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Il'â Gal'perin-Kaminskij (Traducteur)Bernard Kreise (Auteur de la postface, du colophon, etc.)Marion Bataille (Illustrateur)
EAN : 9782842053833
101 pages
Éditeur : 1001 Nuits (01/02/1999)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.29/5 (sur 99 notes)
Résumé :
"C'était le lendemain de la Saint-Nicolas d'hiver, qui était la fête de la paroisse et Vassili Andréitch Brekhounov, appartenant à la seconde guilde des marchands ne pouvait s'absenter. Il lui fallait être à l'église, il était marguillier et il lui fallait aussi recevoir et régaler chez lui les parents et les amis. Mais lorsque ces derniers hôtes l'eurent quitté, assili Andréitch se mit aussi en devoir de se préparer à partir." Vassili Andréitch Brekhounov et son va... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  05 juillet 2015
Aujourd'hui, histoire de vous rafraîchir un peu en ces temps de canicule, je vous propose une nouvelle servie bien frappée par le maître Tolstoï dont cet avis se fait le serviteur.
Et c'est une nouvelle qu'il ne faut pas trop prendre à la légère : car, oui, on se laisse emporter par l'histoire, oui, le style est plaisant, et oui encore ce format réduit autorise une pleine jouissance dans un temps réduit. On pourrait donc croire que Maître Et Serviteur n'est qu'une petite nouvelle agréable, un conte, une narration bien sentie et qui se suffit à elle-même. Mais on aurait tort, à mon avis, de sous-estimer le fond de cette nouvelle.
Tout d'abord il faut que je vous présente de quoi il retourne. Vassili Andréitch est un marchand aisé d'un gros village russe enfouit dans la campagne. Il se fait des choux gras sur à peu près tout le monde qui l'approche, à commencer par ses serviteurs, auprès desquels pourtant il arrive à se faire passer pour la Providence.
Personne n'est tout-à-fait dupe de cette affaire, mais tant que chacun y trouve son compte, cela reste supportable. Nikita est l'un des garçons de ferme de Vassili. Il n'est pas payé cher mais son maître lui offre un emploi, lui qui traîne un lourd passé d'ivrognerie bien qu'il se soit rangé depuis quelque temps.
Alors Nikita est indulgent avec son patron ; le métier n'est pas trop ingrat et Vassili lui passe deux ou trois écarts, tant que cela ne coûte rien. Nikita est aussi doué avec les chevaux et les choses de la ferme que Vassili l'est pour faire fructifier les roubles.
D'ailleurs, Vassili est sur un bon coup : une parcelle de forêt négociée à un vil prix. Il faut absolument conclure cette affaire rapidement avant qu'elle lui passe sous le nez. C'est le plein coeur de l'hiver russe et la météo n'est vraiment pas fameuse mais qu'importe, une affaire juteuse comme celle-ci n'attend pas.
Vassili prie Nikita d'atteler le bon cheval bai et les voilà partis tous deux sur le traîneau, malgré la mine dubitative de Nikita. Il a tellement neigé que la question se pose de savoir quelle route prendre pour faire les quelques verstes qui séparent la maison du négociant de celle du vendeur.
À chaque alternative, le bon sens paysan de Nikita se heurte au bon sens marchand de Vassili… Nikita malgré tout obtempère toujours : car un maître, c'est un maître. Mais la neige continue de tomber, de tomber… et le vent continue de souffler, de souffler… et il n'en finit pas de geler dans ce blizzard, de geler…
Aussi, ne vous êtes-vous jamais retrouvés totalement transis par le froid, le vent, la neige, l'épuisement et le manque d'équipement, dans une situation scabreuse, dont on ne peut prévoir la durée ? Lev Tolstoï possède l'art de nous faire ressentir cette expérience comme si l'on y était. On a un frisson à chaque paragraphe et l'on termine les pages avec l'onglée. On a des engelures rien qu'à imaginer ce pauvre cheval lancé dans le blizzard, on hurle de froid en imaginant les membres douloureux de l'infortuné Nikita.
