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Henri Mongault (Traducteur)Benjamin Goriely (Préfacier, etc.)
ISBN : 2070405427
Éditeur : Gallimard (24/09/1998)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 56 notes)
Résumé :
Nicolas Vassilievitch Gogol croyait vraiment au diable, Mais le malin pour corrompre le malheureux peintre Tcharkov, délaisse ici son attirail de fumées, de goules et de harpies. Un vieux portrait et quelques ducats d'or suffiront.
Dans cette version pétersbourgeoise de Faust le fantastique a valeur d'allégorie : la création artistique est-elle sans danger pour l'âme ?
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
valsing
  30 mai 2018
«Le Portrait» l'a couvert d'or mais il ne peut plus le voir en peinture !
Maudit soit Tcharkov d'avoir dégoté ce tableau chez un brocanteur de Chtchoukine ! Les yeux perçants, saisissants, si vivants de ce portrait de vieillard, au manteau oriental, hantent le jeune peintre. C'est par lui que le malheur arrive!
Le talent de ce pauvre Tcharkov s'est évaporé depuis que le Portrait l'a inondé de « ses ducats ». Surfer sur la vague du conformisme l'a plongé dans une pauvreté d'esprit et de créativité ! Son constat d'échec, du naufrage de son talent sonne le glas de la folie!
La « lame de fond » de cet éclair de lucidité finira-t-elle par noyer ce vieux loup de mer dont la culpabilité rattrape sauvagement la cupidité artistique ?
Gogol remporte largement la partie dans ce face à face littéraire. Une fois de plus, il m'a « touchée, coulée » !
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Slava
  08 juin 2016
Un jeune peintre talentueux mais miséreux achète un étrange tableau. Ce tableau est un portrait d'un vieil homme mais dont les yeux semblent vivants... Il l'emmène chez lui et en demeure troublé par cette oeuvre. Une nuit, il croit voir le portrait s'animer ! le lendemain, il trouve des ducats d'or chez lui... Ça tombe bien, pour quelqu'un de pauvre et qui veut faire reconnaître au monde son art ! Très vite, il devient connu et ses tableaux se vendent bien mais l'art peut résister à la mondanité et à la superficialité ?
Voilà une curieuse nouvelle d'un grand auteur russe, Nikolai Gogol. Il est connu pour ses nouvelles fantastiques (dont le Portrait) et du roman les Âmes Mortes. Ici, il se sert d'un thème connu du fantastique, un objet abstrait qui devient vivant. Si Edgar Allan Poe avait utilisé avec brio ce thème avec sa nouvelle... le Portrait (oui c'est peu original), Gogol le fait d'une efficacité décoiffante et d'une grande originalité. Des années plus tard, un certain Oscar Wilde s'inspire de la nouvelle pour composer un roman... Eh oui, Gogol a inspiré l'auteur du Portrait de Dorian Gray ! C'est dire !
Dans l'édition que j'ai eu, il y a deux parties à la nouvelle, comme faisant deux petites histoires autour du même thème. Il est unanime que la première partie est magnifique et puissante.
Avec une écriture superbe, aux comparaisons piquantes ("fâché comme un coq mouillé " dévorer avec des yeux de vampires") et doté d'un humour subtile mais acerbe, Gogol relate le changement qu'apporte ce tableau. La manière dont il le décrit nous le rend presque réel, on peut presque sentir l'effrayant regard réaliste sur nous. D'autant plus qu'on ne sait rien de ce tableau... La nuit où il prends vie est angoissante et étrange...
Mais étonnamment, après ce passage, plus une trace du fantastique, adieu, basta. En effet, après cela, le réalisme domine, lorsque le peintre décide de changer de vie. Gogol s'attarde aux détails réalistes. Mais surtout, on constate une grande satire envers les gens et la mondanité. En effet, le peintre est amené à côtoyer les riches et Gogol en profite pour les critiquer durement, mais avec son humour.
Et la nouvelle va plus loin : c'est une véritable réflexion sur l'Art et surtout comment en user. L'Art est un domaine sacré qu'il faut surtout s'en servir délicatement... et surtout, il est difficile de garder son talent quand le grand public en demande toujours et souhaite voir des artistes "bon marché ". En effet, Gogol fait le constat amer : mieux vaut être un artiste pauvre et isolé mais qui possède un grand don artistique que d'être un artiste en vue et connu de tous mais qui va se conformer à tous et perdant son originalité... Et la chute sera dur pour ces artistes-là, le héros du récit va le ressentir cruellement... La fin est déchirante et tendue, sonnant comme une terrible morale.
