AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 271430303X
Éditeur : José Corti (01/01/1980)

Note moyenne : 4.13/5 (sur 112 notes)
Résumé :
Le titre de cette œuvre est le plus explicite des quatrième de couverture ; l’absence de virgule entre les deux gérondifs rend le glissement de l’un à l’autre logiquement équivalent, tant il est vrai qu’ "on écrit d’abord parce que d’autres avant vous ont écrit".
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
dourvach
  28 janvier 2018
"Mon siècle, dans le passé, c'est le dix-neuvième, commencé avec Chateaubriand, et prolongé jusqu'à Proust, qui vient l'achever un peu au-delà de ses frontières historiques." (Julien GRACQ, 1980).
Peu de choses à ajouter aux remarquables critiques de nos amies keisha [2011], MarquiseDeMerteuil et VanilleBL [2013].
"En lisant en écrivant est une introduction intimiste dans la Littérature du XIXème siècle français...
Balzac, Stendhal, Nerval, Flaubert, Huysmans, Proust.
On le sait désormais : une ode à la vie rêvée nous attend toujours entre les pages de "Les Chouans", "Beatrix", "Le Rouge et le Noir", "La Chartreuse de Parme", "Sylvie", "Aurelia", "Madame Bovary", "Là-bas", "A rebours", "A la Recherche du Temps Perdu"...
De tous les grands voyages intérieurs du lecteur, son hymne si personnel à la "Stendhalie" demeurera...
Dans le chapitre "Allemagne", un jugement contrasté sur la production (déclinante) de Goethe.
Une évocation des sortilèges de la musique de Richard Wagner, et ce qu'elle nous apprend sur nous-mêmes...
L'hommage à Breton en quelques pages sobrement intitulées "Surréalisme".
Une lassitude solidement argumentée face aux ravages de "l'auto-fiction" à la Française (Constatons que depuis "Madame Nathalie Sarraute", le Pathos semble s'être re-déplacé du nombril de l'auteur vers le nombril d'Autrui : vers "D'autres vies que la mienne", comme dirait l'autre... Un juste retour des choses).
Les lignes imprimées de ce petit livre épais (302 pages, police de petits caractères) semblent gravées dans le "marbre" du papier désormais jauni d'un exemplaire bravement massicoté au coupe-papier.
Un chant d'amour à la Littérature.
Lien : http://www.regardsfeeriques...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          262
MarquisedeMerteuil
  21 janvier 2013
Un ouvrage critique qui n'en est pas un. Voilà l'essentiel à retenir de cette oeuvre inclassable.
Un titre accrocheur et un contenu étonnant et polémique font de cet OVNI littéraire un trésor du "genre", qui révolutionne la vieille critique poussiéreuse de nos exégètes acharnés de théories.
Ici, point de théorisation ennuyeuse destinée à nous donner les clés de la lecture ou de l'écriture; simplement des impressions personnelles, joliment illustrées par des exemples choisis de manière totalement arbitraire. Loin de s'en cacher, Julien Gracq revendique sa subjectivité et ne masque en rien ses goûts et dégoûts.
Une esthétique de la fragmentation clairement assumée, l'auteur a choisi de diviser son ouvrage en chapitres apparemment sans lien les uns avec les autres, disposés dans un ordre arbitraire. Face à ce joyeux fatras, le lecteur est amené à déceler les liens entre les différents "fragments", à se détacher de la vieille habitude de la progression logique pour se confronter à l'effet d'ensemble.
Par la forme même de son livre, Gracq semble nous confronter à sa thèse principale: l'oeuvre n'est pas une structure, mais un ensemble, dans lequel chaque détail est lié aux autres. Selon lui, écrire un livre, ce n'est pas "empiler des briques", c'est une opération de type mystique, dans laquelle l'auteur se laisse entraîner par les mots et ne sait pas par avance ce qu'il va écrire.
