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EAN : 9782918602170
95 pages
Éditeur : Les Editions du moteur (06/10/2011)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 20 notes)
Résumé :
En pleine faillite, harcelé par les créanciers et les liquidateurs judiciaires, Philippe a décidé d'aller prendre un grand bol d'air chez ses parents, des agriculteurs avec lesquels il pense plus rien avoir en commun.

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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  04 août 2015
Un vent glacial pour l'accueillir mais personne sur le quai de cette gare qui lui semble plus petite. Depuis le départ du train, le silence règne. Il reconnaît alors le bruit de la voiture bien avant de la voir. Son père prend le temps de s'en extraire, s'approche de son fils, Philippe. Une poignée de main pour tout salut, comme s'ils s'étaient pas vus de la veille. Dix kilomètres pour atteindre la maison, une maison en pleine campagne, loin de tout, et sa mère est là, dans la cour, à faire de grands gestes enthousiastes. Récupéré et entouré à pleins bras, l'étreinte le met mal à l'aise. Un coup d'oeil sur la maison, le jardin maintenant qui fait n'importe quoi. L'odeur du bon poulet fermier accompagné de purée se dégage de la cuisine. Sa mère est évidemment contente de retrouver son fiston. Mais, lui est juste venu pour quelques jours. Se ressourcer, prendre un bol d'air. Il a laissé ses soucis à Paris...
Quand tout va mal, qui n'a pas envie d'aller se réfugier dans la maison de son enfance ? Aller retrouver ses parents qu'on délaisse sans s'en rendre compte ? Redécouvrir les paysages de sa jeunesse ? Philippe, gérant d'une entreprise à Paris, revient sur les traces de son passé et retrouve des parents vieillis. Des retrouvailles timides, les raisons de sa venue cachées mais des parents toujours les bras ouverts, si heureux de voir leur fils qui redevient par là-même un adolescent. Serge Joncour dépeint tout en délicatesse et justesse ce retour aux sources. Il se dégage tant de sensibilité, d'amour et de tendresse dans ce petit roman qu'évidemment on voudrait prolonger ce séjour à la campagne. Les non-dits sont éloquents, les gestes maladroits parfois mais l'amour est là, presque retenu. Porté par une écriture délicate et douce, ce roman fleure bon les parfums de l'enfance.
Quel Bol d'air !
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Crossroads
  15 août 2015
Il la sent passer la crise. A tel point que sa boîte a fait faillite et que les liquidateurs judiciaires sont aux abois.
Lui, c'est Philippe. Pas qu'il soit au bord du gouffre mais l'imitation a de la gueule.
Faire le point, ouais, la meilleure idée qu'il ait eu depuis un bon bout de temps. Et quoi de mieux, pour se faire oublier, que de renouer avec ses racines et rejoindre ses vieux à la campagne.
L'amour est dans le pré?
Pas vraiment. Faudrait pour ça que le fiston ait le courage d'accepter ce qu'il est finalement, un fils de paysans. Un gars de la terre, à mille lieues de l'image qu'il s'efforce de véhiculer dans son costume trois pièces.
Un court récit du terroir qui fleure bon l'enfance retrouvée malgré des rapports filiaux toujours aussi complexes.
Se retrouver, se réapprivoiser, oublier les vieilles rancoeurs, faire table rase du passé.
Accepter enfin d'être plutôt que de paraître.
Le programme est audacieux, la démonstration imparable.
Je sais pas vous mais moi, je reprendrai bien une p'tite bolée de Joncour.
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Ziliz
  29 août 2015
Voilà deux ans que Philippe n'a pas rendu visite à ses parents, au fond de leur campagne, à cinq heures de train de Paris. Allez, un petit effort, il y va, malgré son emploi du temps surbooké d'homme pressé - version officielle pour la famille, en réalité il a besoin d'un bol d'air. Rapidement, son père l'agace : « A chaque fois qu’il retrouvait son père, il ressentait ça, d’abord une affection, d’abord il le trouvait cocasse, presque amusant, puis très vite, au bout d’une heure ou deux, d’un coup ça se gâtait et il ne pouvait plus l’encadrer. » Par contre, sa mère, eh bien c'est la maman d'un fiston, quoi, alors elle est aux petits soins pour lui. Philippe savoure sa douceur réconfortante, l'odeur de lessive des draps propres, les petits plats qu'elle lui prépare. Quitte à régresser et à se retrouver comme à quinze ans : infantilisé, dépendant, jugé, critiqué par ses parents... et espionné.
