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EAN : 9782070787265
256 pages
Éditeur : Joëlle Losfeld (11/01/2007)
3.68/5   51 notes
Résumé :
Ce roman se déroule dans une petite ville française, divisée entre une cité et un quartier pavillonnaire cossu et somnolent. Mado y habite seule un pavillon. Elle n'a jamais eu d'autre amie qu'Albanala, une étrangère, cartomancienne à ses heures. Un jour, celle-ci lui présente sa nièce, Julide, une fillette alors âgée d'une dizaine d'années, et au fil du temps une profonde tendresse naît entre Mado et l'enfant.

Le père de Julide est né dans un pays é... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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Ingannmic
  02 août 2021
Il est probable que si nous croisions dans la "vraie vie" l'un des personnages de Dominique Mainard, nous le trouverions bizarre...
Enfin, je dis ça, mais pour l'instant, je n'ai lu que deux romans de cette auteure. Toujours est-il que les héros qui y apparaissent ont de nombreux points en commun.
D'apparence vulnérable, ayant gardé une candeur d'enfant, ils se sont bâtis un monde intérieur au sein duquel ils évoluent plus facilement que dans une réalité avec laquelle ils semblent décalés.
Afin de survivre en dépit de leurs fêlures, ils s'inventent des stratégies pour les oublier, les dissimuler au reste du monde et surtout à eux-mêmes.
Heureusement, ces fragiles créatures trouvent parfois sur leur chemin des âmes assez charitables pour s'occuper d'elles.
Ainsi, dans "Je voudrais tant que tu te souviennes", Nala qui, se sentant mourir, a voulu regagner son pays natal, a confié à sa nièce Julide le soin de s'occuper de Mado, son amie de longue date. Julide est une adolescente intelligente mais réservée et solitaire dont l'avenir semble tout tracé puisque ses parents ont convenu de la marier à son cousin, un jeune homme insignifiant et timide. En attendant cette triste échéance, Julide passe beaucoup de temps avec Mado, que le lecteur découvre peu à peu. Il est difficile dans un premier temps de cerner cette singulière héroïne, car c'est au compte-goutte que Dominique Mainard nous livre les informations à son sujet.
On apprend que c'est la poliomyélite qui l'a rendue boiteuse, et que si ses cheveux ont cette drôle de teinte orange, c'est grâce aux masques de henné que Julide, prenant ainsi le relais de sa tante, lui fait régulièrement.
Mado donne l'impression d'être une créature chétive et craintive, qui passe une grande partie de ses journées à photographier ces petites choses qui, sur le sol, la fascinent : un bouton perdu, une tâche d'huile, un brin d'herbe légèrement différent des autres...
"L'indien", quant à lui, est davantage passionné par le spectacle du ciel, qu'il peut contempler pendant des heures, perché sur les hauteurs des arbres ou des toitures, consignant ensuite dans un cahier son ressenti, sous la formes de signes qu'il est le seul à comprendre. de ville en ville, il sillonne le monde et met au service de ceux qui en ont besoin son étrange talent d'équilibriste, et sa dextérité manuelle. S'il est présent dans la ville où habite Mado, c'est pour réparer la girouette qui couronne les halles du marché.
Que se passerait-il, si ces deux êtres dont les regards -l'un perdu vers l'immensité du ciel, l'autre absorbé par les détails de la terre ferme- ne devraient logiquement jamais se croiser, se rencontraient ?
Dominique Mainard a une façon très délicate d'amener le lecteur à faire connaissance avec ses héros. Elle dévoile peu à peu leurs blessures, qui peuvent dans un premier temps sembler anodines, mais qui finissent par se révéler béantes, comme pour nous démontrer qu'en dépit de l'aspect parfois tragique que prennent certaines existences, elles sont aussi le théâtre de petites accès de bonheur et de beauté.
Les liens qu'entretiennent entre eux ses personnages ont beaucoup d'importance. Mais ce qui intéresse l'auteure, ce n'est pas de faire de l'étalage de bons sentiments, de dépeindre de grandes effusions ; c'est d'évoquer ces petites attentions révélatrices de l'importance qu'un être revêt pour l'autre, ces intuitions qui nous amènent à une meilleure compréhension de ses besoins.
Dominique Mainard possède un talent extraordinaire pour parer les petits détails d'une signification particulière, pour nous émouvoir d'un mot, d'une phrase. Son récit résonne d'un justesse et d'une sensibilité immensément touchantes.
Hormis peut-être quelques longueurs, mais qui n'ont pas vraiment altéré mon intérêt, tout m'a plu dans ce roman : l'harmonie entre retenue et puissance d'évocation, la singularité des personnages, dont on se sent proches malgré tout, peut-être parce que derrière chaque ligne qu'elle écrit, on devine sans peine toute la tendresse que l'auteure éprouve pour eux...
Lien : https://bookin-ingannmic.blo..
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mimipinson
  13 septembre 2010
Il est difficile, extrêmement difficile, de passer derrières tant d'éloges à propos d'un livre. Mais quand le livre nous laisse de bois, voir nous ennuie, cela devient gênant de laisser un avis dissonant.
Je suis rentrée à pas feutrés dans cette lecture, presque à reculons, tant elle semble fragile Mado. Je trouvais le début plaisant, poétique, finement écrit.
Et pourtant, au fil des pages l'ennui s'installe, et je m'éparpille, me disperse.
Je ne sais rien des personnages, des lieux, du temps, rien de rien.
Mon esprit cartésien est ainsi fait, il faut, à un moment où à un autre qu'il s'y retrouve, tel un GPS, qu'il puisse situer parfaitement les choses. Il n'aime pas l'imprécis, ni le flou, le manque d'histoire; L'imaginaire doit assez vite redescendre sur terre pour que je puisse en apprécier les finesses.
Arrivée à mi-parcours de cette lecture, j'ai du me mettre en mode lecture accélérée……Mais rien n'y fait, je n'accroche pas ; ou plutôt je décroche ; brutalement même, comme souvent.
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theamazinglili
  05 mars 2011
Il y a ces livres qui vous transporte alors que vous ne vous y attendiez pas.
Ce livre m'a littéralement transporté. le personnage de Mado fait partie de ces personnages qui restent gravé en soi à jamais. Pour sa singularité, sa personnalité si envoûtante. Dominique n'a cesse de nourrir ma curiosité dés la première page, la soif de connaitre l'après, de cerner les personnages, de comprendre pourquoi Julide s'efforce si obstinément à empêcher la rencontre entre Mado et l'Indien devenant obsédantes. Des personnages souvent déroutants. Je me suis littéralement envolé.
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sylire
  29 octobre 2012

