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EAN : 9782369147909
494 pages
Libretto (03/11/2022)
4.4/5   24 notes
Résumé :

Alex Kurzem, un Australien moyen d'une soixantaine d'années, ne se sépare jamais d'une vieille mallette en cuir. Il décide un jour de l'ouvrir pour son fils, historien, et, à l'aide des photos et documents qu'elle contient, il lui raconte enfin le drame de son enfance. Par bribes, se désolant des lacunes de sa mémoire, il dévoile l'une des histoires les plus singulières de la Seconde Guerre mondiale: comment un enfa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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Avec ce livre, je tiens un de mes coups de coeur 2023.
Avant d'essayer à mon petit niveau de trouver les mots pour vous donner envie de lire ce récit, je voudrais remercier Bernard (bdelhausse) dont la critique m'a donné envie de lire ce livre et qui a eu en plus l'extrême gentillesse de m'envoyer son exemplaire.
Je peux vous dire que ma fille aînée a dévoré ce récit (avant moi). Je l'ai dévoré et je l'ai déjà conseillé à mon mari et à ma fille cadette. Je sais que je le prêterai aussi à mes parents. C'est dire !
.
Revenons au livre.
D'abord la couverture : une photo, plusieurs hommes en uniformes nazis. Parmi eux un gamin, un enfant avec le même uniforme mais à sa taille ! Un petit garçon de 7 ans tout mouillé en uniforme nazi et armé.... Cet enfant c'est la "mascotte" mais c'est aussi le père de l'auteur.
La photo est sidérante....
Puis on ouvre le livre et on découvre le récit d'un père qui a fait l'impasse sur sa vie d'avant, sur son histoire.... Et puis le passé remonte et il va raconter à son fils aîné, adulte et historien, son enfance. Progressivement on va découvrir que ce gamin est russe, Juif, a assisté au massacre de sa famille, des habitants de son shetl de Biélorussie. Il va fuir, et être récupéré par un groupe de soldats Lettons qui vont en faire leur "porte-bonheur". Seul un sous off sait qu'il est Juif, il va lui faire promettre de cacher son identité.
L'enfant va tellement la cacher qu'il ne se rappelle plus son vrai nom, ne sait plus qu'il est Juif ni d'où il vient....
.
Ce récit est l'histoire de cet enfant mais aussi de la quête pour essayer de retrouver son origine, essayer de démêler le vrai du faux (on parle de souvenirs traumatisants d'un gamin "adopté" par la troupe nazie à l'âge de 6 ans maxi après avoir assisté au massacre de sa mère, son frère et sa petite soeur....).
Un récit bouleversant, dur et si âpre.... Car ce pauvre gamin devenu adulte vit avec un poids, lourd, très lourd, celui de la culpabilité. Certes le symptôme du survivant, mais plus encore, il se sent complice. C'en est déchirant....
Etape après étape, les découvertes arrivent, les souvenirs reviennent avec leur violence.
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Ce récit est un livre bouleversant, marquant. Et si triste.... mais nécessaire. Pauvre homme.... On lui a volé son enfance, sa famille....
Merci Bernard de m'avoir permis de découvrir ce livre.
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Mark Kurzem est un historien. Il partage sa vie entre l'Australie où sa famille a émigré après la Seconde guerre mondiale et Oxford. Un jour, son père Alex débarque avec son éternelle valise dont il ne se sépare jamais. Alex parle peu de la guerre, il était gamin, 5-8 ans, et il a partagé quelques "souvenirs" qui ne suffisent pas à son entourage, mais dont on se contente. On se doute bien qu'il n'est pas aisé de parler de la guerre vécue lors de l'enfance.

Parenthèse1. Tous les enfants de personnes d'un certain âge, et qui ont vécu la guerre, comprennent cette relation Mark-Alex. Vivre une guerre, c'est fatalement vivre des choses dont on n'a pas envie de se souvenir, que l'on préfère taire et essayer d'oublier.

Alex a fait le trajet Australie-Angleterre sans prévenir sa femme, qui le croit à l'autre bout de l'Australie. Mark sent bien que le moment est grave, particulier. Alex ouvre -enfin- sa valise. Il va le faire avec lenteur, opiniâtreté au début. Puis peu à peu le flot va se libérer.

Avec le flot de paroles viendra les bulles de souvenirs. Car Alex a occulté beaucoup de souvenirs. Il en a réécrit d'autres. Il faut creuser et déconstruire. Un travail d'historien auquel vont se livrer père et fils.

Un travail d'historien, mais aussi une relation père-fils qui se noue, avec les attentes, les doutes, les silences, les colères rentrées... Effectivement, il y a de la culpabilité chez Alex, pour avoir tu tout cela pendant plus de 50 ans. Et il y a de la colère chez les proches.

