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EAN : 9782330017859
304 pages
Actes Sud (06/03/2013)
3.84/5   80 notes
Résumé :
Se faisant la narratrice de sa propre histoire, Cécile l’enfant adoptée, acculée au silence et à la nuit, assume et explore, dans un méticuleux travail de reconstitution, la recherche d’une unité originelle perdue. Roman d’une quête : celle des origines, d’une vérité, et du langage à travers l’œuvre à faire pour enfin pouvoir dire le monde et se dire.
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
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Cécile Ladjali a mis beaucoup d'elle-même dans ce roman qui semble coller à son vécu, tellement il respire la sincérité et l'émotion. Après l'avoir découverte dans illettré, j'étais content de retrouver cette autrice dans Shâb ou la nuit, une autobiographie romancée.

Dans ce livre, elle parle avec tendresse et force de l'enfance, de la parentalité puis de la maternité. L'autrice rend ici un hommage appuyé aux femmes, souligne l'hypocrisie des hommes qui prennent leur plaisir puis laissent la future mère tout assumer.
Est-il possible de faire autrement ?
Oui, sûrement, et durant le demi-siècle qui vient de s'écouler, bien des pères se sont investis auprès de celles qui donnent la vie puis auprès de leurs enfants. Les mentalités évoluent en Occident mais nous savons tout le poids des traditions et du machisme dans trop de pays du monde.
Cécile est née d'une mère iranienne, Massoumeh, abandonnée par celui qui l'a engrossée. Jeune fille au pair en Suisse, Massoumeh découvre qu'elle est enceinte de trente semaines à cause d'un déni de grossesse, et ne peut plus avorter. Accouchée par un médecin d'origine iranienne, homme hautain et méprisant, elle donne naissance à Roshan (soleil en farsi) qu'elle ne peut qu'abandonner afin qu'elle soit adoptée.
Cécile Ladjali raconte l'adoption, parle beaucoup de Jeannine et Robert, ces parents qui élèvent cette fille trop brune, qui porte un nom d'origine kabyle car Robert vivait en Algérie où il a porté l'uniforme français et accompli des actes qu'il préfère cacher. Ils l'ont prénommée Cécile, nom d'une sainte aveugle !
Shâb (étoile filante en persan) est le nom donné par l'Iran à ses missiles. Cécile Ladjali décide d'écrire son histoire parce qu'elle est déchirée entre son premier prénom, Roshan, signifiant soleil, et celui qu'elle porte, synonyme de nuit pour la personne qui ne voit pas.
J'ai lu ces pages avec beaucoup d'intérêt car l'autrice ne masque aucune difficulté et détaille tous les obstacles rencontrés. Shâb ou la nuit est un livre sur l'enfance, l'amour, la parentalité et l'émancipation par la lecture et l'instruction. J'ai souvent été ému par ces pages consacrées à Robert puis à Jeannine, ses parents qu'elle aime profondément tout en souffrant jusqu'au bout de cet abandon à la naissance.

Les dernières pages du livre sont encore plus puissantes en émotion mais surtout en réflexion et l'amour affleure constamment. J'ai adoré lire à nouveau Cécile Ladjali, grâce à Marisette que je remercie.
Lien : http://notre-jardin-des-livr..
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J'avais débuté pour découvrir cette auteure, un texte publié en 2014: Ma bibliothèque, lire , écrire, transmettre", pour poursuivre par son dernier texte "illettré" ... puis, par hasard, j'ai eu l'occasion
d'entendre Cécile Ladjali à une émission littéraire, où elle
parlait de son milieu familial, taiseux... et le miracle pour elle de pouvoir se construire par la lecture, les mots et l'écriture...

C'est ainsi que j'ai arrêté momentanément son dernier roman pour me plonger dans ce texte autobiographique antérieur " Shâb ou la nuit", débuté en 1999, et publié 14 années plus tard...

Un écrit émouvant, bouleversant, relatant son adoption en Suisse par des parents affectueux, de bonne volonté mais terriblement taiseux...qui lui cacheront bien longtemps, trop longtemps ses origines iraniennes....
Trop typée, Cécile, se sent à part, et se retrouve dans une
intense quête d'explications....

