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Lucile Clauss (Traducteur)Max Stadler (Traducteur)
EAN : 9782268065076
376 pages
Éditeur : Le Serpent à plumes (10/04/2008)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 16 notes)
Résumé :
L'histoire que raconte Montecore est parfaitement ordinaire. Presque banale. Dans les années 70, un jeune Tunisien vit de petits boulots et rêve de devenir photographe. Après le travail, il traîne sur la plage, drague les touristes occidentales qui succombent facilement à ses charmes méridionaux. Jusqu'au jour où... il fait la connaissance d'une Suédoise, hôtesse de l'air, militante de gauche, et cette fois, c'est le grand amour, le vrai. Il emprunte de l'argent à s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
keisha
  12 mars 2011
Si l'on se contente du résumé, voici : Dans les années 70, en Tunisie, Abbas Khemiri rêve de devenir photographe; avec son ami Kadir, il connait de nombreux succès auprès des touristes occidentales jusqu'au jour où il tombe amoureux de Pernilla Bergman, la rejoint en Suède et fonde avec elle une famille. L'aîné, Jonas Khemiri, donc (tiens tiens...) devient écrivain. Mais entre temps son père a disparu.

Ce n'est déjà pas mal, non?
Mais attendez!

D'abord une construction dynamique et originale:
Kadir contacte Abbas afin de l'obliger à écrire l'histoire de son père, il lui fournit des documents, lui donne des conseils, le corrige, (en notes de bas de pages par exemple), etc...
"Afin de nourrir constamment la volonté de lire de notre lecteur, je propose le procédé suivant: transformons cycliquement notre livre en de nouvelles formes littéraires! Commençons maintenant la deuxième partie du livre où nous mettrons d'abord les lettres authentiques de ton père à la disposition du lecteur et où nous t'inviterons, ensuite, à présenter tes premiers souvenirs de ton père. A quelle valeur estimes-tu cette idée? Je suis pleinement confiant en ce qui concerne sa génialité."

Kadir écrit en suédois, langue que, comme Abbas, il a apprise adulte, et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il s'exprime dans une langue bien savoureuse pour le lecteur... J'en profite pour saluer les traducteurs!

Au fur et à mesure, la vérité se dévoile, s'enfuit, Kadir et Jonas ont chacun leur vision d'Abbas. Jonas lui même passe d'une relation privilégiée avec son père à une incompréhension de ses choix. Vient la rupture... Une belle histoire père-fils, donc.

Mais aussi l'évocation de l'intégration (ou non-intégration) des immigrés en Suède. Après les années 80 viennent celles où fleurissent les partis et groupuscules d'extrême droite, sans sympathie pour les "turcs" ou "bougnoules." Abbas et Jonas vont chacun choisir des réactions différentes.

Voilà donc un chouette roman, à la construction et l'élaboration originales, à l'écriture personnelle, drôle et émouvant, en plein dans le problème fort actuel des immigration de première et seconde génération, et qui présente une Suède pas toujours bien connue (et parfois raciste).

"- Refaat [un immigré] fut élu pour recevoir le signe de distinction le plus excellent de la Suède!
- le prix Nobel?
- Non.
- La position de premier ministre suédois?
- Non.
- La position de PDG d'IKEA?
- Non!
- La position de chanteur d'ABBA?
- Te moques-tu de moi?"

Allez, n'hésitez pas, faites connaissance avec les papas (et les mamans...)

Lien : http://en-lisant-en-voyagean..
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christinebeausson
  16 novembre 2020
Une forme originale,
Nous suivons l'évolution de ce qui va devenir un livre, comment à partir d'une succession d'échanges de courriers, va se construire le récit d'une vie ou plutôt de celle d'une famille avec les papas, les mamans, les petits frères et lui.
Lui, un être perdu dans sa vie, dans la vie des autres, qui essaie de se construire dans son vécu et dans son imaginaire.
Un livre puissant qui nous parle de la différence, (comment on peut arriver à vivre dans un monde difficile ou le meilleur échappatoire reste l'imagination),
de l'intégration ou de tentative d'intégration, (qu'est ce qui nous différencie des autres, qu'est ce qui peut être considéré comme de l'assimilation et non au renoncement de ses propres valeurs),
de ce qu'est devenue la Suède au fil du temps, avec l'immigration qui petit à petit ronge les valeurs de la social démocratie, (comment peut on accepter de vivre dans un monde où les agressions envers ceux que l'on considère comme ses frères deviennent de plus en plus courantes),
de l'importance de l'art dans la réalisation de sa vie, (qu'est ce que l'on va laisser derrière soi, quels souvenirs les autres auront ils de nous ?),
De ce qu'est la filiation, (comment essayer de comprendre les actes de son père au travers d'un jugement qui essaie de comprendre les difficultés et les choix qu'il a été obligé de faire ou qu'il a subi, un jugement qui ne soit pas uniquement une condamnation).
Un livre passionnant qui incite à découvrir l'oeuvre de Jonas ou plutôt de Younes.
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de
  23 juin 2013
Les papas se transforment en gaz
La création, la description d'un personnage à partir des visions imagées, imaginées, vécues ou déformées de Kadir l'ami tunisien et de Jonas le fils suédois. Une ou deux biographie(s), dans un échange de lettres. Une correspondance illuminant le temps. Derrière le personnage d'Abbas, l'ami, le photographe, le père, l'émigré, l'amant de Pernilla, les rêves des un-e-s et les réalités des autres. Des réalités suédoises incompréhensibles pour le tunisien, les évolutions contradictoires de la « seconde génération » face à la stigmatisation, au racisme, à la violence des skins.
Une construction littéraire brillante pour nous rendre à la fois les personnes, leurs espérances, leurs déceptions et les réalités du monde. Un livre qui interpelle le lecteur « le lecteur se penche vers la terre, transporte un marron dans sa poche et se promène ensuite à la maison, au rythme du soleil qui se réveille ».
La poétique acide de la vie « des papas » (« les yeux des papas ont perdu leur feu, les papas commencent à avoir l'air d'une carcasse vide et semblent perdre toutes leurs couleurs ») et des « mamans » dans une Suède aux rapports humains durcis par la haine, le refus de l'autre. La tendresse ironique du chemin parcouru à rebours, du refus de se conformer à une assimilation déshumanisante. Les langues apprises, oubliées, renaissantes. L'atelier brûlé. Les mots rayés par le refus de la réalité, les mots inscrits à la peinture sur les murs « cette nuit-là, nous marquons le ville de nos mots », les mots du déracinement permanent.
Un ouvrage sur la littérature, la photographie, l'émigration et un portrait volontairement imprécis ou flou d'Abbas.
Lien : http://entreleslignesentrele..
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sylire
  24 février 2012
Deux voix différentes nous racontent le parcours d'Abbas, un tunisien qui a émigré en Suède à l'âge adulte, après avoir rencontré une jeune suédoise de passage en Tunisie. La voix principale est celle de leur fils aîné, un jeune écrivain qui a toujours vécu en Suède, et qui a dans l'idée d'écrire la vie de son père, aujourd'hui disparu on ne sait où. La seconde voix est celle du meilleur ami d'Abbas, Kadir, resté en Tunisie. Apprenant le projet du jeune homme, Kadir veut lui apporter son aide, lui donnant quelques pistes pour mieux appréhender le parcours chaotique de son ami. le récit du jeune homme (nommé Jonas Hassen Khemiri, tout comme l'auteur du roman…) alterne avec les mails du vieil ami, personnage un peu énigmatique dont on ne sait trop quand il raconte la vérité et quand il l'arrange à sa façon.

