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EAN : 9782812621482
320 pages
Éditeur : Editions du Rouergue (03/03/2021)
3.93/5   255 notes
Résumé :
«  Lorsque quelqu’un est aussi discret que moi, personne n’imagine qu’il puisse avoir un tempérament passionné. Mais – je le sais mieux que personne – il ne faut pas juger un livre à sa couverture. »

Après vingt-trois ans de silence, Helen et Franck se croisent par hasard sur un trottoir de Londres.
Dans le choc des retrouvailles, la voix d’Helen s’élève pour livrer à Franck sa version de leur vie ensemble, depuis leur rencontre en 1950, à Rome... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (99) Voir plus Ajouter une critique
3,93

sur 255 notes

cicou45
  21 avril 2019
Lorsque l'on m'a donné cet ouvrage pour la médiathèque, je ne sais pas pourquoi, j'ai comme étant aimanté et ai absolument tenu à le lire avant de le mettre en rayon et j'avoue que je ne regrette rien, au contraire maintenant je vais pouvoir le conseiller et le recommander à mes lecteurs comme il se doit et je vais également tenter de vous convaincre par la même occasion.
Helen et Franck ses sont connus très jeunes et se ressemblaient étrangement puisque leurs pères respectifs travaillaient devaient se retrouver à Rome pour travailler ensemble, quoique se détestant et occuper tous deux de hautes fonctions. Helen et Franck n'ont jamais été aimés par leurs parents comme il se doit. Aussi, après l'obtention de leurs diplômes (enfin pour Helen car Franck le rata mais avec promesse de le repasser plus tard) et que l'occasion s'est vu pour Helen de fuir cette famille haïe, exécrée même, elle n'y a pas réfléchi à deux fois et c'est ainsi que nos deux jeunes héros se sont retrouvés ensemble à Amsterdam dans la maison de jeune fille de la mère d'Helen. Si celle-ci est très travailleuse et se passionne pour les livres, Franck, lui, se cherche et ce n'est qu'à vingt-huit ans qu'il se découvrira une passion pour la peinture et l'amènera vers les plus grands sommets de la gloire. S'ensuit alors, comme souvent pour certains artistes qui s'enivrent de leur renommée, une vie de débauche mais cependant toujours recadrée et remis dans le bon chemin par Helen. Les femmes se presseront autour de lui et bien qu'Helen en ait toujours été amoureuse, elle acceptera tout, même de partager jusqu'au jour où elle partira à son tour. Mais cet amour ou ce lien qui les lie est tellement fort et indescriptible car mystérieux à la fois qu'ils finiront par se retrouver des années plus tard puis à se détester.
Tout cela, le lecteur le découvre non pas en temps réel mais au travers des mots qu'Helen adresse à Franck pour décrire ce qu'à été leur vie à tous deux, à le fois ensemble mais également chacun dans des périodes de leurs vies où ils vivaient séparément.
Un roman écrit à la deuxième personne du singulier puisque ce n'est pas au lecteur que la narratrice s'adresse mais bel et bien à Franck tout au long de ce roman lorsqu'ils se recroisent à Londres et que leur vie est maintenant derrière eux. Elle retrace leur parcours depuis l'enfance jusqu'au drame qui finira de les séparer à tout jamais, sans cette fois-ci , une quelconque possibilité de retour en arrière.
Un roman fort, très puissant avec des chapitres extrêmement courts et dans lequel le lecteur suit les deux protagonistes dans toutes les villes du monde dans lesquelles ils ont vécu, se sont croisés, se sont aimés et se sont détestés. Un livre que je ne peux donc que vous recommander tant l'écriture de Julia Kerninon, auteure que j'ai découvert en même temps que cet ouvrage, est fluide mais peut être aussi cruelle et douce. Paradoxal, non ? Non car c'est la magie des mots qui fait cela...
