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ISBN : 2021340740
Éditeur : Seuil (03/05/2018)

Note moyenne : 4.38/5 (sur 29 notes)
Résumé :
1956. À peine remis des émotions des Pièges de l'exil, Bernie Gunther doit s'enfuir pour sauver sa peau : le marché que lui impose Erich Mielke, numéro deux de la Stasi, est inacceptable. Du cap Ferrat à Sarrebrück, sa cavale héroïque sera semée d'embuches.
1939. Parallèlement, selon une de ces constructions virtuoses dont il a le secret, Philip Kerr nous emmène à Berchtesgaden, où Hitler est attendu pour son cinquantième anniversaire. Quand un ingénieur est... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
bilodoh
  02 juin 2018
Un peu triste de faire la critique du livre d'un auteur récemment disparu, mais sans doute faut-il plutôt se réjouir d'avoir fait avec lui un bon bout de chemin. Et nul besoin de prendre le ton d'un éloge funèbre pour dire du bien de ce roman

Dans ce volet des aventures de l'ami Bernie, le récit est en deux temps : en 1956 où l'ex-policier vit en France et est poursuivi par des agents de la Stasi, mais aussi dans les souvenirs de Gunther, dans l'Allemagne nazie d'avant la Guerre, où il enquête sur un assassinat dans le nid d'aigle d'Adolf Hitler.

Comme toujours dans les polars historiques de Philip Kerr, on apprend des choses sur les personnages et les événements de l'époque. Dans ce cas-ci, au-delà des manies (et mégalomanie) du führer, ce sont les malversations et la corruption de son entourage qui sera mis en lumière.

