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EAN : 9782841568635
406 pages
Éditeur : Editions du Rouergue (07/09/2007)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 116 notes)
Résumé :
Rush Island, 2037. La loi Bradbury interdit toutes les images depuis vingt ans sur l'ensemble du territoire. La propagande matraque : Les photographies sont nocives.

Le cinéma rend fou. La télévision est l'opium du peuple. Les agents de la Brigade de l'Oeil, les yeux armés du gouvernement, traquent les terroristes opposés à cette dictature. Brûlent les images encore en circulation et les pupilles de ceux qui en possèdent. Parce qu'un bon citoyen est ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
Foxfire
  06 mai 2014
L'excellente idée de départ était pleine de promesses, la 4ème de couverture n'hésitant pas à évoquer Bradbury. Il serait exagéré de dire que le roman est raté mais il ne tient pas ses promesses.
Le style, abrupte, qui sonne presque comme un premier jet est plutôt réussi et apporte au récit du dynamisme.
Certains passages sont très réussis, comme par exemple le moment où le héros découvre un grenier rempli de bobines de films. La litanie des titres, assez bien choisis d'ailleurs, est assez enivrante.
L'intrigue est menée de façon efficace et accroche suffisamment le lecteur pour l'emmener jusqu'au bout du livre malgré ses défauts.
Pour qu'une dystopie soit réussie, elle doit apparaitre comme plausible. Or, ici, même si l'univers décrit est à peu près cohérent, quelques petites choses empêchent d'y croire totalement. Tout d'abord, il est impensable qu'un pouvoir autoritaire interdise les images mais ne fasse peser aucun interdit sur la littérature. Dans les livres se trouvent pourtant les germes de la contestation. Ensuite, le personnage de l'impératrice Harmony enlève une bonne part de crédibilité à la société décrite.
Certaines bonnes idées ne sont qu'esquissées. Par exemple, l'auteur ne donne pas assez de relief à la légende du diaphragme, énorme gisement de films qui serait caché quelque part, et se contente de l'évoquer rapidement.
Lorsque Kao sauve 3 films, Guéraud choisit très bien les titres (Nuit et brouillard, Les temps modernes, La jetée) mais finalement n'exploite pas suffisamment leur potentiel d'évocation. D'ailleurs, parmi ces 3 films sauvés, il y en a un qui n'est même pas visionné, c'est La jetée (alors que c'est celui qui collait le mieux avec le thème du roman).
Par ailleurs, le lien qui se noue entre kao et la jeune fille donne lieu à une sous-intrigue sans intérêt. de toute façon, j'aurais préféré que le héros ne soit pas un adolescent.
En bref, une lecture divertissante mais très dispensable.
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Slava
  22 août 2016
Imaginez un monde où l'image même est interdite. Où tout ce qui l'évoque, film, jeux vidéo, bande dessinées etc, sont confisqués et détruis par une brigade spéciale. Où quiconque osant diffuser ces formes d'art où même en le visionnant risque d'être aveuglé.
Ce monde là, c'est Rush Island en 2037. Une loi promulguée vingt ans auparavant glorifie la littérature et bannit l'image car empoisonnant les esprits et les corrompant. La Brigade de L'Oeil est chargé de traquer les terroristes et d'annihiler jusqu'au bout leurs armes. Pourtant, certains résistent. Kao, un jeune adolescent dont une bonne partie de la famille a été victime de cette loi veut voir des films, les découvrir. Il tente alors de faire bouger les consciences et de faire accéder à son entourage ce qui est interdit. Mais la Brigade rôde...
Si le récit vous rappelle quelque chose, c'est totalement voulu : ce roman est un grand hommage au chef d'oeuvre qu'est Fahrenheit 451 de Ray Bradbury. Il l'assume complètement: la loi se nomme Bradbury, l'un des personnages porte le nom de Holden, certains passages s'inspirent de ceux du livre original. Mais la Brigade de l'Oeil le détourne aussi : si dans Fahrenheit 451, les livres étaient brûlés et dénoncé par une société de consommation abjecte, là c'est quasiment le contraire... et pas pour le mieux ! Tout ce qui évoque les images (critiqué chez Bradbury) subissent un sort affreux, rappelant que l'extrême conduit l'extrême. Falk fait penser au pompier Montag mais il n'est qu'un pâle reflet. Emma, la jeune fille, est une réminiscence de la Clarisse mais en soutenant pourtant le régime.
