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EAN : 9782070372928
512 pages
Éditeur : Gallimard (23/02/1999)
4.2/5   48 notes
Résumé :
La vie d'un des plus grands peintres racontée par un des plus grands cinéastes. Il est vrai que l'un était le père de l'autre, et que Jean Renoir est né au «château des Brouillards», sur la butte Montartre, à deux pas du Moulin de la Galette immortalisé par un tableau de Pierre-Auguste. Cette biographie fait revivre avec amour un homme, une œuvre, un monde. C'est pourquoi elle a connu un succès mondial.
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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sur 48 notes
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JeffreyLeePierre
  18 avril 2021
Je suis encore sous le charme.
Au début, j'avais à la fois envie de lire lentement pour mieux goûter tout le plaisir de chaque phrase, et envie d'aller plus vite pour en savoir davantage. Et puis (presque malheureusement), on s'habitue à tout et j'ai fini en le lisant à vitesse normale.
Faut dire que je l'ai choisi autant, voire davantage, pour Jean le fils que pour Auguste le père. Et joie, Jean Renoir écrit comme il filme : avec talent, avec une grande finesse psychologique et surtout, avec bonheur.
On sent à chaque page combien il a aimé ce père, combien il a aimé grandir à l'ombre d'un génie. Parce que cela ne fait aucun doute pour lui (ni pour beaucoup, d'ailleurs) : Pierre-Auguste Renoir était un génie. Il le dit d'ailleurs sans fard, sans fausse pudeur, sans précautions oratoire. le mot apparait très naturellement au milieu d'une première phrase et reviendra quelques fois.
Génie de la peinture donc. Mais aussi, et c'est finalement l'objet du livre, un homme pas complètement parfait, avec pas mal de contradictions, mais fondamentalement bon et honnête. D'ailleurs, ceux qui voudraient en savoir plus sur la peinture de Renoir et son évolution risquent de rester sur leur faim. Cet aspect est plus évoqué que l'objet de longs développements, comme si le livre s'adressait à des connaisseurs de l'oeuvre de son père.
Alors c'était qui ce Pierre-Auguste Renoir, souvent appelé juste Auguste ? Tout juste, Auguste ; et ce dès son enfance par sa mère qui trouvait que Pierre Renoir, ça faisait trop de "R". Déjà, il était d'une génération à cheval entre l'ancien monde et le nouveau monde. Il a littéralement grandi sous les fenêtres de la reine Marie-Amélie, épouse de Louis Philippe, qui aimait à jeter des bonbons aux mômes qui jouaient bruyamment dans la cour du Louvre parce que leurs parents habitaient un quartier aujourd'hui détruit situé entre le Louvre et le jardin des Tuileries. Né en 1841, il a connu un des aides du bourreau Sanson, celui qui a raccourci (entre autres) Louis XVI et Marie-Antoinette, qui venait assister aux veillées amicale chez ses parents. Et il est mort après la boucherie de 14-18, dans un monde déjà mécanisé à outrance.
Cet homme, qui a pris une part très active à la première des révolutions picturales qui allaient profondément bouleverser son art, surjouait par ailleurs le ringard, refusant haut et fort la quasi-totalité des progrès de la révolution industrielle et des débuts de la société de consommation. Première contradiction apparente : cela ne l'a jamais empêché de prendre le train, soit pour aller "au motif", c'est à dire peindre en pleine nature dans une région parisienne encore très campagnarde, soit plus tard pour aller passer ses étés en Bourgogne à Essoyes (village natal de son épouse) puis aller finir sa vie à Cagnes. Mais il a toujours refusé les produits manufacturés, usinés en masse sans personnalité, et surtout sans qu'on n'y voit plus trace de la personnalité de celui qui les a façonnés, au contraire des productions des artisans de son enfance.
Artisans dont il se considérait pleinement lui-même faire partie. Artiste lui semblait déjà trop, et ceux qui l'appelaient maître (ou l'auraient qualifié de génie) en étaient immédiatement disqualifiés à ses yeux. Parce qu'il était aussi profondément anti-conformiste, et ça se voyait au point qu'il a failli à plusieurs reprises se faire écharper par la foule.
Anti-conformiste, mais tolérant. Il a ainsi cultivé des amitiés très proches avec des personnes qu'on n'imaginerait pas, notamment des grands industriels ou affairistes. Rencontrés comme mécènes, généralement à l'occasion d'un portrait, ils ont ainsi su mutuellement aller au delà des apparences qui semblaient les séparer. Ouverture, naturel, sain amour des choses et gens restés simples, c'était sa personnalité et l'ambiance qu'il a réussi à imprimer à son foyer. Grâce aussi aux femmes qui l'entouraient.
Parce qu'il était surtout un homme à femmes. Mais pas du tout dans le sens habituel. Son foyer était constitué de sa femme, de modèles (vivant chez eux hors de Paris à Essoyes ou Cagnes), d'aides cuisinières dont certaines étaient plutôt des amies (telle la veuve du peintre Corot), ou domestiques dont certaines sont aussi devenues des modèles (comme Gabrielle, une cousine de sa femme et nourrice de Jean). La plupart l'appelaient d'ailleurs "le patron", parce que sans être riche, sa vie est devenue assez rapidement confortable.
Jean Renoir s'est visiblement épanoui dans cet environnement sur-protégé, avec ses bons côtés (une grande liberté dans son éducation, la fréquentation de personnages fascinants) et quelques mauvais aussi (son père aimait peindre ses jolies boucles claires et il a dû garder trop longtemps des cheveux longs qui le faisaient moquer comme fillette par d'autres enfants).
