AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2253820342
Éditeur : Le Livre de Poche (08/01/2020)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 31 notes)
Résumé :
Sartre avait montré dans Réflexions sur la question juive comment le juif est défini en creux par le regard de l'antisémite. Delphine Horvilleur choisit ici de retourner la focale en explorant l'antisémitisme tel qu'il est perçu par les textes sacrés, la tradition rabbinique et les légendes juives.
Dans tout ce corpus dont elle fait l'exégèse, elle analyse la conscience particulière qu'ont les juifs de ce qui habite la psyché antisémite à travers le temps, e... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
belette2911
  23 décembre 2019
Une fois de plus, c'est grâce à "La Grande Librairie" que j'ai décidé de lire ce roman qui est aux antipodes de mes lectures habituelles.
La manière dont l'auteure avait parlé de son livre m'avait interpellé, dans le bon sens du terme car elle faisait un parallèle intéressant entre l'antisémitisme et la place de la femme dans l'Histoire.
Nous étions accusées des mêmes maux, des mêmes tares que les Juifs : hystériques, manipulatrices, opportuniste, faible…
Comme je m'en voudrais de mourir bête et que j'aime aller me coucher un peu plus "culturée", j'avais coché ce roman, bien décidée à me plonger dedans dès que je pourrais le faire.
Véritable enquêtrice, l'auteure s'est plongée dans les textes anciens, les textes bibliques, pour aller chercher une trace non seulement de la première fois où l'on utilisa le mot "Juif" (avant, on disait "Hébreu") et d'où viendrait cette haine, le patient zéro, en quelque sorte.
Au départ, l'exploration des textes de l'Ancien Testament ne m'a pas dérangé, c'était agréable à lire, j'avançais bien au pays des légendes et des histoires, même si, au fil des différents textes, l'histoire n'était pas tout à fait la même.
Je la prends pour un texte servant à m'expliquer des choses, à m'élever, à réfléchir, rien de plus. Donc, tout allait bien dans le meilleur des mondes.
Oui, mais, à un moment donné, trop is te veel (trop c'est trop) et c'était trop pour mon petit cerveau qui a décroché quelques fois car trop théologique pour la lectrice lambda telle que je suis.
Le rythme de lecture en pâtit, on surprend ses yeux à sauter des lignes et à tenter d'aller voir plus loin si le texte n'est pas plus intéressant que cette étude trop poussée pour ceux et celles qui n'y sont pas habituées.
Pourtant, tout le reste est intéressant au possible, j'ai vraiment aimé tout le reste, mais ce blocage me restera en travers de la gorge et malheureusement, mon plaisir lecture s'en est ressenti car j'aurais préféré qu'elle nous parle plus de l'antisémitisme à travers les âges du monde réel.
Finalement, c'était plus facile d'écouter l'auteure parler de son livre à La Grande Librairie que de la lire.
Sans pour autant remettre son travail en question car il y a des heures de boulot, là derrière, ce qui est bien dommage d'avoir mis autant de peine dans la recherche et peut-être moins dans la présentation de toutes ces études des textes bibliques.
Dommage... Malgré tout, je retiendrai des choses de cette lecture et j'irai me coucher moins bête que la veille, ce qui n'est déjà pas si mal. Tout compte fait, je ne suis pas vraiment perdante sur le coup.
Lien : https://thecanniballecteur.w..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
liberliber
  27 juin 2019
Pour expliquer l'antisémitisme, dont on constate une recrudescence ces derniers temps, Delphine Horvilleur s'est plongée dans les textes sacrés, la tradition rabbinique et les légendes juives.
Maîtrisant parfaitement son sujet et douée d'un vrai sens de la pédagogie ainsi que d'un humour que je n'ose pas qualifier de juif mais, tant pis, je le fais tout de même, la rabbine embrasse l'histoire pour mieux comprendre cette haine dont les filles et fils d'Abraham ont été les victimes.