Entre roman et nouvelle, cette histoire en huis clos amuse d'abord, puis met mal à l'aise. La plume de Serge Joncour me plaît toujours autant - humour tantôt grinçant, tantôt doux (et un peu triste), grande finesse d'observation des protagonistes et des situations, tendresse moqueuse pour ses personnages et pour la campagne. Avec ici en prime, un charme suranné façon Maupassant, à la fois dans le ton, dans le décor et les thématiques (province vs Paris, "paysans" vs hommes d'affaires). Je me suis régalée sur les deux premiers tiers, puis mon intérêt a faibli face à la tournure prise par les événements. J'attendais plus de surprises, sans doute. Une fois la dernière page lue, je pense donc qu'il s'agit plutôt d'une nouvelle si je compare aux romans de Joncour que j'ai lus (plus construits, plus étoffés), et je trouve qu'elle ne tient pas tout à fait ses promesses...
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wartenkaplan
  16 mars 2014
95 pages ! C'est agréable un petit livre ! On l'ouvre à 20h00. On le referme à 21h20. L'auteur a eu la délicatesse de ne pas nous empoisonner avec des descriptions ou des pensées qui allongent les chapitres.
C'est technique, un petit livre. Donc c'est court ! Ecrire l'essentiel de l'intrigue dans quelques pages.
Pas facile à écrire un petit livre. C'est un travail que seul un dilettante peut réaliser car par économie, il concentre sa phrase avec les seuls noms, verbes, compléments qui suffisent à décrire un paysage, à exprimer un sentiment ou une idée !
C'est aussi contemporain, un petit livre. Un film, une pièce de théatre, un spectacle durent de 1h30 à 2h00 ! Et tout est dit dans ce temps ! Alors pourquoi un livre ne pourrait-il pas nous offrir la même chose ?
C'est la 1ère fois que je lis un livre aussi petit depuis les classes primaires.
Bol d'Air ! le titre va bien !

Quand on va à la campagne, c'est pour prendre un bol d'air ! Rien qu'un bol ? le contenant n'est pas grand ! Comme si l'air venait à manquer ! Sommes-nous devenus si nombreux sur terre qu'il faille contingenter les volumes d'air disponibles à chacun ?
Ou bien notre capacité respiratoire s'est-elle réduite au point que nous ne pouvons prendre qu'un bol ?
Ou bien alors, le temps ! Vite, toujours plus vite ! Zapper heures et minutes. Alors, nous n'avons le temps que pour un bol ! Combien cela prend-il de temps un bol ? 3 secondes ?
Un bol d'air, ça sent l'angoisse, l'exaspération !
Un être équilibré respire ! Un anxieux prend un bol d'air !
Ça peut être thérapeutique ! "Je vous prescris 3 bols d'air, à prendre matin, midi et soir avant chaque repas, pendant 1 semaine!" " Bien docteur !"
Est-ce que ce sera suffisant pour bien oxygéner le sang afin d'assurer son transport dans les tissus ? Pas sûr ! Mais comme un bol d'air, c'est toujours pur, on peut espérer.
Joncour a écrit un bon petit livre ! Une sorte de nouvelle longue qui raconte le retour d'un homme vers sa famille suite à un désastre professionnel.
Philippe, le fils et héros du roman. Il est ruiné. Il part visiter sa famille espérant trouver là-bas quelque chose qui…. Il ne sait pas très bien quoi après tout !
Le père, retraité agriculteur, (les bobos disent "paysan » depuis qu'ils visitent la Foire Agricole de Paris), barbouilleur à ses heures. Son modèle est russe.
