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ISBN : 2070365360
Éditeur : Gallimard (16/09/1974)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 76 notes)
Résumé :
Dans une rue obscure de Nantes, Antoine Desvrières, le doigt sur la gâchette, guette l'homme à abattre.
La scène se passe en 1943 dans la France occupée et partagée entre Français qui laissent faire et Français qui s'opposent à cette occupation.
Antoine est de ces derniers. Voilà pourquoi, ce soir de septembre, il s'apprête à ruer le lieutenant Werner qui est sur la piste de son réseau de résistance.
De la mort de Werner dépend la vie du rése... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
lecassin
  18 février 2012
On est en 1943, en zone occupée, à Nantes.
Antoine Desvrières, résistant sait que s'il ne tue pas ce soir à 23h00 le lieutenant allemand Werner, son réseau sera démantelé avec toutes le conséquences que l'on peut imaginer. Antoine est donc embusqué sous une porte cochère, l'arme à la main, sur le trajet de Werner. Encore faut-il que tout se passe comme prévu. Tout dépend du Feldgendarme Eideman et du démarreur de sa traction avant…
Je suis entré dans l'univers de Paul Guimard avec ce petit livre après avoir vu le film d'Edouard Molinaro, en 1974.
Il s'agit bien là d'une pièce maîtresse de l'oeuvre. Paul Guimard continue en effet à creuser le sillon qui constituera son thème favori : un détail est changé et le cours des choses peut en être grandement modifié. A ceci près qu'ici, il ne fait pas le choix et nous propose différentes variantes selon que démarrera – ou pas – l'auto du Feldgendarme Eidemann ; à la manière d'un mathématicien qui étudie les différentes solutions d'une équation dont l'unique inconnue serait : démarrera, démarrera pas…
« L'ironie du sort » est quelque chose comme une U-chronie du présent, comme une illustration de l'expression populaire : petites causes, grands effets… Superbe
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morganex
  28 janvier 2019
Ce bouquin m'attend depuis de nombreuses années sur mes rayons de bibliothèque. Comment y est t'il venu ? Je ne sais plus. Et pourtant il existe une raison à sa présence patiente et confiante, non ? Réponse: il attendait son bon moment, tout simplement. Mes lectures habituelles ne me portent pas vers ce genre de récit. Je ne connaissais ni l'auteur ni le titre. Personne ne me les avait conseillés. La quatrième de couverture ne m'a pas tentée, n'éveillant aucun intérêt à mes yeux. L'illustration de 1ère page m'était neutre, sans écho notable, elle ne m'a pas racolé.
Je n'aurais logiquement jamais du lire ce roman. Et pourtant, je viens d'en franchir le mot "fin" en y ayant récolté beaucoup de plaisir. Merci à l'auteur. Merci à l'idée simple qui l'a mis en marche.
Alors pourquoi en avoir commencé et fini la lecture ?
Il a suffi d'un hasard, d'une "ironie du sort" comme l'affiche le titre du roman.
Je cherchais un livre court dans l'attente postale, impatiente et espérée à court terme, d'un ouvrage plus conséquent. Un roman d'attente en somme, simplement là pour occuper le peu de temps nécessaire, meubler l'impatience. En ce sens, "L'ironie du sort", peu épais (156 pages seulement), devait naturellement attirer mon regard, faire l'affaire et m'imposer de le choisir.
Ainsi fut fait, ainsi fut lu.
Et le lecteur que je suis, tout surpris du hasard qui a mené l'affaire, débarque pile poil dans une thématique centrale qui ressemble tant aux circonstances énoncées plus haut. Son axe principal est un questionnement: "Et si dans la vie d'un homme un acte anodin accompli ou non déclenchait des avenirs possibles diamétralement opposés..?".
Ce qui est applicable aux êtres l'est aussi aux choses: des services postaux peu pressés, un dimanche sans facteur, ont conduit ce roman à accomplir son destin d'être enfin lu. Un de ses congénères attendu et enfin reçu samedi dernier en boite aux lettres, tout frais dans son habit neuf, aurait changé la donne pour un bouquin d'occasion jauni sur tranche qui serait resté abandonné.
