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EAN : 9782812606168
192 pages
Éditeur : Editions du Rouergue (08/01/2014)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 193 notes)
Résumé :
Un jeune homme réussit à forcer la porte d'une romancière célèbre, Caroline N. Spacek, réfugiée en solitaire dans la campagne anglaise depuis plusieurs années. Très jeune, elle a connu une gloire littéraire rapide et scandaleuse, après une enfance marquée par la violence et la marge. Il finit par s'installer chez elle et recueillir le récit de sa vie.
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Critiques, Analyses et Avis (57) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
  27 février 2014
Buvard est un roman sur l'écriture et la lecture. C'était une recommandation d'un libraire rencontré au cours de l'émission La grande Librairie.
Une jeune femme sauvage, auteur de romans qui ont marqué le paysage littéraire, vit en recluse dans la magnifique campagne anglaise. Pourquoi fait-elle un exception et accepte t-elle de se livrer à un jeune étudiant fan de ses écrits? Lui-même a du mal à comprendre sa chance. Mais ils vont passer plusieurs semaines ensemble, au cours desquelles Caroline lèvera le voile sur les blessures de son passé et les chemins cahoteux qui l'ont conduite à exorciser son passé en écrivant. Les confidences de la jeune femme réactivent chez Lou les plaies de son passé.
La justesse de l'écriture confère au roman des accents d'authenticité, et il pourrait être tentant d'effectuer en quelques clics des recherches sur la vraie Caroline Spaceck : peine perdue, elle n'existe que dans l'imagination de Julia Kerninon, aux côtés du jeune interviewer. le rendu des émotions ressenties par les personnages est très réaliste et très convaincant. le huis-clos accentue la force des interactions entre les deux personnages principaux, renforçant l'intérêt du lecteur pour le propos
C'est un premier roman très prometteur, avec un sujet séduisant : les mécanismes de l' écriture, mais aussi les liens qui se tissent entre un lecteur et un auteur, et la faille qui peut se révéler lorsque ces liens fantasmés passent au crible de la rencontre tangible


Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Annette55
  28 février 2016
Un écrivain, à quoi ça ressemble?
On est happé par ce texte court, fluide et enlevé qui nous plonge dans un huit- clos saisissant entre Lou, le simple étudiant qui voulait savoir comment s'écrivent les livres, désireux-- nous lecteurs d'en savoir plus-- et cette femme " écrivain" Caroline.N.Spacek, diva de la littérature, recluse dans sa propriété de la campagne Anglaise, énigmatique, sulfureuse, silencieuse surtout , :"Mon silence est tout ce qu'ils ont à écrire".
"La littérature--- la Littérature est mon affaire---"
Caroline et Lou ont chacun un passé très douloureux qui les ronge, un passé envahissant leur présent à tout instant, qui risque de les paralyser.......
Le malheur est partout dans l'enfance de Caroline,"MES parents m'avaient élevée sans précaution---sans Amour"......."Ravaler cette histoire -- Faire du papier avec la démence insigne de mon pére, avec la peau de ma mére gorgée d'eau comme un sac en plastique ".
En fait nous sommes au coeur de secrets vertigineux, de faits invraisemblables, de jeux de miroirs , d' identités qui se brouillent .Ce récit nous immerge au coeur d'une somme inracontable et écrasante à la fois,oú l'on se déverse, l'on se confie, l'on s'épanche.......L'auteur nous plonge au plus profond du processus de création , à la recherche des codes secrets des portes blindées de la littérature.
Seuls comptent la perfection, la démesure, la douleur, l'excès........la violence aussi, l'inspiration et oú l'écriture devient salvatrice. Je n'en dirai pas plus........
Une écriture qui peut construire ou détruire une vie.....
Un texte entièrement dédié à la lecture et aux mécanismes de l"écriture qui balaie tout sur son passage et ne laisse personne indifférent .Un récit qui reconstruit une trajectoire ô combien minée et fêlée, le temps d'un été brûlant .
Une écriture envoûtante et riche au souffle puissant, surtout pour un premier roman!
Étonnant !
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Sando
  15 février 2014
Qui se cache derrière le nom de Caroline N. Spacek ? Un voile opaque entoure cette romancière à succès âgée de 39 ans, coupée du monde dans sa grande maison du Devon, en Angleterre. Un voile que s'apprête à lever le jeune Lou, tombé amoureux de son écriture et l'un des rares journalistes à avoir reçu le privilège de l'interviewer. Mais la rencontre qui ne devait durer qu'une journée va s'étendre sur neuf semaines… Deux mois durant lesquels le jeune homme va recueillir les confessions les plus intimes de Caroline, de sa jeunesse dans un milieu populaire où « les bouquins, c'étaient pour les tafioles », à sa rencontre avec le poète Jude Amos, son Pygmalion, son âme soeur, en passant par ses relations houleuses avec les hommes et aux trop nombreux drames de sa vie. Une vie tumultueuse et enflammée, qui laissera peu de place à autre chose que l'écriture. Une passion dévorante, exigeante et intraitable à laquelle Caroline se consacrera corps et âme, au détriment parfois de la raison…

