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EAN : 9782070443703
192 pages
Gallimard (23/06/2011)
3.52/5   32 notes
Résumé :
Il y a la peine, qui ravine,

il y a le froid qui gagne,

quelquefois c'est comme si l'on n'avait plus de peau,

seulement la pierre des os :

une cage de pierre avec au centre un foyer froid,

une espèce de geôle où l'on ne sait

s'il y a encore à délivrer,

et la clef heurtant les barreaux

fait un bruit dur et mat.



La pei... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Unhomosapiens
  19 décembre 2019
Jacottet appartient à une génération qui, âgée d'une vingtaine d'années en 1945, a commencé d'écrire dans des temps de détresse, dans un monde où les valeurs humaines avaient déjà été à ce point bafouées que certains se demandaient s'il était légitime d' « écrire un poème après Auschwitz » (Adorno).
« Leçons » et « Chants d'en bas » sont deux livres de deuil. le poète y engage une méditation sur la parole affrontée à la mort. Comment parler de la mort ?...
(Extrait du dossier de l'édition de 2011)
Je connais très peu la poésie française de l'après-guerre. Jacottet est une révélation. le poète parle effectivement de la mort, se questionne sur le pouvoir de la parole face au temps qui passe, au vieillissement, au pourrissement. Ses mots sonnent comme des claques. Dans son lexique, on retrouve souvent les mots : hiver, mort, vieux… Influence de la guerre encore proche ?
Ces textes me font penser à Trackl, dans leur noirceur, mais aussi dans cette interrogation sur l'humain, sur le sens de l'existence et la pérennité de nos vies.
Le dossier sur l'oeuvre est très complet. Et je me rends bien compte, avec humilité, que mes pauvres impressions sont bien loin de ce qu'une analyse poussée du texte peut apporter.
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oran
  02 août 2019
Ce recueil A la lumière d'hiver m'a permis de découvrir Philippe Jaccottet et sa poésie en vers libres.J'ai apprécié la sensibilité, le lyrisme de certains poèmes (« raisins et figues », évoquant à la fois les lumineux vergers , les vignobles de la Drôme provençale et le souffle pesant de la mort ), je n'ai pas saisi le sens profond d'autres vers qui sont restés, pour moi assez ombreux, . Il me faudra donc approfondir la connaissance de ce poète , peut être, plus tard, par l'étude de L'Effraie .
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raime
  08 mars 2021
Poursuite de ma découverte de la poésie dans le cadre du challenge "PoéVie :La poésie c'est la vie " ....
Suite à son décès récent, pléthore d'hommage et de citations de Philippe Jaccottet son apparus dans les médias attirant mon attention et me donnant envie d'en savoir plus.
J'ai pu lire que P. Jaccottet était un poète "moderne" s'interrogeant sur son rôle, ses limites.
3 écrits dans ce recueil. "Leçons" avec la confrontation à la mort en trame de fond, "Chants d'en bas" et "A la lumière d'hiver", autre recueil de deuil à la limite de la mort et de la lumière. Je n'ai pas été sensible à cette poésie ayant eu quelques difficultés avec ces vers "libres". Mais il me reste un autre recueil pour en découvrir plus et revoir mon avis. A suivre ...
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MIOP
  09 février 2012
Recueil de poésie lyrique de Jaccottet emprunte à la mélancolie de l'âge et du deuil.Ce sont des poèmes d'une extraordinaire lueur de vérité qui, faute d'espérance, s'éloigne du bonheur, de la joie et des paillettes.
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Dagogo
  24 juillet 2020
Un petit livre qui, par sa poésie, raconte beaucoup de choses (l'amour, la mort, le monde...). le vers libre a beau être fuyard, se jetant dans l'inconnu, il a son élégance, et sa force est libératrice.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
oranoran   02 août 2019
Raisins et figues
couvés au loin par les montagnes
sous les lents nuages
et la fraîcheur :
sans doute, sans doute...

Vient un moment où l'aîné se couche
presque sans force. On voit
de jour en jour
son pas moins assuré.

Il ne s'ait plus de passer
comme l'eau entre les herbes :
cela ne se tourne pas.

Lorsque le maître lui-même
si vite est emmené si loin,
je cherche ce qui peut le suivre :

ni la lanterne des fruits,
ni l'oiseau aventureux,
ni la plus pure des images ;

plutôt le linge et l'eau changés,
la main qui veille,
plutôt le cœur endurant.

(Leçons)
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LiliGalipetteLiliGalipette   10 février 2012
Il y a la peine, qui ravine,

il y a le froid qui gagne,

quelquefois c'est comme si l'on n'avait plus de peau,

seulement la pierre des os :

une cage de pierre avec au centre un foyer froid,

une espèce de geôle où l'on ne sait

s'il y a encore à délivrer,

et la clef heurtant les barreaux

fait un bruit dur et mat.



La peine a pris racine avec des cordes jaunes

comme l'ortie

et le visage s'est assombri.

Il est des plantes si tenaces

que le feu seul peut en avoir raison.
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oranoran   02 août 2019
Un simple souffle, un nœud léger de l'air,
une graine échappée aux herbes folles du Temps,
rien qu'une voix qui volerait chantant
à travers l'ombre et la lumière,

s'effacent-ils, : aucune trace de blessure.

La voix tue, on dirait plutôt, un instant,

l'étendue apaisée, le jour plus pur.

