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EAN : 9782070443703
192 pages
Éditeur : Gallimard (23/06/2011)
3.55/5   28 notes
Résumé :
Il y a la peine, qui ravine,

il y a le froid qui gagne,

quelquefois c'est comme si l'on n'avait plus de peau,

seulement la pierre des os :

une cage de pierre avec au centre un foyer froid,

une espèce de geôle où l'on ne sait

s'il y a encore à délivrer,

et la clef heurtant les barreaux

fait un bruit dur et mat.



La pei... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Unhomosapiens
  19 décembre 2019
Jacottet appartient à une génération qui, âgée d'une vingtaine d'années en 1945, a commencé d'écrire dans des temps de détresse, dans un monde où les valeurs humaines avaient déjà été à ce point bafouées que certains se demandaient s'il était légitime d' « écrire un poème après Auschwitz » (Adorno).
« Leçons » et « Chants d'en bas » sont deux livres de deuil. le poète y engage une méditation sur la parole affrontée à la mort. Comment parler de la mort ?...
(Extrait du dossier de l'édition de 2011)
Je connais très peu la poésie française de l'après-guerre. Jacottet est une révélation. le poète parle effectivement de la mort, se questionne sur le pouvoir de la parole face au temps qui passe, au vieillissement, au pourrissement. Ses mots sonnent comme des claques. Dans son lexique, on retrouve souvent les mots : hiver, mort, vieux… Influence de la guerre encore proche ?
Ces textes me font penser à Trackl, dans leur noirceur, mais aussi dans cette interrogation sur l'humain, sur le sens de l'existence et la pérennité de nos vies.
Le dossier sur l'oeuvre est très complet. Et je me rends bien compte, avec humilité, que mes pauvres impressions sont bien loin de ce qu'une analyse poussée du texte peut apporter.
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oran
  02 août 2019
Ce recueil A la lumière d'hiver m'a permis de découvrir Philippe Jaccottet et sa poésie en vers libres.J'ai apprécié la sensibilité, le lyrisme de certains poèmes (« raisins et figues », évoquant à la fois les lumineux vergers , les vignobles de la Drôme provençale et le souffle pesant de la mort ), je n'ai pas saisi le sens profond d'autres vers qui sont restés, pour moi assez ombreux, . Il me faudra donc approfondir la connaissance de ce poète , peut être, plus tard, par l'étude de L'Effraie .
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raime
  08 mars 2021
Poursuite de ma découverte de la poésie dans le cadre du challenge "PoéVie :La poésie c'est la vie " ....
Suite à son décès récent, pléthore d'hommage et de citations de Philippe Jaccottet son apparus dans les médias attirant mon attention et me donnant envie d'en savoir plus.
J'ai pu lire que P. Jaccottet était un poète "moderne" s'interrogeant sur son rôle, ses limites.
3 écrits dans ce recueil. "Leçons" avec la confrontation à la mort en trame de fond, "Chants d'en bas" et "A la lumière d'hiver", autre recueil de deuil à la limite de la mort et de la lumière. Je n'ai pas été sensible à cette poésie ayant eu quelques difficultés avec ces vers "libres". Mais il me reste un autre recueil pour en découvrir plus et revoir mon avis. A suivre ...
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MIOP
  09 février 2012
Recueil de poésie lyrique de Jaccottet emprunte à la mélancolie de l'âge et du deuil.Ce sont des poèmes d'une extraordinaire lueur de vérité qui, faute d'espérance, s'éloigne du bonheur, de la joie et des paillettes.
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seguintheo
  24 juillet 2020
Un petit livre qui, par sa poésie, raconte beaucoup de choses (l'amour, la mort, le monde...). le vers libre a beau être fuyard, se jetant dans l'inconnu, il a son élégance, et sa force est libératrice.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
oranoran   02 août 2019
Raisins et figues
couvés au loin par les montagnes
sous les lents nuages
et la fraîcheur :
sans doute, sans doute...

Vient un moment où l'aîné se couche
presque sans force. On voit
de jour en jour
son pas moins assuré.

Il ne s'ait plus de passer
comme l'eau entre les herbes :
cela ne se tourne pas.

Lorsque le maître lui-même
si vite est emmené si loin,
je cherche ce qui peut le suivre :

ni la lanterne des fruits,
ni l'oiseau aventureux,
ni la plus pure des images ;

plutôt le linge et l'eau changés,
la main qui veille,
plutôt le cœur endurant.

