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ISBN : 2351780655
Éditeur : Gallmeister (07/05/2013)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 63 notes)
Résumé :
Dans une petite ville du Texas perdue au milieu du désert, Austin, 15 ans, et sa grande sœur Abilene défient l'ennui et la monotonie du paysage en s'entraînant avec acharnement au base-ball. Abilene n’a pas pu être joueuse professionnelle, c’est donc à Austin de devenir le meilleur lanceur de tous les temps, et la jeune fille entraîne son frère jusqu'à l'épuisement. Emporté par l’irrésistible exubérance de sa sœur, aveuglé par son admiration, Austin refuse de voir ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
trust_me
  11 juin 2013
Austin et Abilene. le petit frère et sa grande soeur. Il a 15 ans, elle en a 20. Ils vivent dans une maison isolée au milieu du désert texan. Depuis leur plus jeune âge, ils partagent une passion commune pour le baseball. Abilene veut faire de son cadet le plus grand lanceur de tous les temps. Des années qu'elle l'entraîne sur une base désaffectée de l'armée. Austin est littéralement fasciné par son aînée, personnage insaisissable qui disparaît parfois pendant plusieurs semaines sans donner d'explications. Ses parents ont compris que quelque chose clochait. A la maison, l'ambiance devient de plus en plus souvent irrespirable à cause de l'attitude et des frasques d'Abilene. C'est une consultation chez un psy qui révélera la triste vérité : Abilene souffre d'un syndrome maniaco-dépressif. Pour Austin, impossible de voir la vérité en face. Pourtant la réalité va le rattraper, leurs liens d'apparence inébranlables vont se distendre peu à peu et le jeune garçon va devoir se faire une raison : si sa soeur n'est pas soignée, il risque de la perdre à tout jamais.
Au départ, les disparitions soudaines d'Abilene n'ont pas spécialement inquiété ses proches, surtout que ses justifications semblaient plausibles : « C'est juste que le monde devient si petit. J'avais besoin d'espace pour respirer. C'est tout. Juste un peu d'espace pour respirer. » Mais le problème est bien plus profond et les sautes d'humeur à priori anodines vont mettre en danger le fragile équilibre familial. Commence alors le combat d'un père et d'une mère pour sauver leur fille. Troubles bipolaires. le diagnostic est implacable. le traitement existe mais Abilene fait semblant de prendre ses pilules. Les phases d'espoir et d'abattement se succèdent dans une ambiance pesante, surtout que la jeune femme sombre par moments dans des périodes ou l'irruption d'une certaine forme de violence laisse craindre le pire.
A travers la narration d'Austin, Pete Fromm propose le portrait touchant d'une famille isolée qui voit avec impuissance l'un de ses enfants partir à la dérive. Affronter cette maladie est une bataille à laquelle personne n'est vraiment préparé. Mais avec dignité et abnégation, les parents vont tout tenter pour lui venir en aide. A ceux qui s'inquiéteraient de voir le base-ball, au coeur du récit, sachez que ce sport typiquement américain aux règles complexes n'est pas aussi important pour le déroulement de l'intrigue que dans L'art du jeu de Chad Harbach. Pas besoin d'être un spécialiste de la question pour comprendre les tenants et les aboutissants du roman. L'essentiel est ailleurs, dans l'évocation de la maladie, la douleur des proches et l'amour fraternel.
Comment tout a commencé est le premier roman de Pete Fromm. Publié en 2000 aux États-Unis après plusieurs récits (notamment IndianCreek) et recueils de nouvelles, il révèle un écrivain intimiste maîtrisant avec brio l'art difficile du dialogue.
Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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pyrouette
  22 août 2013
Je ne sais pas comment vous parler de ce livre pour vous donner l'envie de le lire. le ton est si juste et moi si maladroite. Quand on devient parent, l'avenir se résume souvent au bien-être de nos enfants et nous faisons des choix de vie : l'endroit où nous avons envie de les regarder grandir, le travail, la maison, l'école, la religion, etc… Mais nos bébés deviennent un jour des adolescents et souvent sans que l'on s'en aperçoive. Nous continuons à leur raconter des contes alors qu'ils en sont aux films d'horreur. Dans cette famille le film d'horreur, c'est leur vie. Cela s'est passé d'une manière insidieuse. Ils vivent dans une région désertique, isolés et frère et soeur ont grandi soudés, un peu comme des jumeaux. le sport a pris une place importante dans leur quotidien et les parents n'ont pas vu que leur fille sombrait doucement dans la folie et pourtant en faisant du bruit : disparitions, abandon des études, violence parfois. Son seul repère reste son petit frère et ce dernier est trop jeune pour voir le danger, il ne comprendra pas ses parents quand sa soeur sera hospitalisée. Il les rejettera avec force. Il faudra tout le courage de la jeune malade pour s'éloigner de la maison familiale et expliquer à son petit frère que sa vie n'est pas là, avec elle. C'est une sublime histoire d'amour entre parents et enfants, malgré les incompréhensions des uns et des autres. Quand tout a commencé, les paroles du père pour expliquer à ses enfants la raison de leur existence, des paroles d'amour incomprises et pourtant si belles.
Avec en tête la chanson de Zazie : « J'étais là et je n'ai rien vu… »
Lien : http://pyrouette.canalblog.c..
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Cath36
  23 janvier 2014
Dans sa manière de raconter une histoire, et ici une histoire très douloureuse, celle de l'amitié entre une jeune fille bipolaire et son frère, tous deux passionnés de base-ball et les rapports difficiles qui s'ensuivent avec leurs parents, Peter Fromm fait mouche à chaque mot. Chaque mot est comme une épingle,une fléchette qui vous atteint au coeur. Sans pathos, sans mélodrame, uniquement à la force des mots, Fromm nous hisse sur des sommets de douleur et d'angoisse capables de détruire une famille qui essaie de s'aimer malgré tout ce qui les sépare et que la maladie d'Abilène ronge comme un vers sournois jusqu'au moment où la jeune fille décide de se soigner.
Bien des illusions auront été détruites, bien des épreuves et des incompréhensions auront été surmontées, mais comme le dit Nieztsche, ce qui ne nous tue pas nous fait grandir. Et le relatif happy end de la fin, soulagement momentané dans les épreuves permettra à chacun de trouver sa vie sans plus dépendre des autres.
Le récit de Fromm est porté par des images qui nous font entrer dans une dimension qui n'est jamais décrite mais toujours suggérée. Ses phrases courtes portent une réalité concrète qu'ouvrent sans cesse des métaphores discrètes, des comparaisons imperceptibles entre ce qui se voit et ce qui se vit. Et c'est là où l'auteur est très fort : à partir d'une écriture réaliste, il nous fait entrevoir des abîmes et touche à la vérité des situations dans toute leur profondeur. Oui, Fromm est un très grand écrivain et ce livre m'a vraiment "frappée au coeur", comme on dit de l'oiseau qu'il frappe au poing lorsqu'il vient se poser sans erreur sur celui du fauconnier.
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Ancolie
  14 mai 2014
Texas. Un frère et une soeur unis comme les doigts de la main. Abilene, début de la vingtaine, entraine son frère Austin au base-ball. Il doit devenir le meilleur lanceur de tous les temps !
Tout pourrait être banal, facile pour Austin. Il fait chaud, nous sommes dans une petite ville, les entraînements se suivent, sa soeur est son meilleur soutien, tout paraît aller de soi. Pourtant, derrière les apparences, se cache une souffrance. Abilene a des troubles psychologiques qui mettent en péril l'union de la famille et sa propre existence. Austin a quinze ans. Il aime profondément sa soeur, il ferait tout pour elle et il a du mal à concevoir qu'elle «débloque». Elle a toujours eu un côté fantasque, non ?
Si le titre «comment tout a commencé» nous donne une direction, le roman forme une histoire globale et cohérente. Présenté comme un roman d'initiation, il nous montre, à travers le regard d'Austin, la suite et la fin de ce qui a commencé. J'ai aimé cette lecture, j'ai ressenti la chaleur du Texas, la perte de repères d'Austin et la stabilité ébranlée de cette famille. Les personnages sont criants de vérité. Ils se démènent comme ils peuvent devant la souffrance des autres et face à leur propre solitude. Ici, aucun héros, aucun jugement, aucune sentence. Il me restera quelque chose de cette torpeur ambiante, de cette violence sous-jacente qui imprègne les pages et qui tente, malgré tout, de laisser la place à la compréhension.
