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Marcelle Sibon (Autre)
ISBN : 2264037946
Éditeur : 10-18 (21/08/2003)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 98 notes)
Résumé :
Graham Greene n'est pas seulement le grand écrivain catholique consacré par le succès de son fameux roman La Puissance et la Gloire.
Entré par effraction dans le royaume de la Grâce (selon le mot de François Mauriac), cet ancien membre du Foreign Office a su, même au travers des divertissements que sont des livres comme Notre agent à La Havane et Un Américain bien tranquille, dénoncer la guerre, les dictatures et ce vice suprême : l'imbécillité.
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Critiques, Analyses & Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Eric75
30 avril 2012
Bien mieux écrit (ou mieux traduit) que le brontosaure du roman d'espionnage estampillé Graham Greene lu précédemment (L'agent secret, 1939) et dont on visualisait assez bien les scènes en « noir et blanc » et les dialogues sous-titrés, celui-ci nous plonge d'emblée dans le genre aventure exotique en Technicolor sur écran large, avec odeurs de rizières et de poudre. Ce n'est pas pour rien qu'Un américain bien tranquille (1955) a été adapté deux fois au cinéma, la première par Joseph Mankiewicz en 1958 (avec Michael Redgrave) et la seconde par Phillip Noyce en 2002 (avec Michael Caine).
Nous sommes à Saigon en 1952. le narrateur, Thomas Fowler, correspondant de presse britannique cynique et désabusé, couvre les événements de la guerre d'Indochine. Un peu compliquée à comprendre, celle-ci oppose les Français qui tentent de conserver le contrôle des routes et des villes, et le Viet-minh indépendantiste et communiste. Mais il existe également une « troisième force » soutenue par les américains : les troupes du général Trinh Minh The, qui a pris le maquis (ou plutôt la rizière) pour combattre à la fois les Français et les communistes, sans parler des armées privées détenues par des sectes religieuses, les Hoa Haos et les Caodaïstes qui sévissent dans la région.
Le livre, tout comme le film de Phillip Noyce, ont été considérés comme anti-CIA et anti-américains (Joseph Mankiewicz a complètement modifié le scénario initial pour son film, afin de préserver la réputation de l'Oncle Sam). Graham Greene, dont la carrière dans les renseignements britanniques n'est un secret pour personne, suggère que les Américains auraient aidé des poseurs de bombe agissant contre des ressortissants français et vietnamiens à Saigon (cet épisode peu connu constitue pour moi une découverte, mais là n'est pas l'essentiel du livre).
Le côté historique et géopolitique, pour intéressant qu'il soit, ne doit pas occulter le thème principal du livre : l'histoire d'un triangle amoureux composé de Fowler, Phuong, sa petite amie vietnamienne, et Pyle, l'Américain bien tranquille, dont on apprend la mort au début du récit. On découvre cette histoire dans un long flashback, avec le point de vue de Fowler, épris de la jolie Phuong, qui dévoile très vite des talents cachés, comme la préparation des pipes, etc. L'opium est plus politiquement correct que le « etc. » en 1955, vu le nombre de pipes consommées dès le chapitre 1 par Fowler, certes accablé par le chagrin et le remord après la perte de son ami. On comprend progressivement que le gentil et naïf Pyle est en fait un agent infiltré de la CIA pourvoyeur d'armes sous couverture humanitaire. Et le jeune Pyle a vite fait de piquer Phuong à Fowler, malgré leur amitié affichée. La question lancinante tout au long du récit est alors la suivante : Fowler est-il impliqué dans la mort de son rival et néanmoins ami Pyle, pour pouvoir récupérer Phuong ?
Grâce à la mise en scène remarquable de Graham Greene, l'aventure attend le lecteur au détour de chaque page. On assiste aux premiers revers des Français (Diên Biên Phu approche) qui cèderont la place aux Américains pour une seconde guerre d'Indochine qu'on appellera guerre du Viêt-Nam. Les occidentaux achèvent ici leurs rêves, de colonies et de paradis lointains pour les uns, d'un monde sans communisme pour les autres. Dans cette toile de fond, un autre conflit fait rage, la lutte entre deux rivaux pour la même femme, jamais déclarée mais peut-être tout aussi meurtrière.
