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EAN : 9782757871874
384 pages
Éditeur : Points (25/10/2018)

Note moyenne : 2.85/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Dans un immeuble cossu de via Merulana à Rome, les bijoux d’une comtesse vénitienne ont été dérobés ; et voilà qu’on retrouve la belle Liliana Balducci assassinée de façon sanglante. Les enquêteurs sont sur les dents : indices, poursuites, interrogatoires… un vrai roman policier. Mais pour le nonchalant commissaire Ingravallo, chaque effet a une multitude de causes, chacune en cachant d’autres. Et dans le cas d’un crime, aucun des courants qui convergent dans ce tou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Baldrico
  07 février 2017
Quel livre étrange et splendide!
Ce n'est pas un roman policier et pourtant les crimes sont au coeur du récit.
Ce n'est pas une description de Rome et pourtant quelques lieux de Rome et surtout de ses environs prennent une consistance forte.
C'est une oeuvre de Carlo Emilio Gadda, parue en 1957 sous sa forme définitive et dont une nouvelle traduction, due à Jean-Paul Manganaro, vient de paraître. Je découvre cet auteur à travers ce roman, et la découverte est belle, sombre aussi.
L'action se situe donc à Rome, en 1927, cinq ans après le début du fascisme mussolinien. le crime perpétré est le point de rencontre entre la bourgeoisie et les milieux populaires. Entre les deux, les forces de l'ordre (on devrait dire de l'Ordre), divisées en policiers et carabiniers. Chaque lieu et chaque personnage possède une densité et une identité forte. Et comme une ombre tutélaire et grotesque, le dictateur que Gadda afflige d'une multitude de sobriquets dévastateurs avec une inventivité jouissive.
Car la prose que nous restitue Jean-Paul Manganaro est d'une richesse époustouflante, remplie de trouvailles, de détournements de sens, de mots inventés, de références littéraires ou picturales. L'accès à ce livre n'est donc pas très aisé. D'autant plus que le traducteur, pour rendre la diversité linguistique de l'original, recrée des parlers populaires auxquels il faut s'adapter.
Mais si l'on arrive à plonger dans cet écheveau et à en démêler quelques fils (il faut renoncer à tout comprendre à la première lecture), on est invité à un festin littéraire de très haut niveau. En tout cas, je me suis régalé.
Un conseil pour finir: ne lisez pas l'introduction de Jean-Paul Manganaro avant le roman, mais après.
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Melcleon
  19 juillet 2017
L'embrouille est à tous les étages dans ce livre paru pour la première fois au milieu des années 1950 et qui évoque irrésistiblement des images de films néoréalistes.
Embrouille dans l'histoire : deux jours après un vol de bijoux dont a été victime une comtesse résidant dans un immeuble de via Merulana (rue des Merles), c'est un meurtre qui est commis dans l'appartement d'en face. Cambriolage et crime ont-ils un seul et même auteur ?
Embrouille aussi dans les références : pour qui ne possède pas la culture de Gadda, c'est-à-dire la plupart des lecteurs, suivre le fil de sa pensée et comprendre ses allusions poético-scientifiques est assez ardu, malgré tout l'appareil critique déployé par le traducteur (longue présentation, qui n'est guère plus limpide, et notes).
Embrouille enfin dans l'écriture, et là je ne suis pas sûr que le traducteur ait fait du bon travail dans sa louable tentative de restituer le style de Gadda, qui utilise le langage parlé dans la plupart des dialogues mais aussi, sans crier gare, dans des paragraphes descriptifs ou narratifs. Je serais d'ailleurs curieux de comparer cette traduction récente à celle de la première édition française, du début des années 1960, qui rendait l'italien "pasticciaccio" du titre par le français "pastis" (depuis, la com de Ricard est passée par là et le mot fait davantage penser à la boisson anisée qu'au "sac de noeuds"). Autant la manière de Quadruppani dans la série des Montalbano me semble pertinente, autant les partis pris du traducteur de Gadda conduisent selon moi à un texte relativement indigeste – mais peut-être est-ce la prose de l'auteur italien qui est elle-même trop touffue pour engendrer autre chose qu'une adaptation rappelant un grand plat de spaghettis.