Avec « Buvard », Julia Kerninon nous offre un premier roman bluffant et terriblement addictif ! le lecteur se retrouve happé par ce huis clos passionnant et inquiétant, dévoré par l'envie d'en découvrir plus sur cette femme intrigante et énigmatique. Une mise en abîme du roman, dans laquelle l'interview se transforme en véritable travail de biographe pour Lou qui, de simple admirateur, succombe petit à petit au magnétisme de Caroline et désire jouer un rôle dans sa vie. Une fascination douloureuse, obsédante, mais à sens unique, qui causera au jeune homme bien des tourments. Julia Kerninon nous plonge au coeur du processus de création, où seuls comptent l'inspiration et la perfection et où l'écriture est un exutoire. le style de l'auteur est enlevé, parfaitement maîtrisé et parvient à créer le suspens à chaque coin de pages, emprisonnant le lecteur avec une redoutable efficacité. Un premier roman très réussi, plein de talent et une jeune auteure à suivre !
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isabelleisapure
  02 octobre 2016
«Le dernier amour d'Attila Kiss », m'a donné envie de découvrir le premier roman de cette jeune auteure au talent certain.
L'histoire proposée dans « Buvard » m'a happée dès les premières lignes.
J'ai été sensible à la vie de Caroline N. Spacek, recluse dans la campagne anglaise jusqu'à la visite de Lou.
Le jeune homme est bien décidé à découvrir cette écrivaine dont il a lu tous les livres : « Lui faire ouvrir les doigts. Savoir ce qu'elle dissimulait au creux de sa paume ». Il a toujours été intrigué par cette femme encensée et scandaleuse dont les livres et les amours ont défrayé la chronique.
Et commence alors une rencontre exceptionnelle qui au lieu d'une après-midi initialement prévue, durera neuf semaines.
Neuf semaines pour raconter, neuf semaines pour comprendre.
Caroline se livre, Lou écoute.
« Buvard" est un très beau premier roman, à l'écriture mélancolique qui laisse voir une femme forte et brisée et livre une réflexion sur le processus créatif et la littérature.
J'ai été impressionnée par la fluidité de la langue et la maîtrise de la construction. Tout s'emboîte parfaitement et m'a tenue en haleine tout au long du récit. Un vrai régal.

