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ISBN : 2246863627
Éditeur : Grasset (04/01/2017)

Note moyenne : 4/5 (sur 8 notes)
Résumé :
1945. Un homme sort de Dachau. Il y a été emprisonné pour ses articles d'opposition au Troisième Reich qui vient de s'effondrer. Dans le désastre physique et moral de l'Allemagne vaincue, il part à la recherche de son fils, dont il ne sait plus rien depuis qu'il l'a inscrit aux Jeunesses hitlériennes avant d'être emprisonné. Il retourne dans sa ville natale. Les habitants sont énigmatiques, fuyants : une femme élude ses questions ; un soldat américain venu enquêter ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Endymion_70
16 janvier 2017
Il porte encore le triangle rouge sur les stigmates de son corps rompu, souillure indélébile de cinq années de camps, de survivance. Il traîne son passé, son existence dans les plaies béantes d'un pays vaincu, déchiré, silencieux de connivences, lourd de mensonges. « Dans la nouvelle Allemagne (…) il faudra feindre de ne pas se connaître, de ne pas se haïr, de ne pas espérer la mort douloureuse de l'autre ». Oublier, reconstruire, chercher les vivants, les survivants. Il erre, « qui est-il désormais dans cette ville ? Un parmi d'autres, qui cherche des traces », des lambeaux de vie. Franz n'est plus qu'un fantôme poussé par un espoir ténu retrouver son fils Kasper, abandonné aux jeunesses hitlériennes quelques années plutôt. Au milieu des souvenirs, des disparus, la mémoire se cherche, les certitudes vacillent au gré des rencontres, les doutes tanguent au rythme du corps de cette femme qui s'offre à lui. Si les cambrures parlent, les langues se taisent, se terrent derrière un orgueil obséquieux. Seul un nom résonne, nimbé de mystère létal, de non-dits oppressants, Hadamar. Lieu de convergence de ces ballastexistenzen, « ceux que l'on devait laisser de côté, exclure du train de la vie, de la force. Les incapables, les fragiles, les diminués. (…) Personne ne s'était donné la peine de le définir, mais on savait qu'il s'agissait des invisibles, les idiots, les fous, les gênants ». Terminus nauséabond de ces cortèges de bus gris, Franz possède encore un vague souvenir de ce lieu enfoui dans son passé, un vieil hôpital pour déficient. Inexorablement les pas de son fils le mènent vers ce lieu honni, « en entrant ici, on perdait son nom ». En poussant les portes de sa quête, Franz ouvrira les lèvres d'une cicatrice indélébile celée derrière un cataplasme captieux. "Ils ont cru à l'hiver 42, qu'ils réussissaient à tout effacer de ce qui avait été organisé ici. En quelques coups de truelle".
Oriane Jeancourt Galignani nous emmène dans les tourments de l'histoire allemande. En suivant son héros Franz, on replonge dans le monde de l'horreur, du nazisme et de l'eugénisme. « Deux lettres séparent Erlösung et Endlösung. La délivrance et la solution finale. Deux lettres qui disent la vision nazie d'une mort travestie sous l'étendard de la liberté ». Un roman qui navigue entre passé et présent sous l'égide de fantômes pour mieux apprivoiser les événements et l'ampleur des faits qui se sont déroulés sous la politique de l'aktion T4.
Sans jamais tomber dans le voyeurisme ou le pathos, la recherche de ce père journaliste, condamné à porter le triangle rouge des prisonniers politiques, pour retrouver un fils qu'il ne connaît plus, nous plonge dans la passivité de masse face à la dictature et ses méfaits. « Personne à Hadamar n'ignore à quoi sont voués les centaines de patients qui débarquent chaque jour des bus à l'arrière de l'hôpital ». « Nous ne pouvions rien faire de toute façon pour empêcher tout ça d'avoir lieu ». « La fumée des morts » d'Hadamar fera plus de 10000 victimes, femmes, enfants mischlinge (à moitié juifs), aliénés… tous périront par le feu et le gaz au nom d'une pensée, d'une idéologie.