Parenthèse 2. Pour parler de mon vécu, il est vite apparu que mes parents n'avaient pas envie de parler de guerre avec leurs fils. Et nous, nous avons essayé de respecter cela, tout en espérant qu'ils finiraient par craquer. Il a aussi fallu les pousser...

Et que va dire Alex? Qu'il a été récupéré et "sauvé" par un bataillon nazi letton en 1941. Un "bon" nazi letton, sachant qu'Alex était juif, a persuadé ses camarades d'épargner l'enfant et de le prendre comme mascotte. On va lui tailler des costumes sur mesure, l'équiper, le nommer caporal, même. Alex a 6 ans, il est juif et il assiste à des massacres de villages entiers.

Le récit père-fils va allors évoluer en une sorte d'enquête, une vérification des souvenirs d'Alex. Mais ses souvenirs sont épars, incorrects peut-être. Surtout ses souvenirs dérangent les vieux Lettons qui ont été accueillis en Angleterre ou en Australie. Tous ces vieux nazis se sont racheté une conduite. Ils vivent en notables et entendent bien convaincre Alex qu'il est de son intérêt de se taire et d'accepter la version officielle... les nazis ont été bons avec Alex... ils sont juste victimes aussi et n'ont rien à se reprocher, disent-ils...

Alex va passer de la culpabilité profonde d'avoir participé à ces massacres à une furieuse envie d'en savoir plus. Il a des noms en tête. Des villages? Des personnes? La fin du récit se transforme en thriller. Entre pressions externes, géopolitique des pays, menaces et tensions familiales, les Kurzem vont débarquer en Biélorussie pour avoir le fin mot... Alex est-il originaire d'un petit village au sud-ouest de Minsk?

Je possédais ce livre depuis pas mal de temps, et je m'attendais à un "simple" récit de souvenirs de guerre. Je ne suis pas déçu par le résultat qui est une vraie surprise. le ton est tout à tour léger, grave, inquisiteur, scientifique... et cela me semble tout à fait adéquat pour aider le lecteur à supporter les horreurs (décrites avec tact et empathie) vécues par Alex.

Parenthèse 3. Mes parents n'ont pas vécu des choses de la même valeur que Alex Kurzem, mais chaque famille a ses propres cadavres dans les placards. Et peut-être est-il bon de les laisser tranquilles? J'admire Mark et Alex Kurzem. Je plains cette génération qui m'a précédé d'avoir eu à vivre une telle horreur et je leur en veux aussi un peu d'avoir tenu à garder le silence.
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Cette histoire m'a vraiment émue. L'instinct de vie est tellement puissant chez certains survivants, qu'elle me donne toujours à réfléchir. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à Martin Gray, même si l'endroit, l'âge et les circonstances ne sont pas les mêmes.

Avec l'histoire d'Alex, on rentre dans une partie de l'Histoire que nous connaissons moins, les massacres pratiqués en Biélorussie pendant la dernière guerre mondiale par les Einsatzgruppen lettons.

Ce qui est poignant, c'est ce vieil homme, émigré en Australie avec son « tuteur » dans les années 50, qui veut faire la lumière sur son passé de « mascotte » de l'un de ces groupes.

Pourquoi l'un de ces hommes, le sergent Kulis l'a sauvé à l'époque ? L'histoire ne le dira pas, les recherches du fils d'Alex, l'auteur, n'ont pas permis de le retrouver.

Comment survivre à l'assassinat de sa famille alors que l'on est un petit enfant ? Et comment ensuite vivre avec ça ? Et surtout, comment le dire à sa femme, ses enfants ? A-t-il imaginé les faits ? Tout cela était-il bien réel ? Pourtant, sa petite valise est remplie de photos, d'articles de presse.

C'est magnifiquement raconté du point de vue des émotions, et les recherches du fils, vont aider le père à faire la lumière sur son passé.

Et je me demande toujours, pourquoi les victimes portent-elles toujours, cette culpabilité qui n'a pas lieu d'être, en elles.

J'ai adoré ce livre, merci aux challenges d'élargir nos horizons de lecture.
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Que dire de ce récit biographique ? C'est pour moi une lecture qui va me marquer très longtemps. La mascotte est le récit d'un jeune garçon qui déjoue les pièges de la mort. Plus d'une fois, il y échappe, mais à quel prix ? Celui de la culpabilité, de la honte, mais comment en vouloir à un enfant de 5/6 ans qui n'avait qu'un seul but : celui de survivre.

