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ISBN : 2246789117
Éditeur : Grasset (29/02/2012)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 52 notes)
Résumé :
Un homme du Sud arrive dans une ville du Nord.
On le voit dériver dans les rues d'un monde si neuf.
Par petites touches singulières, il tente de savoir où il se trouve.
Si L'Enigme du retour (Grasset, prix Médicis 2009) était le roman du retour à Port-au-Prince de Dany Laferrière, Chronique de la dérive doucerelate son arrivée à Montréal, à l'âge de 23 ans.
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
kuroineko
  08 août 2017
Je découvre l'oeuvre de Dany Laferrière avec cette Chronique de la dérive douce. L'auteur a quitté son Haïti natal pour émigrer au Canada.
Le récit commence à son arrivée à Montréal. Il raconte dans un langage fort imagé ses premiers pas au Québec et comment vivre dans un pays et une culture inconnus.
La structure narrative du texte surprend au départ car rédigé comme un long poème contemporain. Une poésie du quotidien d'un émigrant. L'écriture de Dany Laferrière est très belle et une fois surmontée la surprise du début, la lecture se fait aisée.
Sur le fond, on se rend surtout compte de l'attrait de l'auteur pour la gente féminine,  ou plus précisément les activités sexuelles avec ladite gente. Ce qui lui permet d'être nourri et logé assez facilement. Profiteur, Monsieur Laferrière?
Sinon les parcs et squares de Montréal pullulent de pigeons. Et visiblement, c'est délicieux assaisonné avec du citron...
Je ne peux pas dire que je garderai un souvenir inaltérable de ce livre. Il m'a cependant fait passer un bon moment. Sa lecture donne à voir de l'intérieur l'existence d'un émigré de fraîche date, les difficultés d'intégration qu'il peut rencontrer et ses propres préjugés à surmonter.
Et le style de Dany Laferrière est en lui-même une excellente raison de lire cet auteur. D'autres ouvrages de lui m'attendent sur les étagères.
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trust_me
  11 mars 2012
1976. Dany Laferrière fuit la dictature haïtienne et atterrit à Montréal : « J'ai vingt-trois ans aujourd'hui et je ne demande rien à la vie, sinon qu'elle fasse son boulot. J'ai quitté Port-au-Prince parce qu'un de mes amis a été trouvé sur une plage la tête fracassée et qu'un autre croupit dans une cellule souterraine. Nous sommes tous les trois nés la même année, 1953. Bilan : un mort, un en prison et le dernier en fuite. » Sans amis, sans toit et sans emploi, il découvre la ville : « Je marche toute la nuit dans la nouvelle cité. Je ne connais pas encore les quartiers qu'on ne doit pas traverser ni les filles qu'il est dangereux d'aborder. Dans un mois j'aurai perdu cette innocence. » le choc des civilisations est parfois difficile à affronter : « Chacun muré dans son univers. J'ai quitté une capitale de bavards invétérés pour tomber dans une ville de mordus du silence où les gens préfèrent regarder la télévision plutôt que de s'adresser à leur voisin. La distance qui les sépare semble parfois infranchissable et cela se reflète dans cette agitation pour esquiver le regard de l'autre.» le jeune homme du sud trouve un emploi à l'usine et surtout, il doit traverser son premier hiver dans une ville du nord. Une épreuve terrible ! Heureusement, la littérature, l'alcool et les femmes lui permettront de mieux affronter l'exil...