Au-delà de cette histoire, Tolstoï nous questionne sur la condition de maître et celle de serviteur ou, plus généralement, celle de dirigeant et celle de subalterne. le dirigeant, habitué à diriger, dirige tandis que le subalterne, habitué à obéir, obéit et ce, quelles que soient les situations, même si le plus apte à diriger n'est pas le dirigeant ou si le subalterne aurait intérêt à ne pas obéir.
L'auteur nous questionne également sur la valeur de l'argent comparée à celle des êtres. Qu'est-on prêt à risquer pour de l'argent ? Quel est le sens de tout ça ? Aujourd'hui les acteurs seront un peu différents mais lorsqu'un chef d'entreprise met sciemment ses employés en danger pour un gain de compétitivité, sommes-nous très loin de la question de Tolstoï ?
N'y a-t-il pas quelque chose ayant trait à la valeur différentielle que ces personnes attribuent aux différentes catégories sociales d'êtres humains ? C'est ce que je vous laisse méditer au travers de cette nouvelle.
Ainsi, vous l'aurez compris, voici une nouvelle forte et intéressante bien que je la trouve en perte de vitesse sur la fin d'où mes sévères quatre étoiles au lieu de cinq. Mais ce n'est là que mon avis valétudinaire, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Eve-Yeshe
  15 mars 2017
Tolstoï nous livre une réflexion sur le lien Maître et serviteur, employeur employé et sur le pouvoir que confère l'argent par rapport à celui qui doit obéir.
Il met en parallèle la sagesse de Nikita, proche de la terre, des éléments et des animaux qui sait d'instinct comment affronter la tempête, la neige, le blizzard, mais qui obéit aux ordres, même s'ils sont dénués de bon sens.
Face à lui, Vassili le maître obsédé par son affaire, il s'obstine à continuer la route dans la tempête mettant tout le monde en danger : il savait qu'il fallait s'arrêter au village la première fois où ils se sont perdus, mais l'appât de gain du maître est trop fort.
Il ne s'agit pas simplement de la relation entre deux hommes perdus dans la tempête, c'est aussi une critique de la société de l'époque (est-ce que cela a beaucoup changé ?)
Une mention spéciale pour la misogynie du maître : « ma femme ne saura pas se faire payer. Qu'elle est ignorante ! Elle n'a pas de savoir-vivre », pensa-t-il en se rappelant la façon dont elle avait reçu le commissaire de police qui lui avait fait visite la veille à l'occasion de la fête.
« Une femme, quoi ! Où aurait-elle pu s'éduquer ? Était-ce une maison convenable, celle de ses parents ? »
Tolstoï parle aussi de sa relation avec la mort : doit-on la redouter ou en accepter la fatalité : Vassili a peur de la mort, il pense même un moment, que Nikita peut bien mourir de froid, cela n'a pas grande importance, par rapport à sa propre vie.
Nikita, lui, ne redoute rien, la mort est une fatalité, quel est le prix de la vie pour lui ? il suit son instinct, sa propre expérience, pour se protéger, et tenter de protéger son maître et Moukhorty, le cheval qui est un être humain pour lui, il lui parle, le bichonne alors que pour Vassili, il n'est qu'un moyen de locomotion.
Les phrases sur la mort sont très belles.
« Mourait-il ou s'endormait-il ? Il ne le savait ; mais il se sentait également prêt pour l'une ou pour l'autre chose. »
J'ai lu cette nouvelle il y a très longtemps, à la même époque que la première lecture de « Anna Karénine », et la magie a fonctionné une nouvelle fois, j'ai retrouvé le texte qui s'était imprimé tout au fond de ma mémoire alors que je pensais l'avoir oublié…
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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mcd30
  20 octobre 2019
Toute la maestria de Tolstoï en cent pages.
Nous voici partis en traîneau, pris dans une violente tempête, la nuit tombe, le chemin est recouvert par la neige, le vent souffle en bourrasque, nous avons froid nous inquiétons mais par chance nous arrivons dans un village.
Seulement, dans cet attelage, Vassili Andréitch n'a qu'une obsession conclure une affaire le plus rapidement possible. Il ne pense qu'à ses futurs profits.Les villageois lui conseillent d'attendre mais rien à faire, les voilà repartis dans la tourmente. Soumis son domestique Nikita l'accompagne et le sert de son mieux grâce à sa connaissance de la nature.
