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EAN : 9782268096612
128 pages
Éditeur : Les Editions du Rocher (10/01/2018)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Quand Tina danse au bal du 14 juillet, à Lussac, ses cheveux se soulèvent comme un orage. Elle danse, change de cavalier et fredonne La Femme à la rose, la chanson d'Emma Liébel que Placidie, sa grand-mère, chantait en taillant ses rosiers : « Voici mon coeur/qui veut m'aimer/Voici mes bras/pour s'y pâmer… »

Tina est une femme libre dans un pays qui ne l'est pas. La France est occupée, la maison familiale réquisitionnée. Aux bottes allemandes succèden... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
babounette
  29 janvier 2018
Un grand merci à Babelio Masse critique de janvier 2017 et à Laurence Angebault Responsable promotion littérature/essais d'actualité des éditions
du Rocher/Perpignan, pour m'avoir permis de lire Tina de Christian Laborde.
Léontine, Tine, Tina, une seule et même personne d'une beauté flamboyante,
ses cheveux roux attirent tous les regards. Tine a eu le malheur d'aimer un allemand pendant la guerre, une chambre de la maison où Tine vivait avec sa mère ayant été réquisitionnée, Mais une fois la guerre finie, la soif de vengeance envers celles qui ont "fauté" est terrible, violente, démesurée.
Tine heureusement, a eu la chance d'être prévenue à temps par le maire du village et avec l'aide de son ami Augustin, dit Gustin, a le temps de fuir.
Toulouse, la ville rose sera son refuge. Elle sera protégée par des religieuses , travaillera en cuisine. Mais elle apprend la mort soi-disant accidentelle de sa mère et tombe dans la dépression. Pour qu'elle s'en sorte, la soeur supérieure lui accorde de pouvoir sortir. Tine trouve alors un travail dans la grande boulangerie-pâtisserie Flagèl. C'est alors que Viktor apparaît sur sa route, Viktor le poète, Viktor l'apatride, et de cette rencontre naîtra l'amour. Un amour qui le perdra. Tine que Viktor prénomme Tina , qui, lui dit-il est "son pays".
J'ai adoré ce livre, écrit comme un poème en prose, tout en douceur malgré la dureté du thème abordé, la poésie a une place particulière dans
cette histoire, A lire, vraiment, bravo Monsieur Christian Laborde, vous m'avez transportée.
Je vous conseille de lire la critique de hcdalhem, excellente.
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hcdahlem
  10 janvier 2018
Quand la vie ne tient qu'à un cheveu
L'épuration qui a suivi la Libération n'a souvent été qu'une parodie de justice. À l'image de cet épisode dramatique.
Une sorte d'urgence. Un besoin d'écrire né de la rencontre avec un poème d'Éluard. C'est ainsi que Christian Laborde explique la genèse de ce court et magnifique roman sur son site: «Je suis... labordélique. Un jour où je tentai de mettre un peu d'ordre dans ma bibliothèque, dans la loggia où j'écris, je tombe sur Au rendez-vous allemand, le recueil de Paul Eluard. Je l'ouvre, je lis Comprenne qui voudra, et j'écris Tina.»
Et de fait, cette sombre histoire se lit comme un cri qui déchire la nuit, comme une douloureuse piqûre de rappel sur cette période trouble de notre histoire, mais aussi comme un hymne à l'amour. Il fallait vraiment la plume sensuelle et la poésie lumineuse de Christian Laborde pour enrichir un drame trop «ordinaire» de l'épuration.
Nous sommes au sortir de Libération dans le Sud-ouest, au moment où des résistants de la dernière heure font du zèle, règlent des comptes, traquent les collabos et les femmes qui ont frayé avec l'ennemi. Sur simple dénonciation et sans autre forme de procès que celui instruit par la vindicte publique, la soif de vengeance ou même la jalousie, on frappe, violente, tond ou tue ceux réputés avoir pactisé avec l'ennemi. Face à ces exactions, il n'y a qu'une seule issue : la fuite. Tine, dont le crime est d'avoir aimé un Allemand, réussit avec la complicité du maire de Lussac et de son ami Gustin, à s'échapper à la faveur de la nuit. « La nuit pourrait écrire des poèmes sur Léontine Massat, sur la beauté qu'elle qu'elle sauve chaque fois qu'elle se meut. Mais la nuit sent bien que c'est Léontine Massat qui doit être sauvée. Et la nuit fait tout ce qui est en son pouvoir pour qu'ele le soit.» Elle réussit à grimper dans un train de marchandises qui va la conduire jusqu'à Toulouse.