Voilà, j'arrête de raconter, mais de toutes façons, là n'est pas le principal. Il faut lire ce livre qui nous fait partager l'univers merveilleux créé par Auguste Renoir dans sa vie et ses tableaux, récréé par Jean dans une langue simple et merveilleuse.
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jvermeer
  23 février 2021
*******
« Renoir allait jusqu'à proscrire de son vocabulaire le mot « artiste ». Il se présentait comme un ouvrier de la peinture. »
Le livre du cinéaste Jean Renoir parlant de son père pierre-Auguste Renoir est à coup sûr la biographie la plus complète et passionnée que j'ai pu lire sur le peintre, de sa petite enfance insouciante à son décès à 78 ans à Cagnes-sur-Mer.
Le cinéaste nous distille la vie de l'artiste dans un fourmillement de détails : amas de souvenirs, impressions personnelles, notes intimes du peintre. Au fil des pages, nous découvrons des personnages, des lieux : Cézanne, Zola, l'Ecole de Barbizon, la forêt de Fontainebleau, Manet, Courbet, Pissarro, Durand-Ruel. Toute une époque et son ambiance.
« Renoir était une merveilleuse machine à absorber la vie. Il voyait tout, comprenait tout et le faisait sien. ».
Jean Renoir, en vrai conteur, nous offre ces conversations intimes avec son père, qu'il appelle « Renoir », l'un des plus représentatifs du groupe des peintres impressionnistes. Des moments souvent décrits sur un ton gouailleur : « Madame Lévy était une grande brune. Mon père, n'avait jamais pris une femme dans ses bras. « Autant que je me souvienne elle était assez bien, mais osseuse, de grandes jambes, de grands bras, une jolie poitrine ». Elle regardait travailler mon père en soupirant : « Je suis seule… Je m'ennuie ». Renoir concluait : « Elle avait dû lire Madame Bovary, cette poufiasse sentimentale ! »
Je conte, ci-dessous, quelques anecdotes de vie de ce grand artiste, plus particulièrement sur la période des années 1860-1880 qui, personnellement, est ma préférée.
Tout le monde à Montmartre, où Renoir habitait, connaissait ses vêtements gris rayés et son petit chapeau de feutre. « On l'aurait pris pour un notaire de province ». Il n'avait aucun mal à trouver des modèles. Sa méthode était efficace : « Présentez-moi à votre mère », leur disait-il. Cela lui amenait de nombreux modèles sans passer pour un satyre. Les mères savaient qu'il était peintre et affluaient en lui vantant les qualités de leurs filles. Entre les gamines de la Butte et les modèles professionnels, actrices ou demi-mondaines, ses journées étaient bien remplies. Grâces aux mères, Renoir pourra rassembler les modèles de son futur « Moulin de la Galette » vibrant de lumière, peint en 1876. Il répétait souvent : « Il faut savoir mettre une toile de côté et la laisser reposer. Savoir flâner. »
Été 1869, Auguste Renoir et Claude Monet, ils avaient 28 ans tous les deux, plantent leurs chevalets devant ce motif si peu romantique de l'île de Croissy, lieu de tapage bruyant et agité faisant guinguette et bains : la Grenouillère. Les « grenouilles », étaient des femmes légères, de petite vertu, libres, s'amourachant rapidement. Parmi celles-ci, Renoir trouvait de nombreux modèles, bonnes filles qui se déshabillaient facilement et ne coûtaient pas cher. Il ne s'en privait pas… Les deux amis allaient réaliser, avant même que le mot n'existe, leurs premières oeuvres « impressionnistes »
En 1874, ils étaient une trentaine à accrocher leurs toiles sur les murs rouges de l'atelier du photographe Nadar, boulevard des Capucines à Paris. Tout les avant-gardistes étaient présents : Monet, Pissarro, Morisot, Sisley, Degas, Renoir, Cézanne, Guillaumin… Les gens allaient à l'exposition pour « rigoler ». La superbe « Loge » de Renoir fut particulièrement visé : « Quelles gueules ! Où a-t-il été pêcher ses modèles ? » Monet présenta une charmante toile avec un gros soleil rouge se reflétant dans l'eau. Ne sachant quel titre donner à « cette chose » pour le catalogue de l'exposition, il l'appela « Impression, soleil levant ». le fameux critique du Charivari, Louis Leroy, par dérision, parla d'impressionnisme…
Au cours de l'été 1879, Renoir avait trente-huit ans et était amoureux d'une couturière, Aline, la future mère de Jean Renoir qui entrait dans sa vie. « Prends-le riche et pas trop jeune ! Avec ta frimousse ce ne sera pas trop difficile ! » lui avait dit sa patronne couturière qui voulait la marier. Elle avait dix-neuf ans, et Renoir une vingtaine de plus. Elle avait un côté « chatte », et possédait ce que Renoir adorait chez les femmes : une peau qui ne repousse pas la lumière.
Aux beaux jours, il emmenait Aline à l'hôtel-restaurant-guinguette Fournaise sur l'île de Chatou, le long des berges de la Seine. de nombreux artistes et écrivains, dont Guy de Maupassant, venaient pour le canotage. Cet homme de plume sautait sur toutes les habituées du restaurant portant jupon ! le soir c'était la fête. Paul Lhôte poussait son refrain favori, « Mam'zelle Nitouche », sous les applaudissements des convives qui reprenaient en choeur.
Renoir avait depuis longtemps un projet ambitieux en tête, un « Déjeuner des canotiers » : au bord de l'eau, une belle journée ensoleillée, deux tables, une dizaine de jeunes femmes et jeunes gens de la bourgeoisie aisée s'amusent autour d'un déjeuner. En 1880, le restaurant Fournaise et son balcon allaient devenir le nouvel atelier en plein air de Renoir. Cette atmosphère de bonheur et de joie de vivre marqua un tournant dans son oeuvre qui allait emprunter de nouveaux chemins.
Les lecteurs qui aiment Auguste Renoir doivent lire ce livre foisonnant d'anecdotes. L'amour et l'admiration du fils envers son père affleure constamment dans cette masse de souvenirs : « Les années et mes propres expériences me permettent de le mieux comprendre. » - Jean Renoir

