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Michel Demuth (Traducteur)
EAN : 9782221252314
504 pages
Éditeur : Robert Laffont (20/05/2021)
  Existe en édition audio
3.98/5   1274 notes
Résumé :
Le troisième volet de l'épopée la plus fascinante de toute la science-fiction moderne.
Une traduction revue et corrigée et une nouvelle couverture d'Aurélien Police.

Sur Dune, le temps de l'accomplissement des anciennes prophéties est venu. La transformation écologique s'accélère : l'eau, jadis plus coûteuse que l'or, coule à flots, et la végétation s'étend sur la surface de la planète, menaçant les vers des sables et la précieuse Épice.
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Critiques, Analyses et Avis (49) Voir plus Ajouter une critique
3,98

sur 1274 notes

Wiitoo
  12 avril 2014
Personne ne pourra m'enlever de l'idée que Frank Herbert a franchement abusé, lui-même de l'épice pour écrire ce troisième tome !
Je l'ai trouvé bien plus compliqué que les deux premiers et un peu moins brillant dans son écriture. En particulier les 200 premières pages qui ne sont qu'une succession de réflexions ou de pensées complexes ou il faut vraiment s'accrocher pour tenter d'en saisir toutes les finesses et ainsi comprendre ce qui trotte dans la tête de ses personnages. Ils sont d'ailleurs tous là, les morts comme les vivants, et sur ce point, il n'y a au moins pas de difficulté particulière.
L'histoire se concentre sur les enfants de Paul, Leto et Ghanima que l'on retrouve à l'âge de 9 ans et qui vont avoir fort à faire afin de rester en vie. Grace à la prescience Leto sait ce qu'il doit faire pour devenir le prochain empereur de Dune mais la route est semée d'embûches et d'incertitudes. Ce ne sont pas les complots qui vont manquer jusqu'au plus profond de leur famille et il ne leur sera pas facile (à nous, lecteur, non plus) de comprendre qui sont les biens intentionnés et ceux qui complotent pour les voir morts.
Il n'en reste pas moins que le cycle de Dune est un petit chef-d'oeuvre du genre mais je regrette néanmoins que son auteur rende au fil des tomes son oeuvre de plus en plus exclusivement destinée à ceux qui consomme la même épice que lui. Un peu plus d'histoire et d'action et un peu moins de delirium aigü semblent être les permissent du tome 4 que j'ai commencé et ce n'est pas pour me déplaire.
Note 3/6
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sandrine57
  22 juin 2019
Paul, le Muad'Did, parti se perdre dans le désert, probablement mort, a laissé derrière lui une planète luxuriante, un empire, et ses jumeaux Léto et Ghanima. Âgés de 9 ans, les enfants ont la sagesse et l'expérience de toutes les générations qui les ont précédés. Appelés à régner, ils excitent bien des convoitises, au sein même de leur famille. Sauront-ils résister à l'Abomination à laquelle leur tante Allia, la Régente, a déjà succombé ?
Un tome très mystique où Frank Herbert étale ses considérations philosophiques et religieuses. Pour les fans de SF, tout cela doit être passionnant, pour les profanes, c'est plutôt obscur. Les jumeaux ont beau avoir 9 ans, leurs dialogues sont des performances ésotériques difficilement appréhendables pour le commun des mortels.
Donc entre complots en tout genre, fomentés par des vivants et même des morts, pensées complexes, considérations religieuses et autres joyeusetés, on a du mal à venir à bout de ce tome trop bavard et compliqué. La suite attendra.
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Tachan
  12 septembre 2021
On l'a tous déjà vécu et je l'ai déjà écrit plein de fois mais je vais le redire ici, il n'est jamais simple d'écrire sur un coup de coeur et encore plus quand c'est le coup de coeur des coups de coeur d'une saga. le premier tome de Dune était déjà brillant par l'exposition de cet univers de dingue qu'il offrait. le second était excellent dans l'exaltation et la réflexion qu'il apportait autour de la figure du Messie, il commençait à contribuer à bâtir ce qui a fait de Dune une grande saga littéraire au sens propre. Ce troisième tome réunit tout cela pour nous faire vivre une aventure épique qui transcende les générations. Il atteint enfin la dimension narrative complète que j'attendais de ce titre depuis ses débuts un peu arides.
