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Georges Fradier (Traducteur)
EAN : 9782251200019
608 pages
Éditeur : Les Belles Lettres (28/08/2010)

Note moyenne : 4.31/5 (sur 44 notes)
Résumé :
Les idées que l'homme se fait de l'univers ont évolué au cours des siècles, mais ce serait une erreur de s'imaginer que les progrès de la science suivent une courbe ascendante régulière, écrit Arthur Koestler. La ligne qui part de la croyance antique plaçant la Terre au centre du monde et qui aboutit à la conception moderne de l'espace, où notre planète est satellite d'une soleil lui-même tributaire d'une galaxie, cette ligne accuse mains zigzags et replongées dans ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
lecassin
  22 novembre 2011
Après une première expérience de romancier et de journaliste engagé dans les grands conflits du siècle, Arthur Koestler, avec « Les somnambules », entame l'oeuvre magistrale dans laquelle il analyse le cheminement de la pensée humaine. Les Somnambules, ce sont les hommes de la science — Copernic, Kepler, Tycho Brahé, Galilée — qui, progressant péniblement parmi les brouillards de thèses erronées, ont ouvert la voie à Newton. En suivant les longs détours de la connaissance en marche, l'auteur retrace l'histoire des conceptions de l'Univers, et démontre comment la scission entre la science et la religion a placé l'humanité devant un tragique dilemme...
« Les somnambules », reste un ouvrage difficilement classable, lui qui tient en même temps du livre d'Histoire des Sciences, de l'essai philosophique et du roman… S'agissant des rapports de la science avec le réel, il décrit les progrès de la connaissance comme cheminant par « bonds entrecoupés de fausses pistes, de culs de sac, de retours en arrière, de périodes de cécité et de crises d'amnésie ».
Dans les somnambules, Arthur Koestler fait montre d'une pensée entièrement novatrice en même temps que d'une démarche didactique et historique passionnante.
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Apikrus
  12 décembre 2020
Pendant plus de 1 500 ans, l'idée d'Aristarque de Samos (- 310, à - 230) selon laquelle la Terre gravite autour du Soleil a été délaissée au profit de la conception géocentrique. La position centrale de la Terre - et surtout celle des humains avec elle - était alors philosophiquement mieux accepté. Pour des raisons comparables, les intellectuels considéraient que les orbites des objets célestes étaient circulaires, le cercle représentant une forme parfaite. En occident, il leur était d'ailleurs difficile d'exprimer d'autres idées, puisque l'Eglise l'interdisait. Comment Dieu aurait-il pu créer un monde imparfait ? Ainsi, Giordano Bruno (1548-1600) fut exécuté par les inquisiteurs - bras armé de l'Eglise catholique - notamment à cause de ses idées héliocentriques.
Pourtant, les observations de certaines planètes (Mars notamment) montraient des reculs ponctuels sur leurs orbites circulaires théoriques autour de la Terre. Pour sauver les apparences, Ptolémée (100-168) puis ses partisans imaginèrent de complexes mécanismes constitués de cercles imbriqués les uns dans les autres.
Nicolas Copernic (1473-1543) remit en cause la position centrale du soleil, mais pas la circularité des orbites planétaires. Sa théorie donnait une explication simplifiée de mouvements des planètes, sans cependant parvenir à supprimer des décalages avec les observations.
Pendant plus de dix ans - avec la protection du roi Frédéric II du Danemark - Tycho Brahé (1546-1601) observa le ciel, à Uraniborg, un observatoire situé sur l'île de Sven. Il y dressa une carte des cieux précise. Après la disparition de Fredéric II, Tycho Brahé s'installa à Prague comme mathématicien de Rodolphe II (empereur du Saint Empire) où il se fit assister de Johannes Kepler (1571-1630).
A la mort du vieil astronome, Kepler mit la main sur ses précieux relevés d'observations. Reprenant l'héliocentrisme copernicien, Kepler remplaça les orbites circulaires par des parcours elliptiques des planètes du système solaire autour de leur étoile, découvrant ainsi les trois Lois qui portent désormais son nom. Ces Lois de Kepler montrèrent le chemin à Newton (1642-1727), découvreur de la théorie de la gravitation universelle.
Arthur Koestler nous raconte l'histoire de ces découvertes, en particulier celles de Kepler. Il n'omet pas les explications scientifiques nécessaires à la compréhension des phénomènes décrits. Il explique - et c'est là le coeur de la réflexion de Koestler - les cheminements des idées chez ces penseurs et dans des sociétés aux conceptions philosophiques et religieuses paralysantes. Il ajoute les passions de ces chercheurs, leurs grandeurs et leurs bassesses. L'ambiguïté des relations entre Brahe est Kepler est mise en évidence.
Le résultat est un ouvrage de vulgarisation scientifique qui se lit comme un polar, avec des analyses psychologiques profondes (peut-être avec un peu d'imagination, mais en tout cas très crédibles). J'ai lu cet ouvrage il y a plus de vingt ans puis l'ai relu il y a cinq ans de cela, avec le même plaisir. J'en garde un excellent souvenir et vous recommande très vivement ce monument (surtout si, comme moi, vous n'avez pas une formation scientifique).
