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ISBN : 2878625560
Éditeur : Editions Thélème (14/10/2009)
Édition audio (Voir tous les livres audio)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 96 notes)
Résumé :
Propichtchine est fonctionnaire à Saint Pétersbourg. À travers lui se jouent toutes les conditions humaines, du pathétique à l'absurde, jusqu'à rendre floues les frontières entre le fou et le normal. Le Journal d'un fou est avant tout une histoire russe, où le héros est à la fois furieux, infiniment triste, et tendre. Ainsi le monde qu'il décrit peut exister ou n'être que le fruit son imagination.

Mêlant plusieurs genres littéraires, Le Journal d'un f... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
palamede
17 septembre 2016
Journal d'un fou… d'amour.
Poprichtchine, fonctionnaire au Ministère, est amoureux de Sophie, la fille du directeur qui l'ignore royalement. Les journées du non zélé conseiller titulaire sont occupées à tailler les plumes de Son Excellence et à imaginer une rencontre avec l'objet de ses fantasmes.
Comme il travaille peu ou mal - son chef de bureau ne cesse de le lui reprocher - et reste de longs moments allongé sur son lit, il a le loisir d'observer et de réfléchir, railler et critiquer tout. La canaille administration, les Juifs, les étrangers, les francs-maçons, la France, les vils artisans, les stupides finnoises, les marchands, les avoués, personne ne semble avoir grâce à ses yeux, sauf les chiens : « Je soupçonnais depuis longtemps que les chiens étaient beaucoup plus intelligents que les hommes. » Dans son délire paranoïaque, il va même jusqu'à donner la parole aux cabots et lire leur correspondance pour obtenir des informations sur sa dulcinée.
Sur le ton du comique grinçant, Gogol se sert génialement de la démence de son héros pour critiquer les privilèges sociaux d'un monde inégalitaire qui fait perdre la raison au pauvre et au misérable, sans la possibilité d'un amour rédempteur. C'est une vision, noire et pessimiste, sinistre même de la société russe et de l'âme humaine, très émouvante.
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Eve-Yeshe
18 septembre 2016
Ayant beaucoup aimé « le manteau » et « le nez », j'avais très envie de continuer à explorer l'oeuvre de Nikolaï Gogol et je n'ai pas été déçue du voyage.
Voir ce fonctionnaire commencer à interpréter les actes des autres, à entendre parler les chiens, sombrant peu à peu dans un délire de type psychotique, avec des éléments de dépersonnalisation est jubilatoire.
On voit le raisonnement basculer peu à peu ; au départ, on a un homme obsessionnel, dans sa façon de tailler ses plumes ou classer ses documents, avec un journal tenu scrupuleusement qui commence le 3 octobre. Les dates deviennent farfelues après le 8 décembre.
Cela donne par exemple An 2000 puis, 43e jour d'avril ou 86e jour de Martobre. Entre le jour et la nuit et on arrive à : Jo 34e ur Ms nnaée. 349 reirvéF…
A mesure qu'on avance, il n'est plus le petit fonctionnaire, brimé par sa hiérarchie, mais pense être le roi d'Espagne, son délire se structure, la persécution infiltre le raisonnement, le contact avec la réalité s'estompe, tout est sujet à interprétation.
Il est un amoureux aigri et se croit aimer en retour, tenant des propos sur la femme qui ne manque pas piquant : « La femme est amoureuse du diable. Oui, sans plaisanter. Les physiciens écrivent des absurdités, qu'elle est ceci, cela… Elle n'aime que le diable. »
le dialogue avec les chiens est savoureux, (notamment la scène où il va dérober, dans la corbeille du chien les billets écrits par celui-ci), tout comme ses élucubrations sur sa prise de fonction comme roi, ou sa perception de l'asile qu'il croit être son palais.
Nikolaï Gogol a très bien montré les limites floues entre la raison et la folie, comment on bascule insensiblement vers le délire psychotique.
Tout au long du récit, on trouve des réflexions extraordinaires, des perles de lucidité : « L'Anglais est un grand politique. Il essaie de se faufiler partout. Tout le monde sait que, quand l'Angleterre prise, la France éternue. »
J'ai beaucoup aimé cette nouvelle et j'ai du mal à en parler, les mots me manquent, peut-être la peur de déformer la pensée de l'auteur… j'aime son univers, ici on n'est plus dans la drôlerie du « Nez », on a franchi une frontière, on est passé de l'absurde à la folie et Nikolaï Gogol sait très bien en parler. On remarque, au passage, l'attrait qu'exerce le nez chez cet auteur…
Note : 9/10
Challenge 19e siècle
Lien : http://eveyeshe.canalblog.co..
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Gwen21
18 novembre 2014
Quelle nouvelle porte mieux son titre que celle-ci ?
Dans "Le Journal d'un fou", le génial Gogol déploie une nouvelle fois tout le mordant de son humour et toute la précision de sa plume lumineuse. On lui en voudrait presque de nous faire sourire et rire au spectacle de la folie, celui-là même qui devrait plutôt exciter notre compassion et susciter notre retenue. Mais comment en vouloir au talent ?
***ALERTE SPOILER***
Très brève, ce nouvelle parue en 1835 se découvre donc sous la forme du journal de Poprichtchine, un fonctionnaire russe. Ce récit chronologique gagne en incohérence au fil des jours et place le lecteur dans le cerveau dérangé de ce rond-de-cuir vain et oisif qui s'entiche de la fille de son directeur, entend des conversations entre chiens, vole et lit la "correspondance" de la chienne de compagnie de sa dulcinée et finit par se prendre pour le roi d'Espagne avant d'être interné à l'asile.
