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ISBN : 2330015097
Éditeur : Actes Sud (06/02/2013)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 36 notes)
Résumé :
Mêlant témoignage personnel, méditations, poèmes, Joumana Haddad offre une belle illustration du nouveau féminisme dans un monde arabe pourtant ravagé par le despotisme et l'obscurantisme.
Son coup de colère se nourrit de ses expériences, qu'elle raconte ici : de la toute jeune lectrice découvrant le Marquis de Sade à l'adolescente qui grandit dans Beyrouth en guerre, de la jeune femme écrivant de la poésie libertine à la femme de 40 ans qui édite le premier ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Under_the_Moon
  11 décembre 2013
J'ai tué Schéhérazade est un essai écrit par une Arabe chrétienne (oui oui oui ! stop aux amalgames entre "Arabe" et "musulman" !) du Liban sur la condition féminine dans les pays de culture arabe.
Contrairement à ce que son auteur annonce dans le préambule, je n'ai pas été déçue, pour la simple et bonne raison que je ne m'attendais à rien. Ni à un propos misérabiliste du style "pauvre de nous", ni un propos schizophrène minimaliste et ignare du style "de toute façon vous les Occidentaux, vous êtes pas comme nous , vous pouvez pas nous comprendre d'abôôôôrrd alors laissez-nous traquilleeeeeuuuhhh"
Même si certains de ses propos mériteraient d'être nuancés - à mon avis, mais c'est un essai, alors le "100% d'accord" ne peut pas être attendu - beaucoup des points développés étaient intéressants. Pas de féminisme forcené et pas d'angélisme.
Joumana Haddad rappelle par exemple, à très juste titre, que si des actes d'une extrême violence sont encore commis contre les femmes dans des pays où l'islam radical est roi (l'excision, les crimes d'honneur), certaines femmes tiennent des propos d'une misogynie que peu d'hommes oseraient tenir lorsqu'elles élèvent leurs enfants, notamment.
C'est vrai que dans le monde des extrêmes qu'est le 21ème siècle concernant le féminisme il existe 2 très grands groupes majoritaires : le 1er considère qu'être féministe veut dire revendiquer l'égalité en tous points avec les hommes, et donc, le droit (et le devoir...) de se conduire de manière aussi stupide que certains peuvent le faire. Et pour les autres, être "féministe" est un gros mot... C'est pourquoi j'ai aussi beaucoup aimé le point selon lequel la féminité (à comprendre, aimer s'occuper de son apparence) et l'intellect ne sont pas incompatibles.
Et de la même manière : que ce soit avec un voile intégral ou des bouts de tissus qu'on appelle soit disant des "tenues sexy" sont autant de négations de la féminité et pire encore, une façon de rentrer dans le jeux pervers de certains hommes. ENFIN ! merci à vous Joumana Haddad !
En revanche, j'avoue que l'aspect subversif pour subversif m'a vraiment agacée. Très bien madame Haddad, vous avez lu le marquis de Sade à l'âge de 12ans et cela a bouleversé votre vision de la vie - je l'ai lu à 18ans et j'ai trouvé ça "chiant", car contrairement aux légendes, ses écrits contiennent plus de philosophie que d'érotisme. Bref, y avait-il vraiment besoin de s'étaler sur votre carrière d'écrivain érotique pour autant? Était-ce vraiment pertinent dans cette démonstration? Je comprend que certains seraient choqués de lire tous ces mots, mais dans mon cas... une fois lu et compris, je n'attendais qu'une chose : que vous passiez à la suite !
Malgré ce dernier point, je pense que l'auteur peut se glorifier de faire partie, à son niveau, des Lilith arabes de ce siècle, au même titre que les femmes arabes qu'elle cite dans son essai.
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IreneAdler
  07 février 2013
Halte ! Toi qui penses que les clichés, stéréotypes et préjugés reflètent l'entière réalité, entre ici. Et prends-toi une claque salutaire, ptit con !
Si la femme arabe voilée de dessus la tête à dessous les pieds, qui n'a qu'un droit, celui de se taire et qu'une volonté, celle de son mâle dominant existe, elle n'est pas seule. Fort heureusement ! Même si c'est la seule que nous acceptons de voir, nous autres occidentaux.