Frank Herbert a vraiment bâti sa saga comme une découverte au long court. Il nous a bombardé d'informations au début, du moins le croyait-on, mais en fait il continue à le faire plus subtilement par la suite, donnant une richesse incroyable à son histoire et à l'univers qui la compose. La seule différence, c'est qu'à partir du deuxième tome, il prête garde également à donner une dimension narrative beaucoup plus fluide et digeste pour ses lecteurs, ce qui change tout. Là, où j'avais un peu trainé la patte pour lire le premier tome, j'ai dévoré celui-ci.
Nous nous retrouvons sur Dune une dizaine d'années après les derniers événements. Paul a disparu dans le désert, ses enfants, deux jumeaux, sont élevés par les Freemen, Alia dirige comme Régente et là-dessus Jessica revient dans un but pas si mystérieux.
Dès les premières pages, nous découvrons comme dans le premier volet une histoire qui va à nouveau s'ouvrir au-delà de Dune pour nous offrir un récit riche en intrigues politiques, écologiques, religieuses, familiales et intérieures. L'auteur est sur tous les front. Il associe pour cela des personnages phares de la saga désormais comme Jessica, Alia, Irulan mais aussi Duncan, Stilgar ou Gurney, et bien sûr la nouvelle génération représentée par les jumeaux de Paul et le neveu d'Irulan, Farad'n. Ils vont tous êtres pris dans un tourbillon d'intrigues pour le futur de l'Empire et de la planète Arakis. J'ai été happée par l'histoire dès les premières pages sans pouvoir en décrocher. C'est fascinant de voir le mélange des différents niveaux d'écriture de l'auteur, l'imbrication des intrigues et le rôle divers des personnages qui pourtant semble tout à fait fluide et facile à suivre. Herbert a fait de gros progrès là-dessus.
Ainsi, on suit à la fois, une Alia complètement folle, qui a définitivement basculée. C'est un personnage fascinant que j'aurais aimé voir mis encore plus en avant avec ce qu'elle vit et les raisons qui l'ont amenée là. On suit également le retour de Jessica, qui titille sur ses relations avec ses enfants et ses relations avec les Bene Gesserit, tant elle est tiraillée entre les deux. Elle joue ainsi un rôle à la fois familial et politique, qui a de doubles implications intéressantes. Les jumeaux, eux, que l'on découvre ici sont juste fascinants dans leur gémellité et leur individualité. Ils apportent beaucoup, surtout Leto, à l'univers de la série et aux réflexions autour de l'héritage. Puis il y a le jeune Farad'n qui signe le retour de la famille de l'ancien Empereur et qui va offrir le pont qu'on attendait entre les deux, ce qu'Irulan n'avait pas réussi à faire à cause de la relation de Paul avec Chani. L'auteur balaie ainsi tous les champs.
L'intrigue, elle, est simple et multiple. Un complot, encore un, se met en place pour renverser Alia et les jumeaux, mais Jessica Le déjoue habillement, tout comme Leto et Ghanima, faisant plutôt alliance que la guerre et permettant la naissance d'un nouvel empire. Sur Dune, Alia est également en conflit avec certains Freemen qui ne veulent plus du chemin qu'elle propose. Et Leto, lui, digne héritier de son père, découvre que celui-ci s'est peut-être trompé dans sa lecture de l'avenir et du Sentier d'or qu'il n'a pas voulu emprunté.
J'ai adoré suivre les intrigues politique, permettant de voir certains sombrer, se relever ou encore s'affranchir. L'auteur offre un espace à chacun, que ce soit Jessica, Alia, Irulan, Farad'n, Stilgar ou Duncan. J'ai certains petits regrets mais qui tiennent plus à mes préférences personnelles. J'ai également adoré le discours qui va peu peu se glisser dans l'histoire autour de la transformation peut-être trop rapide, trop brutale, de la planète sans avoir tenu compte de son écosystème. Ici, Leto porte une nouvelle voie, un nouveau discours et un nouveau lien également entre le passé, le présent et le futur. La dimension religieuse de l'histoire est d'ailleurs un nouvel élément superbement mis en forme avec les regrets que l'on trouve chez Paul et Stilgar également. Quant à ce que l'auteur dit de l'héritage, c'est proprement fascinant et ça en dit long sur l'émancipation qu'il souhaite à chacun. On doit tous trouver notre propre voie.