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marie504
  14 octobre 2018
J'ai eu du mal au départ en raison des références au base-ball, jeu dont je ne connaissais pas les règles. Finalement, ce n'est pas un problème. Un lexique en fin de livre explique les principaux termes et de toute façon, le base-ball n'est que la toile de fond du livre.
On assiste petit à petit à l'enfermement dans la maladie d'Abilene, la soeur d'Austin. Peu à peu, son comportement, ses disparitions, l'interruption après quelques mois de ses études malgré des capacités indéniables, vont mettre en évidence que quelque chose ne tourne pas rond.
Depuis de nombreuses années, elle entraîne avec acharnement son frère, Austin, pour que celui-ci devienne un champion de base-ball. A la découverte de la maladie de sa soeur, qui souffre de syndromes maniaco-dépressifs et de troubles bipolaires, Austin se refuse à voir la vérité en face et défend sa soeur malgré ses comportements loufoques. Celle-ci par ses actes peut devenir un danger pour elle-même et pour les autres en raison de sa violence. Austin met tout sur le compte de leur environnement familial et de leur isolement au milieu du désert texan. Mais Abilene a besoin d'être soignée et de suivre un traitement lourd, au long court. Seul l'éloignement lui permettra d'espérer vivre avec sa maladie. Austin souffrira de la perte de la complicité avec sa soeur, même si c'est le prix à payer pour ne pas la perdre définitivement.
Un livre intéressant qui nous amène à nous poser des questions sur notre capacité à détecter des évidences chez les gens qui nous sont proches. Ce n'est pas facile de voir la vérité en face et en tant que parent, on doit se poser mille questions : pourquoi (même si c'est une maladie et que l'éducation ou l'environnement familial n'y sont pour rien) ? Qu'avons-nous loupé ? Comment réagir pour aider au mieux notre enfant ?
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
CarolineDBruihierCarolineDBruihier   21 juin 2013
L'intérieur du réservoir était plus noir que d'habitude, uniquement percé par les constellations pâles des trous faits par les balles. Me tenant à la porte, je me demandai tout à coup si le monde d'Abilene ressemblait à ça : sa tête remplie de ses étoiles rien qu'à elle, d'abord captivantes, mais finalement terrifiantes quand elle se rendait compte que toutes les autres sources de lumière s'étaient éteintes.
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romain29romain29   11 août 2013
« _ Et Alors ?
_ Alors ? Et alors ? Alors qu'es-ce qu'il cloche, chez moi ?
J'y voyais clair maintenant, suffisamment pour savoir que les yeux d'Abilene étaient encore fermés face au ciel éblouissant.
_ Rien du tout.
Abilene inspira longuement.
_ Trouble bipolaire, dit-elle, comme si elle n'était venue ici que pour prononcer ces deux mots nouveaux. ( J'observai ses yeux, toujours bien fermés.) Elle appelle ça comme ça. Je suis un genre d'aimant, Austin. Avec moi, les boussoles perdent le nord.
_ Bipolaire ?
_ Ca veux dire maniaco-dépressif en langage médecin. Ce qui est juste un joli mot pour fou à lier.
_ C'est eux les dingues, Ab'lene. Tu n'as aucun problème. Ton seul problème c'est d'être coincé ici.
_Mais toi aussi, Austin, tu es coincé ici, murmura-t-elle. Et tu ne t'es pas fait engrosser comme une débile, comme une pute à deux balles. »
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pyrouettepyrouette   19 août 2013
Cette vie est la nôtre. C'est la vie que nous voulions. C'est la vie que nous voulons. Tout le monde sait qu'il y aura forcément des moments plus difficiles que d'autres.
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pyrouettepyrouette   22 août 2013
Tu as travaillé si dur, uniquement pour que je puisse rester à la maison et regarder les enfants devenir fous.
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AncolieAncolie   14 mai 2014
Le plus dur est passé, je pense, mais j’ai encore un peu peur de faire se rencontrer mon ancienne vie et la nouvelle. Je suppose qu’il est temps de voir comment elles pourraient s’entendre.
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