« Si l'on a tenté d'effacer leurs noms, les survivants leur donneront les leurs », « faire le récit d'un peuple qui s'est mutilé ».

Lien : https://calameheros.wordpres..
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Annette55
05 juillet 2017
Un groupe en tenues rayées avance: parmi eux Franz Muntz , décharné ,émacié, silencieux ,maigre, figurine creuse, dépiautée par l'humiliation !
Il rejoint "Lugendorf", sa petite ville natale, après une errance dans son propre pays, fuyant les uniformes, dormant et mangeant où il pouvait...
Nous sommes en Allemagne en 1945.
Franz porte encore le triangle rouge des déportés politiques, infamie , "souillure" indicible de ses cinq années de survivance au camp de Dachau,en tant que journaliste emprisonné pour la tenue des ses articles d'opposition .
Il traîne son passé de captif: l'arrestation- la baraque- les morts- la puanteur des agonisants - dans les plaies béantes d'un pays vaincu, dévasté, anéanti, déchiré, épuisé , lourd de mensonges et de silences....
Combien d'articles Franz a t-il écrit sur "Mein Kampf"?
Dés 1927, il l'a démembré , comme on dépiaute un crabe, en a sorti les fondements racialistes, la" haine" conductrice, la violence, la circularité hypnotique des idées, qui dérivait pour mieux asséner , une répétition comme un envoûtement maléfique .....
Désormais il désire à tout prix retrouver son fils Kasper, dont il est sans nouvelles depuis son entrée aux jeunesses hitlériennes.
Quelque soit le prix de sa quête , il se rend à l'hôpital d'Hadamar
qui semble silencieux et .....vide.Pourtant son cimetière a été agrandi à plusieurs reprises !
Il y rencontre un officier américain germanophone Wilson qui a décidé d'enquêter sur ses activités...
Les habitants , eux, sont fuyants, énigmatiques , personne ne veut parler.Chacun élude les questions .
Las ! Hadamar est l'un des six centres désignés pour éliminer les personnes déficientes : handicapés mentaux , malades psychiatriques ....un programme nommé Aktion t4: " Faire souffrir les souffrants- jusqu'à la mort-et renforcer le pouvoir des dominants - jusqu'à la mort"-Hadamar c'est la réponse Nazie à l'aléatoire couperet de l'existence : La Mort Pour Tous-" une mathématique de la terreur où les faibles n'ont plus leur place!
Une totale déshumanisation , une élimination systématique -je n'entrerai pas dans les Détails ...
À travers les découvertes de Franz , nous revivons les heures les plus sombres du nazisme et l'indicible horreur qui y est associée!
L'auteur nous remémore un fait historique occulté ou oublié!
Les mots sont justes, les situations réalistes nous entraînent au plus profond de l'ignominie , l'infamie de ces meurtres perpétrés ,de ces crimes programmés , la stratégie de l'extermination à son paroxysme .
"Ces gens qui ne sont pas faits pour le combat ne peuvent être
qu'un poids pour la communauté nationale ". "les faibles n'ont pas leur place, c'est la loi de Dieu".
Un roman historique puissant , fort, magnifiquement écrit , sans concession ni fioritures, ni misérabilisme , l'auteur nous emmène sur le terrain de l'indicible pour comprendre sans" Jamais oublier".
Un ouvrage qu'il faut lire si l'on en a le courage !
Mais ce n'est que mon avis , bien sûr !Merci à ma libraire Marie de "La taverne du livre à Nancy".


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MAPATOU
26 juin 2017
Je viens de lire ce roman dans le cadre du Prix des Lecteurs du Var. Je dois avouer que de moi-même, je n'aurais pas été attirée par ce livre.
Cet ouvrage se base sur des faits historiques. Hadamar est une petite ville d'Allemagne dont l'hôpital psychiatrique a servi de lieu d'extermination par les nazis.
Franz était journaliste. Il a tenté de dénoncer dans ses articles les agissements des nazis. Ce qui lui a valu d'être déporté à Dachau. A la libération du camp, il se rend à Hadamar, petite ville proche de celle où il demeurait auparavant avec son jeune fils Kasper. Franz espère le retrouver vivant après sa longue absence.