Toujours aussi philosophique, mais surtout de plus en plus humain, ce troisième opus m'a offert certaines des plus belles pages de la saga, notamment lors de la matérialisation du choix de Leto. Cette lente transformation qu'il va vivre est fascinante aussi bien d'un point de vue intérieur, écologique (au niveau de la planète), que politique (au niveau de l'Empire). Herbert atteint une forme de complétude qui m'a soufflée, tellement soufflée d'ailleurs que j'en pers mes mots avec cette chronique un peu sans queue ni tête...
Les enfants de Dune est à ce jour, mon tome préféré de la saga. L'auteur a enfin réussi, pour moi, à rassembler tout ce qui fait la force de cette saga : univers fascinant et plume fluide et addictive. Cette nouvelle ouverture de Dune sur l'univers, ouvre aussi une nouvelle voie aux lecteurs, leur offrant un univers bien plus vaste, plus riche, plus peuplé et plus complexe. En mélangeant les histoires de cette étrange famille qu'est celle des Atréides avec celle de la planète Arakis et de l'Empire, l'auteur a trouvé la recette parfaite pour me plaire et produire des moments marquants qui traverseront le temps.
Lien : https://lesblablasdetachan.w..
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Simonbothorel
  07 novembre 2020
Le troisième volet de la saga Dune prend place neuf années après la fin des événements du Messie de Dune. Les jumeaux Leto et Ghanima ont bien grandi et sont protégés par le vieux naib Stilgar qui regrette le passé et les coutumes traditionnelles de sa planète, Alia, contrôle Dune en utilisant la peur et devient paranoïaque mais elle répond également aux inquiétudes de l'Abomination des Bene Gesserit en se faisant contrôler l'esprit par Vladimir Harkonenn, un vieux prêcheur — qui serait peut-être Paul lui-même — critique la déviation néfaste de la religion de Muad'Dib, la maison Corrino de Salusa Sucundus veut renouer avec sa gloire d'antan, à l'aide du jeune prince Farad'n, Jessica (redevenue une Bene Gesserit) et Gurney sont de retour sur Dune pour enquêter mais surtout la planète est devenue ce qu'à toujours voulu Liet-Kynes, une planète remplit de verdure et de courant d'eau. le désert est toujours présent mais son impact s'est amoindris et il est moins respecté par la nouvelle génération Fremen qui ne respecte plus les codes anciens du distille et de l'eau. le nouvel écosystème de la planète risque également de faire disparaître tous les vers de sables, l'être essentiel pour accroitre l'Épice et donc donner toute la puissance habituelle d'Arrakis dans l'Univers. En bref, Herbert exploite à merveille son oeuvre, l'enrichit et pose de nouvelles problématiques. Pour les grands fans du premier volet, ce troisième tome va vous faire plaisir car il renoue plus avec son état d'esprit.
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En effet, Les Enfants de Dune contient tous les ingrédients de la quête initiatique, comme Paul dans le premier tome, Leto-fils doit parcourir un chemin fait d'obstacles et se transcende pour devenir ce qu'il doit être et sauver sa planète des griffes d'une politique totalitaire et d'une extinction de l'espèce humaine. L'oeuvre s'élève grâce à une nouvelle facette encore jamais vue auparavant car Dune est devenu un jardin. L'oeuvre jongle aussi avec une autre planète, Salusa Selunda (déjà vu brièvement dans le premier tome). C'est l'occasion également d'y voir des nouveaux visages comme déjà cité plus haut Farad'n, le prince de la planète mais aussi son bras droit Tyekanik ou sa mère Wensicia, fille de l'ancien Empereur Padishah IV et soeur d'Irulan, resté auprès des jumeaux et d'Alia. le jeune homme se confronte contre son gré à un complot dans lequel il est utilisé. Les Sardaukars surentraînent des tigres pour les envoyer sur Dune et assassiner les jumeaux Atréides pour que le jeune Prince prenne le pouvoir. Les animaux sont d'ailleurs un bel exemple de la richesse qui submerge ce tome. À plusieurs reprises, des bêtes sont décrites en train de boire au bord d'un ruisseau, d'autres en train de voler mais aussi plusieurs descriptions sont faites sur les truites des sables. Des poissons importants dans l'écosystème de Dune et font partie intégrante du cycle des vers des sables. L'oeuvre contient du renouveau dans sa façon d'être plus ample, ainsi d'autres sietchs sont inventés sous la plume d'Herbert comme le légendaire Jacurutu, lieu que doit atteindre dans une quête difficile le jeune Leto pour poursuivre le chemin du Sentier d'Or (le chemin de la sauvegarde de l'humanité).