C'est dire comme la littérature est important : dans ce monde, les rues et lieux portent les noms des auteurs, les citations sont gravés et partout les ouvrages sont valorisés... mais d'un autre côté, la répression envers les images est d'une cruauté !
La Brigade de l'Oeil, cette unité au service du gouvernement, ne recule devant rien pour faire respecter le règlement : ils brûlent les images tout comme ils brûlent les pupilles et rétines des contrevenants. D'une violence inouïe, ils agissent et leurs actes vous donnent des cauchemars. Imaginer vous dans une salle de cinéma cachée et d'un coup, ils débarquent et incendient tout, mêmes les pauvres spectateurs...
Le fait que les images soient dénigrés rappellent aussi sinistrement les arguments convoqué de nos jours contre le cinéma, jeux vidéo et BD "violent", contre la brutalité diffusée, faisant froid dans le dos.
L'auteur clame son amour pour le cinéma. le septième art est au centre du livre, les Temps Modernes et Nuit et Brouillard sont cruciaux, tout un ensemble de films et détails à cet art montre son importance capitale dans notre vie.
Et un écriture brute, qui ricoche souvent, violente elle aussi, qui saisissent à pleine gorge.
En revanche, si le roman est captivant, il n'est pas exempté de défauts dommageables.
Alors de un, certaines idées de cette dystopie ne sont pas exploitées, alors que leurs potentiels étaient énormes : le Diaphragme, lieu où serait terré tous les films interdits, n'est qu'esquissé sans plus par exemple. de plus, si une dystopie veut interdire des idées contestataires, elle bannirait également certains livres qui en regorgent de ces idées !
Ensuite, certaines personnages sont creux et comme les idées, peu approfondies : l'Impératrice ne figure à peine que deux où trois chapitres et pourtant, elle aurait méritée plus de développement et d'intégrité dans l'histoire puisque c'est elle qui est la cause de cette interdiction. Et même Emma est peu construite, un peu pauvre. Quant à Falk, le méchant, j'aurais voulu un peu plus de consistance et plus de référence à Montag vu qu'il était censé y conformer au début (bah oui, Montag au début de Fahrenheit 451 était lui aussi froid et sévère avant de changer...)
Et la fin, argh. Certes les fins tragiques ne me déplaisent pas mais celle-là arrive trop rapidement, clos abruptement l"histoire et prend même un peu de facilité..
Et les scènes violentes se succèdent. Je suis pas contre la violence mais trop c'est trop, et parfois sans argument.
Bref un livre qui s'inspire de Fahrenheit 451, bien mené, mais qui n'exploite pas certaines idées potentielles et un peu court pour moi. Et évidemment, il ne faut pas oublier de lire et relire l'original, qui surpasse pour moi toute autre dystopie.
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IreneAdler
  13 juillet 2012
A Rush Island, les images sont interdites. Toutes, fixes et animées. Quiconque est surpris avec une image, est condamné à avoir les yeux brûlés, sur le champ. Et l'image est immédiatement détruite par le feu. Pourquoi cette haine des images ? Elles sont jugées dangereuses. C'est dans ce contexte que Kao, lycéen dint l'enfance a été bercée par l'évocation du cinéma, découvre des centaines de bobines de films. Il parvient à en sauver 3.
Hommage inversé à Bradbury, qui lui interdit les livres au profit des images. Ici la littérature est omniprésente, presque oppressante. La guerre contre les images fut violente, continue de l'être. Pourtant, quelques personnes y croient toujours, aux images et à leur diffusion.
Guillaume Guéraud a un style haché, qui se voit également dans la typographie. Cela happe le lectuer, le feoce à voir véritablement les scènes. Et comme souvent chez Guéraud, la violence n'épargne pas les héros.
A lire absolument.
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pdupaty
  28 mai 2018
Sur l'île de Rush Island, au milieu du XXIe siècle, l'impératrice Harmony a instauré un régime totalitaire dont dont bannies toutes les images. Télévision, cinéma, bande dessinée, peinture, scultpure, publicité, illustrations... Toute représentation picturale de quelque forme que ce soit est bannie et leur possession est sévèrement réprimée. L'impératrice estime que les images sont nocives et rendent le peuple fou, et impose la littérature à tout le monde. Pour pour lutter contre la diffusion clandestine d'images, une unité de police spéciale a été créée : la brigade de l'oeil. Armés de chalumeaux et de lance-flammes, ils sont chargés de brûler les images qu'ils trouvent et de sanctionner ceux qui les utilisent et les détiennent, considérés comme des terroristes. Et la sanction est terrible puisque ceux qui se font prendre ont les yeux brûlés par ces flics modèles. Dans ce monde merveilleux, Kao, un jeune étudiant, a grandi avec l'évocation du cinéma et essaie de trouver des images et de sauver des films.
