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EAN : 9782879295541
272 pages
Éditeur : Editions de l'Olivier (21/08/2008)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.27/5 (sur 280 notes)
Résumé :
Jean-Paul Dubois retrouve le souffle romanesque d’ Une Vie française dans ce livre qui devrait enthousiasmer ses fans. Aucun des « fondamentaux » ne manque à l’appel : Toulouse, un anti-héros (Paul Stern) et son épouse (Anna), un père encombrant, l’actuel président de la République, l’Amérique, les bateaux, les petits-enfants, etc. Cette fois, Jean-Paul Dubois nous conduit à Hollywood. Paul doit y réécrire le scénario d’un film dont il est l’auteur, pour le compte d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (49) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  31 août 2016
Dans les Accommodements raisonnables, quel beau titre, Jean-Paul Dubois triture durant un an et douze chapitres, de février 2007 à janvier 2008, la vie d'un homme, Paul Stern, arrangeur de scripts, adaptateur de romans pour le cinéma, qui se définit "comme un pur produit de ce monde falsifié, l'un de ses artisans même, sorte d'anesthésiste chargé d'endormir le réel, de le réduire à sa plus petite dénomination commune ".

Fidèle à ses thèmes obsessionnels, l'auteur explore les liens invisibles qui relient Paul aux membres de sa famille ressentie comme un fardeau, une maladie génétique : Alexandre son père, Anna son épouse, ses enfants et petits-enfants, et analyse tous les compromis nécessaires au maintien de la cohésion du groupe, ici nommés si justement "accommodements raisonnables".

Février ouvre le roman, avec d'une part la mort de Charles, oncle de Paul, dont la crémation est un bijou d'humour noir littéraire. Sa mort a d'étonnants pouvoirs sur Alexandre, dont elle transfigure l'existence, la conscience, les espérances et les perspectives, faisant de lui l'héritier d'une immense fortune qui inclut la compagne du défunt ; il y a d'autre part, l'internement volontaire d'Anna, épouse de Paul, harassée par le plus insidieux des maux, le dégoût de soi et la fatigue d'être. Soumise à une cure de sommeil, elle est inaccessible à ses proches durant plusieurs mois.

Dans ces conditions de déliquescence conjugale et familiale, Paul accepte un contrat de french script doctor à Hollywood, où derrière les décors de carton pâte, papillonnent dans des villas clinquantes, des êtres englués dans le paraître, les drogues, les fêtes. C'est là que Paul croise Selma et noue avec la jeune femme qui ressemble étrangement à sa femme, une affectueuse relation sexuelle.

Jean-Paul Dubois, auteur lucide et désabusé, en funambule sur des lames de rasoir, oscille constamment entre le rire et les larmes. Il donne vie à des héros ordinaires, un peu dépressifs, un peu inadaptés, toujours équipés du sens de l'humour, d'une distanciation à toute épreuve, de la conscience du dérisoire de leur vie. Ils les confrontent à des situations décalées, absurdes, inattendues ou saugrenues, quelquefois désopilantes, mais dans lesquelles affleurent toujours la douce-amertume, la mélancolie, exacerbées par l'élégance de son écriture.