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Si l'oeuvre rejoint plus l'esprit du premier Dune, il garde également tout l'ésotérisme et le mysticisme profond du Messie. le poids du temps se fait ressentir, l'aventure du jeune prodige Paul est maintenant bien loin. Ce sont les jumeaux qui reprennent le flambeau et quel charisme pour ces deux personnages âgés seulement de neuf ans. le legs laissé par le père est puissant et lourd de sens, les deux enfants sont submergés par les souvenirs innombrables des générations du passé pesant sur leur conscience. L'alchimie entre les deux est parfaite, un attachement profond se construit pour eux mais en même temps une distance — comme toujours dans Dune — se tient entre le lecteur et les protagonistes. Car si, ils passent pour les héros et les sauveurs, en particulier Leto, ils sont tout autant nuancés que les autres visages de ce monde. de par leur intelligence supérieure, leur sens iné de la rhétorique et les grandes connaissances qu'ils ont du passé, ils sont parfois imbus d'eux-même et n'hésitent pas à être épineux avec autrui. En même temps, ils grandissent auprès de personnes qui concoctent sans cesse des plans pour eux et autour d'eux, c'est pourquoi Les Enfants de Dune contient également cet aspect stratagème et complexité politique de ses ainées. le récit englobe sans cesse des plans dans des plans, des entortillements alambiqués entre ce que veulent faire les personnages et ce qu'ils veulent et cela est parfois difficile d'accès. Il vaut mieux bien savoir sa grammaire de Dune pour suivre sans encombre l'histoire. Heureusement que le livre ne reste pas constamment cloitré dans l'introspection systématique — même si cela reste l'essence du livre d'Herbert — et se libère un peu de ce joug pour nous confronter à des expéditions. Tout le trajet de Leto est passionnant, sa fuite avec Ghanima et le combat épique contre les deux tigres, la séparation douloureuse entre les jumeaux, sa façon de survivre dans le désert, sa découverte de Jacurutu après s'être fait capturer par Namri (un fremen contrebandier), son passage à la trans d'épice puis sa nouvelle fuite pour devenir un être surnaturel et extatique, tous ces éléments font de ce Dune un mélange savoureux entre le premier et deuxième volet. le parcours de Leto permet à Herbert de se lâcher totalement dans un lyrisme splendide, le meilleur passage pour moi reste celui de la trans d'épice que Gurney (envoyé par Jessica) et Namri force à faire au jeune garçon pour qu'il puisse avoir des visions presciences très puissantes — tout comme son père — pour voir l'avenir. Ce sont des extraits très métaphysiques, hallucinatoires et totalement aériens qui permettent à Leto de comprendre ce qu'il doit faire : fuir et se transformer en fusionnant avec les truites des sables pour advenir à l'immortalité. Leto reste alors le personnage fort et clé de ce volet mais les autres personnages sont tout autant passionnants.
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J'ai déjà parlé de Ghanima auparavant mais la chose supplémentaire chez elle, c'est la façon dont elle est traitée discrètement par l'auteur. Elle aime son frère plus que tout mais elle sera toujours en dessous de ce dernier. Il est plus fort et plus puissant, Ghanima est clairement inférieure et sa dernière phrase qui conclut le livre résume parfaitement cet éclairage. Alia quant à elle est sûrement le personnage le plus tragique, dès le premier Dune, le lecteur sait qu'elle est une menace et que son Abomination la domine. Elle est exécrable mais elle est aussi fatalement torturée par la conscience de son grand-père qui a pris le pas en elle, cette dernière ne peut éviter l'inévitable. Son suicide à la fin met en évidence magistralement l'impuissance de son entourage et d'elle-même mais laisse un présage d'humanité chez la jeune femme, qui fait ce choix peut-être par altruisme. Sa relation, auparavant, avec Duncan est également d'une grande mélancolie. Devenu un Mentat de grande qualité, l'ancien ghola aime Alia mais ne peut rien faire face au destin fatal de son épouse, l'obligeant à comploter contre elle. Herbert démontre une grande sensibilité de l'homme, n'hésitant pas à l'exposer à une tristesse profonde. Cette sensibilité se fracture dans toutes les relations familiales possibles. Les jumeaux détestent leur tante mais elle aussi, Jessica se met à