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EAN : 9782253002574
347 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Quatrième de couverture : Ce n'est pas uniquement l'attirance pour l'inconnu, le pittoresque ou l'insolite, habituelle composante du goût des voyages, qui' incite l'écrivain anglais Graham Greene à se rendre avec sa cousine en 1936, au Libéria, sur le golfe de Guinée. Cet État d'Afrique offre encore l'image d'un pays que n'a pas atteint -ou corrompu la civilisation du XXe siècle dont le machinisme outrancier et la sophistication semblent devoir étouffer l'âme des ho... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Bookycooky
  25 octobre 2016
Comme son titre l'indique , ce livre raconte un voyage "sans cartes"que fit Graham Greene avec sa cousine Barbara Greene au Liberia, en 1935, à trente ans. Difficile d'imaginer à cette époque là de voyager sans carte, avec des guides de fortune en terre inconnue. Pourtant deux cartes existent. L'une issue par les britanniques et l'autre par le ministère de la guerre de Etats-Unis.Celle britannique,totalement faux, consiste en une grande zone blanche représentant l'intérieur du pays,couverte de forêts, et la côte aux quelques noms disséminés, méconnus de tous. Celle américaine,encore pire, la côte exceptée , n'indique que la mention "Cannibales ".
Le Liberia est un pays particulier d'Afrique, fondé en 1822 par une société philanthropique américaine de colonisation, l'American Colonization Society, pour y installer des esclaves noirs libérés, qu'ils trouvent désormais encombrant sur leur territoire ( aujourd'hui l'idée même d'un pareil acte semblerait absurde !).
Cette population nouvellement asservie a pour leitmotive "L'amour de la liberté nous a emmené ici-( The Love of liberty brought us here)". Mais malheureusement l'amour de liberté de ces colons métis est loin de correspondre avec celui de la population autochtone. Un grand malaise en sera déclenché, entraînant chaos et guerre civile sur des décennies.C'est dans ce chaos que se rend Greene, qui quitte l'Europe pour la première fois et qu'il reconnaît lui-même comme une entreprise amateur et ingénue. Est-ce sans doute l' ignorance totale de ce qui l'attend qui lui donne le courage d'entamer un tel voyage,qui nécessite une logistique compliquée à l'époque.
Un voyage en train et camion à travers le Sierra Leona où il accoste arrivant d'Angleterre, jusqu'à la frontière, et 350 miles à pied à travers le Liberia et la Guinée française, avec quatre serviteurs et 25 porteurs. En 1935 , une histoire assez particulière, d'autant plus que même aujourd'hui c'est loin d'être une destination touristique, les conditions de vie dans la brousse ayant peu changées.( témoignage -http://www.nytimes.com/2011/03/26/opinion/26iht-edbutcher26).
A travers la forêt dense, dans les villages où règne une misère totale , il rencontre à sa grande surprise des indigènes calmes,accueillants et gentils envers l'étranger, et extrêmement tendres envers leurs enfants.Douceur, gentillesse et honnêteté sont les attributs dont il qualifie cette population que les américains nomment "cannibales" sur leur carte. L'homme non touché par la civilisation le touche profondément.
Il nous raconte une expérience extraordinaire, riche en réflexions et observations,
sur les rites,coutumes et croyances des indigènes, sur les divers spécimens humains ( un allemand qui apprend des langues indigènes dans la brousse, un autre , nazi, docteur dans une mission.....) qui croisent sa route, agrémentée de nombreux détails,amusants (les montres qui s'arrêtent, dû au climat, et fait disparaître la notion de temps à jamais), intéressants (les sociétés secrètes cannibales, Leopard Society, Alligator Society...)......
Green qui a peur des papillons de nuit et des oiseaux,s'apprivoise même à l'idée de dormir dans la brousse avec des rats à son chevet. Rien ne le déçoit vraiment ni le décourage sinon la triste réalité de l'exploitation de ces pays pauvres par l'Occident et leur soi-disant apport de civilisation qui fait plus de mal que du bien.....
Ce voyage est aussi un voyage métaphysique, qu'un retour revigorant à la nature, hors de son milieu social naturel, donnera à Greene l'occasion d'aller au plus profond de lui-même à la recherche d'idées et souvenirs intimes enfouis dans son subconscient, qui l'aidera à libérer son esprit des démons du passé. Une collision entre le fervent catholique et l'Afrique animiste,monde des esprits, altérera à jamais sa perception du risque et de la mort, un voyage qui changera radicalement sa vie:"Je découvrais en moi quelque chose que je ne pensais pas posséder: un amour de la Vie ("I was discovering in myself a thing I thought I had never possessed: a love of life" p.171).
Un livre qui a croisé mon chemin par pur hasard, une édition de 1971 acheté d'occasion chez un bouquiniste.Si vous aimez la prose de Greene, les histoires intéressantes, l'Afrique et voyager, ou juste l'un d'eux, ne passez pas à côté, un livre passionnant.
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   23 octobre 2016
I was to find curious objections here and there to the silver money I had brought . One tribe wouldn't look at money with Queen Victoria's head on it; the news of her death had penetrated to the most unlikely places where I and my cousin were the first white people be seen in living memory,and the value of the coins, they believed ,had died with her.( J'allais avoir des réactions curieuses ici et là pour la monnaie en argent que j'avais emmené.Une tribu n'acceptait pas les pièces avec la figure de la reine Victoria. La nouvelle de sa mort avait atteint invraisemblablement même ces contrées les plus éloignées qui voyaient pour la première des blancs en la personne de moi et ma cousine.Ils croyaient que la valeur des pièces avait disparue avec sa mort)
Le Liberia 1935
P.65
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BookycookyBookycooky   25 octobre 2016
The beach is the most dangerous road in all Liberia to travelers, because its people have been touched by civilization, have learnt to steal and lie and kill.(La plage est la voie la plus dangereuse du Liberia pour les voyageurs, car ses habitants ont été touché par la civilisation,et ils ont appris à voler, mentir et tuer).p.234
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BookycookyBookycooky   25 octobre 2016
“...when once you have taken the Impossible into your calculations its possibilities become practically limitless.( une fois que vous avez placé l'Impossible dans vos calculations,ses possibilités deviennent illimitées ) - Saki p.139
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BookycookyBookycooky   25 octobre 2016
He was officially reckoned civilized because he could speak English and write his name.(Il était officiellement considéré civilisé parce qu'il parlait anglais et pouvait écrire son nom). P.189 ( Liberia -1935)
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rkhettaouirkhettaoui   02 mars 2013
Ici, civilisation est demeuré synonyme d’exploitation ; j’eus l’impression que nous n’y avons guère amélioré la condition des indigènes ; ils sont rongés de fièvre autant qu’avant l’arrivée du Blanc ; nous avons introduit chez eux de nouvelles maladies et diminué leur résistance aux anciennes ; ils boivent toujours de l’eau polluée et souffrent des mêmes vers intestinaux.
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