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Louis Bonalumi (Traducteur)François Wahl (Préfacier, etc.)
EAN : 9782020360814
336 pages
Éditeur : Seuil (19/01/1999)

Note moyenne : 3.24/5 (sur 42 notes)
Résumé :
Rome, 1927. Dans la riche et populaire rue Merulana, 219, escalier A, troisième étage, la comtesse Zelaméo, un certain lundi 14 mars, se voit dérober ses bijoux par un beau plombier qui, pour comble, omet de lui faire subir les derniers outrages. Tandis que l'inspecteur Ingravallo enquête, on découvre, toujours au troisième, porte en face, le jeudi 17, une femme égorgée. Avec toute une généalogie de " nièces " saisonnières, dans laquelle s'égarer, autour.
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Baldrico
  07 février 2017
Quel livre étrange et splendide!
Ce n'est pas un roman policier et pourtant les crimes sont au coeur du récit.
Ce n'est pas une description de Rome et pourtant quelques lieux de Rome et surtout de ses environs prennent une consistance forte.
C'est une oeuvre de Carlo Emilio Gadda, parue en 1957 sous sa forme définitive et dont une nouvelle traduction, due à Jean-Paul Manganaro, vient de paraître. Je découvre cet auteur à travers ce roman, et la découverte est belle, sombre aussi.
L'action se situe donc à Rome, en 1927, cinq ans après le début du fascisme mussolinien. le crime perpétré est le point de rencontre entre la bourgeoisie et les milieux populaires. Entre les deux, les forces de l'ordre (on devrait dire de l'Ordre), divisées en policiers et carabiniers. Chaque lieu et chaque personnage possède une densité et une identité forte. Et comme une ombre tutélaire et grotesque, le dictateur que Gadda afflige d'une multitude de sobriquets dévastateurs avec une inventivité jouissive.
Car la prose que nous restitue Jean-Paul Manganaro est d'une richesse époustouflante, remplie de trouvailles, de détournements de sens, de mots inventés, de références littéraires ou picturales. L'accès à ce livre n'est donc pas très aisé. D'autant plus que le traducteur, pour rendre la diversité linguistique de l'original, recrée des parlers populaires auxquels il faut s'adapter.
Mais si l'on arrive à plonger dans cet écheveau et à en démêler quelques fils (il faut renoncer à tout comprendre à la première lecture), on est invité à un festin littéraire de très haut niveau. En tout cas, je me suis régalé.
Un conseil pour finir: ne lisez pas l'introduction de Jean-Paul Manganaro avant le roman, mais après.
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Melcleon
  19 juillet 2017
L'embrouille est à tous les étages dans ce livre paru pour la première fois au milieu des années 1950 et qui évoque irrésistiblement des images de films néoréalistes.
Embrouille dans l'histoire : deux jours après un vol de bijoux dont a été victime une comtesse résidant dans un immeuble de via Merulana (rue des Merles), c'est un meurtre qui est commis dans l'appartement d'en face. Cambriolage et crime ont-ils un seul et même auteur ?
Embrouille aussi dans les références : pour qui ne possède pas la culture de Gadda, c'est-à-dire la plupart des lecteurs, suivre le fil de sa pensée et comprendre ses allusions poético-scientifiques est assez ardu, malgré tout l'appareil critique déployé par le traducteur (longue présentation, qui n'est guère plus limpide, et notes).
Embrouille enfin dans l'écriture, et là je ne suis pas sûr que le traducteur ait fait du bon travail dans sa louable tentative de restituer le style de Gadda, qui utilise le langage parlé dans la plupart des dialogues mais aussi, sans crier gare, dans des paragraphes descriptifs ou narratifs. Je serais d'ailleurs curieux de comparer cette traduction récente à celle de la première édition française, du début des années 1960, qui rendait l'italien "pasticciaccio" du titre par le français "pastis" (depuis, la com de Ricard est passée par là et le mot fait davantage penser à la boisson anisée qu'au "sac de noeuds"). Autant la manière de Quadruppani dans la série des Montalbano me semble pertinente, autant les partis pris du traducteur de Gadda conduisent selon moi à un texte relativement indigeste – mais peut-être est-ce la prose de l'auteur italien qui est elle-même trop touffue pour engendrer autre chose qu'une adaptation rappelant un grand plat de spaghettis.
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Bernardbre
  01 octobre 2012
Malgré la perte considérable que doit inévitablement causer la traduction en français de ce livre jouant avec la langue et les différents dialectes italiens, le chef-d'oeuvre est parfaitement reconnaissable. Son audace et son inventivité prodigieuses en font l'un des plus grands romans que j'aie lu, tenant sans conteste son rang face à "Ulysse" ou à 'Voyage au bout de la nuit".