comploter contre sa propre fille car elle n'a pas le choix, Duncan ne veut plus suivre le plan de Jessica car trop influencer par les préceptes du Gesserit, Stilgar hésite à tuer les jumeaux mais veut les protéger en même temps, ce dernier assassine d'ailleurs Duncan sur un coup de rage (mais voulu par le ghola pour que le naib puisse accomplir le plan contre Alia), Farad'n ne veut pas faire partie du plan de sa mère et se fait donc éduquer par Jessica pour finalement devenir le scribe de Leto, etc… Si j'accumule tous ces faits, c'est pour mieux faire comprendre la difficulté des conflits, toutes les nuances construites par Herbert pour divulguer les nombreuses querelles au sein d'un Empire qui transite. Enfin, si on peut parler d'un dernier protagoniste important, c'est le Prêcheur. Très mystérieux, les vérités qu'il crache subjugue toute la population et le lecteur comprend qu'il est réellement : Paul Muad'Dib. le héros du passé devenu un Dieu, n'est plus que l'ombre de lui-même et vagabonde dans le désert pour faire naître la détestation face au fanatisme de la propre religion qu'il a instauré sans le vouloir. La rencontre avec son fils est très belle car beaucoup dans les non-dits et l'espacement entre les deux individus. Leto ne veut pas faire les mêmes erreurs que son père et ce propos est l'un des plus beaux du livre. Cet être déchu, détruit par le temps et le désert, emprisonné longtemps par ses visions prescientes, n'est plus le jeune adolescent de Caladan. Face à son fils, il n'est plus rien et c'est bien Leto qui rua guider Dune pour changer son destin : en bien ou en mal ? Telle est la question mais sûrement ni l'un ni l'autre car l'ambiguïté est le maître-mot de ce chef d'oeuvre de la science-fiction.
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ged7fr
  20 septembre 2020

Nota : j'ai commencé a écrire cette critique environ 150 pages avant la fin. Ça devait être un canevas pour structurer la compréhension d'un livre dont l'accès est difficile : où l'on se sent perdu dans le désert d'Arrakis avec un Fremkit défectueux et un distille qui fuit. Et j'ai l'impression d'avoir tapé dans le mille (ou presque). J'ai donc décidé de ne pas modifier la rédaction, car même si la critique est incomplète, je pense qu'elle révèle la nécessité de l'épilogue. A la dernière page, j'ai éprouvé une grande satisfaction d'une résonance commune, mais je ne m'attendais pas aux twists finaux, où même si on a compris ce qui motivait certains personnages, leurs choix et comportements sont inattendus et surprenants : comme l'expression explosive d'un plan dans un plan, dans un plan...
Voici la critique initiale :
Que savons nous de l'univers de Dune à ce stade. Visiblement la société est foncièrement féodale, aucune liberté ne rêgne ni pour les peuples, qui comptent pour quantité négligeables et qui est corseté par la peur (des pouvoirs), l'angoisse de la survie (sur des planètes pas très hospitalières) et le mauvais espoir (des religions). le scientisme a probablement été réprimé après le mythique jihad butlerien dans un lointain passé. Depuis les peuples vivent dans une forme de stagnation, ce qu'il reste de la technologie a probablement peu changé, quelques technoplanètes entretiennent un artisanat techno-scientifique mais elle est réduite et s'adresse à ceux assez riches pour le payer. le Landsratt, une sorte de parlement, est intimement lié à la CHOM, qui gère les aspects économiques de l'empire. Visiblement la CHOM prélève une forme d'impôt dont les clés de redistribution aux différentes maisons du Landsratt sont prédéfinis, presque immuables, et ne permet pas les initiatives sans une permission implicite ou explicite des trois grandes maisons (Atréides, Corrino, Harkonnen). En fait le duopole CHOM/Landsratt ne permet que de définir l'équilibre des forces entre les trois grandes maisons. La guilde, qui finalement n'est qu'une agence de transport, jouit d'une certaine forme d'indépendance de par leur nécessité à l'irrigation de l'empire. Elle reste plutôt neutre, sauf si son existence à long terme est menacé. le Bene Gesserit dont le but est d'améliorer la politique, la gestion des peuples, tentent d'équilibrer les divisions tout en les alimentant. Elle vise la création d'un dirigeant idéal le kwisatz haderach auquel elle se soumettrait mais voudrait aussi contrôler. Voilà pour la partie réaliste de Dune.