J'ai découvert Dany Laferrière en l'an 2000, avant un séjour estival à Montréal. Je voulais absolument lire des écrivains du cru avant de partir et j'étais tombé sur son premier roman, Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer, dans la très jolie collection Motifs du Serpent à plumes. Un vrai coup de coeur pour ce texte audacieux, drôle et sans concession. Depuis, j'ai lu tous ses ouvrages sortis en France. Il me manquait cette Chronique de la dérive douce publié au Canada en 1994. Un roman d'initiation à la prose poétique et précise qui relate à la fois une entrée dans la ville et une entrée dans la vie. J'y ai retrouvé avec plaisir ce narrateur faussement candide qui pose un regard plein de fraîcheur sur la mégalopole qu'il découvre. J'ai aimé son apologie de l'oisiveté, une prise de position dans laquelle je me retrouve totalement à l'heure où on nous bassine avec la valeur travail comme seul accomplissement possible pour l'être humain. J'ai aimé les références littéraires toujours aussi présentes, j'ai aimé ce personnage qui passe son temps à lire et à regarder les filles passer (deux activités dans lesquelles je me retrouve aussi totalement !), bref j'ai passé un excellent moment de lecture, comme d'habitude avec cet auteur !
Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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zabeth55
  31 octobre 2012
Cette fois, l'auteur dépeint ses débuts au Canada : les rencontres, les femmes, les saisons, le froid, les immigrés, les difficultés d'insertion……
Pas facile de trouver sa place !
Je n'ai pas ressenti les mêmes émotions et le même émerveillement que dans « L'énigme du retour »
Cependant j'aime vraiment beaucoup le style de Dany Laferrière.
Sa prose écrite comme un poème
L'espace dans l'écriture
Ses phrases mises en strophes qui prennent un tout autre impact
Sa sensibilité
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NicoleGiroud
  03 octobre 2014
Montréal en 1976, l'errance, il faut se loger, manger. Travailler aussi. La dureté du statut d'immigré, avec le travail que lui procure le bureau d'immigration à savoir racler des peaux de bêtes la nuit sur une machine au système de sécurité défaillant pour un salaire de misère. La fraternité de ceux qui survivent dans un système qui les exploite, travailleurs de nuit ou petits trafiquants. La ville est violente mais Dany ne parle de danger que lorsque la police l'arrête parce qu'elle recherche un noir. La peur est là, violente, seulement à ce moment-là.
Les déménagements à la cloche de bois et les pigeons au citron lorsqu'il a trop faim, la soupe populaire, tout pourrait faire croire à une chronique sur la vie d'un émigré noir dans une grande ville blanche. Roman de la misère et de la révolte ? Ce serait une erreur, malgré la crudité et la cruauté des faits, Chronique de la dérive douce nous raconte la naissance d'un écrivain.
Loin de Haïti le narrateur ne découvre pas seulement une langue étrangère et le froid, il découvre la liberté, ses longues errances dans la ville emplissent son regard d'impressions qui vont mûrir, aiguiser son appréhension de la vie et des gens. Dany a vingt-trois ans et découvre le sexe joyeux et provocateur, passant de l'une à l'autre, secrétaire de l'usine, logeuse ou étudiante avec une candeur dénuée de cynisme.
« On était dans le lit Julie et moi à regarder un documentaire sur la fidélité chez les castors (je précise tout de suite que ce n'était pas mon choix). le zoologiste, qui a passé toute sa vie à étudier la question, racontait que cette fidélité va à un point tel que si le mâle est stérile sa compagne choisira de ne pas procréer. J'ai tout de suite su que cette histoire allait réveiller quelque chose chez Julie.
— Prends ton temps, me dit Julie, je ne suis pas pressée, tu vas m'expliquer pourquoi tu aimes toutes les femmes ? »
Le superbe titre donne exactement le ton et le contenu du roman. C'est en effet une chronique au jour le jour en 1976 de Montréal : Jeux Olympiques, Nadia Comaneci et élections ancrent dans le réel l'errance du jeune Dany.
Comment dire ce décalage entre éléments souvent décrits avec une précision clinique et cette poésie condensée, syncopée, proche du haï ku japonais (le poète Bashô est cité avec insistance et reconnaissance) ?