Les scènes au cours desquelles, Paul, terrassé par le décalage horaire et les compétences sexuelles de Selma décuplées par d'innombrables substances, est réveillé par les appels matinaux et impromptus de son père, pour lui annoncer la mort de Raymond Barre ou le divorce de Sarkozy sont de savoureux sketches incrustés dans le roman. L'élevage du Kombucha, les soins et la tendresse à lui prodiguer, le genre de musique qu'il doit écouter, les mots doux à lui susurrer, sont des morceaux d'anthologie. Ah ? Vous ne savez pas ce qu'est le Kombucha ? Voilà une raison supplémentaire pour lire les Accommodements raisonnables.
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cecilestmartin
  31 août 2015
Un roman dont on ne sort pas indemne, quand on a sensiblement l'âge du narrateur, Paul Stern. Son monde se défait : sa femme Anna est dans une dépression profonde, elle passe ses journées couchée, ailleurs, inaccessible, ne partageant plus rien, ni avec lui ni avec ses enfants. La maladie est ici décrite avec finesse et sensibilité et on perçoit bien qu'elle laisse les uns et les autres complètement démunis. le personnage du psychiatre est bien vu, en surplomb, pas vraiment aidant pour le reste de la famille. La dépression, dont personne n'est à l'abri, qui s'abat sur vous sans crier gare. Anna met d'ailleurs en garde son époux :" Ce n'est pas une maladie, c'est une modification des perspectives. Sache que tu n'es pas très loin de l'endroit où je me trouve, tu es vraiment à deux pas. Mais tu ne t'en rends pas compte". Son détachement est glaçant...
Il y aussi son père (personnage très drôle, ma foi, qui apporte un peu de légèreté à l'ensemble) qui, héritant de son frère haï, oublie tous les principes qu'il avait alors érigés (et imposés) en ligne de conduite et qui se comporte comme un "nouveau riche", dépensant avec jubilation et plus encore...
Paul est donc un peu déboussolé et accepte avec soulagement la proposition d'un producteur de travailler sur le remake d'un scénario à Hollywood. le travail en lui-même est peu attractif, il s'agit d'une commande prétexte, mais permet à Paul de prendre un peu de champ. Il va faire une rencontre - qui va beaucoup le troubler - avec Selma, jeune femme qui ressemble à s'y méprendre à Anna quand il l'a rencontrée.
L'histoire entre Selma et Paul ne constitue pas pour moi le coeur du livre. Elle est un prétexte à l'introspection, à la recherche d'une nouvelle direction à donner à sa vie. Elle est l'occasion pour Paul de réinterroger qui il est - entre un père qui dans les dernières années de sa vie donne un cap inédit à sa vie et une femme à qui plus rien ne l'attache. Reste ses enfants et surtout ses petits enfants, avec qui il partage une complicité vraiment touchante.
Ce n'est pas un livre très gai pour dire la vérité. Les accommodements raisonnables dont il est question ici, ce sont tous les petits compromis que nous faisons avec nous-mêmes et les autres et qui nous éloignent de nos désirs les plus profonds, de nos aspirations initiales. Ces accommodements qui nous coûtent mais sans qui il est impossible de vivre en société, qui constituent un peu le deuil de l'idéal de chacun. Heureusement, le propos est aussi plein d'humour et certaines scènes sont irrésistibles, notamment celle de l'enterrement de Charles, très réussie je trouve.
A lire quand on est en forme !
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sweetie
  12 septembre 2019
Jean-Paul Dubois est, pour mon mari et moi, une valeur refuge dans la littérature contemporaine. Jamais déçus par aucun de ses livres lus jusqu'à présent, ma tendre moitié est allé rafler tout ce qui restait à lire à la bibliothèque municipale. Maintenant, nous voilà embarqués pour une série Jean-Paul Dubois tous azimuts.
Les accommodements raisonnables, un terme qui est souvent associé au débat sur la laïcité de l'État, ici se transpose dans la vie conjugale et familiale de Paul Stern. Auteur réputé pour remettre sur les rails des scénarii en difficulté, Paul se définit lui-même ainsi : « J'étais un travailleur de l'ombre, un saboteur de propositions, corrigeant en douce des versions pour le compte d'un patron qui, par tactique, avait décidé de ne plus s'opposer frontalement à ses scénaristes. »
Son séjour d'un an à Los Angeles dans le milieu du cinéma hollywoodien lui offrira l'occasion de transformer le cours de son existence mais aussi de prendre conscience de ses manquements marital et parental.
Jean-Paul Dubois est un fameux conteur doublé d'un écrivain de haut vol; apparenté à Michel Houellebecq par les thèmes traités dans ses romans, il me semble néanmoins plus optimiste et plus débonnaire que ce dernier dans son analyse humaine.
