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EAN : 9782878625561
1 pages
Éditeur : Editions Thélème (14/10/2009)
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Note moyenne : 3.85/5 (sur 209 notes)
Résumé :
Propichtchine est fonctionnaire à Saint Pétersbourg. À travers lui se jouent toutes les conditions humaines, du pathétique à l'absurde, jusqu'à rendre floues les frontières entre le fou et le normal. Le Journal d'un fou est avant tout une histoire russe, où le héros est à la fois furieux, infiniment triste, et tendre. Ainsi le monde qu'il décrit peut exister ou n'être que le fruit son imagination.

Mêlant plusieurs genres littéraires, Le Journal d'un f... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  17 septembre 2016
Journal d'un fou… d'amour.
Poprichtchine, fonctionnaire au Ministère, est amoureux de Sophie, la fille du directeur qui l'ignore royalement. Les journées du non zélé conseiller titulaire sont occupées à tailler les plumes de Son Excellence et à imaginer une rencontre avec l'objet de ses fantasmes.
Comme il travaille peu ou mal - son chef de bureau ne cesse de le lui reprocher - et reste de longs moments allongé sur son lit, il a le loisir d'observer et de réfléchir, railler et critiquer tout. La canaille administration, les Juifs, les étrangers, les francs-maçons, la France, les vils artisans, les stupides finnoises, les marchands, les avoués, personne ne semble avoir grâce à ses yeux, sauf les chiens : « Je soupçonnais depuis longtemps que les chiens étaient beaucoup plus intelligents que les hommes. » Dans son délire paranoïaque, il va même jusqu'à donner la parole aux cabots et lire leur correspondance pour obtenir des informations sur sa dulcinée.
Sur le ton du comique grinçant, Gogol se sert génialement de la démence de son héros pour critiquer les privilèges sociaux d'un monde inégalitaire qui fait perdre la raison au pauvre et au misérable, sans la possibilité d'un amour rédempteur. C'est une vision, noire et pessimiste, sinistre même de la société russe et de l'âme humaine, et très émouvante.
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Eve-Yeshe
  18 septembre 2016
Ayant beaucoup aimé « le manteau » et « le nez », j'avais très envie de continuer à explorer l'oeuvre de Nikolaï Gogol et je n'ai pas été déçue du voyage.
Voir ce fonctionnaire commencer à interpréter les actes des autres, à entendre parler les chiens, sombrant peu à peu dans un délire de type psychotique, avec des éléments de dépersonnalisation est jubilatoire.
On voit le raisonnement basculer peu à peu ; au départ, on a un homme obsessionnel, dans sa façon de tailler ses plumes ou classer ses documents, avec un journal tenu scrupuleusement qui commence le 3 octobre. Les dates deviennent farfelues après le 8 décembre.
Cela donne par exemple An 2000 puis, 43e jour d'avril ou 86e jour de Martobre. Entre le jour et la nuit et on arrive à : Jo 34e ur Ms nnaée. 349 reirvéF…
A mesure qu'on avance, il n'est plus le petit fonctionnaire, brimé par sa hiérarchie, mais pense être le roi d'Espagne, son délire se structure, la persécution infiltre le raisonnement, le contact avec la réalité s'estompe, tout est sujet à interprétation.
Il est un amoureux aigri et se croit aimer en retour, tenant des propos sur la femme qui ne manque pas piquant : « La femme est amoureuse du diable. Oui, sans plaisanter. Les physiciens écrivent des absurdités, qu'elle est ceci, cela… Elle n'aime que le diable. »
le dialogue avec les chiens est savoureux, (notamment la scène où il va dérober, dans la corbeille du chien les billets écrits par celui-ci), tout comme ses élucubrations sur sa prise de fonction comme roi, ou sa perception de l'asile qu'il croit être son palais.
Nikolaï Gogol a très bien montré les limites floues entre la raison et la folie, comment on bascule insensiblement vers le délire psychotique.
Tout au long du récit, on trouve des réflexions extraordinaires, des perles de lucidité : « L'Anglais est un grand politique. Il essaie de se faufiler partout. Tout le monde sait que, quand l'Angleterre prise, la France éternue. »
J'ai beaucoup aimé cette nouvelle et j'ai du mal à en parler, les mots me manquent, peut-être la peur de déformer la pensée de l'auteur… j'aime son univers, ici on n'est plus dans la drôlerie du « Nez », on a franchi une frontière, on est passé de l'absurde à la folie et Nikolaï Gogol sait très bien en parler. On remarque, au passage, l'attrait qu'exerce le nez chez cet auteur…
Note : 9/10
Challenge 19e siècle
Lien : http://eveyeshe.canalblog.co..
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Gwen21
  18 novembre 2014
Quelle nouvelle porte mieux son titre que celle-ci ?