1943. Nantes. 23 heures. Dans l'obscurité relative d'une porte cochère attend Antoine Desvrières. C'est un jeune maquisard déterminé. Il a une jeune maîtresse qu'il ignore enceinte de ses oeuvres, des amis résistants au courant de ses activités de l'ombre, une famille qui sera menacée si on l'arrête. Des espoirs d'avenir brillant l'animent, un futur en marche normalement l'attend, si ce n'est que la guerre est là et qu'il a choisi son camp. Son avenir est devenu incertain.
Colt en main et chargé, prêt au sacrifice patriotique, il attend sa cible.
Werner de Rompsay est un officier du contre-espionnage allemand. Il vient de mettre un terme à un rapport d'enquête concernant un réseau maquisard. de sa révélation aux autorités militaires va dépendre la vie de français ralliés à la Cause.
Dossier sous le bras, à pied, traversant une place, il ne sait pas qu'un colt l'attend sous une porte cochère.
Non loin, Helmut Eideman, un banal soldat allemand, chauffeur de traction avant d'un officier de la Wehrmacht, se heurte au problème récurrent de l'automobile qu'il conduit: le démarreur a des caprices.
Du simple fait que le contact électrique se fasse ou pas, que le véhicule démarre ou non, va dépendre l'issue du duel qui se prépare. Et au-delà de la survie et de la mort des uns et/ou des autres, du devenir du dossier accusateur, se jouent tous les futurs possibles de celles et ceux qui, de près ou de loin, ne savent pas et ne sauront jamais qu'une part d'eux-mêmes se joue dans l'instant.
A partir de ce postulat de départ Paul Guimard nous décrit successivement avec brio et maîtrise de la langue trois scénarios possibles. Ils démontrent qu'à partir d'un noeud de circonstances dénoué de telle ou telle manière, d'un événement somme toute anodin de WW2, peuvent découler des avenirs vraiment dissemblables. le propos de l'auteur n'est pas de montrer la Grande Histoire du Monde changée, mais la Petite métamorphosée dans un sens ou un autre, la Vie Simple changée de celles et ceux au contact proche du drame.
Alors, bien entendu, de ce qui précède, en gourmand SF que je suis, j'ai pensé tout de suite au triptyque des sous-genres: uchronie/temps malléable/univers parallèles. Il y a de çà d'évidence dans ces manipulations des possibles, dans ces extrapolations temporelles issues d'un tronc commun. On pourrait classer dans l'un d'entre eux ce bref roman/fix-up/recueil de nouvelles (?) si ce n'est qu'il apparaît vite que l'objectif de l'auteur était ailleurs en y incluant beaucoup de philosophie didactique, les situations humaines y étant disséquées dans un souci explicatif de l'homme, de sa nature, des causes et des conséquences de ses actes. Et en ce sens c'est une réussite.
Ce livre me rappelle "Mon oncle d'Amérique", un film d'Alain Reisnais, 1980, qui au sein d'un intrigue familiale classique fait intervenir un scientifique expliquant en voix off les comportements humains en action. Rayon cinéma il est à noter qu'une adaptation de "L'ironie du sort" vit le jour en 1974. Je ne l'ai jamais vu, mais suis curieux de la manière dont le réalisateur s'est sorti du piège des univers parallèles.
Maintenant, roman bouclé, chronique close, je me penche à nouveau sur le concours de circonstances, sur l'ironie du sort qui me l'a fait lire et critiquer et me dis que de cette chaîne d'événements improbables naîtront peut-être d'autres lecteurs qui tout comme moi y trouveront fruits du hasard, plaisir et didactisme.

Lien : https://laconvergenceparalle..
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popie21
  26 janvier 2017
J'avais lu ce livre adolescente et il m'avait laissé une marque profonde. C'est pourquoi, depuis plusieurs années déjà, je tenais absolument à le relire car je voulais comprendre pourquoi il avait eu tant d'impact sur moi. Voilà qui est chose faite et je ne suis pas déçue. le temps ayant fait son oeuvre, j'ai été moins impressionnée par les bouleversements de « la Providence » mais je reste admirative de la forme, de la clairvoyance de l'auteur (voisin ignoré de mon village de naissance...) et de la simplicité avec laquelle il nous laisse entrevoir que nous ne sommes maîtres de rien et que nos vies ne sont accrochées qu'aux battements d'ailes de papillons invisibles à nos yeux. Pour moi, après tant d'années, cela reste un roman formidable.
