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EAN : 9782258133846
Éditeur : Les Presses De La Cite (07/09/2017)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 81 notes)
Résumé :
4ème de couverture :
"L'homme, il le percute précisément au moment où il songe que c'est la plus belle lune qu'il a vue de sa vie. "

Le Dr Ethan Green est un homme bien. Il sauve des vies. Il aime sa femme. Il adore ses deux petits garçons. Le Dr Ethan Green a de la chance : il est né du bon côté. Cette nuit-là, pourtant, le neurochirurgien prend la fuite après avoir percuté un homme sur une route, dans le désert. Le lendemain, la femme de cet... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (47) Voir plus Ajouter une critique
Pecosa
  17 janvier 2020
« Nous étions comme des fous toute la nuit rugirent en nous les lions ».
Le chantage est une arme redoutablement efficace pour semer le chaos dans la vie des autres. Lorsque le docteur Ethan Green, brillant neurochirurgien, mari heureux et père de famille rentre un soir, il percute un clandestin érythréen dans le désert. Green est médecin. Pourtant, il prend la fuite après avoir constaté qu'il n'y a plus rien à faire. Sa conscience le tourmente, et sa femme Liath, policière chargée de l'enquête, lui raconte chaque soir ses investigations.
Dans sa fuite, Ethan Green a égaré son portefeuille, qu'une clandestine, Sirkitt, épouse du défunt lui ramène à son domicile. Avec un marché non négociable. Son silence contre ses nuits.
Green se retrouve ainsi tous les soirs dans un hangar sordide à prodiguer des soins à des Soudanais et à des Erythréens en grande détresse, qui présentent de graves infections et des blessures sérieuses. Combien de temps Green pourra-t-il mentir à son entourage, à l'hôpital où il travaille et où il s'est mis à voler des médicaments? La mort d'Assoum a aussi d'autres conséquences qui vont plonger la zone dans de graves remous.
Le thème du maître chanteur manipulant sa victime qui voit avec désespoir la quiétude de son quotidien se lézarder au fil des jours est toujours efficace. Mais Réveiller les lions n'est pas Le bûcher des vanités de Tom Wolfe. Pas d'engrenage juridique, ni de prise de conscience des inégalités raciales. Le sort des clandestins africains en Israël, comme ailleurs, n'intéresse pas grand monde. Qu'ils manquent mourir dans le désert, se fassent tirer dessus par les militaires égyptiens, kidnapper et violer par les bédouins, pour arriver épuisés en Israël où ils végètent, c'est bon pour les journaux. Pour les autres, ils sont invisibles, interchangeables. Et pour Green, les nuits ne sont pas plus belles que nos jours. Il se retrouve à VOIR l'autre, à pratiquer une médecine d'urgence (ce qui lui plait), à sortir de sa bulle pour prendre la réelle mesure d'un phénomène que le pays n'avait pas prévu. Conçu pour les réfugiés, il n'avait pas pris en compte le fait qu'un jour Israël pourrait présenter un intérêt pour d'autres, Africains, Indonésiens…
Plus que l'intrigue policière et psychologique, c'est tout le côté sociologique mis en avant par Ayelet Gundar-Goshen qui m'aura intéressée. Déjà traité sous forme de polar par Liad Sholam dans Terminus Tel-Aviv (adapté récemment en série sous le titre Asylum City), le thème des clandestins africains majoritairement musulmans (environ 42 000 arrivés surtout après 2007 depuis le Sinaï égyptien et installés dans des quartiers pauvres de Tel-Aviv) est au coeur de l'actualité israélienne ces dernières années. En donnant un nom et un visage à l'un d'entre eux, Sirkitt, une femme énigmatique, victime des hommes, de son mari et elle même intraitable avec les autres, Ayelet Gundar-Goshen permet au lecteur de plonger dans un monde que Green comme sa femme connaissent mais qu'ils ne veulent pas voir. Et qui divise la société israélienne. « Je comprends que, pour vous, c'est un sacerdoce, Hippocrate et tout le bazar, mais je vous le dis, un Etat de droit ne peut pas fonctionner comme ça. On ne peut pas accueillir toute la misère du monde! Si on assure une couverture sociale et des soins médicaux gratuits, mais c'est la moitié de l'Afrique qui va débarquer chez nous! », déclare l'un des personnages.