Passons à la partie fantastique, Dune et l'épice. L'épice une sorte de graal qui donne vie à l'empire et ses protagonistes : prolonge la vie, donne des visions du futur, permet de replier l'espace et donc de se déplacer instantanément de planètes en planètes. Une seule source Dune, via un processus franchement étrange. Mais écartons nous légèrement du propos pour une autre considération. Il semble que l'univers est vide, aucune intelligence extra-terrestre n'a été rencontré, mais on la craint et c'est pour cela que l'on conserve les armes atomiques. Visiblement les planètes conquises ont due être terraformé ou adapté avec des animaux et des végétaux provenant initialement de la Terre, même si ses êtres vivants ont légèrement évolué pour s'adapter aussi à leurs environnement. Globalement on n'est pas dépayser : sauf pour l'écosystème du vers d'Arrakis. Est-ce la seule forme de vie alien rencontré, on ne sait pas.
Voilà le décors, dont beaucoup est encore dissimulé par des rideaux et des ombres. Parlons du fracas.
La question sous-jacente est probablement de savoir si le libre-arbitre est possible dans un univers où la liberté est absente. Absente dans les faits, n'importe qui est soumis à des allégeances subies ou consentis à ses seigneurs, ses prêtres, ses lois, voire ses choix. La désobéissance se paye généralement par la mort. Voire absente de la trame même de l'univers : si l'avenir est figé, s'il n'y a que destin, il n'y a que soumission et aucune liberté. Mais la liberté n'est pas absolu, elle est un continuum. Il est évident que pour le petit peuple, en tant qu'individus, il n'a guère de choix, il est soumis, réprimé, sinon punis : sa capacité d'action, corollaire d'une liberté, est quasi nulle et compte pour peu. le peuple ne peut acquérir de liberté que collectivement, par exemple par la révolte, c'est ce qui effraie ceux qui ont des pouvoirs en tant qu'individus. Ils ont la libertés de commander, presque sans entrave, d'imposer le destin de celui-ci ou celui-là, mais dans la crainte d'une réaction collective consciente (la révolte, la guerre civile), ou inconsciente (l'extinction, l'effondrement). Deux choix s'offrent alors à eux : la tyrannie ou la soumission librement consentis. On reconnaîtra les choix des différents protagonistes.
Ce dilemme s'applique aussi aux protagonistes qui ont le plus de pouvoir : Paul, Alia, Leto, Ghamina. Ils ont en eux l'expérience du passé et la vision du/des futurs. Une vision panoptique de l'univers et sur ce que peut espérer et faire un individu. La réponse reste néanmoins flou, car il n'est pas facile d'interpréter ce que l'univers recelles par les effets et les transes de l'épice (la porte de la conscience sur l'univers). Il semble que les possibilités de libre arbitre sont réduites. La liberté pourrait être possible, mais elle demeure un paris. A défaut de libre arbitre, peut être ineffable, il est peut-être plus raisonnable de parier sur l'illusion du libre-arbitre, pour ne pas sombrer. L'individu est foncièrement un être actif qui pour se mouvoir doit croire ou choisir un but.
Voilà pour la théorie. Mais qu'en est il dans la pratique ? le peuple Fremen s'est fait flouer. C'est le seul peuple dont on a une description de son mouvement, de sa subjugation qui va le mener à son désespoir. Avant l'arrivé des Atréides sur Arrakis, le peuple Fremen est certainement le seul peuple libre de l'empire. Pas dans ses apparences. D'une part l'hostilité de la planète est telle que l'individualisme n'est pas possible sans provoquer sa mort, voire celle des autres. Tout écart à la norme de survie du groupe est condamné généralement par la mort. D'autre part du point de vue de l'occupant Harkonnen et de l'empire, le peuple fremen est faible, peu nombreux, disperçé et sous contrôle. Mais dans les fait, ils sont libres de leur destion et ont la capacité de garantir cette liberté. D'abord la garantis évidente, ils supplantent militairement les Sardaukar, mais restent cachés. Maintenant leur liberté en tant qu peuple : ils ont choisis un projet à long terme pour transformer la face d'Arrakis. Ce projet est collectif et appartient à chaque fremen en tant qu'être, en tant que but, en tant qu'espoir positif. Lieth les dirige avec leur consentement, il est plus un coordonnateur, un inspirateur, qu'un chef, il a un pouvoir par délégation et pas par légitimité de sang. Et voilà qu'arrive leur "bourreau", qui va leur imposer leur gouvernement par la légitimité du sang : le duc autoproclamé et héréditaire. Les Fremen se laissent subjugué par le fils car il leur démontre qu'il a le pouvoir de leur donner ce qu'ils veulent sans la peine et l'effort qui va avec. Paul les dépossèdent de leur rêve. Pas dans la finalité d'une planète transformée, mais dans la confiscation de la propriété de cette transformation. Je pense que celà explique la férocité du Jihad qui suit l'imperium de Paul. Les Fremen ont une rage inconsciente de cette dépossession et font connaître leur fureur dans la conquête des planètes. Car dans ce jihad rien ne compte plus que cette fureur car la religion qu'ils imposent fondamentalement après trois tomes, on n'en connaît pas le credo, son message (comme on connaît tout le crédo Jedi), car il n'importe pas.
