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EAN : 9782070369096
512 pages
Éditeur : Gallimard (11/01/1977)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 40 notes)
Résumé :
Juste avant 1914, dans une petite ville bretonne, près de la cathédrale, vit l'infâme rue du Tonneau, avec ses taudis, ses maisons de prostitution, ses cafés douteux.
Une écurie sert de logis aux Nédelec, la mère, les deux enfants et le grand-père, tailleur qui fait vivre tout le monde et travaille jusqu'à ce que mort s'ensuive. Puis arrive la cousine Zabella, personnage haut en couleur. La poésie, l'amour, la noblesse du cœur illumine ce récit, le plus beau ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Fransoaz
  15 juillet 2019
Au début du 20ème siècle, la rue du Tonneau à Saint Brieuc est une rue mal famée où la misère et la pauvreté suintent par les pierres disjointes des maisons. C'est dans une ancienne écurie que vit le jeune narrateur avec ses frères, dont Pélo lourdement handicapé, sa mère et son grand père, qui par son travail de tailleur fait vivre toute la famille et remplace le père disparu mystérieusement.
La mort du grand-père marque un tournant dans la vie de cette famille qui attire soudainement les services sociaux de la ville. Elle est relogée dans un petit appartement, le comble de la modernité aux yeux de l'enfant. Pélo, "le petit béquillard" est pris en charge par une comtesse et envoyé dans un sanatorium pour être soigné. La cousine Zabelle rentrée au pays avec le pauvre Michel son mari et le Moco, son amant, renoue avec la famille. Cette personne frivole et impulsive accueille le jeune narrateur et lui fait découvrir une existence de luxe, de légèreté et d'arts mondains.

le gamin qui nous livre ses impressions, ses observations ne s'attarde pas sur la misère et la pauvreté, la crasse et l'ennui qui sévissent au début du XXème dans la rue du Tonneau. le texte est lumineux, drôle et tout auréolé des rêves de l'enfant. Louis Guilloux utilise son talent de conteur pour faire vivre la place aux ours, son activité grouillante et bruyante. Il pose un regard émerveillé et curieux sur tout ce qui bouge et s'agite autour de lui. L'enfant se forge déjà une conscience clairvoyante des disparités entre les classes sociales et rêve d'un monde plus juste.
le pain des rêves est un très beau livre sur l'enfance; il dit l'amour, la générosité, le courage... tout ce qui constitue le luxe des pauvres.


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zabeth55
  19 février 2016
Louis Guilloux livre ses souvenirs d'enfance à travers deux personnages de sa famille
- son grand-père
- la cousine Zabelle
Enfance pauvre où le grand-père s'échinait du matin au soir à son métier de tailleur.
Cette première partie est émouvante, même si le style est simple et désuet.
La seconde partie, dédiée à l'extravagante cousine Zabelle ; flanquée de son mari, « le pauvre Michel », et de son amant apathique, est beaucoup plus vivante et attrayante.
Certes, le texte a un peu vieilli, mais il n'est pas lassant pour autant et se lit sans déplaisir.
Commenter  J’apprécie          210
Corboland78
  20 novembre 2017
Louis Guilloux (1899-1980) journaliste, natif de Saint-Brieuc, publie son premier roman en 1927 et en 1935 le Sang noir rate de peu le prix Goncourt (raflé par Joseph Peyré avec Sang et Lumière). Ses convictions humanistes le conduiront à devenir secrétaire du 1er Congrès mondial des écrivains antifascistes et responsable du Secours Populaire. le Pain des rêves date de 1942.
Peu avant 1914 dans une petite ville de Bretagne. le narrateur, un jeune enfant d'une dizaine d'années, vit dans une ancienne écurie avec sa mère Mado, son grand-père paternel et ses frères. le père ayant abandonné femme et enfants, le grand-père fait survivre la maisonnée grâce à son métier de tailleur ou plutôt ravaudeur. Un des frères du narrateur, marin au long cours, n'est jamais là tandis que Pélo, le cadet estropié, végète dans un fauteuil. Dans ce monde de pauvreté, débarque la cousine Zabelle, venue de Toulon avec son mari, son amant, son clebs adoré… et tout va changer… !
En partie autobiographique, le roman est en deux parties. La première retrace les conditions de vie de la famille du narrateur, la seconde voit entrer en scène un personnage exubérant, la cousine Zabelle. de l'ombre à la lumière, mais toujours avec le regard d'un enfant, ce qui nous vaut un roman initiatique.
Dans cette première partie, si le lecteur adulte devine la grande détresse matérielle des protagonistes, celle-ci se trouve adoucie par le regard innocent que porte sur elle l'enfant, d'autant qu'il est un peu rêveur aux dires de son instituteur. Par contre son étonnement est grand : portraits saisissants des gens peuplant son quartier et la rue du Tonneau à la triste réputation locale, comme ce Durtail, le tonnelier qui voudrait être marin. A moins que ce ne soit de l'émerveillement devant la procession religieuse ou plus encore avec la parade du cirque ambulant (seule la parade est gratuite)… Et si l'école apporte ses moments difficiles, engueulades du maître, elle sait aussi offrir des heures enchantées.
La seconde partie, plus solaire, explose d'agitation et de surprises renouvelées avec cette Zabelle, une cousine éloignée et inconnue de l'enfant qui débarque en fanfare dans l'univers morose de nos Bretons. Avec sa petite troupe (mari, amant, chien) docile et entièrement à sa botte, elle va régenter la vie de Mado et de son fils, qui entretemps ont vu leurs conditions de vie s'améliorer un peu grâce aux bonnes oeuvres d'une comtesse.
Si le roman s'achève sur une fin un peu abrupte, il n'en reste pas moins magnifique à tout point de vue. L'écriture est superbe sans être datée, ce que certains pourraient craindre au regard de sa date de parution. Mais on en retiendra surtout, l'empathie profonde de l'écrivain pour tous ses personnages, un quasi amour pour ces pauvres gens, sans jamais tomber dans le pathos dégoulinant de mièvrerie. Jamais Guilloux ne cherche à tirer une larme au lecteur, au contraire, par le biais du regard d'un enfant, il réussit à rendre la misère heureuse – si j'ose dire – car elle n'est pour lui que source d'étonnement.
Un très beau roman que j'invite tout le monde à lire.
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myriampele
  16 novembre 2012
L'écriture a un peu vieilli mais reste belle et surtout très soignée...L'histoire de ce garçon perdu dans ses rêves sert de décor à une peinture de la vie dans une petite ville bretonne juste avant la guerre de 14. Un beau roman, un peu long , la fin se présente étrangement: "Dieu puissant! Faut-il donc achever ce livre sur de telles images!"...Mais non, il y aura encore quatre pages après cela.
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Feuilletre
  28 décembre 2016
C'est en voyage dans les Côtes d'Armor en marchant le long des sentiers côtiers que je me suis retrouvée par hasard sur les traces de Louis Guilloux: ses chemins, ses paysages, la magnifique baie ouverte sur l'océan, sa maison. de petits panonceaux explicatifs étayaient les lieux et charmée je me suis mise en quête de ses écrits. Une belle aventure. un livre à redécouvrir sans doute...
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critiques presse (1)
Actualitte   05 février 2019
Ici vit la famille Nedelec, la mère, deux enfants et le grand-père. Sauf que la misère ici ne renvoie pas à des images stéréotypées, pas plus à celles, misérabilistes, d’ivrognerie et d’oisiveté qu’à celles d’un ménage ouvrier exemplaire.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
RenodRenod   03 octobre 2017
Je doute qu’aucun amour vaille celui des pauvres. Le nôtre était un amour religieux. Nous savions(...) que cet amour-là n’était possible qu’à l’intérieur d’une certaine catégorie, qu’il n’était propre qu’à de certains êtres, vivant dans des conditions définies : les nôtres. Et qu’au-delà de nos frontières, il perdait non seulement sa vertu, mais devenait incompréhensible et honni.