Dans la ville rose, elle trouve refuge chez les Soeurs. C'est là qu'elle apprendra la mort «accidentelle» de sa mère. Pour ne pas sombrer qu'elle sombre dans la dépression, on va l'autoriser à sortir pour rendre visite aux fournisseurs puis lui trouver un emploi dans la plus grande boulangerie de la ville. Même si elle vit dans des conditions précaires, elle retrouve une liberté de mouvement et peut à nouveau laisser ses cheveux en liberté et rêver à ces belles soirées de 14 juillet lorsqu'elle valsait «sa robe flottant autour de ses cuisses comme un pétale de coquelicot», à ces moments de plénitude partagés avec Karl Schäfer, amoureux de la poésie française, qui déclamait du Verlaine, qui récitait du Mallarmé, qui scandait du Hugo, qui disait des vers d'Apollinaire en fermant les yeux.
Ses cheveux sont d'or on dirait
Un bel éclair qui durerait
Ou ces flammes qui se pavanent
Dans les roses-thé qui se fanent
Oui, dans ces moments, elle reprend goût à la vie, elle est prête à une nouvelle rencontre, un nouveau départ avec ce jeune homme qui la couve du regard et lui écrit des billets enflammés. Des Lettres à la femme feu. Sauf que tout n'est pas rose dans la ville rose…
Depuis ses premiers romans, on sait que le grand copain de Claude Nougaro sait swinger avec les mots. Il en apporte ici une nouvelle preuve éclatante. Tina est un roman sombre et lumineux, triste et gai, sensuel et glacé. Un tourbillon d'émotions qui vous emporte.
Lien : https://collectiondelivres.w..
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blandine5674
  13 mai 2018
Les premières pages m'ont un peu rebutée avec les répétitions des mots. Mais vu que c'est un court roman, j'ai continué quand même et j'ai bien fait. Une femme à la chevelure flamboyante est chassée de son village parce qu'elle a couché avec l'ennemi. le sujet va servir une langue pleine de poésie avec les éléments naturels et surtout le corps. L'auteur a des descriptions de l'acte charnel tout à fait unique. Mais où trouve-t-il tout cela ? En conclusion, un roman sensuel.
Anecdote amusante que je recopie de wikipedia de cet auteur découvert par hasard :
Christian Laborde est célèbre pour avoir subi la dernière censure littéraire en France. En 1987, son roman L'Os de Dionysos est interdit pour
« … trouble illicite, incitation au désordre et à la moquerie, pornographie et danger pour la jeunesse en pleine formation physique et morale »
— jugement du 12 mars 1987 du tribunal de grande instance de Tarbes
et
« blasphème, lubricité, provocation, paganisme, […] et contenu incompatible avec le projet éducatif d'une école vouée au rayonnement de la parole du Christ »
— arrêt du 30 avril 1987 de la cour d'appel de Pau.
Le jugement de Tarbes cassé par la Cour de cassation, L'Os de Dionysos sera réédité en 1989 et deviendra un roman culte.

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mesecritsdunjour
  16 février 2018
Léontine = Tine = Tina, est tout à la fois en étant une personne unique. Sa chevelure flamboyante attise les regards et la curiosité, en lui donnant des airs de Veronica Lake. Lui reprochant d'avoir aimé un allemand, les tondeuses allemandes sont à sa poursuite. « Comment leurs mains, armées de tondeuses, n'ont-elles pas tremblé lorsque les chevelures qu'ils soulevaient leur ont laissé entrevoir un chemin où se perdre, ont offert à leurs narines des parfums ignorés ? » Elle s'enfuit à Toulouse, trouvant refuge dans un couvent. Protégée par les soeurs, elle vit d'une autre façon et s'y accommode plutôt pas mal. En lui donnant l'autorisation de sortir et de travailler dans une boulangerie, la mère supérieure fait d'elle une femme amoureuse. Viktor, le poète au coeur tendre lui fait chavirer le coeur. « -Mais alors il vient d'où le A que tu me donnes ? –Il vient de mes mots, ces mots que j'écris, que je cherche, qui me trouvent. Et tu as maintenant la réponse à ta question, Tina : ma patrie c'est ma langue. Mon pays, Tina, c'est mes mots et c'est toi. Et c'est un beau pays. » Cet amour tout feu, tout flamme ne sera hélas pas tout rose.