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kateginger63
  07 novembre 2019
♥ COUP DE COEUR ♥
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Beaucoup de mouvement dans le désert du Neguev
*
Je crois que c'est bien le premier roman israelien que je lis (mais pas le dernier!). D'ailleurs à l'issue de ma lecture, j'ai aussitôt demandé à Netgalley le second roman de cette auteure "la menteuse et la ville".
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On parle de thriller psychologique mais ce n'est pas que ça. Ne vous attendez pas à beaucoup d'action (du moins aux 2/3), mais c'est aussi un grand roman sociologique. J'ai vraiment été estomaquée par la façon dont l'auteur arrive à nous parler de thèmes assez controversés et douloureux, voire politiques.
*
Un neurochirurgien israelien, heureux en ménage mais plutôt frustré dans son travail, erre un soir dans le désert du Neguev. Avec son puissant bolide il écrase malencontreusement un Erythréen. Que fait-il? En peu de réflexion, il prend la fuite honteusement.
Or, une jeune femme sonne à son domicile peu de temps après. Elle a tout vu. Elle le force à accomplir des actions en lien avec son métier.
*
Voyez qu'en une minute, une vie peut basculer dans l'horreur. Ethan le chirurgien est animé par la culpabilité. Si grandissante qu'elle lui fait perdre son sang-froid.
L'auteur nous fait rentrer dans un monde inconnu: celui des migrants, de ces personnes esseulées, devenues parias. Egalement une tension extrème envers des peuples voisins, tels les Bedouins.
Tout ce petit monde est à cran. Et c'est peu de le dire.
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Le récit est narré par 3 personnes (sans vraiment de chapitres consacrés, la lecture est donc très active). Tout d'abord Ethan, le protagoniste rongé de remords, sa femme inspectrice, responsable de l'enquête policière et Sirkitt, la femme-chanteuse (en fait c'est la veuve de l'homme qu'Ethan a écrasé).
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Une incroyable descente aux enfers se déploie sous les yeux du lecteur. L'analyse des personnages est extrêmement bien fouillée avec leurs sentiments complexes et non manichéens. Une écriture dense avec parfois des souvenirs répétitifs des personnages rend cette lecture complète et très addictive. Je n'ai pas pû lâcher ce gros pavé.
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De plus la fin est complètement cohérente avec la réalité politique du pays. Je ne vous en dis pas plus. J'aimerais vous convaincre de le lire, de le savourer comme moi qui ai apprécié ce ton dramatique avec un soupçon d'humanité.
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viou1108
  24 septembre 2017
Le Dr Ethan Green, brillant neurochirurgien israélien, a tout pour être heureux : une femme aimante, deux petits garçons adorables, un travail gratifiant, une belle maison. Et un beau gros 4x4, tellement incongru sur le bitume de sa banlieue, que par une belle nuit de pleine lune, il décide d'aller le faire rugir dans les dunes du désert aux portes de la ville. Mauvaise idée. Il percute un homme, qui meurt sous ses yeux. Le Dr Green prend la fuite, sans se rendre compte que la femme de la victime a assisté à l'accident. Elle le retrouve, découvre qui il est, ce qu'il est et ce qu'il possède, et comprend très vite que le meilleur moyen de le faire chanter n'est pas de lui réclamer de l'argent. Green, qui comprend tout aussi rapidement qu'il risque de tout perdre s'il refuse, se voit entraîné dans le monde très précaire des migrants clandestins africains et de ses annexes que sont les trafics en tous genres, les violences envers les femmes et la traite d'êtres humains. Les rôles basculent : lui qui jusque là maîtrisait sa vie est désormais soumis au bon vouloir de Sirkitt, la veuve, jeune et belle Erythréenne, qui pour la première fois de son existence se trouve en position dominante et non plus dans celle de la femelle objet ou esclave. Embarqué malgré lui dans une vie parallèle dissimulée sous des mensonges de moins en moins crédibles, Ethan risque tout, travail, famille, liberté, d'autant que sa femme, policière, est chargée de l'enquête sur le mort retrouvé dans le désert. Sirkitt, quant à elle, gagne sur tous les terrains. Une relation trouble se noue entre eux, faite de haine, d'instrumentalisation, de culpabilité, de sens du devoir et de désirs inavoués. Jusqu'au moment où l'étau se resserre sur eux et où tout bascule à nouveau pour rentrer dans un certain ordre des choses.