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isabelleisapure
  06 décembre 2018
Helen croise par hasard Franck dans une rue de Londres. Elle ne l'a pas vu depuis dix-neuf ans, depuis qu'un tragique événement a mis fin à leur relation. C'est l'occasion pour elle de lui raconter la véritable nature de ses sentiments à son égard, en retraçant leur vie commune depuis leur rencontre à l'âge de douze ans dans une ambassade à Rome, en passant par l'appartement qu'ils partagèrent à Amsterdam et jusqu'à leur maison dans la campagne française.
J'ai tout aimé dans ce roman. J'ai eu un énorme coup de coeur pour ce portrait de femme subtil et fascinant.
Julia Kerninon m'a happée dès les premières pages dans une histoire d'amour haletante, passionnée, intemporelle et m'a menée d'un bout à l'autre du récit, presque dans un souffle, de son écriture délicate et incisive. Je n'ai pas eu envie de lâcher le livre avant de savoir ce qu'il est advenu de ce duo auparavant inséparable.
Un très beau roman, doux amer sur une amitié fusionnelle, une histoire d'amour et ses conséquences dévastatrices.
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Allantvers
  04 février 2019
Helen a 72 ans. Quand elle croise par hasard dans une rue de Londres Franck qu'elle n'a pas vu depuis vingt ans, c'est le moment, enfin, de tout lui dire. Confession murmurée, écrite ou parlée avec les yeux: on ne sait. Elle durera six heures pendant lesquelles Helen revisitera sans concession mais le coeur apaisé leur longue histoire commune, depuis leur adolescence errante d'ambassade en ambassade, l'explosion de la carrière de peintre de Franck jusqu'au retrait normand. Fusionnels mais pas sur la même vibration, l'un dans l'ombre de l'autre, parlant beaucoup mais jamais de l'essentiel, jusqu'au drame.
Coup de coeur inattendu pour ce livre découvert à l'occasion du prix Libraires en Seine, et qui est l'illustration parfaite de cette rare alchimie qui advient entre un livre et son lecteur, moi en l'occurrence, qui ai été aspirée dès les premières lignes par les mots d'Helen.
Il s'en dégage une musique si mélancolique, une puissance d'évocation si réelle que l'on ne peut s'empêcher ni de s'identifier, ni de tourner les pages pour remonter avec Helen le cours de son histoire belle et tragique avec le bel Appledore, si proche et si lointain.
Beau à pleurer.
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fertiti65
  02 décembre 2019
Une jolie surprise ce roman. C'est en lisant un article de cette auteure dans un magazine que j'ai voulu découvrir ce récit.
Helen croise Frank par hasard à Londres alors que cela fait vingt-trois ans qu'ils ne sont pas vus. Ils se sont connus adolescents en 1950 à Rome. Aujourd'hui ils ont plus de soixante-dix ans. Grâce à cette rencontre, Helen en profite pour lui donner sa version de leur vie ensemble.
Helen qui est une femme plutôt introvertie, généreuse, douée s'entiche de Frank qui est son cadet, égoïste, extraverti, et doté d'une âme d'artiste. Ils ont eu tous les deux des vies exceptionnelles, un destin hors du commun, vue l'enfance compliquée qu'ils ont eue.
Un couple passionnant, passionné et passionnel.
C'est un couple d'amour et d'amitié avec deux grands A.
Le roman se situe dans le monde littéraire et artistique.
C'est un long monologue mais pas du tout ennuyeux. On a que la version d'Helen, dommage, mais c'est un point de vue de l'auteure.
L'écriture est vraiment très agréable. Quelques longueurs, par ci-par-là, mais dans l'ensemble ce livre est très plaisant.
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Nat_85
  27 février 2019
Lorsque l'amour rime avec dévotion, il ne peut ouvrir les champs des possibles qu'à une seule et même finalité : la destruction du soi et ses dommages collatéraux. C'est ainsi que se résume le roman de Julia Kerninon » Ma dévotion « paru aux éditions du Rouergue en 2018.