(...) Oui, nous savions, et peut-être même était-ce ce que nous savions le mieux, que cet amour tirait sa plus grande force du fait qu’ailleurs nous n’étions pas aimés.
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RenodRenod   03 octobre 2017
Un quartier d’artisans – mon grand-père était leur doyen – de plâtriers, de maçons, de terrassiers. Un quartier qu’en certaines occasions, on disait «historique» (...), mais qu’en toute autre occasion, on désignait comme une «verrue». Un jour ou l’autre, la verrue sauterait.(...)

Par là, me donnait-on à penser que mes pareils et moi nous formions sur la terre un objet de scandale, une malpropreté. N’était-il pas évident, lorsqu’« ils » parlaient de la « verrue », que c’était l’ensemble qu’ils voulaient dire, n’oubliant pas, dans l’habitation, l’habitant, mêlé avec sa vermine ? Telle est la première idée abstraite qui se soit formée en moi. C’est ainsi que commença ma vie spirituelle.
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VACHARDTUAPIEDVACHARDTUAPIED   27 mars 2013
"- Ah! si j'étais le roi!
Ainsi pensais-je, en rentrant à notre écurie, après la classe...
Roi, le Bonheur était mon ministre!
La paix eût partout régné. Nul n'aurait plus tremblé pour sa paillasse ou pour sa marmite...
Au plan d'embellissement de la ville comme j'eusse travaillé! Mon règne, c'était une fête. Les riches n'étaient plus nos ennemis. J'avais converti leurs coeurs. Enfin! Enfin! Nous nous aimions! Ils ne parlaient plus de nous comme d'un opprobre, notre quartier n'était plus une verrue... Nous étions tous des hommes."
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myriampelemyriampele   16 novembre 2012
Oui, à l'école parfois, il y avait de grandes heures ouvertes; parfois, car le temps venu, l'instituteur rengainait ses cartes. C'était comme si le ciel s'était couvert, comme si le conte avait menti. Tous ces beaux songes, pleins d'espérance qu'il avait fait éclore dans nos têtes, il fallait les effacer d'un coup, comme, d'autres fois, il effaçait avec son chiffon une phrase écrite à la craie au tableau.
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SophiePatchouliSophiePatchouli   04 avril 2018
Tous les enfants ont eu leurs songes bercés des plus beaux contes de fées. Comme les fées ne coûtent rien, qu'elles sont à tout le monde et partout, comme Dieu, on peut bien croire que, même au fond de la plus grande pauvreté, elles ne nous trahissaient pas.
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Louis Guilloux parle d'Albert Camus.
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