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EAN : 9782878625561
1 pages
Editions Thélème (14/10/2009)
  Existe en édition audio
3.88/5   234 notes
Résumé :
Propichtchine est fonctionnaire à Saint Pétersbourg. À travers lui se jouent toutes les conditions humaines, du pathétique à l'absurde, jusqu'à rendre floues les frontières entre le fou et le normal. Le Journal d'un fou est avant tout une histoire russe, où le héros est à la fois furieux, infiniment triste, et tendre. Ainsi le monde qu'il décrit peut exister ou n'être que le fruit son imagination.

Mêlant plusieurs genres littéraires, Le Journal d'un f... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
3,88

sur 234 notes

palamede
  17 septembre 2016
Journal d'un fou… d'amour.
Poprichtchine, fonctionnaire au Ministère, est amoureux de Sophie, la fille du directeur qui l'ignore royalement. Les journées du non zélé conseiller titulaire sont occupées à tailler les plumes de Son Excellence et à imaginer une rencontre avec l'objet de ses fantasmes.
Comme il travaille peu ou mal - son chef de bureau ne cesse de le lui reprocher - et reste de longs moments allongé sur son lit, il a le loisir d'observer et de réfléchir, railler et critiquer tout. La canaille administration, les Juifs, les étrangers, les francs-maçons, la France, les vils artisans, les stupides finnoises, les marchands, les avoués, personne ne semble avoir grâce à ses yeux, sauf les chiens : « Je soupçonnais depuis longtemps que les chiens étaient beaucoup plus intelligents que les hommes. » Dans son délire paranoïaque, il va même jusqu'à donner la parole aux cabots et lire leur correspondance pour obtenir des informations sur sa dulcinée.
Sur le ton du comique grinçant, Gogol se sert génialement de la démence de son héros pour critiquer les privilèges sociaux d'un monde inégalitaire qui fait perdre la raison au pauvre et au misérable, sans la possibilité d'un amour rédempteur. C'est une vision, noire et pessimiste, sinistre même de la société russe et de l'âme humaine, et très émouvante.
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afriqueah
  05 mars 2022

Préambule : Ne savait pas que Gogol était né en Ukraine. Je l'ai lu en pensant qu'il était Russe. La liste, extrêmement utile des écrivains ukrainiens, fait référence à lui. En ces temps difficiles, mieux vaut suivre Chrystèle, @horde du contrevent, et parler de Gogol, quelque soit sa nationalité.
Le journal d'un fou, 58 pages, est génial en ce que nous, lecteurs, sommes prêts à voter pour la santé mentale du héros. Il se rend compte de l'intelligence des chiens, qui communiquent entre eux, par écrit, de plus.
En revanche, la fille de son patron, quand elle s'exprime, chante comme un canari. Elle lui plait bien, cette jeune femme, mais il n'a pas le manteau adéquat, juste une vieille capote démodée.
Car il a beau être de noble origine, il a beau être entouré de la bienveillance particulière du Directeur, il a beau tailler des plumes à ses supérieurs, il a beau revoir
et vérifier les paperasses qui s'accumulent, en fait… il est pauvre.
Or les fonctionnaires sont des cochons. Ils s'entassent comme des chiens, aussi bêtes que des paysans et lui le Conseiller d'Etat, leur fait envie.
Les autres, c'est des jaloux de son destin prestigieux.
Alors, il sait que non pas seulement des châteaux en Espagne l'attendent, mais en plus, que c'est le titre vacant de roi d'Espagne qui lui est offert. ( jamais une femme ne pourrait prétendre à régner, tout le monde est bien d'accord sur ce point)
Malheureusement, l'Inquisition a encore frappé, la bêtise du directeur, les antiques rites d'adoubement de la chevalerie, la légèreté des rois qui n'ont pas encore aboli certaines coutumes ancestrales n'arrangent rien. En France, c'est pire, de source certaine le mahométanisme a gagné tous les esprits.