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sabine59
  24 août 2016

Voilà un premier roman étrange, original et prenant, sous forme de huis-clos retranscrit par l'un des personnages.Il fait d'abord penser à " Hygiène de l'assassin" pour le thème: un écrivain face à quelqu'un venu l'interviewer mais là s'arrête la ressemblance.
Lou, jeune homosexuel de 19 ans est étudiant.Il est effectivement venu chez Caroline Spacek , dans le Devon,pour faire une interview de la célèbre et fantasque femme de lettres.Charmée par la sincérité maladroite du jeune fan ( il a lu tous ses livres), elle va se confier à lui , durant tout un été et reconstruire en sa compagnie sa fulgurante trajectoire d'écrivain.Mais comme l'écrit Lou: " Ce n'était pas si facile que ça d'interviewer un écrivain, puisque la vérité n'était jamais une base pour eux, mais plutôt une destination, puisqu'ils maîtrisaient si bien la fiction que tout ce qu'ils pouvaient imaginer sonnait vrai."
J'ai trouvé passionnante cette intrusion dans la vie de Caroline, qui permet d'assister à la naissance d'un écrivain,elle, la jeune fille de 19 ans, issue d'un monde inculte, violent, et qui, par hasard, en devenant la secrétaire improbable d'un poète brillant, Jude Amos, va se trouver confrontée au monde des mots.Et ce sera l'explosion d'un talent.Explosion, c'est le mot car l'univers agressif de ses livres subjugue et fait scandale à la fois.
J'ai été touchée aussi par le beau- mais fragile- lien qui s'établit entre Caroline et Lou, au fil des jours.Lui aussi a connu une enfance douloureuse et la misère sociale et il comprend mieux que personne ce qu'elle a vécu.
Les méandres de la création, les sortilèges de la fiction sont décrits de façon fort intéressante, dans un style brillant et tourbillonnant, à certains moments, en accord avec le tempérament tempétueux de Caroline: " Mon style, c'était la tristesse dans laquelle je me réveillais le matin, quand je pensais à Art, mon style, c'était de petites chambres d'hôtel dans toutes les capitales européennes,c'était les jardins royaux gelés, les blocs délavés à la dérive sur le Danube, couverts d'oiseaux, la neige bleue sous mes pieds,mon style, c'était une toque en fourrure et mes yeux qui pleuraient dessous."
Julia Kerninon est un auteur à suivre, c'est sûr ! Vivement son prochain livre...
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critiques presse (1)
Telerama   02 janvier 2014
Réussir à traiter de l'identification, de l'emprise, de la soumission, de l'admiration et de l'écriture dans un texte aussi court, aussi haletant, aussi fluide : joli coup pour un premier roman, écrit à 27 ans.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (60) Voir plus Ajouter une citation
syliresylire   18 février 2018
Comment vous parler de ce roman étonnant qui m'a happée dès les premières pages pour ne plus me lâcher ?

Je me lance...

Nous assistons au huis-clos surprenant entre une romancière qui s'est retirée du monde et un jeune journaliste qu'elle a accepté de recevoir chez elle, on ne sait trop pour quelle raison. Peut-être a t'elle a ressenti chez lui une faille similaire à la sienne ? La romancière, plus vraie que nature, est née de l'imagination de l'auteure. Elle s'appelle Caroline N.Spack et nous découvrons, au fil du roman, son étonnante existance.

Carrière et vie privée sont si intimement liées, chez Caroline N.Spack, que les deux se nourrissent mutuellement pour le meilleur et pour le pire. La découverte de cette alchimie bouscule le journaliste-reporter tout autant que le lecteur. Caroline brouille les pistes et ne se livre que partiellement mais le jeune journaliste, perspicace, finira par reconstituer le surprenant puzzle. Je n'en dirai pas plus pour ménager le suspens mais sachez que ce qui fait l'intérêt du roman, c'est plus encore sa construction que l'histoire en elle-même.

J'ai pensé, pendant ma lecture, au roman de Delphine De Vigan "D'après une histoire vraie". Les deux histoires sont très différentes mais les thèmes abordés sont au final assez proches. Il est question du mystère de la création littéraire, de l'autofiction, du rapport entre l'écrivain et son lecteur. Des sujets absolument passionnants pour la lectrice que je suis.