« Etre né quelque part, pour celui qui est né, c'est toujours un hasard...
Est-ce que les gens naissent égaux en droits
A l'endroit où ils naissent... »
Injustice du lieu de naissance, certains dans un pays aisé, d'autres dans un pays en guerre ou en famine. Les premiers s'empressent de rester dans leur pays de cocagne, les autres n'ont de cesse de partir vers celui-ci, à quel prix, et sans être payés de retour. Sirkitt y a cru, y croit peut-être encore dans ce roman désabusé et dérangeant. La scène finale est criante de fatalité et de désespoir résigné pour les uns, de soulagement honteux pour les autres.
Si ce livre, centré sur le sort des migrants clandestins, est animé d'un certain suspense, il n'en est pas trépidant pour autant. Un autre thème occupe une place importante, celui de la confiance et la loyauté dans un couple, qui donne lieu à des monologues intérieurs un peu trop longs et répétitifs. Un couple peut-il survivre et se rebâtir sur un mensonge ? Les doutes, la mauvaise conscience en auront-ils raison un jour ? Peut-on être sûr qu'après avoir réveillé un lion, ou plutôt une lionne, celle-ci se rendormira en oubliant à jamais ce qui l'avait tirée de son sommeil ?
Lien : https://voyagesaufildespages..
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Unhomosapiens
  20 avril 2018
Il me semble que c'est le premier roman Israëlien que je lis. Et c'est une grande réussite ! C'est à la fois un grand roman d'amour, un polar et d'une certaine manière, une intrigue politico-sociale. Tout y est pour nous tenir en haleine sur 400 pages.
Un chirurgien, bien sous tous rapports, heureux en famille et en amour, heureux professionnellement, va voir sa vie basculer en quelques minutes. En écrivant ces lignes, ça me fait penser tout à coup à un film d'Hitchcock. Un lourd secret va peu à peu déliter tout ce qui faisait de cet homme , un parfait représentant de la haute bourgeoisie israëlienne. Sans le vouloir, il va se retrouver confronté à l'horreur qu'il n'imaginait pas. Car c'est aussi un formidable roman humaniste qui nous offre une autre vision d'Israël que celle habituellement véhiculée dans les média.
A lire absolument.
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GeorgesSmiley
  25 janvier 2020
Brillant, subtil, profond. Je referme ce récit aussi surprenant que passionnant et j'observe la photo de cette jeune écrivaine dont je viens de découvrir le second roman. Une épaule plus haute que l'autre, une légère esquisse de sourire au coin des lèvres et deux yeux, braqués sur l'objectif, qui semblent vous observer et guetter votre réaction (ça vous a plu ? vous êtes surpris ?). On n'y lit aucun doute, ils semblent fiers et sûrs d'eux… ils ont bien raison.
D'abord, il y a une introduction magistrale, une de celles qui vous happe immédiatement et vous laisse à penser que vous allez lire une histoire de culpabilité et de remords à la suite d'un accident de la route avec délit de fuite. « L'homme, il le percute précisément au moment où il songe que c'est la plus belle lune qu'il a vue de sa vie. »
Un peu plus loin, quand vous apprenez que l'épouse du chauffard est chargée de l'enquête, vous dites alors que le suspens psychologique va se doubler d'une enquête policière et de graves problèmes conjugaux…
Mais ce n'est pas tout : « La femme qui se tient sur le seuil est grande, mince et très belle, mais Ethan ne remarque aucune de ces qualités, focalisé qu'il est sur deux autres éléments : elle est noire et, dans sa main, il y a un portefeuille qu'il connait bien puisque c'est le sien… » Pas de chance ! La victime n'était pas seule et lorsque sa veuve vient faire chanter le médecin, tout se complique encore un peu plus. Pour acheter son silence, il lui offre de l'argent, elle n'en veut pas, mais lui impose de …
Je n'en dis pas plus, le lecteur a le droit de soulever les unes après les autres les poupées russes de cette passionnante histoire.