Nous retrouvons avec bonheur les thèmes du manteau élimé ( merci Chrystèle) , dont Dostoïevski aurait dit : « Nous sommes tous sortis du Manteau de Gogol » et des nez (merci ODP31 ) qui sont partis sur la lune, après que le chien qui sait écrire, cet ignoble animal, pour un peu, lui mange le nez ! Et en plus de la hiérarchie imbécile qui ne va quand même pas lui arracher sous le nez les grades qu'il mérite !
Pas de souci l'Espagne l'accueille.
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Eve-Yeshe
  18 septembre 2016
Ayant beaucoup aimé « le manteau » et « le nez », j'avais très envie de continuer à explorer l'oeuvre de Nikolaï Gogol et je n'ai pas été déçue du voyage.
Voir ce fonctionnaire commencer à interpréter les actes des autres, à entendre parler les chiens, sombrant peu à peu dans un délire de type psychotique, avec des éléments de dépersonnalisation est jubilatoire.
On voit le raisonnement basculer peu à peu ; au départ, on a un homme obsessionnel, dans sa façon de tailler ses plumes ou classer ses documents, avec un journal tenu scrupuleusement qui commence le 3 octobre. Les dates deviennent farfelues après le 8 décembre.
Cela donne par exemple An 2000 puis, 43e jour d'avril ou 86e jour de Martobre. Entre le jour et la nuit et on arrive à : Jo 34e ur Ms nnaée. 349 reirvéF…
A mesure qu'on avance, il n'est plus le petit fonctionnaire, brimé par sa hiérarchie, mais pense être le roi d'Espagne, son délire se structure, la persécution infiltre le raisonnement, le contact avec la réalité s'estompe, tout est sujet à interprétation.
Il est un amoureux aigri et se croit aimer en retour, tenant des propos sur la femme qui ne manque pas piquant : « La femme est amoureuse du diable. Oui, sans plaisanter. Les physiciens écrivent des absurdités, qu'elle est ceci, cela… Elle n'aime que le diable. »
le dialogue avec les chiens est savoureux, (notamment la scène où il va dérober, dans la corbeille du chien les billets écrits par celui-ci), tout comme ses élucubrations sur sa prise de fonction comme roi, ou sa perception de l'asile qu'il croit être son palais.
Nikolaï Gogol a très bien montré les limites floues entre la raison et la folie, comment on bascule insensiblement vers le délire psychotique.
Tout au long du récit, on trouve des réflexions extraordinaires, des perles de lucidité : « L'Anglais est un grand politique. Il essaie de se faufiler partout. Tout le monde sait que, quand l'Angleterre prise, la France éternue. »
J'ai beaucoup aimé cette nouvelle et j'ai du mal à en parler, les mots me manquent, peut-être la peur de déformer la pensée de l'auteur… j'aime son univers, ici on n'est plus dans la drôlerie du « Nez », on a franchi une frontière, on est passé de l'absurde à la folie et Nikolaï Gogol sait très bien en parler. On remarque, au passage, l'attrait qu'exerce le nez chez cet auteur…
Note : 9/10
Challenge 19e siècle
Lien : http://eveyeshe.canalblog.co..
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Gwen21
  18 novembre 2014
Quelle nouvelle porte mieux son titre que celle-ci ?
Dans "Le Journal d'un fou", le génial Gogol déploie une nouvelle fois tout le mordant de son humour et toute la précision de sa plume lumineuse. On lui en voudrait presque de nous faire sourire et rire au spectacle de la folie, celui-là même qui devrait plutôt exciter notre compassion et susciter notre retenue. Mais comment en vouloir au talent ?
***ALERTE SPOILER***
Très brève, ce nouvelle parue en 1835 se découvre donc sous la forme du journal de Poprichtchine, un fonctionnaire russe. Ce récit chronologique gagne en incohérence au fil des jours et place le lecteur dans le cerveau dérangé de ce rond-de-cuir vain et oisif qui s'entiche de la fille de son directeur, entend des conversations entre chiens, vole et lit la "correspondance" de la chienne de compagnie de sa dulcinée et finit par se prendre pour le roi d'Espagne avant d'être interné à l'asile.