Et un humour ironique toujours présent en filigrane ; j'ai beaucoup ri de sa description du Kombucha, « sorte de champignon plat évoquant un pancake, flottant dans une infusion brunâtre à base de thé », dont « le jus de ces entrailles, une sorte de mauvais cidre » « puait la vinaigrette avariée », un « jus tiédi, méduse théinée », « vieux viscère dans du formol frelaté ». Une pure délectation de lecture!
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kouette_kouette
  26 septembre 2017
Après avoir lu « La succession » de Jean-Paul Dubois j'ai voulu découvrir l'univers de cet auteur puisque je savais qu'il laissait une fenêtre grande ouverte sur ses obsessions via ses bouquins.
Aurais-je la chance de faire partie des nombreux adeptes sensibles à son univers ?
En refermant « Les accommodements raisonnables » je ne peux m'empêcher de faire un parallèle entre les deux livres.
Que de similitudes !
Personnage masculin originaire de Toulouse. Relation père-fils singulière. Fuite aux États-Unis. Grève générale de tout un métier. Retour en France au goût amer.
On retrouve également le thème de la dépression et des non-dits au sein d'une famille.
La plume est toujours aussi fine et mélancolique.
Mais !
Mais je ne suis pas du genre à m'accommoder d'un final qui tombe à plat. Avec le dénouement de « La succession » l'auteur m'avait prise aux tripes alors qu'ici, il me laisse dubitative. Voire indifférente. Oui, carrément.
Peut-être est-ce dû en partie au fait que le narrateur exerce le métier de scénariste, métier qui n'éveille rien en moi ?
Remarquez, j'ai peut-être tout simplement mal choisi le livre pour continuer à découvrir cet auteur. Ballot.
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Seraphita
  20 mai 2009
Paul Stern vit à Toulouse, entouré d'une famille en mutation : son père, Alexandre change de mode de vie du jour au lendemain, suite au décès de son frère, dont il hérite de sa fortune, de ses bateaux ainsi que de sa femme ; son épouse, Anna, s'enfonce dans une dépression qui l'amène à être internée. Face à ces destins qui lui échappent, Paul profite d'une occasion professionnelle – redonner vie au script d'un film – pour se rendre plusieurs mois à Hollywood. Il découvre une nouvelle vie, faite d'apparences, d'apparat et de faux-semblants. Jusqu'au jour où il croise subrepticement Selma, le sosie parfait d'Anna quelque trente années plus jeune…
Il s'agit du roman des accommodements raisonnables, c'est-à-dire de toutes les compromissions, conciliations, arrangements pour édulcorer le quotidien, le rendre plus acceptable, à l'image d'Alexandre qui adopte un nouveau mode de vie, après toute une existence passée à dénigrer ce style de vie qu'affectionnait son frère, à l'image de Paul qui préfère fuir sa femme malade pour mieux la retrouver aux Etats-Unis, sous forme d'un reflet rajeuni, mais qui s'avère écorché également. Nous retrouvons dans ce roman le style de Jean-Paul Dubois, avec son humour grinçant et ses obsessions : les tondeuses à gazon, les voitures de collection, la pêche, le vélo, l'avion... L'auteur nous présente une saga familiale désopilante, avec sa panoplie d'anti-héros, dont les situations adressent un clin d'oeil à l'histoire d'« Une vie française » (même prénom, Paul, pour le personnage principal, même prénom pour sa femme, Anna, pour sa fille, Marie, la thématique de la folie et de l'internement…).
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Citations et extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
PsychikFabPsychikFab   09 septembre 2020
Il s'appelait Éric Balshaw et possédait la beauté nébuleuse caractéristique de ces médiocres acteurs dont on ne se rappelle jamais le nom. Il était à l'âge charnière où l'on pouvait encore deviner l'enfant imbuvable qu'il avait été et voir déjà poindre le sale con qu'il s'apprêtait à devenir.
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urbanbikeurbanbike   04 janvier 2009
Selma se rua vers la poche où gisait le champignon, le saisit délicatement et le transporté jusqu'à l'évier, le nettoya, puis m'ordonna de prépare du thé sucré et de retrouver un autre bocal. Je m'exécutai comme l'eût fait un assassin d'enfant et rapportai un saladier en verre dont je me servais d'habitude pour préparer du guacamole et de la laitue. Elle prit le nouveau-né sauvé des détritus et le plongea dans son bains. puis, comme une infirmière consciencieuse et aimante, elle regarda s'opérer la lente résurrection.