Des lignes foisonnantes qui soulèvent un grand nombre de thèmes prégnants: la quête et la construction de son identité, de ses racines. La douleur de se sentir différente, pas à sa place, le mal-être scolaire, le racisme, l'ambivalence quant à la maternité, le pouvoir des mots et de l'écrit pour se sauver, se trouver, et trouver enfin un sens à son chemin personnel, etc.

Un récit vibrant, dense en émotions, qui s'achève sur un
dernier paragraphe, ultime hommage à son père, avec qui
elle entretenait des rapports moins aisés qu'avec sa maman...

Retrouvailles avec la mère biologique qui aideront à pacifier un chemin douloureux et inquiet...Le reste du livre, dans sa majeure partie est l'expression d'une reconnaissance
durable envers sa maman qui était plus proche d'elle,
même si des non-dits et malentendus ont freiné parfois
leur complicité... Les relations s'amélioreront , alors
que le papa est décédé, et que le premier petit - enfant
naît: un petit-fils, Camille...

L'auteure narre parallèlement son travail d'écrivain, ses
retrouvailles avec son pays originel: l'Iran !

Comme je le décrivais précédemment, un récit foisonnant
de thématiques riches et variées. Un livre qui m'a
littéralement emportée... qui me fait reprendre la
lecture d'illettré" avec un regard neuf, différent, plus attentif...

Un récit d'une très grande qualité, merveilleux résultat de réconciliation d'une enfant avec la vie, avec son identité, ainsi qu' avec ses parents adoptifs ...tout cela grâce au pouvoir magique des mots et de l'écriture. Je termine sur cet extrait des plus explicites et probants !

"Les mots des livres que je continuais à écrire m'avaient permis de placer sous mes pieds un pont de corde . Suspendue au-dessus du vide, je vacillais mais ne tombais pas. Le rapport presque magique que j'entretenais avec les mots allait contre les principes fondamentaux de ma vie: le vide, l'absence, le silence. La recherche effrénée de la parole en classe, le besoin compulsif d'écrire pour raconter des histoires palliaient un manque qui, s'il n'avait pas été comblé, eût été mortel. Les dialogues qui n'avaient pas eu lieu à l'origine, j'allais les inventer. Les explications qui n'avaient pas été données, je me les suggérerais. Je n'étais pas venue aux mots par hasard. C'est eux qui m'avaient fait naître une seconde fois. Par eux, avec eux et en eux, je m'étais mise au monde. Le jour de ma première naissance, je m'étais retrouvée expulsée dans un univers étrange dont on ne m'avait pas donné les clefs. Toutes portes seraient restées fermées, s'il n'y avait pas eu l'écriture. (p. 288-289) "
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Ce roman autobiographique raconte le parcours de l'auteure en tant que fille adoptée, et une vie remplie de silences et de non-dits. Son père adoptif, Robert, un algérien autoritaire, parfois maladroit, a souffert de la guerre d'Algérie. Il aurait voulu être plus ouvert et naturel dans son éducation avec sa fille. Néanmoins, beaucoup d'amour était présent. Les origines iraniennes de la jeune femme se précisent pour elle au fil du temps et sa vraie mère aura un visage et une histoire, le temps de quelques lignes.

L'auteure s'est dirigée vers le monde de l'enseignement. A la fois étrangère et française, à la fois enfant abandonnée et entourée d'une famille aimante, tout pourrait lui être familier.

C'est très beau, parfois cru, notamment lorsque la répugnance de la maladie et de la mort est exprimée de manière très poignante et haineuse. Ces passages montrent que chaque être humain peut devenir « monstre » malgré lui.

J'ai trouvé l'écriture musicale et plaisante. L'auteur explique que c'est la musicalité de l'écriture qui l'a aidée à progresser dans son métier d'auteure, et d'ailleurs cela se reconnaît à la lecture, tellement agréable à l'écoute intérieure.

Parfois le récit est plein de douceur et d'émotion, bouleversant à certaines pages, notamment au travers du personnage de Jeannine, la mère adoptive, attachante dans ses doutes et son amour pour sa fille.

