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Frank Straschitz (Traducteur)
EAN : 9782253151388
382 pages
Le Livre de Poche (04/11/2002)
3.48/5   544 notes
Résumé :
Son usine et le pavillon de banlieue qui a vu naître et mourir son fils vont être rayés de la carte. Bart Dawes fera face, seul, à l'irrésistible marche du « progrès » qui menace d'engloutir sa vie. Au fil de quelques semaines de révolte, ce brave cadre moyen perdra sa femme, se liera avec un mafioso philosophe et gourmet, avec une routarde désaxée et un prêtre des rues anarchiste. Il découvrira l'action, le risque, l'inconnu... jusqu'à l'Apocalypse finale.
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Critiques, Analyses et Avis (61) Voir plus Ajouter une critique
3,48

sur 544 notes
Premier roman de Stephen King sous le pseudonyme de Richard Bachman que je lis. J'ai longtemps hésité à commencer à lire ses romans écrits sous pseudonyme. Allez savoir pourquoi ?

Mais en tout cas je ne suis réellement pas déçu. Pas de récit fantastique ni de trame onirique dans ce roman.
"Chantier" est un roman pur jus de l'Amérique des années 70, avec par exemple son choc pétrolier.
Ici on suit la vie de Barton Dawes. Qui malgré quelques séquelles psychologiques est un homme intègre, travailleur honnête et fait tout pour être un bon mari.

Mais voilà, dans une Amérique en crise mais néamoins en pleine expansion, le système "capitaliste" américain fait que Barton Dawes, aussi plus connu sous son diminutif de Bart dans le récit est entrain de tout perdre dans sa vie. Ce qui le mènera à un chemin de non retour dans cette Amérique crasseuse des années 70.

J'ai bien entendu, comme souvent adoré ce King et pour mon premier contact sous son pseudo Richard Bachman, j'ai trouvé que c'était une bonne très bonne réussite !
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Barton G Dawes, est le type même du brave homme.
Honnête, travailleur, sociable, bon époux, un exemple pour la communauté.
Mais alors, pourquoi va t'il, presque timidement, commander chez l'armurier local un gros fusil de chasse, et le même revolver que celui de l'inspecteur Harry ?
Que se passe t'il dans la tête de Bart ?
C'est que sa petite vie, qu'il pensait réussie va s'écrouler, l'autoroute va passer, et sur le tracé la blanchisserie où il a effectuée toute sa carrière, et dans la foulée son pavillon de banlieue.
Tout cela va disparaître sous le macadam.
Alors M.Dawes, se pose des questions, et si sa si exemplaire existence n'était pas si réussie ?
C'est le début d'une dérive d'un homme ordinaire, seul contre tous.
Ce roman, est de Stephen King, quoi qu'il fut publié sous le pseudo de Richard Bachman.
Ici, dans cette Amérique du début des années 1970, et de la crise pétrolière, pas de fantastique, de croque-mitaine, de surnaturel...
Mais une malédiction toutefois...
Celle qui peut toucher tout un chacun, le "système", auquel on pensait être intégré, et qui vous frappe de son injustice, vous laissant pantelant, désemparé, et en colère.
Un roman presque naturaliste à l'américaine, une oeuvre à part dans la bibliographie de King, mais une nouvelle preuve de son talent !
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Le rêve américain s'écroule dans l'après-Vietnam et la première crise du pétrole, peut-être le plus déprimant des romans de Stephen King.

Publié initialement sous le nom de Richard Bachman, ce n'est pas un roman d'horreur ou de fantastique et ce n'est pas l'habituel combat entre le bien et le mal dont le bien sort toujours gagnant.

Dans cette triste histoire, où est le mal ? La maladie qui a emporté le fils du personnage principal ? L'autoroute qui passera juste là, pour détruire à la fois l'endroit où il travaille depuis vingt ans et la rue où il habite ? Les élus qui ont décidé ? Les constructeurs de la route ?

Ou alors, l'homme accablé qui disjoncte et décide de faire du grabuge, ce pauvre diable est-il du côté du mal ? Et tous ceux autour de lui qui veulent son bien ?…

Le talent de King, c'est de faire vivre ses personnages et ressentir des émotions fortes. Il le fait à travers des trucs ordinaires comme l'achat de sa première télé ou les pubs à la radio qui nous ancrent dans la réalité, mais aussi à travers les tragédies comme la mort qui frappe aveuglément.