A travers ces quelques pages sans fioritures, on ressent de façon de plus en plus poignante le malaise qui englue cet esprit dérangé. Gogol a sciemment choisi le personnage d'un insatisfait incapable de faire aboutir ses révoltes intimes et qui se plaint de son chef, de son directeur, de sa fonction, de l'administration qui l'emploie, de ses concitoyens, de la politique, etc. et semble relancer par son comportement l'éternel débat : est-ce la société qui rend l'homme fou ?
Un texte marquant, servi par une plume superbe.
Challenge PETITS PLAISIRS 2014 - 2015
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Kirsikka
19 janvier 2017
Le Journal d'un fou, c'est la tentative de montrer la dégradation progressive de l'esprit d'un homme. La forme du journal, récit quotidien à la première personne, est un choix très adapté, puisqu'il plonge le lecteur dans la subjectivité du personnage qui ne se confronte plus au réel par son rapport à l'autre, mais interprète tout rapport à l'autre comme une justification de sa folie ou de ses obsessions. J'ai pensé à la lecture de cette nouvelle de Gogol à Ma mémoire assassine de Young Ha-Kim, qui reprend le même procédé.
Mais les deux textes me semblent se confronter aux mêmes limites, à savoir qu'il est difficile de se mettre dans la peau d'un fou ou d'un dément quand on ne l'est pas. Ou bien est-ce qu'on ne peut s'empêcher de sentir l'auteur et sa recherche de l'effet de la folie derrière les écrits de son personnage.
Il m'a semblé que Gogol plonge trop vite son personnage dans le délire, même si l'idée d'un calendrier qui devient fou lui même dans les dates notées montre bien l'évolution de l'état mental de Propichtchine vers une déconnexion presque totale avec la réalité.
En revanche, Gogol fait ressentir toute la solitude d'un homme méprisé par ses collègues et ses chefs, dont les sentiments forts pour le directeur et sa fille sont si mal reçus ; en quelque sorte, la folie de Propichtchine est un moyen désespéré pour échapper à la sécheresse d'une vie de bureau qui n'appelle que la veulerie et la soumission.
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Neneve
25 mars 2017
Je ne connais pas du tout l'oeuvre de Gogol... je n'ai donc aucun point de comparaison, mais j'ai vu dans ce court texte une plume brillante et un conteur vraiment remarquable. le journal d'un fou, qui jour après jour, écrit ses lubies, ses impressions sur le monde qui l'entoure, et ce qu'il croit être la réalité. Amoureux éperdu, il volera au chien de sa bien-aimée, toute sa correspondance avec d'autres chiens, afin de mieux la connaître pour la séduire. C'est absurde, mais on y croit presque ! Voilà tout le talent de l'auteur. Et puis, s'ensuit une suite de dates qui deviennent de moins en moins crédible, et des faits tout droit sortis du monde fantasmé par le narrateur. Une belle idée que de nous faire croire que si l'Espagne n'a pas de roi sur le trône, c'est que celui-ci est simplement occupé ailleurs, en famille, ou parti à la campagne. J'ai vraiment souri à lecture, même si, dans le fond, la folie n'est pas drôle. Je n'hésiterai pas une seconde à me mettre un autre texte de Gogol sous la main, pour le plaisir de mes yeux !
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Citations & extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Gwen21Gwen2118 novembre 2014
Notre directeur est certainement un homme très intelligent. Tout son cabinet est garni de bibliothèques pleines de livres. J'ai lu les titres de certains d'entre eux : tout cela, c'est de l'instruction, mais une instruction qui n'est pas à la portée d'hommes de mon acabit : toujours de l'allemand ou du français. Et quand on le regarde : quelle gravité brille dans ses yeux ! Je ne l'ai jamais entendu prononcer une parole inutile.
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Eve-YesheEve-Yeshe20 septembre 2016
Tout ce qu'il y a de meilleur au monde échoit toujours aux gentilshommes de la chambre ou aux généraux. On se procure une modeste aisance, on croit l'atteindre, et un gentilhomme de la chambre ou un général vous l'arrache sous le nez.
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Eve-YesheEve-Yeshe23 septembre 2016
Ce n'est pas parce qu'il est gentilhomme de la chambre qu'il lui viendra un troisième œil au milieu du front. Son nez n'est pas en or, que je sache, mais tout pareil au mien, au nez de n'importe qui ; il lui sert à priser, et non à manger, à éternuer, et non à tousser.
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KirsikkaKirsikka19 janvier 2017
Je suis allé au ministère pour rire. Notre chef de section pensait que j'allais lui faire des révérences et lui adresser des excuses, mais je l'ai regardé d'un air indifférent, ni trop courroucé, ni trop bienveillant, et je me suis assis à ma place, comme si je ne remarquais rien... J'ai regardé toute cette vermine administrative et je me suis dit : "Si vous saviez qui est assis parmi vous, que se passerait-il ?" Seigneur Dieu ! quel tohu-bohu cela soulèverait ! Le chef de section lui-même me ferait un salut jusqu'à la ceinture, comme il fait maintenant pour le directeur. On a placé des papiers devant moi, afin que j'en fasse un résumé. Je ne les ai même pas effleurés du bout des doigts.
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Eve-YesheEve-Yeshe18 septembre 2016
Quels fripons nous sommes, nous autres, fonctionnaires ! Ma parole, nous rendrions des points à n'importe quel officier ! Qu'une dame en chapeau montre seulement le bout de son nez, et nous passons infailliblement à l'attaque !
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Que l'on m'apporte mon ..........?............. Les soirées sont fraîches à Saint Petersbourg, et voyez- vous... d’ailleurs... selon moi... je le crois encore bon... sauf un peu de poussière... Eh ! sans doute il a l’air un peu vieux... mais il est encore tout neuf... seulement un peu de frottement... là dans le dos...

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