Dans "Le Journal d'un fou", le génial Gogol déploie une nouvelle fois tout le mordant de son humour et toute la précision de sa plume lumineuse. On lui en voudrait presque de nous faire sourire et rire au spectacle de la folie, celui-là même qui devrait plutôt exciter notre compassion et susciter notre retenue. Mais comment en vouloir au talent ?
***ALERTE SPOILER***
Très brève, ce nouvelle parue en 1835 se découvre donc sous la forme du journal de Poprichtchine, un fonctionnaire russe. Ce récit chronologique gagne en incohérence au fil des jours et place le lecteur dans le cerveau dérangé de ce rond-de-cuir vain et oisif qui s'entiche de la fille de son directeur, entend des conversations entre chiens, vole et lit la "correspondance" de la chienne de compagnie de sa dulcinée et finit par se prendre pour le roi d'Espagne avant d'être interné à l'asile.
A travers ces quelques pages sans fioritures, on ressent de façon de plus en plus poignante le malaise qui englue cet esprit dérangé. Gogol a sciemment choisi le personnage d'un insatisfait incapable de faire aboutir ses révoltes intimes et qui se plaint de son chef, de son directeur, de sa fonction, de l'administration qui l'emploie, de ses concitoyens, de la politique, etc. et semble relancer par son comportement l'éternel débat : est-ce la société qui rend l'homme fou ?
Un texte marquant, servi par une plume superbe.
Challenge PETITS PLAISIRS 2014 - 2015
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saphoo
  26 avril 2020
Extraordinaire, quel talent ! Je me suis régalée et je reste admirative du génie de cet auteur, à nous conter une histoire aussi incroyable. Au fil des phrases, c'est l'esprit du personnage qui se perd dans les brumes de la folie. L'humour est à toutes les sauces, et ça permet à l'auteur de faire passer "ses humeurs" sur des sujets qui le taraude. Au début, on se demande qu'est ce donc que ce journal ? C'est si subtile que mine de rien on est pris au piège, et on se sent entraîner par la folie galopante du personnage.
J'ai adoré toutes les petites piques ici et là, "l'Angleterre pris, la France éternue" tant et tant de petites vérités pimentée parsèment ce récit. Et que dire de la plume, croustillante, savoureuse, onctueuse, un vrai régal.
Je verrais bien ce récit en pièce de théâtre, tellement c'est vivant, drôle, et à la fois sérieux, avec des situations burlesques. Excellent !
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Melou13
  15 novembre 2018
15 novembre
Sapristi ! Cette nouvelle est juste géniale et magnifiquement écrite !
On suit le journal d'un homme fou d'amour qui commence à voir et entendre des choses étranges. On devient spectateur de la dégradation de sa folie, de son obsession et de sa paranoïa qui le conduiront à l'asile.
«Aïe ! aïe ! aïe ! ... c'est bon c'est bon… Je me tais.»
Je vous laisse découvrir la suite...
La nouvelle est drôle mais profonde, c'est avant tout une critique de la société et du monde sublimée par la plume de l'auteur.
Cette introduction dans l'univers de Nikolaï Gogol m'a plus que convaincue, je suis totalement sous le charme.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Gwen21Gwen21   18 novembre 2014
Notre directeur est certainement un homme très intelligent. Tout son cabinet est garni de bibliothèques pleines de livres. J'ai lu les titres de certains d'entre eux : tout cela, c'est de l'instruction, mais une instruction qui n'est pas à la portée d'hommes de mon acabit : toujours de l'allemand ou du français. Et quand on le regarde : quelle gravité brille dans ses yeux ! Je ne l'ai jamais entendu prononcer une parole inutile.
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Eve-YesheEve-Yeshe   20 septembre 2016
Tout ce qu'il y a de meilleur au monde échoit toujours aux gentilshommes de la chambre ou aux généraux. On se procure une modeste aisance, on croit l'atteindre, et un gentilhomme de la chambre ou un général vous l'arrache sous le nez.
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Eve-YesheEve-Yeshe   23 septembre 2016
Ce n'est pas parce qu'il est gentilhomme de la chambre qu'il lui viendra un troisième œil au milieu du front. Son nez n'est pas en or, que je sache, mais tout pareil au mien, au nez de n'importe qui ; il lui sert à priser, et non à manger, à éternuer, et non à tousser.
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Eve-YesheEve-Yeshe   18 septembre 2016
Quels fripons nous sommes, nous autres, fonctionnaires ! Ma parole, nous rendrions des points à n'importe quel officier ! Qu'une dame en chapeau montre seulement le bout de son nez, et nous passons infailliblement à l'attaque !