« J'aime le bruit / des talons hauts / sur le trottoir / quand le froid / est aussi sec / et qu'une mince / couche de glace / recouvre le sol. »
Cela donne au lecteur le sentiment d'un présent intemporel, comme si chaque événement, chaque sensation venait de se vivre dans la seconde précédente. D'où une impression de vie, de fluidité, de musique syncopée proche du jazz, avec les sentences du vieil Africain qui reviennent en refrain dans le livre et rythment à contre-courant l'insertion de Dany dans la ville de Montréal :
— T'es arrivé en retard, Vieux, / me dit l'Africain. / Il y a à peine cinq ans / on pouvait facilement / trouver un petit village / qui n'avait jamais vu de Nègre et passer pour / un sorcier lare.
Le jazz affleure à chaque vers syncopé, à chaque phrase qui tangue entre description et poésie en un rythme doux et poignant. L'exil et la nostalgie du pays rythme ce texte :
« Dans ma petite chambre : / en plein hiver / je rêve à une île dénudée / dans la mer des Caraïbes / avant d'enfouir / ce caillou brûlant / si profondément / dans mon corps / que j'aurai / du mal / à le retrouver. »
« Je dois tout dire / dans une langue / qui n'est pas celle / de ma mère. / C'est ça le voyage. »
Mais l'optimisme et la vitalité d'un jeune homme qui a la vie devant lui l'emportent.
Il n'y a pas de hasard dans ce livre, mais un remarquable travail d'écrivain qui réussit à nous faire croire qu'il a écrit le livre sur le moment alors qu'il le construit un quart de siècle plus tard sur les seuls souvenirs que lui a laissé cette « dérive » dans Montréal. Ce livre est l'avènement d'un écrivain à l'écriture, avènement qui conclut d'ailleurs le livre.
Malgré la dureté des faits, cette lente déambulation dans une ville qui apprivoise petit à petit l'exilé, c'est bien de « chronique de la dérive douce » dont il s'agit, celle d'un jeune homme qui a trouvé le sens de son exil à travers l'écriture.
— T'es arrivé trop tard, Vieux, / me dit l'Africain. / Je te le dis une dernière fois. / Tout est fini ici. / Je m'en vais.
Lien : http://n.giroud.free.fr
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exarkun1979
  18 avril 2013
Dans ce livre, Dany Laferrière nous raconte ses difficultés d'adaptation d'un immigrant dans un monde très différent de celui d'où il vient. Il ne connais personne, il n'a pas officiellement de logis et dois se trouver un emploi. En plus, il doit faire face à quelque chose qu'il n'a jamais connu, l'hiver québécois.
Comme à son habitude, Laferrière nous raconte son histoire très candidement, ce qui tend à la rendre encore plus attachante. Voilà ce qui fait que j'aime beaucoup cet auteur qui n'a jamais peur de se dévoiler.
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critiques presse (3)
LaLibreBelgique   19 juin 2012
Savoureuse chronique de l’arrivée de Dany Laferrière à Montréal.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Lhumanite   11 juin 2012
C’est écrit comme il vit et voit, au jour le jour, avec un remarquable sens du concret, sans aucun souci théorique. On n’est pas loin parfois du poème bref avec retour à la ligne.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Bibliobs   18 avril 2012
C'est lumineux, poignant, triste et drôle comme la vie.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
MilancienMilancien   12 mai 2011
On voit pourquoi tu as froid tout le temps, me dit la secrétaire du boss en me nouant son beau foulard rouge autour du cou.
- Merci...
- Il faut s'habiller chaudement... Tu n'es pas en Haïti, ici.
-Je sais que je ne suis pas en Haïti...
- Qu'est-ce que tu veux dire? Tu ne te sens pas bien ici?
-Je préfère encore geler que pourrir dans une prison infecte...
-J'aime ça quand tu es lucide comme ça, dit-elle en m'embrassant dans le cou... Je sens que tu as quelque chose dans le ventre, toi...