Mais nous aurions tort d'en rester là, car au-delà d'un scénario tellement bien agencé, il y a la profondeur des personnages, et, au fur et à mesure que leurs motivations nous sont dévoilées, on découvre l'autre richesse de ce roman. Qu'il nous parle du doute qui s'insinue dans le couple au fil des mensonges, des rapports parents enfants ou du lien qui unissait l'épouse à sa grand-mère, c'est d'une justesse et d'une profondeur remarquable. Je garde en mémoire la scène pleine d'émotion où, après la mort de la grand-mère, fille, fils et petite-fille se partagent comme objet transitionnel au deuil un bocal de cornichons. Je pense aussi à une scène à la piscine, une autre dans le désert où deux bédouins, père et fils, savourent leur café du matin devant leur cahutte.
Empathie et culpabilité vis-à-vis des clandestins, femme battue émancipée, barrière raciale entre déshérités, incommunicabilité entre nantis et démunis : «La distance entre l'homme affamé et l'homme rassasié est bien plus grande que celle de la Terre à la Lune » ou dans un couple : « On ne connait jamais vraiment l'autre. Reste toujours un angle mort. », les thèmes nombreux, se succèdent, s'entremêlent.
On pensait avoir affaire à un roman sur la culpabilité et le remords et puis, savamment sans crier gare, l'histoire a évolué et rebondi… Est-ce une histoire d'amour hors norme ? Un reportage sur l'immigration clandestine et le sort misérable de ceux qui ont tout quitté parce qu'ils n'avaient plus rien, ou bien une annexe de médecins du monde, peut-être bien également un bel exemple d'émancipation féminine ou bien simplement un manuel de survie familiale: comment ne pas détruire ceux qu'on aime quand apparaît la lune rouge et que les lions se réveillent…
C'est tout cela, très finement analysé, tout particulièrement la psychologie des personnages dans (j'allais oublier de le préciser) un thriller avec du suspens, des rebondissements et une fin étonnante. Ne passez pas à côté !
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critiques presse (1)
Actualitte   24 juillet 2017
L’écriture d’Ayelet Gundar-Goshen est dense, analytique et ne laisse que peu de moments de respiration.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (67) Voir plus Ajouter une citation
krzysvancokrzysvanco   29 décembre 2018
Il sait parfaitement qu’on ne peut rien voir dans ce garage tant l’obscurité est épaisse, pourtant il se retourne sur son matelas pour lui faire face et relève les paupières. Noir total. Des yeux qui ne voient rien voient tout, justement. La preuve : surgit aussitôt l’epaule ronde qui lance des éclairs chaque fois qu’elle se penche pour ramasser quelque chose et que sa manche tombe un peu sur le côté. Surgissent ses seins, enfin libérés de l’entrave des robes en coton, gonflés et fièrement dressés. Surgissent ses lèvres, ses joues, ses hanches. Et ses mouvements félins, sa démarche, toute de désir contenu, endormi et sauvage. La distance qu’elle veille à garder, la force qu’elle dégage et la certitude que jamais il ne pourra entrer en elle - même s’il la pénétrait - voilà qui met son sang tellement en ébullition que c’en est presque douloureux.
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   23 janvier 2020
(Elle) prend une grande inspiration. Se regarde dans le rétroviseur et se remet du rouge à lèvres. C'est peut-être ridicule de se maquiller pour une visite si brève, mais elle a besoin de se sentir prête. Ne pas être surprise lèvres nues par l'infidélité de son mari. Comme sa grand-mère qui s'épilait toujours les sourcils avant d'aller aux impôts. Liath en riait, non sans une pointe d'irritation tout de même. Tu crois vraiment que ça compte pour le percepteur, un coup de blush sur tes joues ? Mais la vieille dame ne se lançait jamais dans la bataille du jour sans revêtir son armure cosmétique. Passait sur ses paupières un fard bleu. Parce que, lorsqu'une petite femme se trouve face à quelque chose qui la dépasse, elle doit se tenir le plus droit possible. D'ailleurs, la veille de sa dernière opération, elle avait demandé à Liath de lui teindre les cheveux.