En cela, Gracq met en branle toute la critique contemporaine, qui n'a de cesse de chercher les structures des oeuvres. Et ça fait du bien!
L'avis d'un écrivain sur la lecture et l'écriture, c'est finalement cela qui attise la curiosité du lecteur. Si, dès le titre, l'auteur prône la continuité entre l'acte de lire et celui d'écrire (et inversement), c'est bien qu'il établit là une relation privilégiée avec nous, lecteurs, et l'on ne manque pas d'en être flattés.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          121
VanilleBL
  18 septembre 2013
Pertinent critique littéraire doublé d'un perspicace analyste, Julien Gracq a l'esprit éclatant de liberté, d'humour et de colère retenue. Avec une verve éblouissante, il nous offre des pages précieuses, denses et fournies, riches et variées. On retrouve avec joie sa respiration ample, le ton intense et magique de ses romans, la richesse de sa plume exquise qui exige une attention soutenue au risque de passer à côté d'une formule jaillissante. Sans une réelle volonté d'agencement, en un simple regroupement thématique, Julien Gracq se promène tranquillement au fil des pages lues et écrites en voyageur attentif et curieux. Il lit, relit, étudie, commente, compare les époques, analyse les genres même s'il déteste les classifications. En de brefs chapitres il observe dans le détail les styles, les comportements, les tendances et les influences, faisant renaître des personnages inoubliables de la littérature. A la fois pertinent et lumineux, il donne humblement des "leçons" de lecture et d'écriture dans un climat de légèreté érudite propice à l'écoute. "Et si les manuels de la littérature qu'on enseigne dans les lycées prenaient désormais pour base des livres ou des pièces et non des auteurs ? Une histoire de la littérature, contrairement à L Histoire tout court, ne devraient comporter que des noms de victoire puisque les défaites n'y sont une victoire pour personne." En pointant parfois des faiblesses, il ne cache pas son admiration pour Stendhal, Balzac, Flaubert, Zola, à qui il consacre de nombreuses réflexions. Il n'oublie pas d'évoquer Chateaubriand, Hugo, Céline, Radiguet, Gide, Valéry ; il souligne l'importance du mouvement littéraire allemand (en particulier Goethe), le rôle prépondérant du surréalisme d'André Breton et la nécessaire qualité de la langue qui s'appauvrit déjà (il écrivait cela en 1980...). Il fait un détour par les demeures et les oeuvres des poètes, Rimbaud, Baudelaire et Apollinaire, Nerval et Mallarmé, mais aussi de grands musiciens, Wagner surtout. "En lisant en écrivant" est une promenade littéraire, artistique, historique, humaine, un espace si vaste qu'on y vit en apprenant, avec un plaisir immense à y replonger souvent. Julien Gracq est sans aucun doute le plus moderne de nos écrivains intemporels. Il éclaire ici la littérature à travers les siècles, la peinture, la musique, le cinéma, l'histoire. Il pose un regard pur et amoureux sur les belles lettres avec une sincérité absolue qui touche le coeur car il sait prendre du recul et de la hauteur. Son esprit acerbe et raisonné, riche d'une culture immense, invite à la modestie et aux remerciements pour ce merveilleux voyage à sa suite, en lisant, en écrivant...
Lien : http://www.paroles-et-musiqu..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          101
keisha
  12 juin 2011
Première impression de relecture : brillant, intelligent, mais... costaud quand même. Pourtant je l'avais lu à une époque lointaine...