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meeva
  21 août 2016
Lu en seconde, je me demandais si mon souvenir d'un bon livre était justifié ou influencé par l'admiration que je vouais à ma prof de français cette année-là.
Tout d'abord, j'ai trouvé le style riche et très soigné, tout en restant agréable et fluide. Première bonne impression.
« La soeur d'Albert avait été sa « bonne amie » à l'époque où Antoine, apprenti de soi-même, découvrait les exigences du corps à travers des contacts furtifs et de maladroites manipulations. Plus âgée que lui, moins timide surtout, comme sont les campagnardes, Janine avait été sa complice dans cette exploration d'un pays plein de hontes et de bouleversements. Leurs deux ignorances conjuguées procédaient par étapes incertaines. Dans le foin sec des granges, dans les creux moussus des écarts, ils avaient appris ensemble les premiers gestes de ce qu'il faut bien appeler l'amour puisque le désir n'appartient pas au vocabulaire de l'adolescent. »

L'histoire est intéressante et habilement déroulée : une première partie nous expose l'intrigue « de base ». Dans les parties suivantes, à partir d'un détail qui change, disons au milieu de l'histoire, la suite est déroulée de manière différente et cela à plusieurs reprises, tout le début, qui est identique, n'étant pas repris.
Antoine commet un acte de résistance pendant la seconde guerre mondiale. du démarrage d'une voiture dépendra le bon déroulement de celui-ci. Et du déroulement de celui-ci dépendra le reste de la vie d'Antoine et, par ricochet, d'autres personnes.
Ce livre nous porte à réfléchir à la notion de hasard, en opposition à celle de destin. Il nous rappelle que les choix que nous faisons ne sont pas suffisants à déterminer nos vies.
De cela découle des remarques sur la personnalité, qui fluctue en fonction de l'entourage, des circonstances, tout en restant la même.
« On se fait mal à l'idée qu'un même individu soit différent selon les interlocuteurs sans cesser d'être fidèle à lui-même. Les relations humaines se trouveraient simplifiées si l'on tenait pour évident qu'un homme pût préférer les abricots chez son père, les fraises chez son camarades et les cerises chez sa femme sans être incohérent pour autant. Cette élémentaire vérité n'étant généralement pas admise, on trébuche sur les contradictions aussitôt qu'on aborde des domaines plus souterrains que celui des prédilections fruitières. »

Enchantée par cette relecture, elle confirme la chance que j'ai eu d'avoir cette prof-là (pour ceux qui me suivent, elle nous a fait lire aussi Gary et Ajar lors de cette année).


Finalement en contrepied de ce qui est développé dans le livre, mais pour rigoler un peu, le petit air, hein…
« Eh les keufs eh les meufs dans le RER
La banlieue c'est pas rose la banlieue c'est morose
Alors prends-toi en main c'est ton destin c'est ton destin
Prends, prends, prends toi en main c'est ton destin
[…] »
Extrait de « C'est ton destin », Les Inconnus :
https://www.youtube.com/watch?v=¤££¤24D Antoine 20¤££¤8

Lien : https://chargedame.wordpress..
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minilaure
  09 mai 2012
J'ai trouvé ce livre par hasard, en fouillant dans la bibliothèque de la maison de famille par une après-midi normande pluvieuse. Autant dire que je n'avais aucun a priori, d'autant que je ne connaissais pas cet auteur.
J'ai adoré. Je me suis laissée prendre au jeu, rondement mené, de l'ironie du sort ; ou comment, un acte de résistance, réussi ou échoué, change la vie de toute une foule de personnage. Un roman très agréable à lire malgré la figure de style utilisée : réécrire l'histoire selon que l'officier allemand s'en sort mort, ou vif. A découvrir !