C'est une bonne dystopie, qui se lit très vite. La narration est vue d'un côté par les flics de la brigade de l'oeil, de l'autre par Kao et c'est assez intéressant d'avoir deux points de vue. La réflexion globale est également intéressante. C'est rythmé, bien écrit avec pas mal de suspense en prime. Je trouve par contre que l'auteur ne va pas toujours au bout de ses idées. Il y a assez peu d'explications sur la manière dont on en est arrivé à ce régime, ni sur ce qui a provoqué l'arrivée au pouvoir de l'impératrice. Ni d'ailleurs pourquoi elle fait un tel rejet des images (en plus, son personnage est assez bidon et pas du tout crédible). La fin (tragique) est également précipitée. Ca ne gâche pas l'ensemble mais ça fait que c'est juste un bon roman de SF alors que ça avait un potentiel supérieur.
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emmyne
  18 juin 2011
Ce livre est d'abord un hommage à Ray Bradbury, reprenant avec originalité la thématique de Fahrenheit 451. Originalité en forme de paradoxe puisque ce roman n'est pas un hymne à la littérature, mais bien une apologie de l'image, de la culture et des émotions qu'elle transmet, de la mémoire dont elle est dépositaire. Et ce formidable paradoxe inscrit ce roman autant dans le passé, le présent et l'avenir. Car ce livre est bien plus qu'un hommage, c'est un roman fantastique certes, qui flirte avec l'anticipation, mais c'est surtout un roman de société, de citoyenneté, sur la liberté d'expression, de penser, sur l'obligation de l'exercer.
Le texte est très fort, la narration puissante, efficace - en phrases courtes - , visuelle. Attention, Guillaume Guéraud écrit des romans noirs. Ses livres sont violents, militants, et ne se contentent certainement pas d'un happy end convenu. Avec des personnages digne des polars noirs américains ( pour le flic désabusé, camé et sa rédemption ), un décor japonisant ( le récit se déroule sur une île, la vie quotidienne, notamment les habitudes alimentaires révèlent le Japon ), le récit est dur, parfois choquant, l'épilogue apocalyptique. Pourtant, ce roman se dévore, son rythme ainsi que sa force dramatique est terrifiante, entre dictature, autodafé, résistance, répression. le feu est partout.
Les nombreuses références culturelles mettent le cinéma à l'honneur ( Charlie Chaplin, Nuit et Brouillard...). La réflexion sur l'image - et ses pouvoirs - ( avec en filigranne celle sur le rôle des médias : télévision, internet ) est magistrale car elle n'est pas idéalisée : si elle est témoignage - plus expressif, plus émouvant que les mots - ou art, rêves et merveilles, elle est aussi présentée comme le support du voyeurisme, celui de nombreuses perversions comme la pornographie ou les goûts morbides ( un des personnages collecte des images violentes et sanglantes ).
Même si le récit relève du roman jeunesse par son héros adolescent amoureux et son rythme en course-poursuite, il ne conviendra pas à des lecteurs de moins de 15 ans.
