction que, si on prolongeait la vie, le futur pouvait non seulement être plus lointain, mais aussi devenir plus accessible.
De là un lecteur mutant, flottant entre deux phases.
Un lecteur Lointain ayant accès à tout.
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Charybde2Charybde2   13 juin 2017
Quelqu’un a un jour affirmé que derrière tout écrivain de science-fiction (ou du moins les premiers, les écrivains de science-fiction originels) se cache toujours un scientifique frustré.
Je n’en suis pas si sûr, comme le prouve le cas d’Ezra : d’abord scientifique reconnu, puis agent traitant des dossiers classified resté à jamais – quand le futur n’a plus été pour lui qu’une rampe de lancement vers un passé qu’il fallait modifier – un écrivain de science-fiction frustré.
Ezra, qui a décidé de renoncer à tout au nom de l’exactitude quand tu as disparu sans explication logique après la chute de neige, cette fameuse nuit, sans même laisser derrière toi un beau récit d’adieu, une amazing story, une weird tale ou un astonishing travel.
Mais je m’avance sans savoir comment serpente mon histoire, je ne sais pas où est sa tête ni où finit sa queue en sang à cause de toutes les blessures infligées par ses propres crocs.
Les Lointains, au contraire, soutenaient que derrière tout physicien ou astronome gisait le corps inerte, mais non mort – juste en animation suspendue – d’un conteur d’histoires qui avait succombé à la tentation cosmique des chiffres et des formules. Et cependant, au bout du compte, à peine cachée et top secret, il y avait assurément la promesse d’un écrivain attendant d’être activé par un code secret dans une terminaison nerveuse, non au bout de la langue, mais au bout des doigts. Quelqu’un qui, impuissant et incapable d’atteindre l’extase de la spéculation illimitée, avait fini par se résigner – en simulant la fierté peu affirmée de ceux qui veulent se croire privilégiés – aux murs inoxydables d’un laboratoire bien surveillé.
Un code. Une combinaison de chiffres et de lettres. Une formule. Une lourde porte de métal qui s’ouvre comme un livre sur l’une de ces forteresses dont le centre n’est accessible qu’à l’aide d’une succession de mots de passe inscrits sur les bandes magnétiques de cartes d’acier qui te guident le long de couloirs blancs gardés par des soldats sans paupières et des caméras insomniaques. Les yeux des uns et des autres scrutent un présent pur, se nourrissent de la crainte paranoïaque qu’une Apocalypse plus évoluée et plus efficace soit créée et activée dans d’autres laboratoires ou des grottes où l’on presse d’autres boutons pour que commence la fin de toutes les choses de ce monde.
Et le défi consiste toujours à être le premier à aborder la fin.
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brigetounbrigetoun   24 septembre 2010
Le Soleil et la Lune n'ont jamais été des dieux ; pourquoi adorer une éclipse là-haut alors qu'il y en a tant en bas, constamment, de nos jours... Quelle heure est-il ? L'heure de m'éclipser, de m'éteindre, comme s'éteint un téléviseur resté trop longtemps allumé sans que personne le regarde et qui n'a aune commande à distance pour décider de sa programmation.
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brigetounbrigetoun   24 septembre 2010
Maintenant je suis debout ici.
J'y étais.
J'y serai.
J'étais et je suis ici, un matin, il y a de longues années, et je serai encore ici quand il n'y aura plus personne.
Je verrai mourir les rues désertes.
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Charybde2Charybde2   13 juin 2017
J’enregistrerai la chute de ces mausolées de la mémoire qui s’enfoncent dans leurs propres sous-sols comme j’enregistre à présent la chute de ces deux tours sous un ciel sans aigles ni faucons, sans aucun des oiseaux qui reviendront un jour s’installer sur les poutres effondrées de ponts que plus personne ne traversera.
Rien n’est plus triste qu’un pont encore debout, suspendu, mais qui ne mène nulle part.
Je suis un pont.
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Videos de Rodrigo Fresan (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Rodrigo Fresan
Rodrigo Fresans'entretient avec Sylvain Bourmeau à l'occasion de la parution de son roman "Le fond du ciel" (Le Seuil), l'un des 30 livres de la rentrée littéraire Mediapart 2010.
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