Ce roman est un pur chef d'oeuvre. Je vous invite à jeter un oeil sur la vidéo postée sur Babelio de la bande annonce du film de Phillip Noyce, avec Michael Caine dans le rôle de Thomas Fowler. Si après ça je n'arrive pas à imposer ce roman comme lecture du mois sur le forum, je repars au fin fond de la Cochinchine, pour rêver aux Annamites.
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Bouteyalamer
22 février 2016
Histoire d'un faux candide et d'un vrai cynique qui aimaient la même femme sur fond de guerre d'Indochine. le candide perd la vie et le cynique survit dans la culpabilité. le candide est un jeune américain empli d'une bonne conscience stupide et destructrice. le cynique est un journaliste anglais, bien informé des doutes des français, de l'avancée irrésistible du Vietminh et des sombres complots des caodaïstes et du général Thé. Il refuse de s'engager, c'est à dire qu'il laisse faire, y compris l'assassinat de son rival, espion au petit pied. Il y a des scènes d'anthologie : la nuit dans une tour de guet assiégée, un bombardement en piqué, les ravages de l'attentat fomenté par le candide. La virtuosité est aussi dans les dialogues : vivacité, dérision, mensonge, anticipation ou contradiction de la pensée, de la parole et de l'action. Sur le fond, un militaire résume la pensée de l'auteur (p 275) : Vous êtes journaliste. Vous savez mieux que moi que notre victoire est impossible. Vous savez que la route de Hanoï est coupée et minée toutes les nuits. Vous savez que nous perdons une promotion de saint-cyriens par an. Nous avons failli être vaincus en 50. de Lattre nous a obtenu deux ans de grâce, c'est tout. Mais nous sommes des militaires de carrière et nous devons continuer à nous battre jusqu'à ce que les politiciens nous disent de nous arrêter. Alors, il est probable qu'ils se réuniront pour décider de conditions de paix exactement semblables à celles que nous avions obtenues dès le début, et qui réduiront toutes ces années à l'état de pure absurdité. le roman est écrit en 1955 et les américains commenceront en 1965 une guerre totale, tragique et honteuse.
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frandj
03 avril 2016
Ce livre est paru il y a fort longtemps: en 1955. Son cadre, c'est la guerre d'Indochine qui a duré de 1946 à 1954,; elle a opposé l'armée française au Viet Minh nationaliste. En 1952, les Américains se donnaient encore l'air d'être anticolonialistes; ils soutenaient en sous-main une "troisième force", ni communiste, ni coloniale.
Dans le roman, on suit trois personnages principaux: le correspondant de presse britannique Thomas Fowler, qui est le narrateur; Alden Pyle, qui n'est autre que "l'Américain bien tranquille"; et la jeune Phuong, l'amie vietnamienne de Thomas. Dès le début, le lecteur apprend que Pyle est mort. Mais ensuite, le romancier fait un long retour en arrière pour nous faire comprendre comment on en est arrivé là. Dans le contexte d'un conflit qui n'en finit pas et où tous les coups sont permis, les aventures des trois protagonistes nous tiennent en haleine. Ce roman a au minimum une originalité: c'est un Britannique qui évoque une guerre qui ne concerne pas le Royaume-Uni. Ce n'est peut-être pas un chef d'oeuvre, mais je trouve que c'est intéressant.
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auville
19 août 2015
Un excellent roman, d'une densité exceptionnelle pour moins de 250 pages.
Les trois intrigues (sentimentale, policière et politique) s'enchevêtrent à merveille, aucune ne sert de prétexte ni de faire-valoir aux autres.
Au-delà des intrigues, ce roman témoigne de quelques visions d'un monde en mutation radicale (l'action se déroule en 1952, publié en 1955): celles de empires finissant (France et GB), celle des américains (naïfs et maladroits), celles des colonisés (énigmatiques vietnamiens et indiens), celle de la femme (mystérieux objet de convoitise). le sexe est pudique, presque inexistant, la drogue et l'alcool abondants mais ne conduisent à qu'à la léthargie.
Graham Green pratique le flou, sans jamais perdre le lecteur.
Remarquable roman d'espionnage philosophico-politique, un peu daté dans son rythme et son style, mais c'est aussi ce qui fait son charme.