Cette contemplation béate me rendit soudain Selma détestable. Elle incarnait toute la pensée désaxée de ce pays, cette espèce de religiosité spongieuse, de verroterie spirituelle, de macédoine sociale — avec des pauvres pour ramasser les merdes des chiens, des vieux pour garer des voitures, Edwards pour livre des pizzas, une remède cheval pour calmer Efrain, et des champignons pour guérir les angoisses vertébrales, C4-C5 incluses. Ce pays était une secte, avec ses rites économiques et ses gourous fanatiques. Une colère informe m'envahissait.
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namelessnameless   30 août 2016
La distance possédait un pouvoir apaisant selon une règle d'une simplicité mécanique : plus on s'éloignait de ses problèmes, plus ceux-ci diminuaient en taille et en intensité.

Page 51
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kathykathy   19 juillet 2010
Quand je passais au-dessus d'une ville en avion, j'imaginais en bas, s'agitant sous ces toits minuscules, des millions de nano-existences qui mangeaient, dormaient, se disputaient, se montaient dessus, s'accrochaient les unes aux autres pour ne pas rester seules, pour donner un sens à toute cette merde, pour oublier la place infinitésimale que nous occupions, chacun, en ce monde. Le vol de nuit était un salutaire exercice de modestie qui permettait à peu de frais, et beaucoup plus rapidement que ne l'autorisait une analyse, de soumettre les prétentions de nos ego à la simple échelle de grandeur qu'offraient nos vies lorsqu'on les regardait à 35 000 pieds au travers d'un hublot de cabine économique.
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namelessnameless   01 septembre 2016
Pourquoi les milliardaires adoptaient-ils toujours le mauvais goût des empereurs et éprouvaient-ils le besoin irrépressible, d'enluminer, de dorer ce qui déjà suintait l'argent ?

Page 146
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Videos de Jean-Paul Dubois (32) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Paul Dubois
Rencontrez les plus grands écrivains de notre temps et les oeuvres qui éclairent le monde d'hier et d'aujourd'hui.
"Car je ne puis trouver parmi ces pâles roses, une fleur qui ressemble à mon rouge idéal." Charles Baudelaire
Ces vers de Charles Baudelaire prennent une résonance particulière chez de nombreux écrivains et intellectuels contemporains. Les grands livres de cette année ont tous quelque chose à voir avec la soif d'idéal qu'un autre poète, plus pop celui-là, chantait au milieu des années 90. Mais qu'en reste-t-il, aujourd'hui, de cette soif d'idéal dans un monde marqué par le pragmatisme et la raison ? En quoi la littérature, le cinéma, la musique, mais aussi les sciences humaines et sociales permettent-elles de préserver cette part d'utopie, de rêve, d'exigence individuelle et collective nécessaire à toute société ? Et si l'imaginaire, la fiction, l'enquête poétique et l'aventure intérieure que représentent les livres étaient l'une des ultimes fenêtres ouvertes sur l'idéal ? Autant de questions d'ordre collectif que l'on retrouve dans les romans d'écrivains comme Laurent Binet, Jean-Paul Dubois, Sylvain Prudhomme, Cécile Coulon ou Jonathan Coe. Avec un écho permanent à l'idéal intime, l'idéal de grandeur et d'épanouissement (ne sommes-nous pas plus grands que nous ?) mais aussi l'idéal amoureux, l'idéal spirituel, l'idéal de vie ou la vie idéale en somme, qui, à défaut d'être vécue, vaut le coup d'être inventée.
Yann Nicol Directeur de la Fête du Livre de Bron.
La 34ème de la Fête du Livre de Bron se déroulera du 12 au 16 février prochain à Pôle en Scènes/Espace Albert Camus, La Ferme du Vinatier, la Médiathèque Jean Prévost de Bron, l'Université Lyon 2 et l'Hippodrome de Bron-Parilly. Découvrez les lieux et la programmation complète sur http://bit.ly/fetedulivredebron2020
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©Pierrick Servais
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