Qui sommes-nous, qu'il faille ce fer dans le sang?
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berni_29berni_29   20 janvier 2018
" Mais chaque jour, peut-être, on peut reprendre
le filet déchiré, maille après maille,
et ce serait, dans l'espace plus haut,
comme recoudre, astre à astre, la nuit..."
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UnhomosapiensUnhomosapiens   19 décembre 2019
"Lapidez-moi encore de ces pierres du temps
qui ont détruit les dieux et les fées,
que je sache ce qui résiste à leur parcours et à leur chute."
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Videos de Philippe Jaccottet (26) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Philippe Jaccottet
« […] Je ne puis oublier ce rôdeur. Comme il s'effaçait en marchant ! On aurait dit qu'il cherchait non seulement à ne pas peser sur le sol, mais encore à ne pas déranger l'air de chaque côté de son corps : il s'émaciait, s'allégeait. Il n'était presque plus rien que le tremblant et douloureux point de rencontre de quelques souvenirs, de quelques visions. […] » (Philippe Jaccottet, Un poète suisse-français : Edmond-Henri Crisinel, L'entretien des muses, Éditions Gallimard, 2015)
« Chez Edmond-Henri Crisinel (1897-1948) […] la poésie ne s'est nullement développée organiquement avec les années ; elle a été un affleurement d'ombres et de trésors profonds que recouvraient d'ordinaire les eaux du quotidien le plus monotone, le plus quotidien. […] le deuxième affleurement, c'est le récit en prose d'Alectone et son épilogue plus tardif, Nuit de juin (1939-1945) […]. Un sentiment de culpabilité extrêmement profond […], une intense nostalgie de la lumière mais aussi du goût pour les ténèbres […], telle fut, nourrie, creusée, authentifiée par l'expérience de la folie, la matière de sa poésie. À cause de sa souffrance, de son angoisse, de son égarement, Crisinel avait entendu des plaintes, surpris des regards, entrevu des mondes dont il ne lui était pas difficile de comprendre qu'ils étaient, même réprouvés, plus réels dans leur ambiguïté que la mécanique de sa vie apparente, que les dialogues et les rapports préfabriqués d'un monde qu'il n'habitait d'ailleurs pas vraiment. Disons qu'il avait éprouvé, non seulement deviné ou appris, que l'homme est un abîme, que cet abîme est horreur et merveille tout ensemble ; fasciné, il avait peine à en détacher le regard. Il en avait peur, mais sans doute aimait-il aussi la volupté mêlée à cette peur. […] Par la poésie, il amenait son combat avec les ombres dans le monde du jour, il le communiquait et s'en rendait maître ; ou, mieux, il chantait avec une joie tremblante sa passagère victoire, il remerciait d'avoir retrouvé la terre, enrichie de ce qui flotte par-dessous : les fautes, les larves, les morts. L'expérience de l'asile de fous n'est plus […] qu'une sorte de cavité, de creux sombre qui donne plus de résonance à la musique un peu grêle des cordes. […]
[…] Lentement, il écrivit Alectone, un bref récit qui est son plus beau livre […]. Pour triompher plus sûrement de ses démons, ou pour goûter une fois de plus à leur troublante présence, ou encore pour l'un et l'autre, Crisinel s'efforça de mieux cerner le détail de son expérience […].
[…] Ces visions […] nous paraissent d'autant plus pénibles que nous savons que Crisinel ne leur a échappé, un an plus tard, que par le suicide. Prouvant ainsi par un geste presque inconcevable chez un être aussi craintif, aussi frêle, la vérité de l'écrit ancien, de la prophétie d'Alectone :
Il ne te sera pas laissé de répit dans l'humiliation, la détresse et l'outrage que tu ne sois mort, parfaitement mort...
[…] » (Philippe Jaccottet, Un poète suisse-français : Edmond-Henri Crisinel, L'entretien des muses, Éditions Gallimard, 2015)
« […] La maison dort, mais ceux qui l'habitent continuent le jeu, mus par la force qui gît dans les ténèbres, devant d'impassibles témoins.  […] »
« […]
« Corps et âme, je t'appartiens désormais, Alectone ! À demi-mot, tu me le fais comprendre, selon tes voies détournées, familières à ceux qui ont commerce avec les douces créatures de l'enfer. Plutôt se crever les tympans que d'entendre tes insinuations, plus insupportables que les piqûres du taon attaché aux flancs de la génisse errante ! Mais que t'importent les oreilles grossières, Alectone, ta voix est plus puissante que celle de l'homme qui crie vengeance, elle traverse les déserts de la surdité même, quand tu veux frapper ta victime, lui faire payer le prix de sa témérité. » (Edmond-Henri Crisinel, Alectone, première partie)
0:04 - Alectone [Première partie] 1:43 - Alectone [Deuxième partie] 3:03 - Alectone [« … »] 4:58 - Nuit de juin 7:10 - Générique
Référence bibliographique : Edmond-Henri Crisinel, Alectone et textes en prose, Bibliothèque numérique romande, 2021. https://ebooks-bnr.com/crisinel-edmond-henri-alectone-et-textes-en-prose/
Image d'illustration : https://www.youtube.com/watch?v=KF17_6KXStg
Bande sonore originale : Carlos Viola - The Unknown
Site : https://thegamekitchen.bandcamp.com/track/the-unknown-2
#EdmondHenriCrisinel #Alectone #PoésieSuisse
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