Il fait tellement froid
ce matin
qu'on devrait donner
une prime
aux immigrants
qui restent.


La ville est livrée aux bêtes.
J'ai croisé deux renards,
une loutre,
trois phoques
et même une zibeline,
devant la bijouterie Birks
sur Sainte-Catherine.


La plus grande énigme,
c'est le fait
que les gens acceptent
de passer toute leur vie
sous ce climat
quand l'équateur
n'est pas si loin.


Le feu n'est rien
â côté de la glace
pour brûler un homme,
mais pour ceux qui
viennent du Sud,
la faim peut mordre
encore plus durement
que le froid.


La grosse femme de la buanderie est arrivée avec deux gros sacs de provisions (sucre, sel, pommes de terre, steak, yogourt, riz, tomates, laitue, huile, carottes, mayonnaise, raisins, oranges). Elle range tout dans le réfrigérateur et dans les placards de la cuisine. La voilà en sueur à la fin. Elle va prendre une douche avant de venir me trouver dans le lit. Je la baise calmement en pensant que ce n'est pas ce mois-ci que je mourrai de faim.


Couché sur le lit,
je regarde la grosse
femme de la buanderie
s'habiller en souriant.
Sa chair est aussi généreuse
que son coeur.
Un Botero chez moi.


J'écoute la grosse femme de la
buanderie descendre l'escalier.
Ses pas lourds croisent
ceux, précipités, de Nathalie.
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tamara29tamara29   04 avril 2015
Une fille passe,
je me retourne.
Une autre passe,
je me retourne.
Une troisième passe,
je me retourne.
Finalement, je m'assois
pour les regarder passer.

Il faut avoir traversé
l'enfer de l'hiver
pour connaître
la fièvre du printemps.
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luocineluocine   07 janvier 2014
On était dans le lit Julie et moi à regarder un documentaire sur la fidélité chez les castors (je précise tout de suite que ce n'était pas mon choix). Le zoologiste, qui a passé toute sa vie à étudier la question, racontait que cette fidélité va à un point tel que si le mâle est stérile sa compagne choisira de ne pas procréer. J'ai tout de suite su que cette histoire allait réveiller quelque chose chez Julie.
- Prends ton temps, me dit Julie, je ne suis pas pressée, tu vas m'expliquer pourquoi tu aimes toutes les femmes ?

Je regarde sa main qui s'ouvre et se ferme.

Je t'écoute, me fait-elle avec cet air buté qu'elle prend pour parler de son père.



Je jette un coup d’œil par la fenêtre et me perds dans la contemplation d'une famille de nuages, en balade dans le ciel rose de fin de soirée. Julie s'est rhabillée en silence. Je l'entends partir. Je n'ai rien fait pour l'arrêter . Dans de pareils moments je reste toujours figé. Elle n'a pas claqué la porte. Une telle maîtrise de soi nécessite au moins cinq générations d'apprentissage.

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
tamara29tamara29   19 avril 2015
J’épingle cette note
sur le mur jaune,
à côté du miroir :
« Je veux tout
les livres,
le vin,
les femmes,
la musique,
et tout de suite. »
Commenter  J’apprécie          131
claraetlesmotsclaraetlesmots   15 mars 2012
J'ai vingt-trois ans aujourd'hui
et je ne demande rien à la vie,
sinon qu'elle fasse son boulot.
J'ai quitté Port-au-Prince parce
qu'un de mes amis a été trouvé
sur une plage la tête fracassée
et qu'un autre croupit dans une
cellule souterraine. Nous sommes
tous les trois nés la même année, 1953.
Bilan : un mort, un en prison
et le dernier en fuite.
Commenter  J’apprécie          20
Videos de Dany Laferrière (83) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dany Laferrière
Il est le plus haïtien des Canadiens et le plus québécois des Académiciens français ! Dany Laferrière relève le défi du grand entretien et l?on peut s?attendre à ce qu?on ne s?ennuie pas au cours de cette soirée? Car ce spécialiste mondial de la sieste, qui n?aime rien tant que lire ses auteurs favoris confortablement installé dans sa baignoire et enseigner « l?art de regarder ailleurs », sait capter comme personne le monde tel qu?il va. Son éclectisme est sans limite, sa curiosité aussi : « Pour devenir écrivain, dit-il, le caractère est plus important que le talent ».
Né en 1953 à Haïti, Dany Laferrière quitte son pays natal pour l?Amérique du Nord en raison de la situation politique. En 1985, il publie Comment faire l?amour à un nègre sans se fatiguer, qui le révèle au public. Ce livre, comme d?autres (Le Goût des jeunes filles, Vers le sud?), sera adapté au cinéma. Les neuf romans qui vont suivre forment ce que Dany Laferrière appelle « une autobiographie américaine ». En 2009, il obtient le prix Médicis pour L?Énigme du retour où il raconte sa relation à Haïti après trente ans d?exil. Il vient de faire paraître un incroyable roman dessiné dont il signe les illustrations et calligraphie les textes, Autoportrait de Paris avec chat. Son narrateur (qui lui ressemble) y déambule dans Paris, une ville de littérature devenue espace de fiction où Borges converse avec Montaigne et Villon rappe avec Doc Gynéco?
Accompagné par son éditrice, Laure Leroy, celui qui écrivait en 2015 dans son discours de réception à l?Académie française « C?est un étrange animal que celui qui vit hors de sa terre natale. Sa condition d?exilé lui permet d?ourdir une littérature qui n?est ni tout à fait de là-bas, ni tout à fait d?ici, et c?est là tout son intérêt » pourrait bien ce soir nous offrir une grande leçon de vie et de littérature.
+ Lire la suite
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