Sur ma route de lectrice, ce Chantier vaut le détour…
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Ceux qui suivent mes avis le savent, Stephen King fait partie de mes auteurs préférés et je reviens régulièrement vers lui. Et j'aime tout autant lorsqu'il écrit sous le nom de Bachman. L'auteur adopte un ton assez différent, plus sombre. Dans "chantier" on retrouve cet aspect mais ce roman m'a semblé à part dans l'oeuvre de l'auteur, même sous le nom de Bachman.

Le roman est singulier, non pas par l'absence d'élément surnaturel (King a écrit plusieurs livres dénués de fantastique) mais bien par son traitement. Avec l'auteur, on a l'habitude de romans chorale foisonnants où toute une communauté prend vie au fil des pages d'une mise en place souvent très longue. C'est un procédé que King maîtrise parfaitement. Dans "Chantier" King propose autre chose. Pas de galerie de personnages, le récit est centré sur Bart, le personnage principal. Certes, ce n'est pas l'unique fois où il l'a fait mais, à mon sens, jamais de façon aussi intense. le lecteur est collé aux basques de Bart, comme enchaîné à lui, il ne voit qu'à travers ses yeux, ne ressent que ses émotions à lui. Pas vraiment non plus de peinture d'une bourgade comme cela pouvait être le cas dans nombre de ses romans. Il dépeint la ville où habite Bart, en mettant l'accent sur les changements sociétaux qui y ont lieu, mais au contraire de Derry ou Castle rock, le cadre dans lequel se déroule l'action de "Chantier" n'a aucune importance, cela pourrait être n'importe où. Il ne s'agit pas d'un lieu qui porte en lui les germes du mal mais une ville comme les autres.
Mais si "Chantier" est si singulier c'est vraiment dans le ton adopté par King, un ton à la fois vénère et désespéré. Il n'y a pas ici de nostalgie mais plutôt une colère désabusée face à une déshumanisation croissante de la société.

Comme je l'ai dit, on ne quitte pas Bart du début à la fin. On marche dans ses pas, on va jusqu'au bout de son parcours erratique sans jamais adopter un autre point de vue que le sien. "Chantier" offre un portrait saisissant, d'une grande justesse et d'une grande force, d'un homme au bord de la rupture. Je me suis beaucoup attachée à ce personnage si bien écrit. L'empathie est totale, on en vient à trouver justifiés ses actes déments, ce qui donne un côté cathartique au roman. Mais "Chantier" n'est pas un roman défouloir, il y a dans ce livre un pessimisme suffocant. On assiste, impuissant, à la chute de cet homme qui ne veut pas, et on le comprend, se résigner à accepter ces changements qui ne sont rien d'autres, appelons un chat un chat, que les résultats de l'ultra-libéralisme : disparition des petits commerces au profit des supermarchés, petites entreprises familiales absorbées et dépecées par des groupes industriels, ère du chacun pour soi, de l'individualisme forcené où plus personne ne se sent concerné par le sort de son voisin... Est-ce Bart qui est en train de devenir fou ou bien le monde ?
Le propos social est fort et, il faut le dire, assez déprimant. Mais l'auteur a l'intelligence d'offrir une fin, attendue car inéluctable, totalement jouissive et qui permet d'alléger un peu le récit en le concluant sur un baroud d'honneur en forme d'exutoire.

"Chantier" est un roman social énervé habité par un des plus beaux personnages créés par King. Je classe immédiatement ce roman parmi mes préférés de l'auteur.
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C'est à lire !

Troisième roman de King a paraître sous le pseudonyme de Richard Bachman, en 1981 (mais il a été écrit en 1974-75, parallèlement à Salem et Blaze), Chantier est une de ses oeuvres les plus atypiques.

King, dans un premier temps, le considérait comme un de ses romans les moins aboutis, mais a depuis totalement changé d'avis et le considère comme le meilleur de ses romans de jeunesse, de ses romans"bachmaniens".

Le roman, qui a été réédité chez "Le Livre de Poche" mais était autrefois disponible chez "J'Ai Lu", est une réussite, mais un livre, aussi et surtout, aussi intense que profondément dépressif.

Très sombre, se passant dans la tête (ou presque) de son personnage principal, "Chantier" (Roadwork) est une oeuvre noire, dans laquelle on assiste, impuissant, à la lente et profonde dégradation mentale et sociale d'un homme prêt à tout pour résister face à ce qui ne peut pas reculer : le progrès.