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
popie21popie21   24 janvier 2017
Elle avait moins de quinze ans à la veille de la guerre. Elle s'apprêtait à être une jeune fille entourée de garçons à répartir en catégories: camarade, flirt, fiancé, amant... Elle s'apprêtait à être insouciante, irresponsable, sotte et légère mais ces vertus virginales furent, comme il est d'usage, brûlées par le vent violent de la tragédie et la jeunesse avec elles. Beaucoup d'hommes reviennent des guerres plus jeunes qu'avant, les filles n'ont pas cette chance. Toutes les adolescentes meurent au champ d'honneur. De leurs cendres naissent des femmes de seize ans, pleines de dévouement, de courage, de force et qui ne connaissent jamais ces années brèves, la crème de la vie. Ces mutilées ne reçoivent ni pension ni médaille et pourtant Dieu sait qu'il est moins cruel de perdre un bras ou une jambe qu'une adolescence.
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AustralAustral   24 juillet 2013
Les parents, qui supportent mal de ne pas participer aux secrets d'alcôve de leurs enfants, trouvent sans doute une revanche à évoquer les premiers âges, qui leur appartiennent en propre. Ils n'adorent rien tant que de parler fièvre, vomissure, incontinences diverses. C'est comme s'ils disaient : "Vous la connaissez au lit mais nous l'avons vue sur le pot."
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YantchikYantchik   16 février 2013
Dans le silence de la nuit, il me semble entendre le souffle calme d’Ursula endormie. Je glisse enfin dans l’engourdissement. Un rêve me guette aux frontières du sommeil. Je le fais souvent, il est toujours le même, obsédant et vague comme le message d’une vie antérieure. Je suis sur le point d’être détruit, écrasé, réduit à néant. Il me reste quelques secondes pour entrevoir une vérité capitale, quelque chose comme la révélation du sens de l’existence. Il faut que je trouve avant que la menace ne m’atteigne. Chaque fois que je suis au bord de saisir une idée cohérente, des phrases absurdes me traversent l’esprit ; je m’entends dire par exemple : « Il est dangereux d’avoir les mêmes goûts dans le mariage, surtout lorsqu’on sert du poulet ! ». Ces pitreries me font venir des sueurs d’angoisse car les secondes passent vertigineusement qui me séparent de l’avalanche, de la foudre, de la masse confuse qui va m’anéantir. Rien d’autre ne compte que la vérité qui luit tout près, à portée de raisonnement. A l’instant précis où je vais la saisir, je glisse dans je ne sais quoi qui est la mort ou le sommeil.
Ou le sommeil…
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meevameeva   29 juillet 2016
On se fait mal à l’idée qu’un même individu soit différent selon les interlocuteurs sans cesser d’être fidèle à lui-même. Les relations humaines se trouveraient simplifiées si l’on tenait pour évident qu’un homme pût préférer les abricots chez son père, les fraises chez son camarades et les cerises chez sa femme sans être incohérent pour autant. Cette élémentaire vérité n’étant généralement pas admise, on trébuche sur les contradictions aussitôt qu’on aborde des domaines plus souterrains que celui des prédilections fruitières.
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YantchikYantchik   16 février 2013
« Tu n’avais pas le droit de t’éloigner sans faire de bruit pour me dire à présent : trop tard, je suis parti. La trahison, c’est de m’avoir masqué ta fuite. J’admets que tu me quittes, pas que tu t’esquives. Il fallait me prévenir, me mettre en garde… »
La géographie de la trahison sentimentale comporte des reliefs et des dépressions encore inexplorées, on n’a jamais fini d’en dresser la carte mais il est constant que la victime souffre électivement, qu’elle isole de la totalité de son drame certains points douloureux, qu’enfin les circonstances, l’accidentel et l’anecdote prennent le pas sur l’essentiel. « Je t’aurais pardonné de faire ceci, mais pas comme cela. » Chacun gratte ainsi la zone vulnérable de sa sensibilité jusqu’à ce que se forme l’abcès de fixation qui sauve du désespoir total. Marie-Anne ne se confondit pas longuement en reproches, sa nature l’inclinait davantage à la lutte qu’aux lamentations. A corps perdu, elle se lança dans la recherche harassante des « pourquoi ».
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Vidéo de Paul Guimard
Intersection, film américain de Mark Rydell, sorti en 1994, d'après Les Choses de la vie de Paul Guimard et le film de Claude Sautet. Avec Richard Gere, Sharon Stone, Lolita Davidovich. Bande-annonce.
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