En revanche, la deuxième partie est différente de la première : lors d'une exposition, le public se presse autour du tableau, qui n'est d'autre que le portrait. Un jeune homme explique l'histoire de ce portrait...
Quand je dis différent, c'est que le ton y est : au revoir le ton fantastique et réaliste mais angoissant, et bonjour le mysticisme proche du conte. Plus de trace du fantastique mais un peu de merveilleux.
L'origine du tableau est expliqué et j'avoue avoir été un peu déçu. Je m'y attendais vraiment à un raison grandiose et fabuleuse... et bah non. de même, la trame est moins intéressante et un peu surréaliste.
Cependant, le point positif est qu'on remarque encore une satire à l'encontre des gens en général, déjà remarqué dans la première partie. On fustige encore le manque de reconnaissance de ceux-ci envers les peintres de génie, juste parce que ceux-ci sont "trop originaux" et peu conforme à leurs attentes.
Mais mieux vaut privilégier la première partie, qui est indéniablement la meilleure, la plus marquante. Gogol nous incite à réfléchir sur l'Art, sur ce qu'est le Talent et surtout comment on peut se brûler les doigts lorsqu'on se conforme aux attentes de tous...
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Cer45Rt
  06 avril 2019
"Le Portrait" est probablement l'une des meilleures "Nouvelles de Pétersbourg"-si ce n'est la meilleure.
Avec un brio rare, une maîtrise, jusque dans les moments les plus dramatiques, que j'ai rarement connue en littérature, l'auteur, le russe Nikolaï Gogol, y invente une nouvelle puissante et y développe passionnante réflexion sur l'art.
Une pure merveille, indispensable pour tous les amateurs de littérature russe !...
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ATOS
  13 décembre 2012
Tout ce qui s'écrit se réalise un jour... Tout se qui se peint, également ?
N'est ce pas là le but de toute création ?
Publiée en 1835 cette nouvelle revêt un caractère prophétique lorsqu'on l'on connaît le destin tragique de Nicolas Vassiliévitch Gogol . Arbitrant sans cesse le bien et le mal, Gogol se croyant trompé par le diable se laissera emporter par la folie et disparaîtra en 1852.
« le portrait » est l'illustration de ce combat. Que saisit l'artiste ? Quel est cette chose qui empoigne le coeur de celui qui regarde ? Si oeuvre a une âme, de qui lui vient elle ? A qui la rendra t elle ? Reçoit t on plus que l'on donne lorsque l'on crée ? Quel courant traverse donc le miroir? Se soumet- on ?, où se situe notre liberté ? Dans quelle encre plonge t on notre plume lorsque nous signons ?
Sommes nous le jouet. Sommes nous le maître ? de quel souffle provient l'inspiration ? Des entrailles de la terre ? de nos propres enfers ? Des paradis que nous jardinons ? Des jardins que nous regrettons ? Quel est ce sens que nous déversons ? Quel prix serions nous prêts à payer ? Et quelle est la nature de notre dette ?
Toutes ces questions et certainement bien plus encore se cachent dans la toile de ce Portrait. Puisque Gogol nous y invite. Approchons puisqu'il nous en prie, et... regardons...
Astrid SHRIQUI GARAIN
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Georwell
  20 mars 2016
Splendide ! Gogol met en valeur une de ces idées, qu'il remue au moment où sa vie devient confuse avec son exaltation devant la religion, l'évolution de l'art dans la société et sa valeur propre dans un courant où son état n'est pas au mieux.
Un jeune peintre talentueux en pleine tourmente à cause de son manque d'argent découvre un portrait "vivant" dans une petite étable. Ce portrait le rendra riche mais le plongera dans une lassitude dû à l'excès de richesse qu'il subira.
Gogol nous dévoile ici tout son talent pour les descriptions et le fil du récit. La scène où le peintre se sent espionné par le portrait qui devient soudain vivant et cette succession de rêves est tellement énergique mais aussi terriblement angoissant.