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madameduberry
  20 novembre 2013
Je ne vois pas ce que je puis ajouter à la critique de lecassin. Cet essai, lu au milieu d'une bibliographie d'étudiante , m'a enchantée. Un très grand souvenir de lecture de jeunesse, des éléments historiques fondamentaux, et une tendance à considérer, plus ou moins affectueusement, tous les scientifiques comme des somnambules, voilà ce que m'a laissé ce livre. Ce n'est pas rien.
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mellah
  22 février 2021
Les Somnambule : Histoire sur conceptions de l'univers d'Arthur Koestler est une étude chronologique de 608 Pages relatant l'histoire de la pensée scientifique relatif à l'astronomie, la physique à moindre degré et leur rivale la religion qui avait monopolisé l'explication des phénomènes physiques par un mysticisme métaphysique tiré des écrits et de la scolastique.
Étrangement, on y découvre un Galileo arrogant, comploteur, moqueur et, qui à défaut d'explications fiables tournait tout le monde en ridicule, contrairement à Kepler le martyr de la science et la vérité qui lui révélait ses découvertes par des correspondances et l'avait défendu contrairement à lui.
Selon L'auteur le procès engagé contre Galillio par l'église vient surtout de ses agissements que de son penchant pour l'Hiliocentrisme de Copernic, qu'il avait combatu dans son fort intérieur pour ne pas en faire une vérité d'Évangile et qu'il avait parjuré devant le Clligio Romano ! Il s'est mis tout le monde à dos, mais le châtiment n'avait pas été flagrant. Pas de geôle ni séquestration, juste une résidence surveillée dans la villa des Médicis où il résidait lors de ses fréquents Allers - Retours à Rome.
« Vous n'y pouvez rien, monsieur Sarsi, il a été donné à moi seul de découvrir tous les nouveaux phénomènes du ciel, et rien aux autres. Telle est la vérité, que ni la malice ni l'envie ne peuvent.>> Page 374
En progressant dans la lecture, on a le sentiment que le monde c'est L'Europe, l'auteur passe sous silence les autres civilisations Perse, Chinoise, Indienne... l'Égypte sous domination grecque y est citée.
Les illustres savants et libres penseurs Arabes qui avaient déterré les trésors grecques, perfectionné et transféré à l'Europe sont vaguement évoqués ou évoqués pour ensuite contradits ! Aucune trace de Ibn Rushd dit Averroes qui avait fait connaître Aristote à Saint Thomas, idem pour Ibn al Haytem dit Alhazen qui avait influencé plus d'un savant, entre autres Kepler.
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Mig93
  20 avril 2021
Ce livre passe en revue la vie au combien mouvementée de scientifiques ont été un peu trop en avance sur leur temps et se donc retrouvés confrontés aux pires ennuis. Arthur KOESTLER nous montre ici le combat entre la religion et la science. Une description phénoménale de la progression de la science malgré les embûches religieuses .
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
lecassinlecassin   21 novembre 2011
Les révolutions intellectuelles qui façonnent les grandes conceptions d'une époque ne se transmettent pas dans les manuels ; elles se répandent comme des épidémies, par contagion d'agents invisibles et d'innocents porteurs de germes, par toutes sortes de contacts, ou simplement dans l'air que tout le monde respire.
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lecassinlecassin   30 décembre 2011
Si les nouveaux théologiens remplacèrent par l'Eureka les rauques invocations des mystères, ils n'oublièrent pas la source commune des deux sortes de cris. Ils savaient que les symboles de la mythologie et ceux de la mathématique étaient des aspects différents de la même Réalité invisible. Ils ignoraient " le divorce de la foi et de la raison " ; foi et raison se combinaient comme le plan et l'élévation d'un dessin d'architecte.
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lecassinlecassin   21 novembre 2011
L'inertie de l'esprit humain, sa résistance aux nouveautés ne s'affirment pas, comme on pourrait le croire, dans les masses ignorantes - aisément persuadées dès que l'on frappe leur imagination - mais chez les professionnels qui vivent de la tradition et du monopole de l'enseignement.
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DanieljeanDanieljean   24 novembre 2015
Partout et toujours il y a eu des gens pratiques absorbés dans les faits...; partout et toujours il y a eu des hommes de tempérament philosophique absorbés dans les principes généraux. C'est l'union d'un intérêt passionné pour les petits détails avec une égale passion pour la généralisation abstraite qui constitue la nouveauté de notre société actuelle.
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lecassinlecassin   22 novembre 2011
L'histoire des théories cosmiques peut s'intituler, sans exagération, histoire des obsessions collectives et des schizophrénies contrôlées ; et certaines des plus importantes découvertes individuelles se sont faites d'une manière qui rappelle beaucoup moins les performances d'un cerveau électronique que celles d'un somnambule.
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Vidéo de Arthur Koestler
La lie de la terre, Arthur Koestler
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