Avant d'être défini comme Juif, l'Hébreu est celui qui a quitté sa terre de naissance pour rejoindre la Terre promise. « Un Egyptien vient d'Egypte (…) mais un Hébreu ne vient pas d'une terre ainsi nommée. Son nom ne dit pas son origine mais sa coupure des origines » écrit Delphine Horvilleur, soulignant en quelque sorte l'incongruité du positionnement des Juifs.
S'immergeant toujours dans la lecture biblique, l'auteure fait le récit des rapports entre Esaü et Jacob, deux frères que tout oppose. le premier incarne la force virile ; le second, à qui un envoyé mystérieux déclara : « Ton nom ne sera plus dorénavant Jacob mais Israël », est imberbe et une espèce de « fils à maman ». C'est lui qui va inspirer la vulgate antisémite voyant dans le Juif une « femmelette ». Quelques siècles plus tard, Freud établit « un lien direct entre antisémitisme et misogynie » qui trouverait ses origines dans une peur de la castration et, au-delà, dans la crainte d'une atteinte à l'intégrité de la nation jugée indivisible. Pour Léon Daudet, Léon Blum est une « fifille », une « mamzelle ». Cette confusion, aussi stupide soit elle, trouverait son origine dans le choix des modèles d'identification effectué par les rabbins. « Les héros qu'ils privilégient (…) sont des personnages (…) partiellement vulnérables, souvent handicapés » précise Delphine Horvilleur. Et d'invoquer la stérilité d'Abraham (je croyais que c'était sa femme Sarah qui l'était sinon il n'aurait pas eu Ismaël et Isaac ! A moins que...), la cécité d'Isaac, la fragilité de Jacob et le bégaiement de Moïse.
A contrario, dans la phraséologie haineuse, la Juive est souvent présentée comme une virago.
Née sur le manque, probablement celui du Temple de Jérusalem détruit en 70 par les Romains, l'identité juive repose sur un « en moins ». « La vie juive ne se construit que sur la conscience d'une incomplétude qui lui tient lieu de fondement. C'est le manque à être qui crée le désir d'être, le désir tout court, et qui garantit l'avenir » insiste la rabbine. Freud rappelle que c'est ce Temple, devenu invisible, qui est le garant de la pérennité du judaïsme. Et, ce que les antisémites reprochent aux Juifs est précisément leur « increvabilité ». Autre reproche : la notion controversée de « peuple élu » par Dieu pour laquelle plusieurs interprétations ont été données.
La religion juive est décidément bien enquiquinante pour les autres cultes et spiritualités élevés sur l'idée du « tout salvateur » car « les Juifs sont « pas-tout », dans la mesure ils empêchent un collectif plus large qu'eux de se colmater pour faire du « comme-Un » » (…). Et tout projet universel (…) est menacé par la tentation totalitaire, qui pour sauver le tout pour le tout, mettra les Juifs en exception ».
De même, Israël serait accusé de violer la continuité du monde arabe par sa présence étrangère.
Très bien documenté, intelligent, souvent brillant, l'essai de Delphine Horvilleur, dont le titre est un clin d'oeil aux « Réflexions sur la question juive » de Sartre, offre au lecteur néophyte une explication passionnante sur les racines de l'antisémitisme. Salvateur et indispensable.
EXTRAITS
- Il existe par exemple une distinction fondamentale entre l'antisémitisme et les autres racismes. Ces derniers expriment généralement une haine de l'autre pour ce qu'il n'a pas (…). le Juif au contraire est souvent haï, non pour ce qu'il N'A PAS mais pour ce qu'il A.
- Cherchez le Juif, l'antisémite n'est jamais loin.
- Fonder son identité sur un geste de coupure, c'est-à-dire sur un « en moins » créateur d'appartenance, c'est l'étrange proposition que fait le judaïsme rabbinique. S'il peut la formuler, jusqu'à en faire la pierre d'achoppement de son édifice immatériel, c'est peut-être simplement parce qu'il se construit historiquement sur un manque, et pas des moindres, celui du Temple de Jérusalem.
Lien : http://papivore.net/document..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
balloonvenus