Généralement, j'ai été touchée par la sorte d'amour qui existe dans cette famille. Ce livre a été un bon moment de lecture pour un sujet qui ne m'est pas familier et qu'il m'a été agréable de découvrir, grâce au style de l'auteure.
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Shâb ou la nuit
(Cécile LADJALI)



Un beau moment de lecture en tournant les pages de cet ouvrage publié par ACTES SUD : une histoire d'adoption.
Adoption réussi en quelque sorte puisque des liens d'amour très forts entre la fillette abandonnée rebaptisée Cécile et ses parents adoptifs… avec la mère, Jeannine, surtout.
Réussie aussi puisque à la mort de Jeannine, Cécile renoue avec sa mère biologique Massoumeh, l'iranienne et accepte ses deux ascendances.
Elle évoque ainsi le voile porté lors d'un séjour en Iran et qu'elle tient à garder dans l'avion qui la ramène en France :

« … j'étais à la fois française et iranienne. Pour la première fois les deux identités étaient compatibles et cela à la faveur d'un morceau de tissu… »

Au-delà des relations qui peuvent se nouer de façon plus ou moins chaotiques entre adopté et adoptant – ici, « j'estimai que mes parents s'en étaient bien tirés », dit l'auteur – on débouche sur cette quête identitaire que provoque une adoption.
De qui est-elle vraiment l'enfant, la petite fille « typée » qui se sent différente des autres puisqu'elle n'est pas issue du ventre de sa mère ? Hiatus d'identité qui grève souvent le développement de l'enfant adopté.
Il est certain que dans la vie physiologique de notre corps, les origines biologiques sont primordiales. Et quelle est la part des données génétiques dans notre inconscient, par exemple ?
Comme ses parents adoptifs, Cécile s'en sort bien puisqu'elle s'épanouira à son tour dans une vie de femme, de mère. Et c'est l'écriture qui joue un rôle essentiel dans cet équilibre trouvé. L'écrit qui lui permettra, toute jeune encore, de rompre avec la solitude et le silence:

« Écrire. le projet n'était pas encore clair, mais mon engagement total dans la lecture finit par créer un mouvement double et l'envie irrésistible de m'essayer à l'écriture, s'insinua. »

Comme je comprends et partage ce cheminement ! Et c'est cette foi en l'écriture qui m'a fait apprécier le roman de Cécile LADJALI. J'aime beaucoup cette réécriture littéraire d'une existence simplement décrite, sans outrance, ni haine. Ses parents adoptifs (comme la majorité des parents) ne sont pas des héros et leur histoire est banale, tissée d'élans de générosité et de lâchetés ordinaires. Chez Robert surtout, qui a rejeté, occulté même la composante « algérienne » de sa famille.
Quant à la mère biologique, Massoumeh, elle n'est ni « salope », ni « victime » ; elle mène une vie parallèle à celle de la petite fille qu'elle a abandonné afin de lui permettre une existence plus facile. Elle a d'autres enfants et sa relation avec Cécile s'achève lorsque naît Violette, la fille de Cécile.
L'importance des mots, ceux qu'on laisse venir du plus profond de soi-même et leur mise en littérature sont omniprésentes dans ces pages. En témoigne cette anecdote de l'auteur qui révèle une distorsion de la réalité à propos de la mort de son père.

« J'avais donc omis l'événement, menti, procédé à des coupes sombres pour avoir moins de peine en me souvenant »

La grâce…
(Monique MERABET, 16 Février 2014)