A travers ces quelques pages sans fioritures, on ressent de façon de plus en plus poignante le malaise qui englue cet esprit dérangé. Gogol a sciemment choisi le personnage d'un insatisfait incapable de faire aboutir ses révoltes intimes et qui se plaint de son chef, de son directeur, de sa fonction, de l'administration qui l'emploie, de ses concitoyens, de la politique, etc. et semble relancer par son comportement l'éternel débat : est-ce la société qui rend l'homme fou ?
Un texte marquant, servi par une plume superbe.
Challenge PETITS PLAISIRS 2014 - 2015
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saphoo
  26 avril 2020
Extraordinaire, quel talent ! Je me suis régalée et je reste admirative du génie de cet auteur, à nous conter une histoire aussi incroyable. Au fil des phrases, c'est l'esprit du personnage qui se perd dans les brumes de la folie. L'humour est à toutes les sauces, et ça permet à l'auteur de faire passer "ses humeurs" sur des sujets qui le taraude. Au début, on se demande qu'est ce donc que ce journal ? C'est si subtile que mine de rien on est pris au piège, et on se sent entraîner par la folie galopante du personnage.
J'ai adoré toutes les petites piques ici et là, "l'Angleterre pris, la France éternue" tant et tant de petites vérités pimentée parsèment ce récit. Et que dire de la plume, croustillante, savoureuse, onctueuse, un vrai régal.
Je verrais bien ce récit en pièce de théâtre, tellement c'est vivant, drôle, et à la fois sérieux, avec des situations burlesques. Excellent !
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
DorpheeTheDogDorpheeTheDog   08 mars 2022
Ô ma chère, comme l’approche du printemps se fait sentir ! Mon cœur bat comme s’il s’attendait constamment à quelque chose. Les oreilles me tintent sans cesse, de façon que je me tiens souvent des minutes entières, la patte levée, devant la porte, à écouter. Il faut que je te dise que j’ai une foule d’adorateurs. Je me mets souvent à la fenêtre pour les examiner. Ah ! si tu savais quels monstres il y a parmi eux ! Souvent un chien de basse-cour, mal bâti et stupide (la bêtise se lit sur sa figure), passe très-gravement dans la rue, s’imaginant qu’il est un personnage d’importance, et que tout le monde l’admire. Pas le moins du monde ; je ne lui accorde pas la moindre attention ; c’est comme si je ne l’avais pas vu. Et quel effroyable dogue s’arrête quelquefois devant ma fenêtre ! S’il se levait sur ses pattes de derrière, ce que le butor ne sait pas faire certainement, il serait de toute la tête plus grand que le papa de ma Sophie, qui est aussi d’assez grande et d’assez grosse taille. Ce sot-là doit être horriblement impertinent. J’ai un peu grondé contre lui ; mais ça lui est parfaitement égal. Il laisse pendre sa langue et ses lourdes oreilles, se plante là, et ne cesse de regarder dans ma fenêtre. Quel paysan ! Mais, crois-tu, ma chère, que mon cœur soit indifférent à toutes les avances ? Oh ! non. Si tu avais vu un beau cavalier qui saute souvent par-dessus la haie de la maison voisine, et qui se nomme Trésor.... Ah ! ma chère, quel charmant petit museau il a !
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Gwen21Gwen21   18 novembre 2014
Notre directeur est certainement un homme très intelligent. Tout son cabinet est garni de bibliothèques pleines de livres. J'ai lu les titres de certains d'entre eux : tout cela, c'est de l'instruction, mais une instruction qui n'est pas à la portée d'hommes de mon acabit : toujours de l'allemand ou du français. Et quand on le regarde : quelle gravité brille dans ses yeux ! Je ne l'ai jamais entendu prononcer une parole inutile.