  08 février 2020
J'ai un profond respect pour Delphine Horvilleur. Tout d'abord parce qu'elle est ET femme ET rabbin, et que cette combinaison est rare dans toute religion, si ce n'est le protestantisme. Mais surtout parce que regarder ses conférences ou lire/écouter ses interviews est un pur régal. J'admire les érudits qui parviennent, grâce à leur calme, leur lucidité et leur pédagogie à faire comprendre à tous des sujets ardus. Qui nous donnent l'impression d'être aussi intelligents qu'eux, avec modestie et bienveillance.
Dans cet ouvrage, Delphine Horvilleur s'attaque à un sujet grave, qui perdure depuis des millénaires et malheureusement encore de nos jours : l'antisémitisme. Elle s'interroge : d'où vient cette haine des Juifs ? Pourquoi détester des gens à cause de leur religion ? L'antisémitisme n'est pas un racisme. Les Juifs, malgré les caricatures abjectes dont ils font encore l'objet, ne sont pas différents des autres. C'est peut-être aussi là qu'est le "problème". Ils s'immiscent, ils s'infiltrent et donc accèdent à tous les pouvoirs, dont certains sont privés (je relate ici les théories nauséabondes des Juifs vus comme des rats).
Delphine Horvilleur va très loin dans la lecture des textes puisque c'est là même qu'elle va puiser la source de l'antisémitisme. Avec pour premier "homme" Esaü, qui fut dépossédé "traîtreusement" de son droit d'aînesse. L'histoire du peuple juif est aussi constamment faite de coupures, la première étant le départ d'Abraham de ses premières terres. Il est donc facile de rejeter celui qui est déjà sans attaches. Sauf que pan dans tes dents, après la destruction du Temple, le peuple juif n'a pas cherché à le reconstruire, mais à SE reconstruire dessus. Pas mal pour un sous-homme, qui a de nombreuses reprises dans l'histoire, a cherché à SURvivre. Donc les antisémites détestent les Juifs pour les "qualités" qu'ils n'ont pas, mais aussi pour ce qu'ils ont et que eux n'ont pas. Compliqué ? Eh bien, non. Je ne vais pas tout vous dire. Plongez-vous dans cet ouvrage passionnant, empli d'érudition, qui soulève beaucoup d'interrogation. Toda raba, rabbi Horvilleur.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
FleurDuBien
  09 mars 2019
Je me suis trompée.
Je pensais que cette réflexion sur l'antisémitisme était moins "cadrée", plus libre et fournie.
J'ai été déçue que l'ouvrage ne mette l'accent que sur les textes anciens.
En fait, il s'agit de réflexions, certes, mais sous l'angle des textes fondateurs, la Genèse, notamment l'Ancien Testament, avec des explications à tout va, ce qui ne permet pas, à mes yeux, de lire un texte vraiment complet. le côté "brouillon"m'a dérangé.
En un mot comme en cent, je me suis ennuyée, j'attendais autre chose que le fils de machin est marié avec la cousine de Truc. Non, je blague, mais c'est presque ça.
C'est dommage car l'auteure est un grand rabbin et donc je pensais lire un texte passionnant, et riche.
Il n'en fut rien.
Je trouverai mes réponses ailleurs.
Commenter  J’apprécie          50
misstoupin29
  15 février 2020
Cette essai pour moi est indispensable à lire malgré que j'ai vraiment du mal.
Dans le temps cela n'a fait que se perpétuer.
Il y a beaucoup d 'éléments que l'autrice nous raconte dans le livre qu'il mon choquer .Comment l homme est capable de telles choses !
Je ne suis pas juive mais par mon origine j'ai étais victime de propos similaire .
Ce livre dresse des constats mais qu'en est t il des solutions ?
Comment en 2020 peut être attaquer sur une religion ?
Antisémite et les autres formes de mises à l'écart et les mises à l'écart de la société sont de plus en plus d'actualité .
Commenter  J’apprécie          60
Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
SZRAMOWOSZRAMOWO   20 février 2019
Mal ancestral et odieux bégaiement de l’Histoire, la fureur antijuive semble constamment muter ou se réincarner d’époque en époque dans des contextes formidablement différents.