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Shâb est le mot persan qui signifie la nuit. La nuit dans ce court roman, c'est le secret, le silence plus que le mensonge, dans lequel est élevée Cécile.
Récit autobiographique donc de l'auteur, adopté par un couple stérile alors qu'elle n'était qu'un poupon abandonné à la naissance par une jeune femme d'origine iranienne.
Cécile Ladjali retrace son enfance et adolescence, de prime abord assez banales, en banlieue parisienne dans les années 1970-1980. Si ce n'est que l'on ne se parle pas beaucoup dans cette famille. Les mots sont rares et la mémoire taboue. La question des origines est totalement escamotée. Il est vrai qu'il faudrait aborder l'abandon, l'adoption pour Cécile, l'exil, la guerre d'Algérie pour Robert, le père adoptif. Trop compliqué, trop douloureux. Il ne reste qu'alors qu'une hésitation entre la tendresse maladroite et la violence pour le père et le refuge dans les livres pour la fille. de quoi cheminer bon an, mal an vers l'âge d'adulte.
Tout lecteur peut légitiment avoir peur d'une énième autofiction du genre « ma famille, ma douleur ». L'originalité de Ladjali est la jolie petite musique avec laquelle elle aborde tous ces thèmes si casses gueules. Elle réussit un mélange gracieux d'informations brutes, de piques vachardes et de lyrisme oriental. Il faut toutefois souligner que le revirement stylistique pris dans les chapitres relatifs à la rencontre avec la mère biologique n'est forcément très heureux. Cependant, l'aspect le plus abouti de cet ouvrage reste certainement son art du portrait (la grand-mère, l'institutrice, le père) entre la naïveté de l'enfant et regard acéré de l'adulte blessé.
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critiques presse (3)
Telerama
12 juin 2013
De ce cheminement de l'obscurité vers la lumière, de cette épopée autobio­gra­phique où la douleur et la colère, mais aussi (surtout) l'amour et la reconnaissance se cueil­lent à fleur de page, Cécile Ladjali a bien fait un roman. Et des plus bou­leversants.
Lire la critique sur le site : Telerama
Lhumanite
20 mai 2013
Cécile Ladjali, dont les livres fonctionnaient en grands tableaux impressionnants de puissance poétique, construit ici un texte de la confidence, un murmure, sans renoncer à la dimension romanesque de tout récit de vie.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Culturebox
24 avril 2013
Pourquoi Shâb ou la nuit, livre autobiographique signé Cécile Ladjali, murmure-t-il à ce point à l'oreille du lecteur (de la lectrice) ? Parce qu'elle y évoque, d'une écriture vive et drôle, une enfance banlieusarde, dans les années 70 et 80, à Champigny-sur-Marne...
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
Les mots des livres que je continuais à écrire m'avaient permis de placer sous mes pieds un pont de corde . Suspendue au-dessus du vide, je vacillais mais ne tombais pas. Le rapport presque magique que j'entretenais avec les mots allait contre les principes fondamentaux de ma vie: le vide, l'absence, le silence. La recherche effrénée de la parole en classe, le besoin compulsif d'écrire pour raconter des histoires palliaient un manque qui, s'il n'avait pas été comblé, eût été mortel. Les dialogues qui n'avaient pas eu lieu à l'origine, j'allais les inventer. Les explications qui n'avaient pas été données, je me les suggérerais. Je n'étais pas venue aux mots par hasard. C'est eux qui m'avaient fait naître une seconde fois. Par eux, avec eux et en eux, je m'étais mise au monde. Le jour de ma première naissance, je m'étais retrouvée expulsée dans un univers étrange dont on ne m'avait pas donné les clefs. Toutes portes seraient restées fermées, s'il n'y avait pas eu l'écriture. (p. 288-289)
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Je n’eus jamais peur des textes comme je ne trouvai jamais que mon nouvel ami fût sévère ou que le noir fût noir. Cette teinte honnie par ma mère restait pour moi une couleur absolue, contenant toutes les autres couleurs. Et le génie des auteurs que j’aimais entretenait un rapport catégorique avec le noir : il me donnait la lumière.
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La parole et le sens, la compréhension du monde étaient toujours venus des femmes. Le silence, le mutisme, la nuit, ce qu'on avait gardé pour soi par pudeur, par peur aussi, fut le lot des hommes. Cette conception bipartite de l'obscur et du clair, de la lucidité et de la cécité me faisait bailler lorsque j'y songeais, tant je la trouvais caricaturale. Pourtant je devinais dans la grossièreté de l'antithèse une vérité indiscutable. (p. 176)
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De plus, ces arguments autour du Souffle, de l’Esprit Saint, voire de la Colombe, me parurent très insatisfaisants. La narration du frère Jean était aussi plate que la fresque immonde de l’église où le gros oiseau blanc sans grâce volait au-dessus de Joseph, le charpentier, et de Marie, la Sainte Vierge, engrossée par l’oreille, et portant son fils comme un panier à salade.
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La mort avait commencé à entrer en elle à faire son œuvre. Le temps se rétrécissait atrocement. La vie entrait dans la mort, mais c’était encore la vie. Ce le serait jusqu’au bout. Marcher sur le fil tendu de cette frontière rendait fou.
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Vidéo de Cécile Ladjali
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