Mais que connaît-on à l'amour lorsque l'on a connu que les viols de ses propres frères comme entrée en la matière ? Avec toute l'impunité et l'indifférence de sa propre mère comme unique soutien ?
p. 111 : » – Mais nous avions grandi avec eux, rétorquerais-tu, n'est-ce-pas ? Nous ne connaissions pratiquement que ça. Des menteurs, des tricheurs, des opportunistes, des truands. Mes parents. Tes parents. Non ? Nous n'avions jamais connu autre chose. «
C'est au gré du hasard qu'Helen croise Frank dans une rue de Londres. Ils ne se sont pas revus depuis près de deux décennies. Mais les yeux ne trahissent jamais. À travers leurs regards échangés, se transmet toute une vie d'incompréhension, de rendez-vous manqués… de dévotion.
Au crépuscule d'une vie entière dévouée à cet homme, Helen souffre de n'avoir jamais su trouver les mots, de n'avoir jamais eu le courage de s'ouvrir à son meilleur ami… son amour de toujours.
Ils ont douze ans lorsqu'ils se rencontrent pour la première fois, à Rome, où le père d'Helen occupe le poste d'ambassadeur et celui de Frank premier conseiller. Habitués à faire bonne figure en toute circonstance, chacun évite tant bien que mal sa propre famille.
p. 31 : » – Toi aussi, tu détestes ta famille ? «
De plus en plus proches et complices, Helen décide de convaincre ses parents du bien fondé de partir faire ses études de littérature à Amsterdam avec Frank, profitant ainsi de l'appartement dont sa mère est restée propriétaire. Une fois leur diplôme de fin d'étude ne poche, ils pourront vivre leur idylle en toute liberté, tout en s'investissant dans leurs études respectives. Mais tout ne se déroule pas comme prévu, comme une première alerte dont Helen préfère ignorer le retentissement. Si elle est une jeune femme sérieuse, déterminée et pragmatique, Frank, quant à lui, est un être au tempérament solaire, imprévisible et égocentrique.
p. 36 : » Ainsi je crois que, dès le premier soir, j'ai eu cette certitude, Frank : veiller sur toi serait ma destinée. «
Passées les premières semaines d'une cohabitation passionnée et sans nuage dans l'appartement d'Amsterdam, Helen entame son cursus scolaire tandis que Frank se contente de vivre au jour le jour. Blessé dans son orgueil par la réussite de sa compagne, il se met en tête d'écrire un roman et s'enferme un mois durant dans sa chambre. Helen se consolera dans la gestion du foyer en plus de ses études.
p. 52 : » Pour moi, tu m'as été redevable dès a première seconde où j'ai cérémonieusement déposé le double des clés dans tes mains en coupe, l'été de nos dix-huit ans. Et ta dette, à mes yeux, n'a fait que s'alourdir, avec tout ce qui est arrivé par la suite. «
Un jour Helen lui présente un ami peintre : Frank a la révélation de sa vie. Il souhaite lui aussi devenir artiste peintre et comme toujours, il obtiendra ce à quoi il aspire, sans concession, n'écoutant que son seul désir comme leitmotiv. C'est à l'insu de deux étudiants de l'Institut d'Art Appliqué Theo Soto-Salinas et Ossip Gang qu'il acquerra les bases.
p. 83 : » À leur insu, ils t'ont éduqué, en te répétant le soir devant un verre de bière ce qu'ils avaient appris en cours dans la journée, et ils t'ont formé en te montrant leurs outils, en te présentant leurs amis, en t'ouvrant les portes de leur monde. Plus tard, ton ingratitude à leur égard m'a toujours paru une erreur, un manque de savoir-vivre. «
Depuis l'âge de ses vingt-huit ans, Frank connaîtra un succès grandissant en tant qu'artiste. Sa réputation le précédera auprès de la gente féminine, ne laissant à Helen – loyale mais amère – qu'une simple place de figurante.
p. 129 : » J'étais devenue ta servante, et comme toutes les servantes, j'ai fini par considérer que mon maître m'appartenait. «
Mais quelles sont les limites d'une telle dévotion ? Helen s'est oubliée toute sa vie durant pour cet homme sans reconnaissance. C'est un livre sur sa trajectoire parallèle à celle du grand Frank Appledore, dans une sorte de confession. L'écriture est incisive et intimiste. Un roman agréable, sans être un coup de coeur.