Historiens, sociologues, théologiens, psychologues : beaucoup ont analysé les racines de ce fléau, et tenté de comprendre les contextes politiques, économiques, sociaux ou religieux de son apparition ou de sa résurgence. Moins nombreux sont ceux qui ont exploré la littérature juive pour y lire comment celle-ci interprète le phénomène.

Ce n’est, certes, jamais à la victime d’une violence ou d’une discrimination qu’il revient d’expliquer les causes de la haine qui s’abat sur elle et d’analyser les motivations du bourreau. Faut-il rappeler cette évidence ? L’antisémitisme n’est pas « le problème des Juifs » mais toujours d’abord celui des antisémites, de ceux qui les tolèrent ou les nourrissent. Et d’ailleurs, pourquoi les interprètes des sources juives détiendraient-ils une clé particulière de compréhension de cette haine ?

Ils n’ont pas besoin de posséder ce trousseau pour déverrouiller tout de même quelque chose. La lecture que le judaïsme fait de la haine antijuive offre un point de vue inédit : la parole subjective de celui qui se transmet cette expérience à la manière d’une mise en garde et d’un avertissement aux nouvelles générations, sur la résurgence du mal, et la possibilité de s’en relever. Dans l’interprétation des rabbins, ne se profile pas simplement une grille de lecture de ce qui leur arrive en un temps spécifique de leur histoire, ou le récit de leurs douleurs passées, mais la façon dont ils pensent, à la fois l’origine du phénomène et le dépassement de ses conséquences pour le groupe qui en est frappé. La littérature rabbinique entend offrir aux Juifs la possibilité de redevenir acteurs de leur histoire face à ce qui pourrait encore arriver. Elle offre aussi une lecture originale de la psyché de l’oppresseur, telle que perçue par le vulnérable du système, en quête de protection. Elle n’enferme ni la victime dans sa douleur, ni (et c’est plus surprenant !) le bourreau dans sa haine et c’est le refus de cette fatalité qu’il nous convient d’explorer pour notre temps.

Comment les sages et les textes de la tradition interprètent-ils la colère dont ils font l’objet, et qui s’empare de l’autre de façon chronique ? Existe-t-il une réflexion juive sur la question antisémite ?

C’est à ces questions que ce livre tente de répondre, sous la forme d’une enquête, d’une exploration littéraire dans les sources traditionnelles. Cette haine des Juifs, je l’appelle dans les pages à venir « antisémitisme » même s’il s’agit d’un anachronisme, la littérature rabbinique précédant de près de deux millénaires l’invention du terme dans l’Allemagne du XIXe siècle.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
MistigrifMistigrif   10 juin 2019
Parler des Juifs, ce n'est pas exactement parler d'Israël, objecteront certains. Certes. Mais la confusion permanente des deux termes joue incontestablement un rôle clé dans ce conflit qui déchaîne les passions et les débats médiatiques de manière disproportionnée.
En sont conscients de nombreux intellectuels arabes, parmi lesquels Edward Saïd qui en bien des occasions affirmait que le succès de la cause palestinienne devait beaucoup à l'identité de ceux qu'elle affrontait. Jamais ce conflit n'aurait reçu la même attention, disait-il, si les Juifs n'avaient pas été les ennemis.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
belette2911belette2911   13 décembre 2019
En un verset, Haman offre au lecteur un parfait condensé, une illustration intemporelle de ce que sont les accusations portées contre les Juifs à travers l’Histoire : un peuple perçu comme à la fois dispersé et à part, mêlé à tous mais refusant de se mélanger, indiscernable mais non assimilable.

Son particularisme est vécu comme une menace pour l’intégrité de la nation ou la puissance politique, mettant en danger la stricte égalité entre des éléments d’une nation indifférenciée.

Pèse sur lui, dès lors, un soupçon de non-allégeance, qui justifie à terme son départ ou son élimination physique.

À l’instant même où le Juif paraît dans le texte, surgit avec lui comme dans un même souffle, son ennemi, fruit d’une gémellité littéraire troublante. Le duo Mardochée/Haman est comme scellé dès l’origine : cherchez le Juif, l’antisémite n’est jamais très loin.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
MistigrifMistigrif   10 juin 2019
Le féminisme "universaliste" est soudain accusé par certain(e)s d'être une "invention blanche", et de vouloir émanciper les femmes de force, en les désolidarisant simultanément des combats qu'elles ont à mener pour leur "race" ou leur groupe religieux. En clair, il s'agirait d'une arme occidentale de fragmentation de l'identité, qui en voulant libérer les femmes, les couperait d'un "nous" transcendant, et d'une fidélité à autre chose.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
FleurDuBienFleurDuBien   28 février 2019
L'enquête des rabbins, aussi loin qu'elle remonte, renvoie toujours à la même situation : la haine des Juifs, à travers le texte, relève toujours d'un rapport douloureux à l'origine, d'un héritage et d'une rancoeur ancestrale. Elle est toujours l'expression d'une jalousie familiale, d'une compétition entre frères ou cousins dont le haineux ne parvient pas à se relever, d'une envie qui lui fait souhaiter que l'autre ne soit plus en vie.
C'est une haine qui constamment demande : pourquoi mon frère a-t-il reçu ce qu'on me refuse ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Videos de Delphine Horvilleur (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Delphine Horvilleur
Delphine Horvilleur passe à la moulinette du questionnaire décalé d'Ernest. Son entretien complet, dans sa bibliothèque, est là https://www.ernestmag.fr/2019/11/15/delphine-horvilleur-la-lecture-est-un-appel-a-lailleurs/
autres livres classés : antisémitismeVoir plus
Notre sélection Non-fiction Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Jésus qui est-il ?

Jésus était-il Juif ?

Oui
Non
Plutôt Zen
Catholique

10 questions
1243 lecteurs ont répondu
Thèmes : christianisme , religion , bibleCréer un quiz sur ce livre
.. ..