Dans ce récit, Tolstoï nous montre à quel point, l'homme est impuissant face à la nature, Vassili Andréitch l'apprendra à ses dépens et réalisera trop tard qu'il ne maîtrise que peu de choses. C'est aussi une belle leçon de lâcher-prise car Nikita, son serviteur, sait qu'il n'a pas grand-chose à perdre et accepte l'idée de sa mort tout en plaignant son maître, qui lui, à tant à perdre.
Toute la finesse de Tolstoï dans ces deux portraits où finalement le maître finit par réaliser qu'il a une vie à charge.
Une réflexion sur l'importance de la vie, la sienne et celle des autres.
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nadiouchka
  10 novembre 2019
Un petit retour vers la littérature russe, du classique avec Léon Tolstoï (Толстой Лев Николаевич) (1828 – 1910) et son livre « Maître et Serviteur » («Хозяин и работник»), une nouvelle parue en 1895 – encore un petit ouvrage (cent pages), mais qui a bien sa place dans l'oeuvre de cet écrivain.
L'histoire ? En voici quelques lignes : C'est le jour de Saint-Nicholas le Thaumaturge – en principe un jour où on fait la fête chez soi, bien au chaud. Mais Vassili Andrévitch Brékhounov, attiré par le gain et les bonnes affaires, se met dans l'idée d'acquérir un bois afin de gagner encore plus de roubles … Pour cela, il emmène avec lui son garçon de ferme (Nikita), un serviteur qui ne touche plus à l'alcool.
Et « allons-y » : « идти ДАВАЙТЕ» = « idti DAVAYTE ».
Le temps est au plus froid – il fait nuit – ils rencontrent, en route, une famille bien accueillante et le vieux patriarche, Tarass, leur vient en aide, met à l'abri dans un hangar le cheval (Moukhorty) qui, ainsi, se retrouve avec les autres animaux.
Si Vassili accepte cette aide en buvant de la vodka pour faire honneur à ses bienfaiteurs, Nikita, lui, se contente de boire du thé (c'est plus raisonnable).
Mère Prudence conseille de dormir ici et de ne repartir que le lendemain. Mais, hélas, l'âpreté du gain fait que Brékhounov décide de repartir, au grand dam des autres personnages ainsi qu'à celui du bon sens de Nikita.
La suite de l'aventure démontre que cette décision est une bien grave erreur, d'autant plus que le pauvre cheval est épuisé, les personnages se perdent dans la tourmente glaciale…. Et …
Avec « Maître et serviteur », Tolstoï a fait un parallèle entre ces deux situations : un maître, riche mais cupide, et un serviteur, proche de la terre et des animaux mais qui se voit obligé d'obéir à son maître – l'un est une sorte de despote tandis que l'autre est plein de sagesse.
Avec cette critique de Tolstoï sur la société, on peut se demander si cela a changé quelque chose ? Apparemment non et on en a la preuve tous les jours, cela à n'importe quel niveau que l'on se place : politique – social – juridique … mais je n'ai pas l'intention de critiquer notre actualité (ce n'est pas le but).
Ainsi, la morale de cette histoire est largement glacée et sujette à de nombreuses réflexions.
Pour ma conclusion et mon ressenti, j'ai choisi de dire que ce fut une bonne lecture, enrichissante mais que j'avais lue bien au chaud alors que les personnages luttaient dans la tourmente. Encore un bon point pour Tolstoï qui démontre, une fois de plus, son talent. Mais en doutait-on ?
«Bonne question » : « хороший вопрос» = «khoroshiy vopros » ...
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ninamarijo
  13 janvier 2021
En 1870 Vassili Andreitch marchand pingre, avare et filou en affaire doit se rendre à Goriatschkino pour l'achat d'un petit bois estimé à 2000 roubles qu'il compte bien marchander.
Nikita, son serviteur, moujik de 50ans dont « tout le monde faisait cas pour son amour du travail, son habileté, sa vigueur, et surtout pour sa bonté et son heureux caractère. » prépare l'attelage. Et malgré la tempête de neige qui se lève l'équipage prend la route. Bientôt les difficultés arrivent, tempête glaciale, neige, brouillard, nos deux hommes tournent en rond, la nuit tombe, ils se perdent et sont obligés de bivouaquer.