***
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isanne
  13 septembre 2020
L'évocation du père est un sujet littéraire qui me bouleverse à chaque fois, et quand c'est Jean Renoir qui parle de son père, le peintre Auguste Renoir, c'est à un merveilleux voyage dans le temps et dans une autre vie au jour le jour qu'il nous convie.

Un voyage qui s'étale sur quelques soixante-dix ans, d'un siècle à l'autre, laissant passer les différents régimes, les évolutions de Paris, les changements de la vie quotidienne, le progrès réel ou qui se veut comme tel... Voilà pour la toile de fond !
Et plus en avant, en précision, la vie de ce peintre - il ne voulait pas qu'on dise de lui "artiste", le choix de cette destinée, une famille qui l'entoure et l'entourera toujours lui permettant de ne se consacrer qu'à ses recherches, à évoluer tranquillement au sein de son art. Des premières années de "compagnonnage" aux côtés d'autres noms connus - Pissaro, Monet, Manet, Morisot, Cézanne, Cassatt et tous les autres, aux années de la sérénité enfin approchée mais dans la solitude de ceux qui sont partis ou qui sont loin, c'est toute la vie vouée à la recherche d'une technique de peinture différente qui nous est contée.
Comme Jean Renoir est un fabuleux cinéaste, il est un merveilleux conteur, promenant sa plume-caméra tantôt sur les paysages, la vie publique, la société, les faits politiques au temps de son père et pour les plus belles pages, sur ce père admiré et tant aimé...

Un livre passionnant à découvrir, pour retrouver le goût d'une époque, d'une vie toute en solidarités humaines, toute en simplicité quotidienne. Et tant pis, si la soupe est maigre, l'amitié partagée et le bonheur de faire ce dont on a toujours rêvé suffisent à enrichir le quotidien de ce peintre très attachant.