Parce qu'il refuse de voir sa maison, repère de tant de souvenirs familiaux, se faire détruire pour laisser la place à l'autoroute, Dawes plonge dans la parano, la violence, la folie lente.

Le final est aussi tragique qu'attendu.

Ce roman noir et sans espoir, un des meilleurs de l'auteur, pourrait franchement devenir un grand film s'il était, un jour, adapté, mais j'ai bien peur que ça ne se fasse jamais.

"Chantier" est un des romans les moins connus de King, et c'est un de mes grands favoris. Immense, mais franchement sombre !

Lien : http://the-cannibal-lecteur...
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Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
[...]
"_Trop pure ? Non, ce n'était pas ça. Mais j'ai commencé à voir les quinze dernières années comme une absurde partie de Monopoly. Francis Gary Power se fait descendre dans son U-2. Un mauvais point. Des noirs dispersés par des lances à incendies à Selma et foutus en tôle. Des partisans de la paix tués et blessés à coups de fusils dans le Mississipi, des défilés de rassemblement. Lester Maddox avec son manche de cognée. Kennedy qui se fait descendre à Dallas, le Vietnam, nouveaux défilés, le Kentucky, nouvelles manifs, le Women's Lib, et tout ça pour quoi ? Pour qu'une bande de mecs complètement pétés puissent voir Bob Hope à la télé dans un appart miteux ? Merci. Alors, j'ai décidé de me tirer."

Stephen King (Richard Bachman)

Chantier

Éditions "Le Livre de Poche"

Page. 182
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"_Non, écoutez-moi. Et débouchez-vous les oreilles. Vieillir, c'est comme rouler dans la neige de plus en plus profonde. Quand elle arrive aux moyeux des roues, vous vous mettez à tourner, à tourner en rond encore et toujours. C'est ça la vie. Aucun tracteur ne viendra vous dégager, aucun chasse-neige ne déblaiera la route. Pas de bateau de sauvetage, rien, pour personne. Vous ne gagnerez jamais le gros lot. Aucune caméra ne vous suit, personne ne vous regarde vous débattre. C'est comme ça. Et il n'y a rien d'autre. Rien."

Stephen King (Richard Bachman)

Chantier

Éditions Le Livre de Poche

Page. 252
Commenter  J’apprécie          291
Quelque part à Chicago ou ailleurs, un conseil d'administration consacre peut-être un quart d'heure par semaine à l'opération Ruban Bleu. Il s ne comprennent rien au fonctionnement d'une blanchisserie industrielle, et ils n'en ont rien à foutre.
Mais ils savent lire un bilan ; c'est tout ce qu'ils savent faire.
Leur chef comptable leur dit : à propos, ils prolongent l'autoroute 784 du côté de Westside, et Ruban Bleu est en plein sur le trajet, ainsi que la moitié d'un quartier résidentiel. Et les membres du conseil d'administration disent, ah ouais ? Combien allons nous toucher ? Et le tour est joué.
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Il y eut bien des moments agréables. Oh, je sais ce que tu penses, Fred. Des moments agréables, qu'est-ce que c'est ? Des moments sans grandes joies, sans grandes peines, des moments sans rien de grand. Des fadaises. Des barbecues sur la pelouse pe,dant les longues soirées d'été, quand tout le monde est un peu éméché, sans être vraiment soûl,sans que cela devienne jamais déplaisant. Les voitures partégées entre voisins pour aller voir jouer les Mustang. Les invitations à dîner, les sorties. Les parties de golf à Westside, les pique-niques en famille à Ponderosa Pines, où l'on pouvait aussi faire du karting. Tu te souviens du jour où Bill Stauffer est passé à travers la clôture en planches et s'est retrouvé dans la piscine d'un type ? Oui, George, je m'en souviens, et on était tous pliés de rire, mais écoute-moi, George...
Mais les bulldozers vont bien vite enterrer tout ça, pas vrai , Fred ?
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Vous ne pouvez pas comprendre, pensa-t-il, parce que tout au long de votre vie, vous n'avez jamais fait un geste sans être couvert de six façons différentes et sans avoir six boucs émissaires prêts à endosser vos erreurs. C'est bien pourquoi vous vous retrouvez avec un demi-million de dollars d'actions et de placements divers, une Delta 88 et une machine à écrire qui jaillit toute seule d'un bureau comme un diable surgissant d'une boite. Pauvre connard, je pourrais t'avoir, et tu mettrais dix ans avant de t'en relever. Peut-être même que je vais le faire, d'ailleurs.
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