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critiques presse (1)
Lecturejeune   01 décembre 2007
Lecture jeune, n°124 - Sur l’île de Rush Island en 2037, la loi Bradburry, édictée par l’impératrice Harmony il y a plus de vingt ans, interdit toutes les images. La littérature constitue la référence absolue de cette société. Ici les habitants se prénomment Emma ou Ulysse, se promènent dans le quartier de Badwords et fréquentent des salles de jeux baptisées Correspondances… La propagande contre les images sévit. Les agents des Brigades de l’Oeil sont chargés de punir ceux qui de façon illégale tenteraient de se procurer des images : elles sont brûlées et leurs détenteurs subissent un même sort, l’aveuglement. Le pays compte des millions de citoyens aveugles. Kao lui, porte un prénom en hommage à un acteur – Jack Kao vu dans les films d’Hou Hsia Hsien ? –, l’adolescent est un de ceux qui participe au réseau clandestin de diffusion des images. Il va être amené à prendre part aux actions d’un groupe de résistants qui tente de sauver et de projeter les derniers films. Guillaume Guéraud se prête avec brio à l’exercice de style ; expérimenter le genre de la science-fiction. Le genre lui sied bien puisqu’il s’agit de condamner les dérives d’une société autoritaire sur fond de répression et de violence extrême. L’occasion pour lui de multiplier les références, ses références. Derrière chaque prénom – Holden -, chaque personnage – Falk vieux flic veuf bourru, amant de l’impératrice – chaque situation on trouve les éléments d’une culture littéraire et cinématographique, savante rencontre de classiques européens, de films d’actions asiatiques et d’« entertainment » américain. Le style, vif, percutant, accompagne une traque sans temps mort où la violence extrême croît jusqu’à l’écoeurement. L’ouvrage est un bel hommage au septième art. Hélène Sagnet
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
SlavaSlava   22 août 2016
Dans cette cave, parmi ces hommes et ces femmes, Kao était le seul représentant de "la génération pure", le seul à ne pas avoir connu le cinéma, le seul à ne jamais avoir vu un seul film.
Et là où tous furent bouleversés par le sujet même de Nuit et Brouillard, par le témoignage terrible des images de ce film, par les abjections commis par les hommes, Kao se demandait en plus si le cinéma correspondait à ça. Si les images avaient la vocation de provoquer de telle douleur. Si un film était forcément une somme de tourment.
Kao ne fut tout à coup plus certain de comprendre la nécessité de sauver le cinéma.
On lui avait autrefois raconté une histoire.
Celui de la première projection publique- quand les spectateurs avaient bondi de leurs sièges devant un film des frères Lumières, l'Arrivée d'un train en gare de la Ciotat.
Il avait entendu cette histoire tant de fois.
Il avait aussi eu le temps d'imaginer des choses bien plus effrayantes sur un écran -des missiles, des araignées géantes, des mutants aux ailes érectiles, des vagues chargées de pieuvres, des anthropophage affamés sortant de la vase, des météores fouettant la nuit.
Mais pas ça.
Pas les barbelés, pas les chambres à gaz, pas les fours crématoires. Ni les champs vides, ni les fosses surchargées de cadavres. Pas ces rapprochements.
Pas ces corps, pas ces visages, pas ces yeux. Ni ces plans, ni ces mouvements. Pas cette lumière.
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SlavaSlava   22 août 2016
Le soleil éparpillé par les milliers de vitres lui fit plisser les yeux- la Grande Bibliothèque ressemblait par beau temps à un gigantesque prisme spéculaire.
Kao baissa la tête et en profita pour lire quelques-unes des citations qui dallaient l'esplanade.
"Ne jugez pas un livre d'après sa couverture"- Ray Bradbury. "Je n'ai jamais eu de chagrin qu'une heure de lecture n'ait dissipé." Montesquieu." Une bibliothèque est un foyer" Charles Bukowski.
-Tu parles d'un foyer...
Un air froid le cueillit dès qu'il franchit les portes du bâtiment.
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IreneAdlerIreneAdler   14 septembre 2012
- On a seulement trouvé une bobine de film et un projecteur. Rien de plus.
Des agents dont les combinaisons ignifugées étaient couvertes de suie confirmèrent :
- Pas davantage de matériel compromettant, aucune trace de photographie, pas le moindre document interdit... Ce qui signifie que le stock des images terroristes est entreposé ailleurs.
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clgw303clgw303   03 juin 2013
« - le cinéma est plutôt comme une bataille, déclara Fuji.
- Une bataille contre quoi ?
- Contre mille ennemis différents et contradictoires. Contre l’ennui. Contre la frénésie. Contre le quotidien désenchanté. Contre les lendemains qui chantent. Contre les bourrasques qui avalent nos cauchemars. Contre les usines qui broient nos rêvent … »
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spartacux23spartacux23   14 mars 2017
La mémoire est une maison ouverte sur le vide. Une maison dont les portes et les fenêtres, jusqu'aux tapisseries, ont été arrachées par le passage du temps. Les souvenirs s’effilochent et disparaissent inexorablement. Restent alors les images, pour les survivants, les images qui permettent aux absents de ne pas être vaincus par l'oubli. Les images sont les derniers vestiges à retenir les disparus près de nous
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