Revenons finalement sur le décors. Parfois nous sommes invité par la situation ou les protagonistes à contempler la beauté subjuguante d'Arrakis. Est ce que cette beauté et la contemplation est un moteur de l'histoire et du destin de Dune, ou juste une respiration. Je ne sais pas. J'en attend quelque chose, mais ce quelque chose ne vient pas, ou alors elle se meut profondément presque imperceptiblement sous les sables de Dune.
P.S : toutes les fautes sont de moi, c'est mon blasphème à la religion grammériste.
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Citations et extraits (112) Voir plus Ajouter une citation
ManiOManiO   12 septembre 2021
" Les gouvernements, lorsqu'ils durent, tendent toujours vers des formes aristocratiques. Aucun gouvernement de l'histoire n'a échappé à ce processus. Et, au fur et à mesure du développement de l'aristocratie, le gouvernement a de plus en plus tendance à n'agir exclusivement que dans l'intérêt de la classe dirigeante, que celle-ci soit une royauté héréditaire, ou une oligarchie fondée sur des empires financiers ou une bureaucratie installée. "
- De la politique considérée comme un phénomène répétitif : Manuel d’entraînement Bene Gesserit.
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ManiOManiO   12 septembre 2021
" Les Fremen furent les premiers humains qui développèrent une symbolique consciente et inconsciente par laquelle exprimer (en terme d'expérience) les mouvements et les relations de leur système planétaire. Ils furent le premier peuple de l'univers à décrire le climat dans les termes d'un langage semi-mathématique dont les symboles écrits incarnent (et intériorisent) les relations avec l'extérieur. Ce langage lui même était partie intégrante du système qu'il décrivait. Sa forme écrite transmettait la forme de ce qu'elle décrivait. La connaissance intime des conditions locales propres à supporter la vie était implicite dans ce développement. On peut évaluer l'étendue de l'interaction entre le système et le langage en prenant en considération le fait que les Fremen acceptaient de se décrire ceux-mêmes comme des animaux fourrageant et broutant. "
- Histoire de Liet-Kynes (par Harq al-Ada)
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ManiOManiO   12 septembre 2021
" L'atrocité est reconnue comme telle par la victime tout autant que par celui qui la perpètre, par tous ceux qui en ont connaissance à quelque degré que ce soit. L'atrocité n'a pas d'excuse, pas de circonstance atténuante. Jamais elle n'équilibre ni ne corrige le passé. Elle ne fait qu'armer l'avenir pour d'autres atrocités. Elle se perpétue d'elle-même selon une forme barbare d'inceste. Quiconque commet une atrocité commet toutes les atrocités futures ainsi engendrées. "
- Les Apocryphes de Muad'Dib.
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ManiOManiO   12 septembre 2021
" L’esprit de Muad’Dib est plus que des mots, plus que la lettre de la Loi établie en son nom. Muad'Dib doit rester cet outrage intérieur contre la complaisance du puissant, contre les charlatans et les fanatiques dogmatiques. C'est cet outrage intérieur qui doit dire son mot car Muad'Dib nous a enseigné une chose entre toutes : que les humains ne peuvent survivre que dans une fraternité de justice sociale. " - La Convention Fedaykin
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ManiOManiO   12 septembre 2021
" L’hypothèse selon laquelle le fonctionnement d’un système peut être amélioré par une intervention brutale sur ses éléments conscients traduit une dangereuse ignorance. Cette attitude fut trop souvent celle des esprits qui se qualifient des épithètes de «scientifiques» et de «technologues» . "
- Le Jihad Butlérien (par Harq al-Ada)
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