Tina est le roman de la cruauté de l'homme embellie par son auteur. Ou comment traiter d'un sujet pénible avec autant de luminosité. C'est court et il n'en fallait pas plus pour nous laisser charmer par cette femme libre ne se détachant jamais de son carton à chapeau. Je le compare presque à un chuchotement, celui de la liberté féminine lors de la Seconde Guerre mondiale bercée par une musique omniprésente dans le roman. Christian Laborde nous conte avec élégance la flamme de la beauté de Tina.
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legeli
  24 novembre 2019
Christian Laborde raconte une fiction qui se déroule dans l'autre siècle. A une époque où les états européens étaient en conflit et crachaient le feu des armes automatiques. Une guerre totale faite également aux mères et aux enfants. Tina est une jeune femme bien dans son corps, saisie dans la tourmente des années 40 et à qui certains reprochent son insouciance, ses amours et sa trop grande liberté, alors que tant souffrent ou pleurent un disparu. La belle n'a pas d'autre choix que de fuir pour aller toujours plus loin. Si elle a su échapper aux bottes nazies, elle sait que les tondeuses de l'épuration risquent de s'en prendre à sa chevelure. Pas question de se laisser mortifier et de devenir la proie de la vindicte populaire. Elle débarque à Toulouse, où elle croise des artistes et où le hasard produit moult miracles. L'auteur signe un roman qui résonne aux notes des orchestres swing et des guinguettes, où la musique se mélange aux mots, les ponctue ou les rythme. En filigrane, il propose un récit universel sur une femme amoureuse de la vie, des hommes, de la jeunesse et de l'Amour et qui se jette à corps et à coeur perdus dans chaque étreinte. Alors que les femmes ne sont pas partout égales aux hommes, il revendique le droit pour chacune de vivre pleinement sans s'assujettir à un père, à un époux ou à un frère, d'assumer librement sa sexualité et d'en être fière. D'un certain point de vue, Tina est une héroïne moderne, émancipée, et qui refuse de se laisser dominer par les mâles. Aimer, oui. Mais à ses seules conditions !
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
babounettebabounette   29 janvier 2018
Viktor s'élance, tournant sur lui-même, entraînant sa cavalière dans une valse, rue Cazalet, sous le regard émerveillé des passants et de la lumière. Et sa bouche se met à siffler. Il siffle merveilleusement bien, Viktor. C'est vivant quand il siffle, frais, chaud comme une grappe d'eau. Viktor siffle Indifférence de Tony Murena. Pge 91
Voici le lien de la musique : https://www.youtube.com/watch?v=1K698YWuVu0
très joli air d'accordéon.
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babounettebabounette   29 janvier 2018
Je vais ou ?
Chez Gustin : il est au courant. Tu te caches chez lui, et vous attendez la nuit. Dès que la nuit est tombée, il te conduit à la gare de Tarjac. Y'aura qu'un seul train : un train de marchandises. Tu montes dans le train, et tu ne reviens pas. Tu ne reviens jamais.
Pge 10
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hcdahlemhcdahlem   10 janvier 2018
La nuit pourrait écrire des poèmes sur Léontine Massat, sur la beauté qu’elle qu’elle sauve chaque fois qu’elle se meut. Mais la nuit sent bien que c’est Léontine Massat qui doit être sauvée. Et la nuit fait tout ce qui est en son pouvoir pour qu’elle le soit.
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hcdahlemhcdahlem   10 janvier 2018
Elle s’approche de la fenêtre, le chien vient d’aboyer. C’est le maire. Il traverse la cour à grandes enjambées.
– Tu dois partir, Tine, ils sont chez Cabarroc, demain ils sont ici: pars!
Tine se tient immobile au milieu de la cuisine, droite comme un I, le plus beau I qui soit. On ne lit dans ses yeux ni surprise ni affolement. Le maire qui a repris son souffle fait un pas vers elle:
– Ils sont fous, Tine. Ce qu’ils font me dégoûte. J’étais chez Cabarroc et je n’ai rien pu faire. Chez Gardère, le curé s’est interposé: ils l’ont jeté à terre. Ils sont fous: pars!
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hcdahlemhcdahlem   10 janvier 2018
sa robe flottant autour de ses cuisses comme un pétale de coquelicot.
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