Un bon polar, surtout si on a suivi les péripéties de la vie mouvementée du détective dans les onze opus précédents de la série. (Et ce n'est pas encore le dernier puisqu'un polar est paru en anglais en avril et qu'on en annonce un autre pour 2019!)
À suivre!
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umezzu
  24 juillet 2018
L'ultime Bernie Gunther, sorti au Royaume-Uni avant le décès de Philip Kerr, entrecroise une enquête menée par l'ex-Kommissar de la Kripo en 1939, à quelques semaines du déclenchement de la seconde guerre mondiale, et sa fuite en 1956 alors qu'il séjournait sur la Côte d'Azur.
En 1956, Bernie est au bout du rouleau, sa planque comme concierge d'hôtel sur la Côte d'Azur est compromise, et il est coincé par Erich Mielke, le chef en second de la Stasi (les services secrets de la toute jeune RDA), qui veut l'obliger à commettre un meurtre (qui plus est le meurtre d'une femme, ce qui va contre toutes ses valeurs). Une seule solution : fuir. Mais la Stasi lui colle aux basques, notamment Korsch un de ses ex-adjoints à la Kripo, devenu un repenti communiste. La présence de Korsch lui rappelle une enquête menée ensemble en 1939 au nid d'aigle du Führer : le Berghof.
En 1939, suite à un assassinat mené sur la terrasse du Berghof, Martin Bormann, le secrétaire d'Hitler et responsable de son domaine dans les Alpes bavaroises, réclame à la SS l'envoi de leur meilleur enquêteur pour trouver le coupable et assurer ainsi la sécurité des lieux avant l'arrivée du Führer pour son cinquantième anniversaire.
Le chef en second de la SS, Heydrich, dispose justement d'un enquêteur hors-pair, certes indiscipliné, insolent, et en plus non-nazi, mais suffisamment retors pour parvenir à louvoyer parmi toutes les personnalités du troisième Reich qui résident sur place ou ont acquis un joli chalet à proximité de celui de leur chef (quitte à exproprier les habitants, ou les envoyer en camp): Bernie Gunther.
Bernie va devoir satisfaire les exigences de Bormann, qui a mis sous sa tutelle, avec ses comparses, les habitants du coin. Dans l'Obersaltzberg, les travaux d'aménagement n'arrêtent pas. La montagne est truffée de tunnels et d'abris, et les maisons de micros. Les dignitaires nazis et SS ne sont pas prêts à collaborer à l'enquête, même si le fait que le terrible Heydrich soutienne ce policier berlinois lui ouvre des possibilités d'investigation.
La fuite de Bernie à travers la France ne restera pas le moment le plus glorieux de sa carrière. Kerr y glisse pas mal de remarques acerbes sur la France et les français. A croire qu'il devait être plus germanophile...
Les longs passages à Berchtesgaden sont un peu plus intéressants. du moins au début. La présentation du contexte est réussie. Bormann qui règne en seigneur sur ce coin des Alpes bavaroises. Les chalets et les alpages colonisées par les élites nazies, qui se font détester des habitants. Quelques vieux compagnons d'Hitler qui se chamaillent des parcelles de pouvoir.
Au bout d'un moment toutefois, le roman ronronne. Bernie se retrouve quasiment seul contre tous (une situation qu'il connaît bien). Les nazis se moquent de toute forme de justice (rien de surprenant). Et les avancées de Gunther arrivent quand Kerr décide qu'il a fini de balader le lecteur dans la région. On a connu plus de rythme dans les enquêtes du commissaire.
C'est un peu dommage, car c'est avec ce récit que va s'arrêter une des séries les plus originales et les plus passionnantes du policier historique. Kerr a fait revivre avec Bernie Gunther la montée du nazisme, la mise en place de son administration, ses préparatifs de guerre, les horreurs commises à l'Est, la fuite des dirigeants nazis et la dénazification. Tout un pan du vingtième siècle revu de l'intérieur grâce à ce personnage acide, mais finalement tellement humain.
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Patmarob
  20 juin 2018
La disparition récente de Philip Kerr renforce l'attention portée à « Bleu de Prusse » : le lecteur aborde le dernier épisode (publié) des enquêtes de Bernie Gunther. Ce treizième volume mêle deux histoires très mouvementées. La première prend son envol sur la côte d'Azur en 1956. La guerre froide a développé les actions des espions et l'élimination des opposants. le policier y retrouve son ancien collaborateur, Friedrich Korsch, qui officie pour la Stasi, la police politique de la RDA. Bernie Gunther doit empoisonner une ex-maîtresse sous peine d'être lui-même tué. Une course poursuite s'engage avec la Stasi.
La seconde se situe en Bavière au Berghof, en 1939, le Führer va y fêter ses cinquante ans. Heydrich, chef-adjoint de la gestapo, impose à Bernie Gunther, reconverti en détective privé, de trouver l'assassin d'un ingénieur qui travaillait à construire la résidence secondaire d'Adolf Hitler sur l'Obersalzberg. le policier est plongé dans un panier de crabes où les dirigeants nazis déploient sans scrupules leur zèle à confisquer les maisons, profitant des immenses travaux en cours pour taxer et s'approprier les biens et l'argent…Les luttes pour le pouvoir favorisent les déportations, les disparitions. La prévarication ne connait pas de limites, l'autorité permet tous les trafics. Les rancunes sont tenaces, les puissants assurent leurs arrières et craignent leurs voisins. le « nid d'aigle » du führer est un nid de coucous, tout est permis pour pousser les rivaux hors « du pot de miel ».
La verve de Bernie Gunther, antinazi au service des nazis (et les plus puissants), permet de savourer l'esprit d'à propos et de répartie du policier. Sa franchise lui joue des tours mais le positionne dans le rôle de trouble-fête .Il ne se plie pas aux injonctions locales qui imposent silence et soumission.
Le lecteur ressent le plaisir de l'auteur, écrivain écossais, à placer dans la bouche du policier allemand ses réflexions acerbes sur les français et leurs comportements .
Les deux histoires mêlées, qui alternent dans leurs péripéties, permettent de tenir un rythme au déploiement des enquêtes. Toutefois, quelques longueurs apparaissent, renforcées par un style un peu inégal.
Au final, un roman captivant pour cette enquête au coeur du pouvoir nazi menée par une personnalité indépendante dans un univers redoutable.
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mazou31
  09 juin 2018
Encore un formidable roman de Philip Kerr, hélas disparu bien trop tôt cette année même. On retrouve son enquêterur fétiche Bernie Gunther, cynique, ambigu tel que ces noires années en ont engendré beaucoup, parfois héros, parfois lâche. Cet ex-flic qui hait les nazis mais travaillent pour eux… il faut bien survivre ! Dans cet opus il y aura deux histoires s'entremêlant : la suite de « Les pièges de l'exil » où, poursuivi par la Stasi pour refus de collaboration, il tente à travers la France de 1956 d'échapper à son ancien adjoint ; et, principalement, l'enquête qu'il a menée avec ce même adjoint, en 1939, à Berchtesgaden, dans le « nid d'aigle » d'Hitler, enquête pour laquelle il est « détaché » du primesautier Heinrich Heydrich pour servir l'aimable Martin Bormann. Alors commence une narration sombre et passionnante, un roman où Philip Kerr excelle à mêler une fiction crédible à beaucoup d'histoire véritable. Un délectable cocktail d'imagination au service d'une documentation irréprochable. Encore un splendide roman historique qui égale par sa construction ceux des grands classiques (R. Chandler, A. Christie par ex.) et reste inégalé parmi les contemporains.
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Bigmammy
  26 mai 2018
L'auteur savait-il déjà, alors qu'il écrivait ce roman, qu'il allait mourir si vite, à 62 ans ?
Car cette dernière aventure est particulièrement violente, et les réflexions de Bernie Gunther encore plus désabusées qu'à l'accoutumée. On y parle d'obéissance et de transgression, de devoir et d'engagement, d'honnêteté intellectuelle aussi. A la veille du second conflit mondial qui sera cataclysmique pour l'ensemble du monde et surtout pour l'Allemagne, on mesure le désarroi de ceux qui refusaient d'adhérer à l'idéologie nazie et à ses dérives.
Comme dans le roman "Les Bienveillantes" de Jonathan Littell paru en 2006 et qui obtint le prix Goncourt, Bleu de Prusse décrit la mécanique de corruption généralisée qui touchait tous les caciques du régime mis en place à partir de 1933 par Hitler. On les savait criminels et pour la plupart psychopathes ... on oubliait que ces dirigeants pensaient avant tout à s'en mettre plein les poches.
Bleu de Prusse se déroule sur deux époques : avril 1939 - l'enquête classique sur un meurtre motivé par la vengeance - et octobre 1956 où Bernie s'est retiré à Saint-Jean Cap Ferrat ( il a alors 60 ans), même s'il continue à professer le plus grand mépris pour les Franzis. Pourchassé cette fois par d'anciens collègues passés au service de la redoutable Stasi, la police politique de l'Allemagne de l'Est, il manque de peu de disparaître dans les tunnels qui abondent tant dans la montagne du Führer que dans les mines de quartz de la frontière lorraine, du côté de Freyming-Merlebach.
Un thriller complexe et violent, qu'on ne peut lire sans se dire que ce sera le dernier ... à moins qu'il en reste un ultime, encore entre les mains des traducteurs ...
Lien : http://www.bigmammy.fr/archi..
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critiques presse (5)
LeDevoir   06 août 2018
Encore une fois, l’écriture souveraine et le regard de Philip Kerr — sans parler de la richesse de sa recherche historique — sont implacables sur cet univers maléfique où les demi-vérités et les vrais mensonges ont si douloureusement tenu lieu de réalité.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
LaLibreBelgique   20 juin 2018
Un formidable polar historique de Philip Kerr. Avec "Bleu de Prusse", le romancier qui vient de mourir éclaire le noyau du nazisme.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeMonde   31 mai 2018
Avec « Bleu de Prusse », le romancier écossais, mort en mars, hisse le polar historique au plus haut en envoyant le fameux Bernie Gunther enquêter au Berghof en 1939.