Lien : https://missbook85.wordpress..
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critiques presse (3)
LaPresse   27 mars 2019
Un roman brillant qui parle de sacrifice et d'amitié, mais aussi d'art et de célébrité.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeDevoir   22 octobre 2018
Le dernier roman de Julia Kerninon offre un univers qu’il fait bon côtoyer, où s’incarnent des personnages forts, pétris de paradoxes et de beautés.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
LeMonde   31 août 2018
« Ma dévotion » est l’adresse d’une vieille femme à un vieil homme, toutes passions et douleurs anciennes ravivées. Subtil.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (82) Voir plus Ajouter une citation
VHY30VHY30   23 juillet 2021
Parfois, tu serais même aperçu à des endroits où tu ne te trouvais pas -- quelque chose dans la silhouette ou l'accent d'un inconnu le ferait prendre pour toi, et le murmure du monde répéterait inlassablement ton nom, comme une litanie.
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fertiti65fertiti65   26 novembre 2019
J'étais la fille unique de cet homme là, mais moi, je n'ai jamais su "dire". J'ai écrit des dizaines de milliers de mots, dans ma vie, mais les prononcer a toujours semblé douloureusement hors de ma portée. Si je t'avais parlé à temps, Frank. Si je t'avais une seule fois, dit quelque chose au lieu de simplement "faire", toujours tout faire, si j'avais su utiliser les mots qui étaient pourtant, sous leur forme écrite, ma compétence la plus achevée, si j'avais su les dompter pour qu'ils portent ma voix, rien de tout cela ne serait arrivé, n'est-ce pas ? C'est pour ça que je parle, maintenant, et que tu dois m'écouter.
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fertiti65fertiti65   02 décembre 2019
Lorsque quelqu'un est aussi discret que moi, personne n'imagine qu'il puisse avoir un tempérament passionné. Les gens pensent que ma personnalité est un genre de bruit blanc, que le silence que je fais en société est l'écho de celui qui résonne, depuis toujours, dans l'espace clos de ma tête, sous les cheveux coiffés. Mais - je le sais mieux que personne - il ne faut pas juger un livre à sa couverture.
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fertiti65fertiti65   29 novembre 2019
Et même quand je suis venue vivre avec vous, même quand nos trois ombres dessinaient devant nous une image familiale sur le bitume des routes du Perche, tu n'as jamais saisi que j'étais venue pour ton enfant. Comme les fées qui dans les contes viennent échanger leurs affreux rejetons contre des petits d'hommes qu'elles arrachent à leurs berceaux pendant la nuit, j'étais venue, moi, échanger ma stérilité et mon mariage échoué contre une place au chaud dans ta vie lumineuse.
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oreeoree   02 septembre 2019
Comme la plupart des gens, lorsque j'ai commencé à me détacher de cette histoire d'amour, j'en ai imputé d'abord la responsabilité à mon partenaire, j'ai puisé aux riches heures des premiers temps pour ciseler des armes sournoises, taillées dans la matière même de notre entente et donc d'une efficacité inégalable pour la défaire. J'ai retourné ses mots comme ma veste, je l'ai provoqué, humilié, j'ai tout fait pour lui essorer des larmes, j'ai brûlé ce que j'avais aimé, parce qu'en quittant quelqu'un nous cherchons souvent à dire adieu à une version de nous qui en est venue à nous sembler trop étroite, trop usée, et nous débattons violemment pour nous en extraire comme d'une venimeuse tunique de Nessus.
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