Ce récit oppose le maitre au serviteur : celui qui dirige n'a qu'un souci faire une bonne affaire, il veut arriver au plus vite et n'évalue pas le danger qui les menace. le serviteur, celui qui doit obéir représente le bon sens paysan, de bonne humeur et aime les bêtes il sait reconnaître leur bravoure et il les épargne.
Dans ce récit où Tolstoï excelle dans son art, ce qu'il y a d'incroyable c'est que la magie fonctionne ! le récit est très vivant, les caractères bien campés et tandis que les éléments se déchainent on serait presque gelé en lisant cette nouvelle! On est happés dans le décor avec force et émerveillement.
Tolstoï aborde des sujets comme relations humaines maitre-serviteur l'un est calme, observe et connait de la nature l'autre est plein de cupidité et lorsque le danger arrive il est paralysé par la peur de mourir. Ainsi on remarque que petit à petit la peur, l'idée de la mort soumet le maitre devant le serviteur.
Génial Tolstoï qui fait de cette course dans la tempête de neige le symbole de nos luttes et nos peurs dans la vie et la bonne attitude à adopter.




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Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
mcd30mcd30   13 octobre 2019
La pensée de mourir cette même nuit ne lui parut ni trop regrettable, ni trop effrayante. Pas trop regrettable, parce que sa vie était loin d'être une fête continuelle, mais une servitude incessante au contraire et dont il commençait à se fatiguer ; pas trop effrayante, parce qu'outre les maîtres, comme Vassili Andréitch, au service desquels il se trouvait ici-bas, il se sentait soumis au Maître des maîtres, à celui qui l'avait envoyé sur cette terre, et il savait qu'en mourant il resterait encore au pouvoir de ce maître qui ne le molesterait pas.
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AelaAela   16 septembre 2012
" - Reine des cieux, saint père Nicolas modèle d'abstinence", - il se rappelait les actions de grâces de la veille et l'icône à la face noire dans son cadre doré, les cierges qu'il vendait pour cette icône, et qu'on lui rapportait aussitôt, à peine consumés, pour qu'il les cache dans son tiroir.
Et il se mit à prier ce même Nicolas thaumaturge de le sauver, en lui promettant actions de grâces et cierges;
Mais il comprit aussi très clairement, indiscutablement, que cette icône, ce cadre, ces cierges, ce prêtre, ces actions de grâces - que tout était important et nécessaire là-bas, à l'église, mais qu'ici cela ne pouvait lui servir à rien, qu'entre ces cierges, ces actions de grâces, et la situation misérable où il se trouvait à présent, il n'y avait et ne pouvait y avoir aucun lien.
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ninamarijoninamarijo   07 janvier 2021
Vassili Andréitch suivit donc le vieux dans l’izba, et Nikita entra avec le traîneau par la porte que venait d’ouvrir Pétrouschka, qui lui indiqua de mettre son cheval à l’abri sous l’auvent du hangar. Le sol du hangar était couvert d’une épaisse couche de fumier, et la haute douga se heurta contre une des poutres du plafond. Aussitôt le coq et les poules, perchés sur la poutre et secoués par le choc, gloussèrent avec mécontentement. Les moutons, alarmés, frappèrent de leurs sabots le fumier gelé et se rejetèrent en arrière. Un chien, évidemment jeune, aboya avec un hurlement désespéré.
Nikita adressa à toute la société quelques paroles aimables : il s’excusa à l’égard des poules, disant qu’il ne les dérangerait plus, reprocha aux moutons leur frayeur déraisonnable, et ne cessa d’exhorter le chien, tandis qu’il attachait le cheval.
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mcd30mcd30   10 octobre 2019
À l'entrée de la rue, le vent se faisait sentir encore et soulevait la neige, mais au milieu du village il faisait calme, chaud et gai. Près d'une maison aboyait un chien ; près d'une autre, une femme, se couvrant la tête d'un manteau d'homme, accourait et s'arrêtait sur le seuil de l'izba pour regarder les voyageurs. On entendait des chants de jeunes filles.