Est-ce qu'il la peint nue, l'histoire ne le dit pas, mais son oeil ne perd rien des formes de la fille. Hâbleur, avec son copain toubib nostalgique de l'Indo. Il aime la terre et les fougères. Il recherche une complicité avec son fils à base de crottin et de visite d'élevage de chevaux. C'est viril, un cheval. Il y a des relents de Jument Verte.

La mère, épouse du retraité agriculteur , femme d'intérieur, vive et active. Elle aime cuisiner et faire le lit au carré. Et plaquer de gros bisous. Et surtout elle aime s'occuper de ce qui ne la regarde pas et en particulier de ce que son fils Philippe lui cache: sa ruine et son désespoir. Elle se substituera à lui en tout et deviendra sa secrétaire de l'ombre.
Nadège (c'est la russe - curieux prénom pour une russe ! Pourquoi pas Anastasia ou Natalia) se crème la poitrine en passant ses doigts sous le tissu du haut de maillot. C'est très sensuel. Philippe le remarque. Il met son désir en berne et n'en fera rien.
Les russes, elles se marient via une agence internationale, débarquent en France, découvrent après quelques mois de vie commune que la vie est plus drôle à l'extérieur. Et donc foutent le camp. C'est ce qu'a fait Nadège.
Le fils est accueilli comme un fils. Fils prodigue ? Qu'as-tu fait de tes talents (Evangile selon St-Matthieu, chap. 25, versets 14 à 30) ? Joncour ne va pas jusque là !
Philippe va se reposer, écouter son père et sa mère, bricoler et faire quelques travaux des champs. Il va prendre de la distance et essayer de résoudre ses problèmes.
Il y a du scénario dans ce bouquin, une action qui se passerait entre le Cantal, Paris et Deauville.
Et dans l'écriture une vague parenté avec un Michel Audiard qui aurait policé son verbe en restant dans la même couleur.
Quelques bonnes raisons de ne pas retourner chez ses parents quand nous affrontons un gros problème:
- S'ils sont retraités, il y a des chances qu'ils ne comprennent plus rien à l'évolution du monde, genre, " c'était mieux avant ! Laisse tomber" ou bien "Pourquoi tu restes pas, c'est mieux içi ?"
- Ils nous achètent une paire de charentaises;
- Ils nous revoient comme le petit enfant que nous étions: risque de régression grave;
- régression à un point tel que le désir et la sexualité reste enfouis au fond de l'être. En fait on a plus besoin de ces 2 trucs qui n'amènent que désillusion et malheur;
- Si on séjourne trop longtemps, ils nous prennent vite pour un domestique puisque on est logé, nourri et blanchi gratis;
- on est tellement bien qu'on se prend à rêver que les problèmes vont se résoudre comme par enchantement.
Ce qui ne sera pas le cas !
Alors, fuyons la famille ! A toutes jambes !
Ou bien, allons la visiter quand on n'a rien a lui demander !
Bon, j'ai été un peu long pour un livre si court, mais j'ai bien aimé la déambulation désabusée-amère de Joncour dans l'âme humaine.




Lien : http://antochariscardaminess..
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Seraphita
  22 avril 2013
Les affaires de Philippe vont mal : les créanciers sont à ses trousses, la liquidation menace. Pour faire face aux troubles que la vie sait distiller, rien de tel qu'un bon bol d'air. Philippe a décidé d'aller retrouver ses vieux parents, agriculteurs retraités, qui vivent loin de tout, au milieu de la nature. Dès les premiers instants, il sent monter en lui un arrière-goût d'adolescence avec son lot de colère sourde et une envie tenace de partir d'un cocon qui l'étouffe, tout autant qu'il protège. Il se l'est bien dit avant de venir, il ne restera dans ce trou que quelques jours…
« Bol d'air » est une oeuvre qui sait mêler subtilement la férocité et la tendresse : l'auteur dresse un portrait sans concession de chaque protagoniste, appuyant sur chaque défaut par petites touches de mots précis et incisifs. Et le « Bol d'air » devient enivrant, le lecteur redécouvrant avec Philippe la neige et la dentelle qu'elle coud au sommet des arbres, les saisons qui s'enchaînent et leur lot de promesses et réjouissances. Et ce lieu sait retenir les êtres, les souvenirs. Il érode les projets, émousse la temporalité, aplanit les émotions : les journées s'écoulent au rythme du présent, l'ailleurs d'une vie autre disparaît peu à peu, étouffé dans la protection du foyer. Dans ce concentré de 100 pages, la gare fait figure de point de départ et de clôture, dans lequel la question du sens se pose de manière cruciale. « A l'anticiper comme ça, il était ravi de son voyage, même s'il hésitait sur le sens, savoir s'il s'agissait bien plus d'un départ que d'un retour, ou bien plus d'un retour que d'un départ » (p. 93).