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Eve-YesheEve-Yeshe   20 septembre 2016
Tout ce qu'il y a de meilleur au monde échoit toujours aux gentilshommes de la chambre ou aux généraux. On se procure une modeste aisance, on croit l'atteindre, et un gentilhomme de la chambre ou un général vous l'arrache sous le nez.
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Eve-YesheEve-Yeshe   23 septembre 2016
Ce n'est pas parce qu'il est gentilhomme de la chambre qu'il lui viendra un troisième œil au milieu du front. Son nez n'est pas en or, que je sache, mais tout pareil au mien, au nez de n'importe qui ; il lui sert à priser, et non à manger, à éternuer, et non à tousser.
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NMTBNMTB   04 mars 2018
La femme est amoureuse du diable. Oui, sans plaisanter. Les physiciens écrivent des absurdités, qu'elle est ceci, cela… Elle n'aime que le diable. Voyez là-bas, celle qui braque ses jumelles de la loge du second rang. Vous croyez qu'elle regarde ce personnage bedonnant décoré d'une plaque ? Vous n'y êtes pas, elle regarde le diable qui se tient debout derrière lui. Tenez, le voilà qui se dissimule sous son habit. Il lui fait signe du doigt ! Et elle l'épousera. Elle l'épousera ! Et tous ceux que vous voyez là, tous ces pères de famille gradés, tous ces hommes qui font des pirouettes dans toutes les directions et qui prennent la Cour d'assaut, en disant qu'ils sont patriotes, et patati et patata : des fermes, des fermes, voilà ce que veulent ces patriotes ! Leur père, leur mère, Dieu lui-même ils le vendraient pour de l'argent, les ambitieux, les Judas ! Et cette ambition illimitée provient de ce qu'ils ont sous la luette une vésicule qui contient un vermisseau de la grosseur d'une tête d'épingle ; c'est un barbier de la rue aux Pois qui fait tout cela. J'ai oublié son nom ; mais on sait de source certaine qu'il veut, avec l'aide d'une sagefemme, répandre le mahométisme dans le monde entier, et on dit que c'est pour cela que la plus grande partie du peuple français confesse la foi de Mahomet.
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Vidéo de Nikolai Gogol
Re-post des vidéos tournées en 2020 au moment du confinement. Les auteurs nous raconte comment ils ont vécu la situation et ce que la gestion de la crise dit du pays.
Moscou : Rencontrez 10 artistes, visitez 100 lieux. Découvrez une ville différemment.
Préfaces : Irina Prokhorova, éditrice - Olga Sviblova, conservatrice.
10 interviews : Dmitri Kourliandski, compositeur - Iouri Grigorian, architecte - Tchoulpan Khamatova, comédienne, - Igor Moukhine, photographe - Ilya Demoutski, compositeur - Irina Korina, plasticienne - Pavel Pepperstein, plasticien, écrivain - Maria Stepanova, poète - Maxim Didenko, metteur en scène - Vladimir Moukhine, chef gastronomie. 100 lieux / 5 parcours : Electrothéâtre Stanislavski– Centre Gogol – Garage – Nouvelle Galerie Tretiakov– Vinzavod…
Pour en savoir plus : http://ateliershenrydougier.com/moscou.html Lire un extrait : https://fr.calameo.com/books/005553960838d5c676209 A commander en ligne : https://www.interforum.fr/Affiliations/accueil.do?refLivre=9791031204802&refEditeur=155&type=P
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Website : http://ateliershenrydougier.com/ Facebook : https://www.facebook.com/ateliershenrydougier/ Instagram : https://www.instagram.com/ Twitter : https://twitter.com/AteliersHD
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Dans la datcha de Gogol

Que l'on m'apporte mon ..........?............. Les soirées sont fraîches à Saint Petersbourg, et voyez- vous... d’ailleurs... selon moi... je le crois encore bon... sauf un peu de poussière... Eh ! sans doute il a l’air un peu vieux... mais il est encore tout neuf... seulement un peu de frottement... là dans le dos...

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