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NMTBNMTB   04 mars 2018
La femme est amoureuse du diable. Oui, sans plaisanter. Les physiciens écrivent des absurdités, qu'elle est ceci, cela… Elle n'aime que le diable. Voyez là-bas, celle qui braque ses jumelles de la loge du second rang. Vous croyez qu'elle regarde ce personnage bedonnant décoré d'une plaque ? Vous n'y êtes pas, elle regarde le diable qui se tient debout derrière lui. Tenez, le voilà qui se dissimule sous son habit. Il lui fait signe du doigt ! Et elle l'épousera. Elle l'épousera ! Et tous ceux que vous voyez là, tous ces pères de famille gradés, tous ces hommes qui font des pirouettes dans toutes les directions et qui prennent la Cour d'assaut, en disant qu'ils sont patriotes, et patati et patata : des fermes, des fermes, voilà ce que veulent ces patriotes ! Leur père, leur mère, Dieu lui-même ils le vendraient pour de l'argent, les ambitieux, les Judas ! Et cette ambition illimitée provient de ce qu'ils ont sous la luette une vésicule qui contient un vermisseau de la grosseur d'une tête d'épingle ; c'est un barbier de la rue aux Pois qui fait tout cela. J'ai oublié son nom ; mais on sait de source certaine qu'il veut, avec l'aide d'une sagefemme, répandre le mahométisme dans le monde entier, et on dit que c'est pour cela que la plus grande partie du peuple français confesse la foi de Mahomet.
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Vidéo de Nikolai Gogol
Nicolas Gogol : Le Revizor. Adaptation radiophonique et production : Radio Diffusion de la France d’Outre-Mer. Par Françoise Grimal. Réalisation : Serge Ligier. Première diffusion le 7 mai 1958 sur la Chaîne Nationale. Le Revizor (en russe : Ревизор) est une comédie en cinq actes de Nicolas Gogol créée et publiée en 1836. Insatisfait, l'auteur a continué à travailler sa pièce de théâtre et en a livré une seconde mouture en 1841. Gogol écrit cette pièce à l'humour corrosif sur une idée qu’Alexandre Pouchkine lui avait donnée en octobre 1835. Il compose une satire sur le pouvoir russe et s'attaque ouvertement aux abus de l'administration et à la corruption. Argument : Le bourgmestre et toute l'administration d'une petite ville de la province russe sont en émoi, dans l'attente du « Revizor », inspecteur envoyé “incognito” par le gouvernement. Dans la panique que provoque cette arrivée, les fonctionnaires et autres officiels de la ville, qui ont bien des choses à se faire pardonner, débordent alors d'activité et prennent toutes sortes d'initiatives pour dissimuler leurs méfaits. Comment recevoir cet inspecteur au mieux ? Et d'ailleurs, comment l'identifier ? Deux habitants croient le reconnaître en la personne d'un jeune voyageur exigeant récemment arrivé à l'auberge. Au lieu de l'ardoise qu'il attend, celui-ci va être couvert d'honneurs et de flatteries. Même après avoir réalisé qu'il s'agit d'un quiproquo, le jeune homme se jouera de la méprise des fonctionnaires qui, abusés et terrorisés, se prêteront à toutes les bassesses pour complaire à celui qu'ils imaginent être le « revizor », allant jusqu'à croire habile de devancer ses attentes quand il n'en formule même pas. Avec : Jacques Destoop (Ivan Alexandrovitch Khlestakov, Le “Revizor”) Gaston Vacchia (Anton Antonovitch Skvoznik-Dmoukhanovski, Le gouverneur) Claude Evrard (Artemi Filipovitch Lafraise, Le surveillant des établissements de bienfaisance) Jean Saudray (Ammos Fiodorovitch Liapkine-Tiapkine, Le juge au tribunal) Claude Vernick (Louka Loukitch Khlopov, L’inspecteur de l’enseignement) Alain Souchère (Ivan Kouzmitch Chpékine, Le directeur des postes) Michel Bernardy (Piotr Ivanovitch Bobtchinski, propriétaire terrien) Serge Merlin (Piotr Ivanovitch Dobtchinski, propriétaire terrien) Raymond Jourdan (Ossip, le valet d’Ivan Alexandrovitch Khlestakov) Guy Richard et Pierre Gurgand (Les marchands) Chantal Darget (Anna Andréïevna, la femme du gouverneur) Christiane Lasquin (Maria Antonovna, la fille du gouverneur) Sources : France Culture et Wikipédia
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Dans la datcha de Gogol

Que l'on m'apporte mon ..........?............. Les soirées sont fraîches à Saint Petersbourg, et voyez- vous... d’ailleurs... selon moi... je le crois encore bon... sauf un peu de poussière... Eh ! sans doute il a l’air un peu vieux... mais il est encore tout neuf... seulement un peu de frottement... là dans le dos...

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