Par manque de persévérance temps, je n'ai vraiment relu attentivement que les deux parties intitulées Proust considéré comme terminus et Stendhal, Balzac, Flaubert, Zola, parues à part aux Éditions Complexe en 1986.

Tout est dit dans le titre, en fait. Gracq évoque des auteurs et des oeuvres que j'ai déjà lues, ce qui facilite la compréhension évidemment, même s'il bouscule à plaisir en imposant vivement ses opinions tranchées. Fort visiblement il préfère le rouge et le noir à La chartreuse de Parme, Stendhal à Flaubert; c'est son droit, et il sait argumenter. de toute façon, il sait trouver des qualités à tous, et il s'agit surtout de comparer. Les faiblesses d'un roman peuvent devenir des forces.


"Si je pousse la porte d'un livre de Beyle, j'entre en Stendhalie, comme je rejoindrais une maison de vacances: le souci tombe des épaules, la nécessité se met en congé, le poids du monde s'allège; tout est différent : la saveur de l'air, les lignes du paysage, l'appétit, la légèreté de vivre, le salut même, l'abord des gens. Chacun le sait (et peut-être le répète-t-on un peu complaisamment, car c'est tout de même beaucoup dire) tout grand romancier crée un 'monde' -Stendhal, lui, fait à la fois plus et moins: il fonde à l'écart pour ses vrais lecteurs une seconde patrie habitable, un ermitage suspendu hors du temps, non vraiment situé, non vraiment daté, un refuge fait pour les dimanches de la vie, où l'air est plus sec, plus vivifiant, où la vie coule p lus désinvolte et plus fraîche - un Éden des passions en liberté, irrigué par le bonheur de vivre, où rien en définitive ne peut se passer très mal, où l'amour renaît de ses cendres, où même le malheur vrai se transforme en regret souriant."
Lien : http://en-lisant-en-voyagean..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          112
holognec
  17 juillet 2013
Essai de critique donnant envie de lire du Valery (entre autres). Pas facile à lire ou plutôt à comprendre à fond. Peut-être pas le meilleur livre pour commencer à lire du Gracq. Je m'en retourne à ses romans!..
Commenter  J’apprécie          20
Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
dourvachdourvach   28 janvier 2018
" Si je pousse la porte d'un livre de Beyle, j'entre en Stendhalie, comme je rejoindrais une maison de vacances: le souci tombe des épaules, la nécessité se met en congé, le poids du monde s'allège; tout est différent : la saveur de l'air, les lignes du paysage, l'appétit, la légèreté de vivre, le salut même, l'abord des gens. Chacun le sait (et peut-être le répète-t-on un peu complaisamment, car c'est tout de même beaucoup dire) tout grand romancier crée un "monde" – Stendhal, lui, fait à la fois plus et moins : il fonde à l'écart pour ses vrais lecteurs une seconde patrie habitable, un ermitage suspendu hors du temps, non vraiment situé, non vraiment daté, un refuge fait pour les dimanches de la vie, où l'air est plus sec, plus vivifiant, où la vie coule plus désinvolte et plus fraîche – un Éden des passions en liberté, irrigué par le bonheur de vivre, où rien en définitive ne peut se passer très mal, où l'amour renaît de ses cendres, où même le malheur vrai se transforme en regret souriant."

[Julien GRACQ, "En lisant en écrivant", librairie José Corti, 1980 - un extrait reproduit par notre amie Keisha dans son texte critique de 2011]
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
johnfooljohnfool   07 mars 2013
Ce que je souhaite d’un critique littéraire et il ne me le donne qu’assez rarement c’est qu’il me dise à propos d’un livre, mieux que je ne pourrais le faire moi-même, d’où vient que la lecture m’en dispense un plaisir qui ne se prête à aucune substitution. Vous ne me parlez que de ce qui ne lui est pas exclusif, et ce qu’il a d’exclusif est tout ce qui compte pour moi. Un livre qui m’a séduit est comme une femme qui me fait tomber sous le charme : au diable ses ancêtres, son lieu de naissance, son milieu, ses relations, son éducation, ses amies d’enfance ! Ce que j’attends seulement de votre entretien critique, c’est l’inflexion de voix juste qui me fera sentir que vous êtes amoureux, et amoureux de la même manière que moi : je n’ai besoin que de la confirmation et de l’orgueil que procure à l’amoureux l’amour parallèle et lucide d’un tiers bien disant. Et quant à l’" apport " du livre à la littérature, à 1’enrichissement qu’ il est censé m’apporter, sachez que j’épouse même sans dot.
Quelle bouffonnerie, au fond, et quelle imposture, que le métier de critique : un expert en objets aimés ! Car après tout, si la littérature n’est pas pour le lecteur un répertoire de femmes fatales, et de créatures de perdition, elle ne vaut pas qu’on s’en occupe.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
keishakeisha   12 juin 2011
Si je pousse la porte d'un livre de Beyle, j'entre en Stendhalie, comme je rejoindrais une maison de vacances: le souci tombe des épaules, la nécessité se met en congé, le poids du monde s'allège; tout est différent : la saveur de l'air, les lignes du paysage, l'appétit, la légèreté de vivre, le salut même, l'abord des gens. Chacun le sait (et peut-être le répète-t-on un peu complaisamment, car c'est tout de même beaucoup dire) tout grand romancier crée un 'monde' -Stendhal, lui, fait à la fois plus et moins: il fonde à l'écart pour ses vrais lecteurs une seconde patrie habitable, un ermitage suspendu hors du temps, non vraiment situé, non vraiment daté, un refuge fait pour les dimanches de la vie, où l'air est plus sec, plus vivifiant, où la vie coule p lus désinvolte et plus fraîche - un Éden des passions en liberté, irrigué par le bonheur de vivre, où rien en définitive ne peut se passer très mal, où l'amour renaît de ses cendres, où même le malheur vrai se transforme en regret souriant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
NatalyaNatalya   10 mai 2019
Qu’est-ce qui nous parle dans un paysage ?