L'ambiance qui règne dans la ville est particulière : les américains y ont installé une base, la plupart des habitants semblent se cacher. Franz, après sa rencontre avec le commandant Wilson, va découvrir quelles horreurs ont été perpétrées entre les murs de l'hôpital.
En échange de renseignements sur l'endroit où se trouve Kasper, Franz va accepter d'aider le commandant Wilson à retrouver l'ancien directeur de l'établissement et des membres du personnel afin qu'un procès puisse avoir lieu.
Ce qui sera mis à jour pendant ce procès fait froid dans le dos : entre janvier et août 1941 10.072 personnes sont mortes dans la chambre à gaz de l'hôpital : malades et handicapés physiques ou mentaux (les « Inutiles ») et les juifs.
Ce qui est terrifiant, c'est la méthode, la rigueur voire le zèle avec lesquels le personnel a obéi aux ordres et effectué ce « sinistre travail ».
» Cette obstination chez l'Allemand le fait frémir ce soir. Ils ne lâchent rien. Ils sont ainsi dans ce pays. Un peuple d'obstinés. Ils n'ont rien lâché à Hadamar. Pour atteindre les objectifs, ils se sont dépassés, ils se sont battus à mort. Et puis ils ont bu. Pour fêter ça. En bas, parmi les corps. »
Le directeur de l'hôpital avait même envoyé un courrier stipulant que : « pour identifier les malades, nous vous demandons d'écrire le nom et le prénom de chacun d'entre eux entre les omoplates à l'encre bleue à même la peau avant qu'elle ne soit brûlée. Et pour les patients aux noms communs, par exemple Schmidt, Meyer, Müller, d'ajouter la date de naissance sur la peau. »
Si Franz est heureux d'avoir retrouvé son fils, une question le taraude : dans la mesure où Kasper a été hébergé par l'hôpital, celui-ci a t-il participé à ces horreurs et si oui à quel titre ?
J'ai mentionné au début de cette chronique que je n'aurais pas lu ce roman de moi-même mais je suis contente de l'avoir fait car au-delà de l'horreur des faits, l'auteure traite d'une façon remarquable ce qui s'est passé en Allemagne après la guerre, comment ses habitants ont dû « laver leur linge sale » avant de pouvoir à nouveau cohabiter et réapprendre à vivre ensemble.
Ce roman est triste mais puissant.
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michel.carlier15
25 février 2017
Ce roman nous fait revivre les heures les plus sombres du nazisme et l'horreur qui y est associée . Il nous remémore un fait historique qui a été plus ou moins occulté ou oublié .
Franz , opposant politique et journaliste , a passé plus de quatre ans à Dachau . Il n'a qu'une idée en tête , retrouver son fils Kasper , sa seule famille . Quand il rentre chez lui , l'oiseau s'est envolé .
Sa recherche lui permet de rencontrer un officier américain , Wilson , germanophone et juif d'origine , qui a décidé d'enquêter sur les activités de l'hôpital d'Hadamar . Dans ce centre , ils découvrent rapidement que les handicapés physiques et mentaux , ainsi que les Mischlinge (enfants de père ou de mère juifs) étaient gazés et réduits en cendres (niedergebrannt) dans un four crématoire .
Naturellement , les habitants d'Hadamar restent silencieux et préfèrent le mensonge en face du revenant et de l'officier . Mais il reste suffisamment de témoins , de responsables et de documents pour attester de ce crime contre l'humanité perpétré par une poignée de criminels sans scrupules .
En fait , Hadamar est l'un des six centres qui ont été désignés pour éliminer les personnes déficientes . Ce programme , nommé Aktion T4 (le bureau central de l'opération était situé dans une villa au numéro 4 de la Tiergartenstrasse à Berlin ) , visait à éliminer les personnes handicapées . Ce sont les principes de l'eugénisme :
"Les faibles n'ont pas leur place , c'est la loi de Dieu . Toutes les créatures vivantes doivent se plier à cette loi , (...) ces gens qui ne sont pas faits pour le combat ne peuvent être qu'un poids pour la communauté nationale" .