Quelque part en Lettonie ? En Biélorussie ? Par une nuit d'hiver 1941, un enfant fuit sa maison, il sait que sinon, le lendemain, il sera assassiné lui et toute sa famille. La forêt sera son nouveau refuge jusqu'à ce qu'il rencontre le soldat Kulis et cette rencontre, puis celle avec le commandant Lobe, vont lui changer la vie. Nouvelle identité, nouvelle famille. Maintenant, il s'appelle Uldis Kurzemnieks. Il sera soldat lettonien et il va assister à l'horreur de la guerre, les crimes, les assassinats et tout ça à même pas 10 ans. Ce sera la Mascotte, pour ne pas dire un outil de propagande, utilisé pour le profit de la guerre. Pourtant malgré son jeune âge Uldis, comprend que toutes ces choses ne sont pas normales, son instinct lui dicte sa survie, mais en lui toujours les mêmes questions : qui est-il ? D'où vient-il ?

Et puis un jour ce petit garçon grandit. Accompagné de sa vieille mallette qui renferme une partie de sa vie, il a trouvé refuge en Australie depuis une trentaine d'années. Marié, père de 3 garçons, jamais il n'a évoqué son passé. Jusqu'au jour où le secret devient trop lourd et qu'il décide d'en parler. Et pour nous transmettre son histoire, son fils, Mark Kurzem, sera sa voix dans ce livre.

Je suis bouleversé par cette lecture. On y découvre une écriture simple mais tellement puissante. J'ai eu la sensation d'être assise à une table et d'être présente durant le récit, mais aussi de vivre au travers de cette quête, la quête de la vérité, mais surtout la quête de toute une vie. Je lis énormément de romans évoquant les faits historiques concernant la Seconde Guerre mondiale, mais jamais encore, je n'avais connu ce sentiment si profond et si déstabilisant qu'il m'est impossible de nommer. L'histoire de la Lettonie et de la Biélorussie durant cette guerre m'était inconnue, et notamment l'exil en Australie d'une grande partie des responsables de crimes de guerre et d'une grande communauté Baltes présentes sur place.

Encore une fois, je n'ai eu qu'une seule envie, c'est qu'enfin Alex Kurzem sache d'où il vient, qui il est et qu'enfin, il accepte son histoire. Les photos que l'on retrouve au milieu du livre sont déchirantes. J'en suis encore très émue.

En bref, un récit biographique bouleversant qui rend hommage au père de Mark. Une éclatante recherche des origines et de vérités,

Uldis n'était qu'un enfant, comment lui en vouloir ?
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La Shoah vue par les yeux d'un enfant rescapé d'un massacre en Biélorussie, recueilli et gardé comme « Mascotte » par une troupe de soldats Lettons qui l'ont recueilli. Un livre dérangeant, bouleversant qui raconte sous forme d'enquête une histoire vraie, que nous découvrons petit à petit à mesure que se soulève le voile de l'oubli. le narrateur est le fils d'Alex, cet enfant devenu homme qui est à la recherche de sa propre histoire, de son identité perdue, d'une vérité qu'il a enfouie au plus profond de lui pour se protéger de l'horreur et pouvoir survivre. L'histoire est dure, parfois insoutenable comme la réalité du mal absolu incarné ici par les soldats Lettons. Ce récit témoigne de l'horreur perpétrée par les hommes en guerre, de ce à quoi peut conduire l'intolérance, l'obéissance aveugle et inhumaine et la passivité. La lecture d'un tel livre est de mon point de vue nécessaire même si certains passages sont difficiles. Il a conforté ma révolte contre tous les fanatismes indignes de notre nature humaine.


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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Il n'y a rien de résolu ni de fermé. On ne passe pas à autre chose, ou par-dessus les choses. Il n'y a pas de solution psychologique en vogue. On peut seulement faire avec le passé. D'une certaine manière, mon père a toujours su cela.
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Ma mère tenait mon frère et ma soeur. Elle détourna le regard de ce qui l'attendit et c'est là que je suis sûr qu'elle m'a vu parmi les arbres. Durant une fractio de seconde, j'ai rencontré son regard. Elle m'a reconnu.
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- Tu dois la vie à Monsieur Lobe. Tu as maintenant l'opportunité de le payer de retour. Il n'avait pas à te garder vivant.

- J'étais choqué. J'étais reconnaissant d'être en vie, mais je n'avais jamais imaginé qu'une étiquette avec un prix serait posé sur mon existence. Et je n'avais pas pensé qu'elle puisse l'être aussi crûment.
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Mon passé me revient trop rapidement, dit-il d'une voix éteinte. C'est bon de trouver des choses, mais mauvais de se souvenir. Peut-être que c'est comme cela. (p.404)
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Je compris que je ne retrouverais jamais mon père tel que je l'avais toujours connu, comme mon papa.
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