Quand on a le goût surtout des vastes panoramas, il me semble que c’est d’abord l’étalement dans l’espace – imagé, apéritif – d’un « chemin de la vie », virtuel et variantable, que son étirement au long du temps ne permet d’habitude de se représenter que dans l’abstrait. Un chemin de la vie qui serait en même temps, parce qu’éligible, un chemin de plaisir. Tout grand paysage est une invitation à le posséder par la marche ; le genre d’enthousiasme qu’il communique est une ivresse du parcours. Cette zone d’ombre, puis cette nappe de lumière, puis ce versant à descendre, cette rivière guéable, cette maison déjà esseulée sur la colline, ce bois noir à traverser auquel elle s’adosse, et, au fond, tout au fond, cette brume ensoleillée comme une gloire qui est indissolublement à la fois le point de fuite du paysage, l’étape proposée de notre journée, et comme la perspective obscurément prophétisée de notre vie. « Les grands pays muets longuement s’étendront »… mais pourtant ils parlent ; ils parlent confusément, mais puissamment, de ce qui vient, et soudain semble venir de si loin, au-devant de nous.

C’est pourquoi aussi tout ce qui, dans la distribution des couleurs, des ombres et des lumières d’un paysage, y fait une part matérielle plus apparente aux indices de l’heure et de la saison, en rend la physionomie plus expressive, parce qu’il y entretisse plus étroitement la liberté liée à l’espace au destin qui se laisse pressentir dans la temporalité. C’est ce qui fait que le paysage minéralisé par l’heure de midi retourne à l’inertie sous le regard, tandis que le paysage du matin, et plus encore celui du soir, atteignent plus d’une fois à une transparence augurale où, si tout est chemin, tout est aussi pressentiment. Cet engouffrement de l’avenir dans la délinéation, pourtant si ferme et si stable, des traits de la Terre est l’aiguillon d’une pensée déjà à-demi divinatoire, d’une lucidité que la Terre épure et semble tourner toute vers l’avenir : une des singularités de la figure de Moïse, dans la Bible, est que le don de clairvoyance semble lié chez lui à chaque fois, et comme indissolublement, à l’embrassement par le regard de quelque vaste panorama révélateur.


(« Paysage et roman », p.87-88).
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
johnfooljohnfool   01 mars 2013
Le lecteur, lui, a une tendance inverse à ramener les parties successives de l’œuvre sous un éclairage uniforme et intemporel ; sa préférence va au constat réitéré de l’identité, acquiesce avec délectation à la tyrannie unificatrice de la signature " c’est bien de lui). L’écrivain, devant ses livres, est sensible surtout à son évolution, le lecteur à ses constantes. Un auteur est toujours, il me semble, naïvement surpris quand il constate l’aisance d’un lecteur sans expérience critique particulière à le détecter derrière un fragment de quelques lignes pris au hasard dans ses livres. Il ne se savait pas si ressemblant à lui-même, parce que ses propres livres n’ont jamais pu vraiment lui tendre un miroir; s’il les rouvre, il voit bien en eux ce qui les embue, les raye ou les écaille, non ce qu’ils réfléchissent d’indéformable.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
Videos de Julien Gracq (40) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Julien Gracq
Un entretien de Julien Gracq, sur la diction poétique, avec Jacques Charpier dans l’émission du Club d’essai diffusée le 23 avril 1954 sur Paris IV.
autres livres classés : critique littéraireVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (5 - essais )

Roland Barthes : "Fragments d'un discours **** "

amoureux
positiviste
philosophique

20 questions
428 lecteurs ont répondu
Thèmes : essai , essai de société , essai philosophique , essai documentCréer un quiz sur ce livre