Tout cela donne le portrait très vivant d'un homme, de l'enfance à l'âge adulte. Jonas s'est beaucoup affronté à son père, ne comprenant pas ses choix. Avec le temps, il se montre plus tolérant. Il comprend désormais que son père a tout fait pour s'intégrer en Suède, redoublant d'efforts pour tenter de vivre de sa passion, la photographie, tout en nourrissant sa famille. Nous, lecteurs, découvrons une Suède raciste et peu ouverte.
Voilà un livre original par sa forme, qui propose une réflexion intéressante sur les problèmes de culture et d'intégration. La langue est riche et imagée, un peu déroutante au début mais on s'y fait très vite. A noter aussi, les clins d'oeil à quelques photographes célèbres (comme Robert Capa).
Un jeune auteur suédois qui sait faire preuve d'originalité !

Lien : http://sylire.over-blog.com/..
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paullichinel
  11 octobre 2020
Un roman à la construction originale, certes... Un roman déroutant, certes... Mais en définitive plus crispant que prenant et plus énervant qu'intéressant.
Une histoire suédoise mettant en scène des tunisiens et des suédois qui s'expriment plus où moins bien en arabe, en suédois ou en anglais, le tout traduit en français, voilà qui est susceptible de provoquer chez le lecteur quelques doutes sur l'excellence de la traduction. Si on rajoute à ça l'emploi répétitif de l'expression "les papas" pour désigner un seul et même père, ou l'épisode final du photographe finissant sa carrière dans la vidéo porno, on obtient une oeuvre littéraire vraiment bizarre !
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
christinebeaussonchristinebeausson   14 novembre 2020
Tu es le seul à te rendre compte que tout est faux pour de faux, que ce n'est pas du tout le grand-père qui est couché sur le lit d'hôpital, avec son moignon et sa grimace béante, les ongles jaunis. Tu es le seul à te rendre compte que le grand-père n'est qu'une coquille, vide comme un carton d'Ice tea oublié, la peau blafarde, et tout cela n'est pas aussi horrible que tu le pensais, puisqu'il est clair comme le jour que ton grand-père a quitté ce corps cancéreux depuis longtemps déjà, et qu'il est pénard au ciel, à jouer au tennis sous le soleil à deux bras avec de vieux collègues cantonniers, qu'il boit du punch de luxe, qu'il fait du jet ski et qu'il se souvient en riant du magasin de panneaux.
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christinebeaussonchristinebeausson   14 novembre 2020
Il faut que tu saches - la tradition de Noël des Suédois est une affaire particulièrement interne et cela dure de nombreuses années jusqu'à ce qu'on atteigne le statut nécessaire pour être invité en tant qu'hôte externe.
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christinebeaussonchristinebeausson   13 novembre 2020
(New-York et Jendouba)
Ces deux villes ont en plus acquis un grand nombre de surnoms. New-York a the big Apple, the melting pot, the world's capital, the city that never sleeps. Jendouba a trou de cul, creux de l'aisselle, le sauna, l'appendice, le cul d'âne, le gril, la cuisinière, le four ou peut être l'expression ironique des papas, le compartiment congélateur. Et c'est seulement quand les papas veulent jouer l'académicien qu'ils disent que vous allez passer l'été dans l'anus rectum.
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dede   23 juin 2013
Le lecteur se penche vers la terre, transporte un marron dans sa poche et se promène ensuite à la maison, au rythme du soleil qui se réveille
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dede   23 juin 2013
les yeux des papas ont perdu leur feu, les papas commencent à avoir l’air d’une carcasse vide et semblent perdre toutes leurs couleurs
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