Volontairement, je ne vous en dis que peu, il faut lire ce récit, vous en ressortirez, impatient de courir revoir les oeuvres ou de vous plonger dans un livre de reproductions de toutes les toiles de ce Grand Monsieur et de ses contemporains et de les regarder différemment maintenant que Jean Renoir vous a tout expliqué des techniques de l'Impressionnisme.
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Jacopo
  29 janvier 2019
Pour mieux connaître Pierre-Auguste Renoir (1841-1919) je n'ai lu rien de mieux que cette biographie écrite par son fils Jean Renoir (1894-1979) le cinéaste. Avec une présentation particulière du fils qui retrouve son père suite à une blessure de guerre, qui lui raconte des parcelles de sa longue et grande histoire d'enfant, d'homme et d'artiste. En même temps qu'une leçon d'histoire de la France durant son époque. Je comprends le respect et l'amour qu'il porte à son père par la réussite son parcours, et ce, jusqu'à la fin. Un grand plaisir de voir dans cette biographie-témoignage le regard d'un artiste qui est cinéaste à un autre, qui est peintre, voilà deux magiciens d'images qui sont attentifs à ce qu'ils voient, à ce qu'il ressente. Lire aussi l'effervescence de l'époque à travers une multitude de peintres à travers leurs relations mutuelles. Malgré la divergence de goût, et de variété des courants créatifs, il semble avoir un respect mutuel. Je trouve admirable que Renoir ait réussi à maintenir sa ligne créatrice tout au long sa vie, comme il dit « comme un bouchon » on suit sa ligne à travers le courant qui se présente. Un bel exemple de confiance à la vie. Malgré tout, ce fut un peintre du bonheur, de la vie, du beau, de la lumière sur la peau comme sur les fleurs.
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raynald66
  07 janvier 2014
Encore une bonne sélection Babelio (Merci à Mimimelie de m'avoir conseillé ce livre !). Bonne biographie très bien écrite de Jean Renoir sur son père le célèbre peintre impressionniste (mon préféré). Plein d'anecdotes savoureuses sur ce peintre. A lire ! pour tous les amoureux de la peinture
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Citations et extraits (44) Voir plus Ajouter une citation
isanneisanne   06 septembre 2020
Renoir découvrait et redécouvrait le monde, à chaque minute de son existence, à chaque aspiration d'air frais par ses poumons. Il pouvait peindre cent fois la même fille, la même grappe de raisin, chaque tentative était pour lui une révélation émerveillée. La plupart des adultes ne découvrent plus le monde. Ils croient le connaître et s'en tiennent aux apparences. Or, les apparences sont vite explorées. De là, cette plaie des sociétés modernes, l'ennui. Les enfants, eux, vivent d'étonnements renouvelés. Une expression imprévue sur le visage de leur mère leur suggère l'existence d'un infini de pensées mystérieuses, de sensations inexplicables. C'est parce qu'il partageait avec les enfants cette faculté de curiosité passionnée que Renoir les aimait tant.
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HulotHulot   16 septembre 2019
Les cerfs et les biches sont curieux comme des hommes !
Ils s'étaient habitués à ce visiteur silencieux, presque immobile devant son chevalet et dont les mouvements semblaient caresser la surface de la toile.
Longtemps Renoir ne se douta pas de leur présence. Quand il prenait du champs pour juger d'un effet, c'était la débandade. C'est le froissement des sabots sur la mousse, accompagnant l'une de ces retraites, qui découvrit leur jeu.
Renoir commit l'imprudence de leur apporter du pain. < Ils étaient constamment sur mon dos, me poussant du museau, me soufflant dans le cou. Parfois j'étais obligé de me facher... Allez vous me laisser peindre, oui ou non ? >
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britzanbritzan   24 mars 2008
En échange de mes histoires de guerre, Renoir me racontait des souvenirs de sa jeunesse. L'homme que je croyais être devenu découvrait un Renoir inconnu. le père saississait cette occasion de se rapprocher du fils. je pense maintenant qu'il simplifiait sa pensée pour se mettre à sa portée. Il y réussissait et au cours de ces conversations l'enfant, le jeune homme, puis l'homme mûr me devenaient clairs.....
Il y a en tout cas un aspect de lui que je n'entrevoyais même pas à cette époque, c'est celui ayant trait à son génie.
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HulotHulot   17 septembre 2019
Mallarmé écrivant à Renoir mis cette adresse :

A celui qui de couleur vit
au trente cinq de la rue du vainqueur
du dragon, porte ce pli, facteur

Les employés de la poste envoyèrent sans hésiter cette lettre à sa destination,
35 , rue Saint Georges.
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jvermeerjvermeer   18 février 2021
******

Quand ça ne venait pas, Renoir n’insistait jamais. Son entourage le savait aussitôt. Il cessait de chantonner et se frottait violemment la narine gauche avec l’index de la même main. Il finissait par dire à la femme du monde dont il faisait le portrait, ou au modèle qui avait arrêté sa chanson : « Nous pataugeons, il vaudrait mieux remettre ça à demain. » La dame ou le modèle devenait très triste. Il fumait une cigarette, faisait quelques passes de bilboquet. Parfois il sortait cinq minutes et marchait jusque chez Manière, pour acheter un paquet de cigarettes jaunes Maryland. « Il faut savoir s’arrêter et flâner ! »

***
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