Il y a également une réelle réflexion qui est toujours d'actualité où le peintre perd son talent face à l'argent. D'ailleurs l'art a pris pour ma part tout son sens en lisant cette nouvelle, cette recherche de la perfection face à l'incrédulité et il faut bien le dire la connerie de certains citoyens.
Ainsi je le mets dans mes livres pour une île déserte, qui change énormément je l'avoue, car c'est vraiment l'exemple d'une nouvelle superbement réussi où l'art du récit se mélange avec de réelles réflexions.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
SlavaSlava   08 juin 2016
"Tu as du talent : ce serait mal à toi de le détruire. Mais tu es impatient. Quand une chose t'intéresse, te plait, elle t'absorbe, tu ne veux voir rien d'autre qu'elle, le reste n'est plus pour toi que poussière, le reste pour toi moins que rien Attention, tu pourrais devenir un peintre à la mode. On dirait que dès maintenant tes couleurs commencent à gueuler avec insolence. Ton dessin manque de rigueur, il est parfois simplement médiocre, le trait à peine lisible ; déjà tu cherches l'éclairage à la mode, l'effet facile ; attention, tu pourrais prendre le genre anglais. Casse-cou ! déjà le monde t'attire ; déjà il t'arrive d'enrouler autour de ton cou une écharpe élégante, de te coiffer d'un chapeau pimpant... C'est tentant, on peut se mettre à faire des petits tableaux à la mode, des petits portraits bien payés. Mais tout ceci ne put qu'amoindrir et non développer le talent. Aie de la patience..
Réfléchis sur chaque oeuvre, laisse tomber les élégances -que les autres fassent l'argent. Ce qui t'appartient, à toi, ne t'échappera pas. "
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MimimelieMimimelie   12 mai 2018
Qu’est-ce à dire ? se demandait involontairement Tchartkov. J’ai pourtant devant moi la nature, la nature vivante. Son imitation servile est-elle donc un crime, résonne-t-elle comme un cri discordant ? Ou peut-être, si l’on se montre indifférent, insensible envers son sujet, le rend-on nécessairement dans sa seule et odieuse réalité, sans que l’illumine la clarté de cette pensée impossible à saisir mais qui n’en est pas moins latente au fond de tout ; et il apparaît alors sous cet aspect qui se présente à quiconque, avide de comprendre la beauté d’un être humain, s’arme du bistouri pour le disséquer et ne découvre qu’un spectacle hideux ?
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MimimelieMimimelie   12 mai 2018
Les hommes ne le cédaient en rien au sexe faible. Celui-ci voulait se voir rendu avec un port de tête énergique, celui-là avec les yeux levés au ciel d’un air inspiré. Un lieutenant de la garde désirait que son regard fit songer à Mars ; un fonctionnaire, que son visage exprimât au plus haut degré la noblesse jointe à la droiture ; sa main devait s’appuyer sur un livre où s’inscriraient, très apparemment, ces mots : « J’ai toujours défendu la vérité ».
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MimimelieMimimelie   12 mai 2018
Qu’une voiture lance la moindre éclaboussure sur un homme paré de clairs habits de fête, aussitôt la foule l’entoure, le montre du doigt, commente sa négligence ; cependant cette même foule ne remarque même pas les taches nombreuses des autres passants vêtus d’habits ordinaires, car ces vêtements sombres les taches ne sont point visibles.
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behebbekbehebbek   24 mai 2018
Plus de citations sur :
http://notesdelecturedepatrickbittar.blogspot.fr/2017/09/le-portrait-de-nicolas-gogol-1835.html

Il la reprit maintenant dans le dessein d’y fixer les traits qu’il avait pu observer sur son aristocratique visiteuse, et qui se pressaient en foule dans sa mémoire. Il réussit en effet à les y transposer sous cette forme épurée que leur donnent les grands artistes alors qu’imprégnés de la nature ils s’en éloignent pour la recréer.

On devinait que l’artiste avait tout d’abord enfermé en son âme ce qu’il tirait du monde ambiant, pour le faire en suite jaillir de cette source intérieure en un seul chant harmonieux et solennel.
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Que l'on m'apporte mon ..........?............. Les soirées sont fraîches à Saint Petersbourg, et voyez- vous... d’ailleurs... selon moi... je le crois encore bon... sauf un peu de poussière... Eh ! sans doute il a l’air un peu vieux... mais il est encore tout neuf... seulement un peu de frottement... là dans le dos...

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