L'histoire :
"C' est une cité de petite ville, trois immeubles gris à la lisière d'un quartier de pavillons dont la peinture s'écaille et dont les jardins ne contiennent que des buissons de roses chétives".
Dans ce lieu, qui serait d'une banalité désolante sans le talent de la conteuse, vit Julide et sa famille. Son milieu d'origine la destine à un mariage sans amour, auquel elle se résigne ne trouvant pas d'issue pour échapper à son destin. Pourtant, une histoire d'amitié un peu particulière va bouleverser le cours de sa vie.

Avant de quitter la ville précipitamment, la tante de Julide lui a confié Mado, une vieille amie : « elle aura besoin de toi… Elle est comme un verre qui se vide, tu comprends ? Par une brèche minuscule, une toute petite fêlure, et si tu ne prends pas soin de la remplir elle disparaîtra tout à fait ».

C'est une bien lourde tâche qui lui est confiée, surtout quand un jeune homme débarque dans la ville et que Mado en tombe amoureuse…

Mon avis :

Des personnages un peu bancales et mystérieux, des lieux ordinaires transformés en lieux merveilleux, on retrouve bien ici l'univers de Dominique Mainard.

« Je voudrais tant que tu te souviennes » est un roman sur la mémoire, celle qui s'enfuit parfois des êtres, au fil du temps. L'histoire s'installe tranquillement : une "vieille dame enfant" qui déambule dans la ville le nez à terre, un jeune couvreur qui passe son temps sur les toits à admirer le ciel et une jeune fille qui voudrait éviter une idylle impossible… mais qui n'y parvient pas.
Comment croire à un amour aussi improbable que celui qui se noue entre un jeune homme et une vieille femme usée par la maladie ?

Tout simplement parce qu'avec la plume de Dominique Mainard tout est possible et que parfois, l'amour se transforme …

Je ne sais pas si le titre du livre est inspiré des paroles de Prévert mais la chanson de Montand m'a trotté dans la tête pendant la lecture.

Oh, je voudais tant que tu te souviennes
Des jours heureux où nous étions amis
En ce temps-là la vie était plus belle
Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle
Tu vois, je n'ai pas oublié
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle
Les souvenirs et les regrets aussi...

Lien : http://sylire.over-blog.com/..
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anne_le_bruit_des_vagues
  30 mars 2014
Un peu à la façon d'un conte (les prénoms des personnages sont à eux seuls tout un poème...), la lecture de ce roman nous plonge dans un récit fascinant, dramatique et mélancolique. Une histoire qui pourrait rester très ordinaire, s'il n'y avait ce petit quelque chose qui ressemble à une chanson d'amour déchiré et fragile.
Alors que rajouter, sinon que j'ai désormais très envie de mieux connaître cet auteur en poursuivant mes lectures par "Le Ciel des chevaux" dont je n'ai entendu que du bien.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
sld09sld09   31 juillet 2017
Le sommeil ne vient pas et elle se glisse hors du lit, enjambant ses petites sœurs qui ressemblent tant à la fillette qu'elle n'est plus qu'elle a le sentiment parfois d'enjamber son enfance. Elle se penche à la fenêtre et respire l'odeur du ciment mouillé, une odeur de chantier, l'odeur de ce qui n'est pas fini et ne le sera jamais. L'appartement où ils vivent est au rez-de-chaussée, et la chambre donne sur cette pelouse parsemée de tessons de bouteille et de mégots de cigarettes, mais où poussent ici et là des pâquerettes et des pissenlits. C'est une cité de petite ville, trois immeubles gris à la lisière d'un quartier de pavillons dont la peinture s'écaille et dont les jardins ne contiennent que des buissons de roses chétives.
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sabine59sabine59   10 janvier 2016
Il aurait voulu qu'elle photographie toute l'ampleur du monde, il aurait voulu qu'elle lève la tête et cesse de regarder à ses pieds, mais il ne comprenait pas qu'il l'avait condamnée à éprouver toute sa vie la nostalgie du monde minuscule au fond du jardin.
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sabine59sabine59   10 janvier 2016
Elle s'est perdue comme un ballon qu'on lâche et qui s'envole vers le ciel.
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