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André Masson (Illustrateur)
ISBN : 2714302599
Éditeur : José Corti (30/11/-1)

Note moyenne : 4.45/5 (sur 11 notes)
Résumé :

Certes, il me dure d'être condamné à cette malédiction de l'épaisseur. Ce corps comme une outre plombée, pourrissant comme tout ce qui a ventre, et toute la servitude humaine dans ce mot, mot qui décapite les étoiles, le plus dérisoire, le plus clownesque que recèle le langage, graviter.

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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Charybde2
  16 février 2016
Le magique recueil de poèmes en prose de Julien Gracq.
Sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2016/02/16/note-de-lecture-liberte-grande-julien-gracq/

Lien : http://charybde2.wordpress.c..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   16 février 2016
Comme la figure de proue d’un vaisseau à trois ponts fourvoyé dans ce port de galères, au-dessus de la Méditerranée plate dont le blanc des vagues semble toujours fatigué d’un excès de sel se levait pour moi derrière une correcte, une impeccable rangée de verres à alcools, le visage de cette femme violente. Derrière, c’était les grands pins mélancoliques, de ceux dont l’orientation des branches ne laisse guère filtrer que les rayons horizontaux du soleil à cette heure du couchant où les routes sont belles, pures, livrées à la chanson des fontaines. On entendait dans le fond du port des marteaux sur les coques, infinis, inlassables comme une chanson de toile au-dessus d’un bâti naïf de tapisserie balayé de deux tresses blondes, circonvenu d’un lacis incessant de soucis domestiques, avec au milieu ces deux yeux doux, fatigués sous les boucles, la sœur même des fontaines intarissables. On ne se fatiguait pas de boire, un liquide clair comme une vitre, un alcool chantant et matinal. mais c’était à la fin un alanguissement de bon aloi, et tout à coup comme si l’on avait dépassé l’heure permise – surpris le port sous cette lumière défendue où descendent à l’improviste pour un coup de main les beaux pirates des nuits septentrionales, les lavandières bretonnes à la faveur d’un rideau de brumes – c’était tout à coup le murmure des peupliers et la morsure du froid humide – puis le claquement d’une portière et c’était la sortie des théâtres dans le Petrograd des nuits blanches, un arroi de fourrures inimaginable, l’opacité laiteuse et dure de la Baltique – dans une aube salie de crachements rudes, prolongée des lustres irréels, la rue qui déverse une troïka sur les falaises du large, un morne infini de houles grises comme une fin du monde – c’était déjà l’heure d’aller aux Îles. (« Les nuits blanches »)
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Charybde2Charybde2   16 février 2016
Il y avait, toujours chargé au plein cœur de la ville, ce quartier tournant projetant par saccades vers les routes de banlieue le flot de ses voitures comme le barillet d’un revolver. C’est de là que nous partions pour les voyages-surprises et les soirs bordés d’églantines, les beaux matins des documentaires de pêche à la truite qui brassent à poignées tout un saladier de pierreries. Les doigts serrés sur le bordage de tôle, et le fleuve d’air sculptant un bec d’aigle et la majesté d’une figure de proue sous le casque de toile blanche. Au bout des robes blanches sur chaque boulevard d’huile noire, une forêt qui s’ouvre en coup de vent comme la mer Rouge – à l’enfilade de chaque flaque solaire, le lingot de glace que tronçonnent les massifs d’arbres – au bout de chaque branche, une fleur qui se déplie dans un claquement de linge – au bout de chaque bras, la rose brûlante d’un revolver. (« Gang »)
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Charybde2Charybde2   16 février 2016
Devant le perron du casino, deux avenues immaculées, escarpées, majestueuses, entrecroisaient une courbe à double évolution ; lancées comme dans un toboggan, moteur calé, des voitures en ramenaient, vers les jolies banlieues verticales, les derniers fêtards sur le rythme doux des aérolithes, la lumière électrique, si pauvre toujours et si grelottante sur les rues blanches, je l’ai vue s’enrichir de sous-entendus d’au-delà, de magnifiques points d’orgue à chaque pli de la neige, plus suspecte et plus que les plaines de toutes les Russies lourde, pouvait-on croire, de cadavres de contrebande sous cet éclairage pestilentiel. (« Pour galvaniser l’urbanisme »)
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Charybde2Charybde2   16 février 2016
Gêné que je suis toujours, sur les lisières d’une ville où cependant il serait pour nous d’une telle séduction de voir par exemple les beaux chiendents des steppes friser au pied même de l’extravagance priapée des gratte-ciel, déçu par le dégradé avilissant, la visqueuse matière interstitielle des banlieues, et, sur les plans, leurs cancéreuses auréoles, je rêve depuis peu d’une Ville qui s’ouvrît, tranchée net comme par l’outil, et pour ainsi dire saignante d’un vif sang noir d’asphalte, à toutes ses artères coupées, sur la plus grasse, la plus abandonnée, la plus secrète des campagnes bocagères. (« Pour galvaniser l’urbanisme »)
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dourvachdourvach   07 juin 2015
Le désert a ses perspectives où l'imagination s'engouffre, la forêt, la vie cachée de sa pénombre et de ses bruits, ici la sensation intime qu'on s'est perdu, pour être sans fièvre, s'en fait plus subtile et plus absorbante.

["La Sieste en Flandre hollandaise", in "Liberté grande"]
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Videos de Julien Gracq (40) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Julien Gracq
Un entretien de Julien Gracq, sur la diction poétique, avec Jacques Charpier dans l’émission du Club d’essai diffusée le 23 avril 1954 sur Paris IV.
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