Or, il y a de part le monde arabe des femmes qui osent. Dire leur rejet de la société patriarcale. Écrire et publier des poèmes érotiques sans métaphore. Fonder un magazine sur le corps. Dire à la face du monde (entier) que non, elle ne laissera personne lui dicter sa conduite, ses attitudes. Que le combat des femmes est avec les hommes, pour les mêmes droits qu'eux. Ne pas leur demander, ne pas les rejeter mais prendre ce qu'on leur refuse. Refuser Shéhérazade et ses compromis : la liberté, la vraie, ne les supporte pas. Les femmes, arabes ou non, doivent conquérir leur identité, leur féminité, à leur manière, sans écouter les sirènes des normes patriarcales. Les femmes sont assez grandes pour se prendre en main toutes seules, merci pour elles.
Cette "confession" d'une "mauvaise fille" s'adresse tout autant aux arabes qu'aux occidentaux. Aux hommes comme aux femmes. Elles bat en brèche bien des clichés véhiculés par par nos médias, montre une vitalité qui nous est cachée, occultée ; au nom de quoi ? Joumana Haddad est en colère, vitupère, ne perd pas espoir malgré les coups durs, essaie d'y croire toujours. Sait que cela ne sera possible que si les masses se lèvent ; mais des masses éclairées, qui ne nient pas l'individualité de ses membres. Qui ne soit pas guidée par une religion quelconque.
Que l'Orient et l'Occident enfin se voient avec des yeux neufs, lavés de tout préjugés religieux, racistes... Que chacun revienne sur ses certitudes, pour se voir vraiment. L'apaisement apportera aussi une évolution des moeurs, l'égalité, enfin.
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zazy
  06 novembre 2014
Comme elle le dit dans sa préface, Joumana Haddad a écrit cet essai, pamphlet devrais-je dire, suite à la phrase d'une journaliste occidentale : « La plupart des Occidentaux n'imaginent pas qu'il existe des femmes arabes libérées comme vous ».
De la colère, j'en ai trouvé à chaque page. Joumana Haddad s'insurge aussi bien contre l'image perçue par nous occidentaux que par l'image que donnent les femmes arabes elles-mêmes. « Oui, une « autre » femme arabe existe. Elle doit être remarquée. Elle mérite d'être reconnue. Et je suis là pour raconter son histoire : parmi celle de beaucoup d'autres, la mienne. » le stéréotype de la femme arabe voilée, victime, isolée existe, mais elle voudrait tant que l'on regarde les autres, les battantes, celles qui n'attendent pas tout d'un bon mariage, celles qui sont exécutrice de leurs propres existences. Pourtant, elle n'est pas la féministe pétroleuse que ses écrits pourraient laisser penser. C'est une femme, heureuse d'être une femme.
Joumana Haddad a grandi à Beyrouth dans une famille catholique pratiquante et traditionaliste. Tout a commencé lorsque vers l'âge de 12 ans, elle découvre Sade et autres auteurs sulfureux dans la bibliothèque de son père. La littérature a toujours été un garde-fou contre les fureurs de la guerre, pour cette poétesse qui a soif de liberté, qui fuit les contraintes.
Imaginez-vous : femme arabe vivant à Beyrouth -donc, pour certains mâles, une sous-classe-. Vous décidez de créer un magazine. Pourquoi ne pas l'appeler Jasas (corps en arabe) ? C'est ce qu'a fait cette Joumana Haddad. Avouez qu'il faut un sacré culot ou, comme elle l'écrit une bonne dose de folie. Attention, ce n'est pas du porno. Tout y est traité que ce soit sous l'angle littéraire que médical ou social. Pourquoi ce magazine ! « Je sentais une frustration croissante de ce que notre superbe langue arabe avait été justement privée de tout un pan de ses potentiels, de son lexique et de son imaginaire. La plupart des thèmes relatifs au corps étaient devenus tabous au cours de l'histoire récente, alors que notre héritage littéraire antique regorge d'oeuvres à faire rougir le plus obscène des auteurs occidentaux. »
Et elle a tenu bon contre vents et marées, contre les jugements, les formules vengeresses « Tu mérites d'être lapidée à mort. Tu pourriras en enfer. Tu corromps nos enfants... »
Que cette femme arabe, qui se revendique arabe, laïque, ose braver ainsi l'univers masculin, je crie bravo et j'applaudis des deux mains. Porter l'étendard de l'athéisme dans ce pays hyper religieux est plus qu'un défi.
L'intégrisme n'est pas que musulman comme elle l'explique dans le chapitre 6.
Parce que, voyez-vous, le sexisme, malheureusement, n'existe pas que dans les pays arabes. Il est partout.