"Mais pourquoi, mamie ? Tes mèches blanches, c'est la plus belle chose au monde !
_ Je ne veux pas que les médecins me prennent pour une vieille croulante. Ils verront des cheveux roux et redoubleront d'efforts, lui avait-elle alors expliqué. Et avec la mort, c'est pareil : si elle voit du roux ça lui fera peur, si elle voit du blanc elle prendra sans hésiter."
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viou1108viou1108   18 septembre 2017
Emigrer, c'est passer d'un endroit à un autre, avec, attaché à ta cheville comme un boulet d'acier, le lieu que tu as quitté. Voilà pourquoi il est si difficile d'émigrer: marcher à travers le monde en ayant les pieds entravés par un pays tout entier, c'est quelque chose qu'il faut être capable de supporter.
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   17 janvier 2020
Les parents ne fantasment-ils pas sur leur progéniture bien avant qu'elle n'arrive ? A quoi ressembleront leurs enfants, que feront-ils, qui seront-ils ? Dans un même temps, ils se projettent eux aussi : quel parent serai-je ? Quel parent pour quel enfant ? A l'instar des élèves qui montrent leur dessin à la maîtresse, ils montrent leurs petits et demandent à l'envi : C'est bien ?
Mais si les parents fantasment sur leurs enfants bien avant la naissance de ceux-ci, les enfants, eux, ne fantasment pas du tout sur leurs parents. De même que le premier homme ne peut pas fantasmer sur Dieu parce que Dieu est partout. Selon Sa volonté la lumière sera, selon Sa volonté les ténèbres règneront, l'interrupteur magique sera levé ou abaissé, le lait coulera à flots ou manquera, la couverture sera bordée ou arrachée. Les enfants posent sur leurs parents un regard dénué de toute question. Un regard de confiance absolue. Jusqu'au jour où leurs yeux se dessillent et où le parent, tel un roi déchu, en est réduit à quémander, voire à implorer : Et si tu venais passer le week-end ? Comment ça se passe au travail ? (Et si tu me laissais de nouveau être, ne fût-ce qu'une seconde, le centre de ton monde, moi qui me suis absenté de mon propre monde pour toi ?) Le parent ignore-t-il que, par ses suppliques, il perd le peu de majesté qui lui restait peut-être encore ? Il n'y a pas d'amour plus déçu que l'amour filial.
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   25 janvier 2020
Le soir où il l'avait surprise à regarder la lune rouge se lever par la porte du garage, tout aussi fascinée que lui, il s'était alors dit : Elle est comme moi (jamais : je suis comme elle); ou encore la fois où il avait découvert les roses dont elle s'occupe avec soin devant sa caravane : il était revenu bouleversé. Sauf que ce jour-là justement, se rappelle-t-il, tu as découvert, en rapportant la casserole de riz, combien elle n'est pas comme toi. Elle aurait renvoyé la petite Bédouine sans sourciller. L'Afrique est un continent cruel, et un continent cruel façonne des gens cruels. Des sauvages. Elle était prête à laisser l'adolescente se vider de son sang. L'avait considérée avec les yeux les plus froids qu'il eût jamais vus. Et toi, proteste soudain une petite voix dans sa tête, toi, tu n'as pas laissé quelqu'un se vider de son sang ? Qui te dit qu'il n'y a pas un lourd contentieux entre elle et les Bédouins ? A nouveau la fragile affinité qu'il fantasmait se dissipe pour, à nouveau, laisser place à tout ce qui les sépare. La distance entre l'homme affamé et l'homme rassasié est bien plus grande que celle de la Terre à la Lune.
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Vidéo de Ayelet Gundar-Goshen
Deuxième partie de notre rencontre avec Ayelet Gundar-Goshen pour la sortie de son livre « Une nuit, Markovitch » aux Éditions Presses de la Cité.
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