Buvard est le premier roman de l'auteure. Je découvrirai avec grand intérêt les deux suivants, dont j'ai lu le plus grand bien : "Le dernier amour d'Attila Kiss" et "Une activité respectable".

Une auteure à découvrir si ce n'est déjà fait.
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fanfanouche24fanfanouche24   19 mars 2014
Parce que les écrivains, ils étaient-fous-. Je l'ai su tout de suite. Dans les cafés, je les écoutais parler, et on aurait dit qu'ils mettaient un point d'honneur à t'expliquer à quel point ils étaient ineptes. Ils disaient tous la même chose, en boucle: -C'est une question de survie. Je ne sais faire que ça, écrire. Je ne suis bon qu'à ça. Je les trouvais à mourir de rire. Suicidaires et cinglés et contents de l'être. (p.45)
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StellarStellar   05 février 2015
Parce que ces soirs-là, je pensais à nos enfances. Elle avec son kiwi domestique et sa famille avide, et moi chez mes parents, au bord du périf, cerné de tous les côtés par les poings serrés de mon père, parce que j'étais homosexuel, quand j'étais petit déjà, je savais ça, et je savais que j'étais en danger de mort alors. Nous avions ça en commun, cette somme écrasante et inracontable. Aucun mot ne pouvait vraiment dire la tristesse de mon enfance et de la sienne. Le langage était un code trop articulé pour dépeindre nos saccages respectifs. Je nous voyais, elle et moi, reflétés sur l'écran opaque à la fin du film, comme des miraculés sur une photo de guerre en noir et blanc. Nous avions survécu, vraiment. Elle avait écrit des livres et j'en avais lus, et nous étions là. Nous étions là à parler comme si rien de grave n'était jamais arrivé.
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KittiwakeKittiwake   28 février 2014
Je suis un enfant parce que c'est le seul mot que je trouve pour dire combien c'est bon d'aimer les choses les plus infimes, d'en tirer du plaisir sans honte, mais aussi d'être soucieuse, comme les enfants seulement le sont, soucieuse, orageuse, légère.
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AproposdelivresAproposdelivres   14 février 2020
Elle avait tendu la main et je n'avais rien pu faire d'autre que lui remettre la machine. Elle s'était assurée de la présence d'une cassette, avant de presser le bouton REC d'un geste sûr.
Même ses mains étaient bronzées. Elle les avait croisées derrière sa nuque, comme pour me dire : Allons-y. Tu as voulu voir à quoi ressemblait un écrivain ? Je t'attends. Mais à ce moment-là, j'étais resté muet.
Comme si la regarder ne me demandait pas déjà toute mon énergie. Après tout, c'était la première fois de ma vie que je voyais un écrivain d'aussi près, et rien ne m'avait préparé à ça. Caroline me regardait aussi, et finalement, elle avait eu un petit rire.
- Et voilà. Vous êtes tous les mêmes. Vous m'envoyez vos atroces petites lettres qui me donnent l'impression que votre survie dépend de moi, je vous fais venir, je prends le temps pour ça, et une fois arrivés ici vous restez collés à me mater comme des imbéciles. Et c'est pathétique. Fais-le savoir, quand tu partiras d'ici. Va leur dire de ma part que je ne suis à personne d'autre que moi et que je ne réponds pas au téléphone. Que je ne donne rien et que je ne reçois plus personne. Moi non plus, je ne sortirai plus de mon lit pour moins de dix mille dollars - parce que dans mon lit, je travaille. Et il n'y a rien qui m'intéresse davantage aujourd'hui. Dis-leur. Et qu'ils me laissent en paix.
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Videos de Julia Kerninon (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Julia Kerninon
À l'occasion de l'Escale du livre de Bordeaux, Julia Kerninon vous présente son ouvrage "Ma dévotion" aux éditions Rouergue.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2241719/julia-kerninon-ma-devotion
Notes de Musique : Youtube Audio Library
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