Joumana Haddad a tué Schéhérazade pour que les femmes arabes n'aient plus à obéir, négocier, s'aplatir pour vivre, parce qu'elle représente « un complot contre les femmes arabes en particulier et les femmes en général ». Elle s'en explique dans le très beau chapitre « Post-partum ». Joumana Haddad n'oublie pas d'inviter, par des citations de leurs ouvrages, d'autres femmes arabes vivant dans des pays arabes qui, comme elle, luttent pour leur liberté.
L'intégrisme n'est pas que musulman comme elle l'explique dans le chapitre 6 « Femme arabe ne craignant pas de provoquer Allah » et le sexisme est partout.
Lisez ce livre qui a pour sous-titre « Confessions d'une femme arabe en colère ».

Lien : http://zazymut.over-blog.com..
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isalune
  22 mai 2013
A regarder sa photo sur la couverture du livre, masse de cheveux bouclés, petit tatouage mignon (son initiale, J ou plutôt Jim, la lettre arabe), ses yeux pétillants et ses jolies lèvres entrouvertes, on lui donnerait le Bon Dieu sans confession…
Seulement voilà, derrière ce joli minois se cache un caractère bien trempé, des prises de position nettes et affichées et surtout, surtout, beaucoup de courage.
Et là je dis oui : mieux vaut être belle et rebelle que moche et remoche ;)
Ce que Joumana nous dit, c'est qu'elle en a marre, vraiment marre, de l'image de la femme, en général, et de la femme arabe en particulier. C'est un réquisitoire contre tout ce qu'on essaie d'imposer, et pour qu'une femme soit, soit elle-même et rien d'autre.
Les idées sont clairement exprimées, avec une intelligence indéniable, appuyées sur des citations et portées par un texte, écrit en anglais, d'excellente qualité et humoristique.
J'ai pris beaucoup de plaisir à la lecture et mon chapitre préféré est : Femme arabe redéfinissant sa féminité :) : une vraie pépite.
Ce qui m'a étonnée, pour une Libanaise, vivant à et n'ayant jamais quitté Beyrouth, c'est qu'elle démystifie complètement cette ville (« Beyrouth n'est ni ma mère, ni mon amie, ni ma partenaire. Pas d'amour entre nous, pas même une complicité »).
Seul bémol : moi je l'aime Shéhérazade :)
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cindyabouchacra
  22 septembre 2018
Ce livre est le cri révolté de Joumana Haddad à la fois contre l'injustice, le despotisme et l'hypocrisie du monde arabe et contre l'image stéréotypée qu'ont les occidentaux de la femme arabe : « une femme voilée, ignorante et opprimée… ».
Si les clichés sur cette femme ne sont pas tous erronés, la femme arabe libre, indépendante, éduquée, cultivée et même rebelle, existe pourtant et mérite d'être reconnue ! L'objectif de ce témoignage est donc en premier lieu d'expliquer à l'occident qu'une femme arabe n'est pas uniquement musulmane, qu'une femme arabe « émancipée » n'est pas forcément chrétienne, qu'une femme arabe ne veut pas dire une femme victime, docile et maltraitée, que tout simplement « toutes les femmes arabes ne courbent pas l'échine ». En second lieu, son but est de mettre en avant des femmes, comme May Ziadé, Nawal Saadawi, Virginia Woolf, Simone de Beauvoir, Etel Adnan, Khalida Said et tant d'autres… symboles de la liberté d'expression, pour dire à toutes les femmes que leur silence est leur premier ennemi et pour leur prouver qu'elles peuvent être à la fois belles, féminines, intelligentes et combattantes, qu'elles peuvent être autonomes, qu'elles ont le choix d'être ce qu'elles et elles seules veulent être, qu'elle ont le droit de dire non, mais aussi de dire oui, sans peur… Oui à la liberté, oui à leurs rêves, oui à l'amour et au désir... Joumana a tué Schéhérazade pour qu'on arrête de considérer cette "fausse" héroïne comme l'emblème de la lutte contre l'injustice, puisqu'en usant de son imagination et de son talent de conteuse elle échappe à la mort certes, mais elle est avant tout en train de satisfaire son criminel, l'homme. Et pour une vraie féministe, ce n'est pas ça la rébellion, ce n'est pas ça la résistance. On ne peut pas « négocier » quand il est question de « droits fondamentaux ». Enfin, derrière cette belle illustration du féminisme, l'auteure dénonce l'intolérance, le radicalisme et la « schizophrénie » de la société dans laquelle elle vit ainsi que la religion, la politique et la corruption de son pays.