Lire la critique sur le site : LeMonde
LePoint   04 mai 2018
Un « whodunnit » (roman à énigmes) dans les règles de l'art, que l'on garantit authentique et « bespoke » (cousu main) comme disent les Anglais, par le regretté maître Kerr.
Lire la critique sur le site : LePoint
Lexpress   02 mai 2018
Philip Kerr a réussi le tour de force de nous raconter deux histoires parallèles aussi palpitantes l'une que l'autre.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
sevm57sevm57   17 août 2018
Je n’ai jamais été du genre loupe et pipe en bruyère.
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sevm57sevm57   15 août 2018
De manière générale, j’aime tous les films de gangsters car j'espère qu’en les voyant le peuple allemand fera le rapprochement avec les nazis.
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sevm57sevm57   06 août 2018
Rien de tel qu'un long trajet de nuit pour voler quelques pensées dans votre passé, et dans votre avenir, pour vous faire croire que venir c'est la même chose que partir, et vous persuader que la fin d'un long voyage tant attendu n'est qu'un foutu commencement de plus.
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alainmartinezalainmartinez   30 juin 2018
je compris que l’histoire n’était rien d’autre qu’un accident, un hasard extraordinaire, une question de quelques centimètres, un ordre mal entendu ou mal interprété, un mouvement de tête, une rafale de vent, un canon de pistolet sale, une cartouche qui fait long feu, une respiration que l’on retient trop ou pas assez longtemps, un doigt fébrile posé sur la détente, un retard ou une hésitation d’une seconde. L’idée que chaque chose était écrite paraissait grotesque ; de petites causes peuvent produire de gros effets, et les paroles de Fichte viennent alors à l’esprit, quand il explique que l’on ne peut pas déplacer un seul grain de sable sans changer quelque chose dans l’incommensurable grand tout.
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umezzuumezzu   22 juillet 2018
Mais, surtout, je me souvenais que j’avais presque vingt ans de moins, et un sens de la morale et de l’honneur qui me semblaient plutôt pittoresque aujourd’hui. A cette époque, pendant quelque temps, j’étais sincèrement convaincu, je pense, d’être le seul homme honnête que je connaisse.
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