AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782070404278
181 pages
Gallimard (06/01/1998)
4.29/5   64 notes
Résumé :
Ce livre de Jaccottet peut servir d'introduction à son œuvre poétique et littéraire. Cet ensemble de textes sur la campagne contient aussi de très belles méditations sur le travail du poète, sur sa condition d'homme démuni et incertain, privé de tout recours à une foi ou à une idéologie rassurantes. La perception et le sentiment de la nature sont d'une extrême délicatesse et d'une rare ferveur. À travers la description, Jaccottet fait le point sur sa vie de poète, s... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
lecteur84
  10 juillet 2014
Un moment d'évasion à travers l'interrogation de l'auteur sur ce qui l'entoure, cette présence supérieure à l'essence humaine. les paysages sont absents de tout mais remplis de cette presence illimité et insodable!
Les mots fusent, doux, légers, inquiétants, déstabilisants. L'auteur nous plonge dans cette matière invisible cachée entre les couleurs, dans les silences où les pensées. il cherche le lien entre l'ombre et la lumière entre l'absence et l'oubli, ce lien indispensable sans lequel tout s'écroulerait faute d'harmonie!
C'est léger et dérangeant par moment, c'est surtout poétique, c'est à dire que chaque mot transporte avec lui plus que des images ou des sensations, mais ce nécessaire indicible qui parvient à toucher nos coeurs pour nous rapprocher de ce que l'on nomme, faute de mieux, le sacré.
Commenter  J’apprécie          341
saphoo
  31 juillet 2018
Une nouvelle lecture de cet auteur, un peu différente, puisqu'il s'agit ici d' un recueil de textes sur le thème des paysages, notre environnement, l'émerveillement de peu de choses et il s'interroge comment il peut mettre des mots sur ces plaisirs de la nature. J'ai bien aimé, c'est très agréable, poétique certes mais sous cette forme, ça coule tout seul.
C'est une lecture plaisir qui nous apaise et nous enchante.
A lire et relire
Commenter  J’apprécie          180
Franz
  29 août 2021
La figuration de l'invisible et la tentation du silence.
Recueil de proses ébauchées dès 1964, publiées en 1970, augmentées en 1976, « Paysages avec figures absentes » assemble dix proses poétiques liées aux paysages, un texte méditatif à propos de « Deux lumières », le Lorrain et Rembrandt, trois courts essais sur la poésie convoquant notamment Hölderlin et Rilke.
Le titre du recueil est polysémique. Il peut se référer à la peinture de paysage d'où l'homme est évacué au profit de la nature occupant tout l'espace pictural. le titre peut aussi évoquer une absence divine que l'auteur colmate avec son ultime phrase, conclusive et ouverte : « La plus haute espérance, ce serait que tout le ciel fût vraiment un regard ». Cela n'empêche pas le poète d'espérer composer des fragments de paradis ici-bas. La rencontre du lieu est déterminante. Les éléments s'y accordent. L'homme peut y accueillir la lumière « qui paraît infinie, distribuée selon l'aérienne convenance ». Toutefois, pour décrire un lieu, les mots sont approximatifs, les images trompeuses, la perception fautive. La prose intitulée « Travaux au lieu dit l'Etang » est révélatrice du travail poétique de Philippe Jaccottet. Pour traduire une émotion ressentie face au paysage, le poète appelle puis réfute les images dans une oscillation féconde, un entrelacement révélant un entre-deux, approchant ainsi l'invisible qui se dérobe et se révèle par instant par le jeu épuré et tâtonnant des métaphores. le recueil, dense et pourtant limpide, multiplie les approches sensorielles d'une nature humble et proche : l'écoulement d'une source, les chants d'oiseaux, l'émergence des coquelicots, la procession des brebis, etc. En marchant, en regardant, au plus près de soi et du monde, le poète donne à voir ce qui va s'effacer, tenu encore un instant par le souffle avant son affaissement et sa disparition : « Aujourd'hui, j'ai une règle d'or entre les mains, une balance d'or où je vais peser tour à tour l'ombre et le vent, la poussière, les bruits et les feuilles ». Cette poésie dépouillée, fervente, exigeante touche en profondeur.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
lehibook
  24 août 2019
Le Hibook a lu : « Paysages avec figures absentes » de Philippe Jaccottet.. de très beaux textes où le poète nous entraîne à sa suite dans la transmutation en mots des perceptions et des émotions . D'autres textes où il essaie d'élucider son rapport à la nature , au sacré , enfin des réflexions sur Hölderlin et Rilke . Un recueil riche où m'a particulièrement touché un texte évoquant la Val des Nymphes près de la Garde Adhémar :émerveillement teinté d'un peu de jalousie de rencontrer dans les mots d'un autre mes propres sensations chez moi inexprimées.
Commenter  J’apprécie          40

Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
fbalestasfbalestas   21 avril 2021
Longer le pré aujourd'hui m'encourage, m'égaie. C'est plein de coquelicots parmi les herbes folles.
Rouge, rouge ! Ce n'est pas du feu, encore moins du sang. C'est bien trop gai, trop léger pour cela.
Ne dirait-on pas autant de petits drapeaux à peine attachés à leur hampe, de cocardes que peu de vent suffirait à faire envoler ? ou de bouts de papier de soie jetés au cent pour vous convier à une fête, à la fête de mai ?
Fête de l'herbe, fête des prés.
Mille rouges, dix mille, et du plus vif, tant ils sont brefs ! Gaspillés pour la gloire de mai.
Toutes ces robes transparentes ou presque, mal agrafées, vite, vite ! dimanche est court ....
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          241
AntineaMCSAntineaMCS   26 février 2021
En hommage à Philippe Jaccottet, décédé le 24 février 2021

Mon regard touche à sa limite :
où la course de l'eau dans l'herbe
à des roseaux s'ouvre en écume.

Souffle du vent dans l'herbe
tu peux cribler de flèches cette cible
tu la traverses, tu ne l'atteins pas.

Courez, eaux grises, tout le jour
vers la frontière de roseaux :
elle ne sera pas franchie.

Cours, clair regard, à la barrière,
surprends l'écume :
seul fleurit l'inaccessible.





(p. 69)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
racooninanracooninan   22 janvier 2013
Maintenant encore (et pourtant les années auraient dû m'user) il m'arrive de retrouver aussi intense le sentiment qui me vint au commencement, et qui se traduisit aussitôt en moi par le mot : "paradis". Traduction parfaitement absurde à beaucoup d'égards, mais que je dois essayer de comprendre, puisqu'elle est liée au secret poursuivi. Je le dis absurde, d'abord parce que ce paysage n'a rien qui évoque les "terres où coulent le lait et le miel", rien de particulièrement majestueux comme la mer ou les montagnes, ni éclat, ni harmonie, ni sérénité exceptionnels ; ensuite, parce qu'il n'offre pas plus qu'un autre à ses habitants (et moins que certains, plus fertiles et plus charmants) des conditions d'existence idéales ; enfin parce que ma propre vie, dont il formait l'espace, ne me paraissait pas davantage parfaite. Il ne s'agissait donc pas de ce qu'on appelle communément le bonheur, de ces pays qu'on dit favorisés, "idylliques", de ces "séjours de rêve" qui attirent la foule. L'impression n'en était pas moins là, aussi forte qu'apparemment injustifiée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
AntineaMCSAntineaMCS   06 janvier 2021
On marche, on se rapproche, on s'arrête. Personne toujours. Nul qui ouvre la porte des forêts. Tout a-t-il cessé de vivre ? Alors, il apparaît qu'il n'est pas un de ces roseaux qui ne bouge. Un chuchotement rapide passe de l'un à l'autre, un peu plus haut que le sol ; au-dessus, des cris épars d'oiseaux que l'on devine, que l'on perd de vue. Entre le ciel et ses reflets. Rien que l'espace, presque immobile, et au milieu ce murmure, éternel.