Je ne peux être qu'admirative envers cette grande écrivaine pour avoir choisi comme arme : la littérature et comme cri de guerre : la poésie ; pour avoir, à travers l'écriture, exprimé avec courage et intelligence indéniable tout ce que beaucoup n'osent pas dire…
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Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
zhivagozhivago   06 mai 2012
J'ai parlé de JUSTINE mais que dire de LOLITA ? Dans un monde arabe focalisé sur la chasteté des femmes, les manières et les comportements "purs" des jeunes filles, semblable livre ne peut qu'être considéré comme pour le moins scandaleux. Toutefois, la pratique islamique officielle de la pédophilie ne fait pas scandale, elle, et il semble tout à fait normal jusqu'à nos jours d'épouser une fille de quatorze ans. Le Centre international de recherche sur les femmes estime qu'il y a aujourd'hui dans le monde cinquante et un millions d'épouses enfants, presque toutes dans des pays musulmans. Prenez aussi ces paroles terrifiantes de l'ayatollah Khomeiny, l'un des plus célèbres membres du clergé islamique tirées de son livre TAHRIR AL-WASSILA:
L'homme ne doit pas avoir de rapport sexuel avec sa femme
ni régulier ni occasionnel, avant qu'elle atteigne l'âge de 9 ans;
en revanche, il peut prendre du plaisir, en la touchant, la tenant,
se frottant contre elle, quand bien même elle ne parlerait pas
encore.S'il la pénètre sans la déflorer, il n'a aucune responsabilité
envers elle. Mais s'il déflore la petite fille (...) il lui revient d'assurer
sa subsistance toute sa vie durant.

En matière de dépravation, LOLITA repassera. Pour qui a lut ce qui précède, le roman de Nabokov paraît angélique.
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   10 décembre 2013
Vivre, c'est accepter qui on est. Mais c'est aussi accepter le changement. C'est pourquoi j'ai toujours essayé de formuler mes points de vue tout en m'autorisant le doute, et une marge de variation. C'est un droit humain que de changer. Ce qui n'est pas synonyme d'un manque de cohérence, comme certains esprits rigides le croient. Au contraire. Il s'agit de laisser l'univers nous parcourir et ses vagues onduler dans l'esprit et l'âme. (...) Rester ouvert aux possibles. Se laisser emporter par de nouveaux enthousiasmes. Devenir "blasé" est le pire qui puisse arriver à un être humain. "Déjà vu, déjà fait." Quelle tristesse... l'anti-vie par excellence.
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   05 décembre 2013
On ne se trompe jamais en choisissant la culture, qu'elle soit sophistiquée, pop, éclectique, antique ou moderne. Je suis convaincue que la lecture est l'un des plus puissants outils de libération que l'être humain et la femme arabe contemporaine puissent exploiter. Ce n'est certes pas le seul, surtout à l'ère des nouveaux moyens de connaissance, d'apprentissage et de développement, plus visuel, interactif et expéditifs.
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   04 décembre 2013
Les obscurantistes prolifèrent dans la culture arabe telle une moisissure, et leur ombre se profile partout, en tout domaine. Ils ont un esprit parasite, ainsi qu'un coeur, une âme et un corps parasites. Ils ne peuvent survivre qu'à l'état de tiques. Leur tâche consiste à déformer et détruire toute forme de liberté, de créativité et de beauté ayant échappé à leur hypocrisie et à leur superficialité. Partout où la liberté, la créativité et la beauté parviennent à faire briller leurs feux, ils déclenchent une vague d'hostilité et de racleur ; lancent des campagnes de désinformation, pour détruire ce qui s'est soustrait à leur médiocrité.
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   06 décembre 2013
(...) le patriotisme est l'expression d'un romantisme candide ; ce qui est pour moi inacceptable. Le patriotisme rend aveugle, y compris à soi-même. Le patriotisme vous plonge dans un état de déni constant. Si on ne se montre pas sévère et critique envers soi-même, pour essayer de s'améliorer, on ne peut nourrir aucune attente.
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Vidéo de Gumanat Sallum Haddad
Le prix des mots. Dialogue avec Hervé Hasquin et Joumana Haddad, Académie Royale de BELGIQUE, 04/12/2014.
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