Forts de ces principes , les nazis , avec la complicité de médecins et d'infirmières plus ou moins consentantes , ont fait disparaître près de 10072 personnes dans ce centre , tout cela pour la pureté de la race aryenne .
Sous la pression des familles à qui on avait enlevé de force leurs enfants , et devant les protestations , le four crématoire a été démonté fin 1941 , on a essayé de faire disparaître , sans réel succès , les traces de ce massacre . Mais on a continué à assassiner , on a simplement agrandi le cimetière de l'hôpital à plusieurs reprises .
Ce qui est finalement scandaleux , c'est le silence et la passivité de masse (les habitants d'Hadamar voyaient la fumée du crématoire s'élever dans le ciel et savaient ce qui advenait des personnes transportées en bus) des Allemands face aux assassinats de tous ces innocents .
Même si les coupables ont payé pour ces actes (ils ont été pendus) , cette histoire m'a bouleversé . On voit cette période relativement récente avec encore plus de tristesse , en se disant : pourvu que ces idées nauséabondes ne reviennent pas ...
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Carolivra
23 mai 2017
Grâce au prix Orange du livre 2017, j'ai eu la chance d'être sélectionnée pour découvrir un roman de la rentrée 2017. Merci de m'avoir fait découvrir Hadamar, un roman à la fois beau et terrible.
En 1945, Franz est libéré du camp de Dachau dans lequel il a été déporté pour opposition politique. A l'époque journaliste, son ton dénonciateur et ses attaques contre le régime nazi l'ont condamné. Il aurait pu s'enfuir mais il a toujours gardé espoir que le peuple allemand prenne conscience de la folie nazie. Revenu d'entre les morts, il retourne dans sa ville où il a laissé son fils Kasper. Qu'est-il devenu ce fils bien trop maigre et malade pour s'enrôler dans les troupes allemandes? Dans un pays dévasté par la guerre, où les Américains veillent à la reconstruction, Franz mène l'enquête pour retrouver son fils disparu.
Au détour d'une rencontre, il fait la connaissance de Wilson, haut gradé de l'armée US. Celui-ci l'oriente vers l'hôpital psychiatrique d'Hadamar. Un hôpital isolé dans lequel en 1941 de drôles de choses se seraient déroulées. Les patients, schizophrènes, sourds, muets, handicapés physiques et mentaux mais aussi enfants « à moitié juif » y ont été envoyés pendant cette période. Toutes ces personnes devenues un poids pour la société nazie ont transité par cet hôpital. Que sont-ils devenus? Franz enquête avec Wilson et découvre une horreur sans nom.
Hadamar est un lieu qui a réellement existé. Si l'auteur romance les faits, elle a aussi enquêté sur ce lieu terrible. L'asile d'Hadamar a été la première pierre portée à l'édifice nazie de la déshumanisation et de la négation de l'Autre. Oriane Jeancourt Galignani narre ici une réalité terrible, au-delà de l'horreur. Elle fait vivre au lecteur un processus qui donne la nausée.
Mais au-delà de cette intrigue, elle pose la question de la soumission, de l'action. Tout le monde savait à Hadamar ce qu'il se passait. Les bus parvenaient aux portes de l'asile pleins à craquer et repartaient toujours vide. La rumeur enflait. Qu'ont fait tous ces gens qui voyaient, qui entendaient, qui sentaient? Pourquoi ont-ils fermé les yeux? Qui sont les coupables? Les nazis ou la population?
L'auteur réussit le pari de nous amener sur le terrain de l'indicible, de l'innommable sans jamais tomber dans le voyeurisme, sans jamais porter de jugement sur ceux qui n'ont rien fait car qu'aurions-nous fait à leur place? Son personnage Franz est touchant, à la recherche de ce fils perdu, prodigue. Wilson, hanté par sa soeur malade Emma, tente de venger tous ces malheureux pour que personne n'oublie qu'un jour, ils ont été. C'est beau, puissant, terrible et hélas, vrai!