(p. 91)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
AntineaMCSAntineaMCS   27 février 2021
En hommage à Philippe Jaccottet, décédé le 24 février 2021


Eau, défroisse tes pétales !
Paille, écume
Eau qui écumes contre ce mur de paille !

...

Contre cette cloison de paille
eau bienheureuse, tu t'ouvres
tu te changes en plume !

(p. 64)
Commenter  J’apprécie          160

Videos de Philippe Jaccottet (23) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Philippe Jaccottet
Philippe Jaccottet : Entretien avec Alain Veinstein (2001 - Surpris par la nuit / France Culture). Alain Veinstein nous propose ici l'extrait d'un entretien avec Philippe Jaccottet du 12 février 2001 (c'était dans "Surpris par la nuit"), – et ceci à l'occasion de la sortie en Pléiade Gallimard des "Œuvres" de Philippe Jaccottet... Philippe Jaccottet a lui-même choisi les œuvres rassemblées dans ce volume, y recueillant tout ce qu’on pourrait qualifier d’écriture « de création » et laissant de côté son travail de critique et de traducteur, ainsi que certains textes de circonstance liés à des voyages ou à des hommages ; il a veillé à ce que ses livres apparaissent selon la chronologie de leur publication initiale, qui était jusqu’alors parfois masquée par des regroupements éditoriaux ultérieurs. Recueils de poèmes et livres de prose alternent d’abord, bientôt ponctués à intervalles plus ou moins réguliers par les notes de carnets qu’égrènent les différentes livraisons de "La Semaison". Retrouvant leur titre unique, celles-ci sont ici restaurées dans toute la cohérence de leur projet et complétées par les "Observations, 1951-1956", longtemps inédites et qui sont comme l’amorce de ces semences littéraires rassemblant choses vues, choses lues et choses rêvées. L’évolution des poèmes est frappante : des sonnets rimés de "L’Effraie" (1953) aux pièces brèves et épurées d’"Airs" (1967) se fait sentir l’influence des révélations majeures que furent les paysages de Grignan et les haïkus japonais. Par les chants plus tourmentés des livres de deuil qui se succèdent ensuite, de "Leçons" (1969) à "Pensées sous les nuages" (1983), le poète tente de maintenir le flux des mots malgré la mort qui semble faire vaciller jusqu’au langage. À partir de "Cahier de verdure" (1990), proses poétiques et vers se mêlent au sein d’un même recueil. Une forme éminemment personnelle s’invente, se concentrant sur les éclats de joie épars dont il s’agit de restituer la lumière. Comment embrasser à la fois le clair et le sombre, le grave et le léger, le tout et le rien ? L’œuvre de Jaccottet s’impose par l’exigence de sa quête, la pureté rayonnante et sans affectation de son chant – « L’effacement soit ma façon de resplendir », écrivait-il dès "L’Ignorant" (1957). Sans céder jamais à l’épanchement, se refusant autant au nihilisme qu’à l'exaltation – à « l'écœurant brouillard d’un certain lyrisme » –, elle trouve certes dans la beauté subtile et poignante de la nature – lumière d’hiver, vergers en fleurs – une réponse vitale à la violence du monde et au désenchantement. Mais cette beauté n’a rien d'un refuge éthéré ; elle est comme une lame qui permet de creuser dans l’opaque. Cette poésie, nourrie d’ombre, s’écrit avec le vide et contre lui.
Source : France Culture
+ Lire la suite
autres livres classés : poésieVoir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Testez vos connaissances en poésie ! (niveau difficile)

Dans quelle ville Verlaine tira-t-il sur Rimbaud, le blessant légèrement au poignet ?

Paris
Marseille
Bruxelles
Londres

10 questions
985 lecteurs ont répondu
Thèmes : poésie , poèmes , poètesCréer un quiz sur ce livre