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Gwordia
01 mai 2012
Ma première approche d'avec Graham Greene, au travers du roman La fin d'une liaison, ne fut pas à proprement parler convaincante. Mais étant de ceux sachant donner sa chance au produit - et surtout, étant en possession de deux autres romans de l'auteur -, j'ai décidé de retenter l'expérience ; quelque trois années plus tard.
Si l'enthousiasme survolté n'est toujours pas au rendez-vous, la déception ne l'est pas davantage. Comme pour La fin d'une liaison, l'on n'est pas transporté et pour autant, impossible de se défaire de l'ouvrage. Pour ces deux oeuvres, j'éprouve la sensation étrange à la fois qu'il manque quelque chose et à la fois qu'ils renferment quelque chose en plus, qui fait de Greene un auteur incontournable.
Comme lors de l'expérience précédente, l'amour est très présent dans ce livre. Il est traité ici au coeur d'un trio amoureux sur fond de guerre coloniale (Vietnam). L'opposition des mondes, des hommes entres eux, l'opposition de l'homme et de la femme, des jeunes et des vieux... Introspection et désillusion semblent être les maîtres de mot de l'oeuvre singulière mais pas anodine de Greene.
Adaptation cinématographique réalisée par Phillip Noyce, avec Michaël Cayne, Brendan Fraser, Do Thi Hai Yen...
Lien : http://gwordia.hautetfort.co..
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Citations & extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
YassleoYassleo13 août 2016
Quoique ma raison aspirât à la mort, en tant qu'état, j'en avais peur comme une vierge redoute l'acte sexuel. Je souhaitais être averti d'avance de l'approche de la mort, afin d'avoir le temps de me préparer. Me préparer à quoi? Je ne le savais pas, je ne savais pas non plus comment me préparer, en dehors d'un examen rapide de ce que j'allais quitter.
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SachenkaSachenka20 décembre 2015
- Aimez-vous les chiens?
- Non.
- Je croyais que tous les Britanniques les adoraient.
- Nous croyons que tous les Américains adorent les dollars, mais il doit y avoir des exceptions.
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SachenkaSachenka21 décembre 2015
C'est une superstition chez elles qu'un amant fumeur d'opium revient toujours, fût-ce de France. Il se peut que la puissance virile soit diminuée par l'opium, mais elles préfèrent toutes un amant fidèle à un amant puissant.
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Eric75Eric7530 avril 2012
- Que savez-vous au sujet de Pyle ? Répondez à mes questions, s'il vous plaît, Monsieur Fowler. C'est contre mon gré que je vous les pose, mais ceci est sérieux. Croyez-moi, je vous en prie, c'est très sérieux.
- Je ne suis pas un mouchard. Tout ce que je pourrais vous dire sur Pyle, vous le savez. Âge : trente-deux ans, attaché à la Mission d'aide économique, nationalité américaine.
- Vous semblez être un ami à lui, dit Vigot, regardant Phuong par dessus ma tête.
Un agent de police indigène entra, portant trois tasses de café noir.
- Aimeriez-vous mieux du thé ? demanda Vigot.
- Je suis vraiment son ami, dis-je. Pourquoi pas ? Je vais rentrer chez moi un de ces jours, n'est-ce pas ? Je ne peux pas emmener cette petite. Elle sera très bien, avec lui. C'est un arrangement raisonnable. Il dit même qu'il va l'épouser. Il en est capable, vous savez. C'est un brave type à sa façon. Sérieux. Pas une de ces brutes qui font du boucan au Continental. Un Américain tranquille, résumai-je pour le définir, comme j'aurais dit : un lézard bleu, un éléphant blanc.
- Oui, dit Vigot, un Américain bien tranquille.
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SachenkaSachenka23 décembre 2015
Oh! oui, les gens ont toujours et partout aimé leurs ennemis. C'est à leurs amis qu'ils réservent la souffrance et le néant.
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Videos de Graham Greene (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Graham Greene
Our Man in Havana - Original Trailer (1959) Notre Agent à La Havane (Our Man in Havana) est un film britannique réalisé par Carol Reed, avec Alec Guinness, Burl Ives et Maureen O'Hara. Scénario de Graham Greene, d'après son roman d'espionnage (1950).
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