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Nastasia-BNastasia-B   27 juillet 2012
Il réfléchissait : il réfléchissait toujours à la même chose, à ce qui constituait le but, la signification, la joie et l'orgueil de son existence, à l'argent qu'il avait gagné et qu'il pouvait encore gagner, à l'argent que possédaient d'autres gens qu'il connaissait, et aux moyens par lesquels ils avaient fait fortune et aux procédés grâce auxquels il pourrait, tout comme eux, gagner encore beaucoup d'argent.
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Vidéo de Léon Tolstoï
Léon Tolstoï : Analyse spectrale de l’Occident (1965 / France Culture). Photographie : Portrait de Léon Tolstoï, non daté • Crédits : Bettmann - Getty. Diffusion sur France Culture le 13 mars 1965. Par Pierre Sipriot. Avec Maurice Genevoix (écrivain), et les Académiciens Henri Troyat (écrivain, académicien), Jean Guéhenno (écrivain, critique littéraire) et André Maurois (romancier, biographe, conteur, essayiste). Lectures par Alain Cuny, Fernand Ledoux et Silvia Montfort. Léon Tolstoï, nom francisé de Lev Nikolaïevitch Tolstoï (en russe : Лев Никола́евич Толсто́й, [lʲɛf nʲɪkɐˈlaɪvʲɪtɕ tɐlˈstoj]), né le 28 août 1828 (9 septembre 1828 dans le calendrier grégorien) à Iasnaïa Poliana et mort le 7 novembre 1910 (20 novembre 1910 dans le calendrier grégorien) à Astapovo, en Russie, est un écrivain célèbre surtout pour ses romans et nouvelles qui dépeignent la vie du peuple russe à l'époque des tsars, mais aussi pour ses essais, dans lesquels il prenait position par rapport aux pouvoirs civils et ecclésiastiques et voulait mettre en lumière les grands enjeux de la civilisation. "Guerre et Paix" (1869), que Tolstoï a mis dix ans à écrire et qui est une de ses plus grandes œuvres romanesques, brosse le portrait historique et réaliste de toutes les classes sociales au moment de l'invasion de la Russie par les troupes de Napoléon en 1812, dans une vaste fresque des complexités de la vie sociale et des subtilités de la psychologie humaine, d'où émane une réflexion profonde et originale sur l'histoire et la violence dans la vie humaine. Tolstoï est un écrivain dont le talent a été rapidement reconnu et qui s'est fait connaître par les récits autobiographiques de son enfance et sa jeunesse, puis de sa vie de soldat à Sébastopol (Crimée). Il est devenu très célèbre, comme il le souhaitait ardemment, avec le roman "Anna Karénine" en 1877. Au terme d'une recherche aussi ardente que celle de la célébrité, menée de manière rationnelle pour répondre à ses questionnements existentiels et philosophiques, il s'enthousiasme pour la doctrine du Christ. Dès lors et jusqu'à la fin de sa vie, il exprime son idéal de la vérité, du bien, de la justice et de la paix, encore parfois dans des fictions et des nouvelles, mais surtout dans des essais. Il prône le travail manuel, la vie au contact de la nature, le rejet du matérialisme, l'abnégation personnelle et le détachement des engagements familiaux et sociaux, confiant que la simple communication de la vérité d'une personne à une autre ferait éventuellement disparaître toutes les superstitions, les cruautés et les contradictions de la vie. Après avoir été porté aux nues comme romancier, Tolstoï est devenu un point de mire en Russie et dans tout le reste de l'Europe, par admiration ou par acrimonie à cause de sa critique des Églises nationales et du militarisme. Il a eu une brève correspondance vers la fin de sa vie avec Mahatma Gandhi, qui s'est inspiré de sa « non-résistance au mal par la violence » pour mettre en avant sa doctrine de « non-violence ». Vers la fin du XXe siècle, divers courants philosophiques (libertaire, anticapitaliste, etc.) se sont réclamés de l'héritage de Tolstoï, à partir de sa critique des Églises, du patriotisme et des injustices économiques. Sa réflexion chrétienne est toujours restée en marge des grandes Églises, et son génie littéraire est universellement reconnu.
Sources : France Culture et Wikipédia
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