(Leçons)
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LiliGalipetteLiliGalipette   10 février 2012
Il y a la peine, qui ravine,

il y a le froid qui gagne,

quelquefois c'est comme si l'on n'avait plus de peau,

seulement la pierre des os :

une cage de pierre avec au centre un foyer froid,

une espèce de geôle où l'on ne sait

s'il y a encore à délivrer,

et la clef heurtant les barreaux

fait un bruit dur et mat.



La peine a pris racine avec des cordes jaunes

comme l'ortie

et le visage s'est assombri.

Il est des plantes si tenaces

que le feu seul peut en avoir raison.
+ Lire la suite
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oranoran   02 août 2019
Un simple souffle, un nœud léger de l'air,
une graine échappée aux herbes folles du Temps,
rien qu'une voix qui volerait chantant
à travers l'ombre et la lumière,

s'effacent-ils, : aucune trace de blessure.

La voix tue, on dirait plutôt, un instant,

l'étendue apaisée, le jour plus pur.

Qui sommes-nous, qu'il faille ce fer dans le sang?
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berni_29berni_29   20 janvier 2018
" Mais chaque jour, peut-être, on peut reprendre
le filet déchiré, maille après maille,
et ce serait, dans l'espace plus haut,
comme recoudre, astre à astre, la nuit..."
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UnhomosapiensUnhomosapiens   19 décembre 2019
"Lapidez-moi encore de ces pierres du temps
qui ont détruit les dieux et les fées,
que je sache ce qui résiste à leur parcours et à leur chute."
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Videos de Philippe Jaccottet (23) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Philippe Jaccottet
Philippe Jaccottet : Entretien avec Alain Veinstein (2001 - Surpris par la nuit / France Culture). Alain Veinstein nous propose ici l'extrait d'un entretien avec Philippe Jaccottet du 12 février 2001 (c'était dans "Surpris par la nuit"), – et ceci à l'occasion de la sortie en Pléiade Gallimard des "Œuvres" de Philippe Jaccottet... Philippe Jaccottet a lui-même choisi les œuvres rassemblées dans ce volume, y recueillant tout ce qu’on pourrait qualifier d’écriture « de création » et laissant de côté son travail de critique et de traducteur, ainsi que certains textes de circonstance liés à des voyages ou à des hommages ; il a veillé à ce que ses livres apparaissent selon la chronologie de leur publication initiale, qui était jusqu’alors parfois masquée par des regroupements éditoriaux ultérieurs. Recueils de poèmes et livres de prose alternent d’abord, bientôt ponctués à intervalles plus ou moins réguliers par les notes de carnets qu’égrènent les différentes livraisons de "La Semaison". Retrouvant leur titre unique, celles-ci sont ici restaurées dans toute la cohérence de leur projet et complétées par les "Observations, 1951-1956", longtemps inédites et qui sont comme l’amorce de ces semences littéraires rassemblant choses vues, choses lues et choses rêvées. L’évolution des poèmes est frappante : des sonnets rimés de "L’Effraie" (1953) aux pièces brèves et épurées d’"Airs" (1967) se fait sentir l’influence des révélations majeures que furent les paysages de Grignan et les haïkus japonais. Par les chants plus tourmentés des livres de deuil qui se succèdent ensuite, de "Leçons" (1969) à "Pensées sous les nuages" (1983), le poète tente de maintenir le flux des mots malgré la mort qui semble faire vaciller jusqu’au langage. À partir de "Cahier de verdure" (1990), proses poétiques et vers se mêlent au sein d’un même recueil. Une forme éminemment personnelle s’invente, se concentrant sur les éclats de joie épars dont il s’agit de restituer la lumière. Comment embrasser à la fois le clair et le sombre, le grave et le léger, le tout et le rien ? L’œuvre de Jaccottet s’impose par l’exigence de sa quête, la pureté rayonnante et sans affectation de son chant – « L’effacement soit ma façon de resplendir », écrivait-il dès "L’Ignorant" (1957). Sans céder jamais à l’épanchement, se refusant autant au nihilisme qu’à l'exaltation – à « l'écœurant brouillard d’un certain lyrisme » –, elle trouve certes dans la beauté subtile et poignante de la nature – lumière d’hiver, vergers en fleurs – une réponse vitale à la violence du monde et au désenchantement. Mais cette beauté n’a rien d'un refuge éthéré ; elle est comme une lame qui permet de creuser dans l’opaque. Cette poésie, nourrie d’ombre, s’écrit avec le vide et contre lui.
Source : France Culture
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