Une oeuvre douce-amère sous la plume d'un talentueux Serge Joncour.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   04 août 2015
A chaque fois qu'il retrouvait son père il ressentait ça, d'abord une affection, d'abord il le trouvait cocasse, presque amusant, puis très vite, au bout d'une heure ou deux, d'un coup ça se gâtait et il ne pouvait plus l'encadrer. Tout ce qu'il voulait, c'était faire demi-tour et rentrer à la maison, retrouver la mère et la douce éternité de son parfum de la voir, par caprice se faire plaindre, téléphoner devant elle, l'apitoyer selon les schémas convenus de l'absolution maternelle, jouer sur la fibre bien connue de la miséricorde, comme s'il suffisait qu'elle soit là pour que tout s'arrange.
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ZilizZiliz   29 août 2015
Son domaine, au cousin, c’étaient les chevaux, et apparemment c’était considérable, à croire que ce type-là n’était ni plus ni moins que l’orgueil de la famille. Longues rênes, trot ramené et le fameux pas de trois du commandant de La Guérinière, un véritable expert. Il paraît d’ailleurs qu’il parlait à ses bêtes. Un genre d’artiste, de poète concret, une autre forme de résistance heureuse de ce Moyen-âge qui n’en finit pas de nous hanter. Le Henri louait ses bêtes et sa science pour dépanner tel ou tel dans le coin, et au lieu de passer pour un arriéré, le cousin était bel et bien perçu comme un précurseur, d’ailleurs puisque le gasoil était si cher, certains agriculteurs y revenaient, au cheval, au nom d’une écologie retrouvée. Et pourtant, en voyant l’autre se ramener avec sa chaise dans une main et sa bouteille dans l’autre, et un solide saucisson qu’il tenait entre les dents, on avait un mal fou à se dire que ce type-là c’était l’avenir.
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marina53marina53   04 août 2015
A laisser des grands laps de temps entre soi et les autres, l'âge se fait encore plus accusateur. S'il la voyait plus souvent, sa mère, elle, ne changerait jamais, elle glisserait imperceptiblement d'un âge à l'autre sans même qu'il s'en rendît compte, ce fameux processus clandestin qui fait qu'on ne voit pousser que les enfants des autres, et qu'on ne vieillit que de loin.
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ZilizZiliz   28 août 2015
Et toujours cette curieuse manie de pomper du pied comme du temps de la manivelle, et de tourner la clef de contact comme si l’on dût douter du résultat. Là-dessus, un coup terrible de démarreur et la vieille Ford partit abondamment sur place, escamotée par son propre nuage. Le père commença minutieusement la manoeuvre, tout en surrégime, butant sur un tas d’obstacles abstraits, sans s’énerver, reprochant juste à ce genre d’engins d’être bien moins maniables que les chevaux. [...] En plus de la voiture, ce qui n’avait pas changé, c’était cette disproportion entre le bruit du moteur et la vitesse rendue. C’en était déconcertant.
(p. 8)
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marina53marina53   05 août 2015
Les flocons tombaient sur lui comme dans une boule de Noël, il levait la tête au ciel pour mieux goûter cette douche céleste, il donnait l'impression de décoller onctueusement vers le haut, lentement aimanté par son baldaquin de nuages.
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