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JLM56
  30 avril 2017
Bof !
Deuxième échec de lecture de ce livre
Malgré cette nouvelle traduction
Malgré un concept littéraire alléchant
Malgré la culture Italienne foisonnante de cette époque
Peut être la plus grande embrouille est elle celle du lecteur par la traduction car tout est là pour que ce soit effectivement un grand livre
Une grande déception
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
LaFaroLaFaro   06 mai 2020
"Utiliser" l'événement - quel que soit l'événement que Jupiter Salopard, présidant aux nuages, t'a fienté d'vant l'nez, plaf, plaf - pour la magnification d'une activité pseudo-éthique personnelle, en fait protubéremment scénique et salement théâtralisée, est le jeu de quiconque, institution ou personne, veut attribuer à la propagande et à la pêche les dimensions et la gravité d'une activité morale.
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tolstoievskitolstoievski   21 avril 2019
Oh, les yeux ! où qui regardaient-ils ? Le visage !… Oh, elle était griffée, la pauvre ! Jusque sous un œil, sur le nez !… Oh, ce visage ! Comme elle était exténuée, exténuée, pauvre Liliana […]. Effilé dans la pâleur, le visage : épuisé, émacié par la succion de la mort.
Une profonde, terrible entaille rouge lui couvrait la gorge, férocement. Elle avait pris la moitié du cou, du devant vers la droite, c'est-à-dire vers la gauche, pour elle, la droite pour eux qui regardaient : effrangée aux deux bords comme par une répétition des coups, lame ou pointe : une horreur ! À n'en pas pouvoir y regarder. Elle révélait comme des filaments rouges, à l'intérieur, dans st'écume noire du sang, déjà en train d'coaguler ; un embrouillamini ! avec des petites bulles restées au milieu.

Chapitre II.
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rkhettaouirkhettaoui   07 novembre 2016
On ne le sait pas, et c’est sans doute sans intérêt, l’essentiel pour le récit réside dans cette suspension constante de l’acte narratif.
Car l’écriture, dans ses insolences, a tout prévu et dit. Le relief de chacun est à tel point définitif qu’on peut en imaginer, pour chacun, la stase figurale qui le finalise, agissant comme un coagulant statuaire ou visionnaire. Autant dire que la Vénus de Milo ne retrouvera jamais ses bras ou que la Joconde continuera à sourire une main posée sur l’autre, à l’infini. Pour tous, une vie longuement tressée d’incertitudes est le seul lot, et toujours le mal triomphera d’un bien dont nous ne savons rien et qui reste inconnu in æterno, semble dire Gadda, probablement parce que ce bien n’est pas à saisir, à comprendre.
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rkhettaouirkhettaoui   07 novembre 2016
Il y a les platoniques, voyez-vous, les romantiques : qui rêvent du clair de lune, qui s’entêtent sur les dix lires, espèrent, croient, traînent en longueur ! vous font soupirer ! Eux, bon, ils aiment comme ça : comme autant de chattes en février. Y a rien à faire. Et donc patience ! Il y a les autres, les conclusifs, qui vont droit au but. Laissez-moi vous le dire, dottore, faut savoir les prendre ! Chacun dans le sens du poil. Mais croyez-moi : croyez-moi : pour que nous puissions fonctionner comme il faut, c’est d’abord eux qui doivent tomber amoureux : je ne veux pas dire de nous, modestes agents, quoique… même une belle pépée, après tout, ne nous écarterait pas, que diable !
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rkhettaouirkhettaoui   07 novembre 2016
Ainsi, à chaque accomplissement du crime correspond un numéro kabbalistique qu’on peut jouer au Loto – c’est ça la vie ! – à condition de savoir sur quelle roue de l’engrenage historique et géographique du monde miser. Et la tragédie – tout geste qui se dessine comme acte tragique – plonge alors dans les possibles grotesques de l’ironie, dans la description minutieuse de son ironie : tous sont soumis à cette loi indirecte et souterraine de la vie, et de l’écriture qui en fonde l’existence et la pertinence et qui, de la poule au train, affecte tous les personnages et dont nul ne se « sauve ».
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