Avec Hadamar, Oriane Jeancourt Galignani nous plonge dans un roman d'une puissance inouïe. Cette histoire m'a bouleversée du début à la fin. Sans concession, elle nous ouvre les yeux sur une période noire qu'on aimerait enfouir dans les mémoires et penser que rien de cela ne s'est jamais produit. Bienheureusement, l'auteur est là pour nous faire voir jusqu'où l'horreur a pu aller, pour ne jamais oublier.
Lien : https://carolivre.wordpress...
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Citations & extraits (5) Ajouter une citation
Annette55Annette5503 juillet 2017
"Ils assistaient à la violence des SA, aux manoeuvres des donneurs de crédit du NSDAP, aux manifestations à croix gammées grossissant de semaine en semaine comme des truies gavées de graines qui prenaient possession de leurs rues éteintes.
Mais "Rien "ne suggérait la vitesse avec laquelle la pensée nazie s'installa dans les cerveaux, domina l'instant, devint réflexe : l'agilité des prestidigitateurs nazis....Franz l'a enfin compris une nuit de février 33..."
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Endymion_70Endymion_7016 janvier 2017
Pour deux crématorium, il facture une journée pleine. Le soir, il raconte à sa femme ce qu'il a vu dans le sous-sol, il ne se sent pas très bien, mais qu'est-ce que tu voulais que j'y fasse? A nul instant, entre lui et son épouse, ne sera évoquée la possibilité de sabotage. Ni de dénonciation.
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Annette55Annette5505 juillet 2017
"Toute société se juge à la manière dont elle traite ces hommes, femmes, enfants, ces esprits en fuite qui n'ont d'autre choix que d'être pris en charge par elle.
Tout homme se mesure à la manière dont il appréhende la folie, l'étrangeté, la faiblesse."
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DOMSDOMS05 mars 2017
- Vous savez pourquoi la fée électrique sait tout ce qu’il va se passer ? […]
- Parce qu’on lui a mis de l’électricité dans la tête, c’est pour ça qu’elle voit des choses. C’est magique. Mais elle le dit à personne, elle a pas le droit. Les fées électriques, s’ils les attrapent, ils les laissent pas repartir. C’est pour ça que c’est un secret, et que sa maman l’a enlevée de chez les fatigués.
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SZRAMOWOSZRAMOWO26 février 2017
La foule se répartit sur les côtés de la route, deux jeeps américaines passent, conduites par des gars à tête de charcutier. Les mêmes soldats, il y a près de cinq mois, sont entrés à Dachau, ont pénétré les baraquements, les ont déclarés libres de partir. War is over for you ! Puis ils se sont tus, et ont regardé lorsque Franz et les autres prisonniers ont achevé à la corde leurs adieux aux bourreaux. Comme on observe les hyènes dévorer les restes d’un rat, assuré d’appartenir à une autre espèce. Franz sent la supériorité de ces hommes à faces rondes, si bien nourris. L’empathie de quelques-uns, l’incompréhension de la plupart. Il y a encore quelques années, il aurait essayé de leur parler, de son mauvais anglais il se serait fait comprendre. Il leur aurait dit ce qu’il avait lu de leur presse, ce qu’il sait du Texas et de New York, ce qu’il espère de leur force. Il aurait pu les voir en libérateurs. Il aurait suffi qu’ils arrivent plus tôt. Mais aujourd’hui, ces types bien, avec leurs uniformes ajustés et leurs briques de lait, sont des guignols parachutés dans leur marasme.
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Videos de Oriane Jeancourt Galignani (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Oriane Jeancourt Galignani
table ronde mars 2017 .Le magazine TRANSFUGE propose chaque mois une table ronde filmée avec ses critiques cinéma Damien Aubel, François Bégaudeau, Frédéric Mercier et Sidy Sakho. Ce débat est animé par Oriane Jeancourt Galignani, Rédactrice en Chef Littérature au magazine TRANSFUGE. Ce mois-ci: Grave de Julia Ducournau Loving de Jeff Nichols La femme qui est partie de Lav Diaz Mars 2017
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