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JimmyCz
  24 mars 2017
Place au Audiard italien ! Oui oui, je me suis cru en train de visionner les grandes scènes des Tontons flingueurs ou du Clan des Siciliens. Argot truculent que la nouvelle traduction reproduit fidèlement qui nous séduit à chaque mot et chaque page. On rit beaucoup, on s'émerveille devant ce langage quasiment disparu hélas. AU cours de ce pseudo polar comique on se retrouve immergé dans l'Italie un peu grandiloquente, un peu caricaturale mais qui dévoile au fur et à mesure un très grand charme.
L'auteur nous happe littéralement dans un récit sans nécessairement d'objet précis mais en nous faisant voyager dans une époque, dans un pays, dans une culture que les personnages mettent fortement en valeur. UUn immense coup de coeur.
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nbocklandt
  16 mai 2018
Un vocabulaire qui fleurirait n'importe quel jardin abandonné. Une richesse d'observation surprenante, des comparaisons amusantes.
Dans tout ce foisonnement j'ai un peu perdu le fil, mais je le reprendrai volontiers un jour de pluie pour faire naître le soleil.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
petchpetch   14 décembre 2012
Quelque collègue un brin jaloux de ses trouvailles, quelque révérend père mieux au fait des malpropretés du siècle, divers subalternes et ses supérieurs hiérarchiques assuraient qu'Ingravallo s'adonnait à d'étranges lectures : bouquins dont il tirait tous ces grands mots qui ne veulent rien dire, ou presque, mais utiles comme pas un pour en faire accroire aux primaires, aux innocents.
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PilingPiling   21 septembre 2010
Incipit :
Étourdissant d'ubiquité, omniprésent à chaque ténébreuse affaire. Tous désormais l'appelaient donc Ciccio, de son vrai nom Francesco Ingravallo, détaché à la "mobile", un des plus jeunes fonctionnaires du bureau des enquêtes, et des plus jalousés, Dieu sait pourquoi.
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tolstoievskitolstoievski   21 avril 2019
Oh, les yeux ! où qui regardaient-ils ? Le visage !… Oh, elle était griffée, la pauvre ! Jusque sous un œil, sur le nez !… Oh, ce visage ! Comme elle était exténuée, exténuée, pauvre Liliana […]. Effilé dans la pâleur, le visage : épuisé, émacié par la succion de la mort.
Une profonde, terrible entaille rouge lui couvrait la gorge, férocement. Elle avait pris la moitié du cou, du devant vers la droite, c'est-à-dire vers la gauche, pour elle, la droite pour eux qui regardaient : effrangée aux deux bords comme par une répétition des coups, lame ou pointe : une horreur ! À n'en pas pouvoir y regarder. Elle révélait comme des filaments rouges, à l'intérieur, dans st'écume noire du sang, déjà en train d'coaguler ; un embrouillamini ! avec des petites bulles restées au milieu.

Chapitre II.
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rkhettaouirkhettaoui   07 novembre 2016
On ne le sait pas, et c’est sans doute sans intérêt, l’essentiel pour le récit réside dans cette suspension constante de l’acte narratif.
Car l’écriture, dans ses insolences, a tout prévu et dit. Le relief de chacun est à tel point définitif qu’on peut en imaginer, pour chacun, la stase figurale qui le finalise, agissant comme un coagulant statuaire ou visionnaire. Autant dire que la Vénus de Milo ne retrouvera jamais ses bras ou que la Joconde continuera à sourire une main posée sur l’autre, à l’infini. Pour tous, une vie longuement tressée d’incertitudes est le seul lot, et toujours le mal triomphera d’un bien dont nous ne savons rien et qui reste inconnu in æterno, semble dire Gadda, probablement parce que ce bien n’est pas à saisir, à comprendre.
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rkhettaouirkhettaoui   07 novembre 2016
Il y a les platoniques, voyez-vous, les romantiques : qui rêvent du clair de lune, qui s’entêtent sur les dix lires, espèrent, croient, traînent en longueur ! vous font soupirer ! Eux, bon, ils aiment comme ça : comme autant de chattes en février. Y a rien à faire. Et donc patience ! Il y a les autres, les conclusifs, qui vont droit au but. Laissez-moi vous le dire, dottore, faut savoir les prendre ! Chacun dans le sens du poil. Mais croyez-moi : croyez-moi : pour que nous puissions fonctionner comme il faut, c’est d’abord eux qui doivent tomber amoureux : je ne veux pas dire de nous, modestes agents, quoique… même une belle pépée, après tout, ne nous écarterait pas, que diable !
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Videos de Carlo Emilio Gadda (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Carlo Emilio Gadda
Pour italiens... A propos de "L'affreux Pastis de la rue des Merles"
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