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EAN : 9782020612036
140 pages
Seuil (05/09/2003)
3.63/5   106 notes
Résumé :
Dans un petit village du Cantal, Laurent, la trentaine, vit encore chez sa mère. Il rencontre Marlène, qui vient de Normandie, et dont il tombe amoureux. Ensemble, ils s'installent en haut du village, dans une maison isolée, pour des mois de bonheur lumineux. Mais bientôt leur amour se heurte au conformisme des villageois d'en bas.

Un soir, leur chien se fait renverser par une voiture, Marlène rencontre le vétérinaire, et tout est changé...
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
3,63

sur 106 notes

5Arabella
  15 février 2019
Il s'agit du premier roman de Marie-Hélène Lafon paru en 2001. le style de l'auteur, ciselé, économe et simple en apparence, mais splendide et au combien évocateur, est déjà en place. L'univers de la ruralité, des villages, des paysans, des gens simples, dont les vies se résument à peu de choses si on les enferme dans des mots, aussi.
Le livre raconte la vie et la mort d'un amour, celui de Laurent, un électricien fils de paysan, et de Marlène toute jeune fille de 18 ans, coiffeuse de formation. Leur rencontre est une révélation, surtout pour lui. Ils s'installent dans une maison familiale qui appartient à la mère de Laurent dans une campagne éloignée de l'agitation de la vie citadine. Mais elle rencontre un autre homme, plus âgé, marié, mais qui quitte femme et enfants, pour vivre avec elle. Laurent est en miettes. L'histoire nous est petit à petit distillée par différents personnages, Laurent tout d'abord, mais d'autres voix se font entendre, sa mère, tantes ou cousines, la grand-mère ou mère de Marlène, la bibliothécaire ou la femme du nouvel amour de Marlène…Ils sont nombreux, et au-delà de ce qu'ils nous disent de la trame principale du livre, c'est eux-même qu'ils racontent avant tout, leurs ressentis, leurs histoires, leurs frustrations ou espoirs.
Ces différentes voix se croisent, se complètent, se couvrent, parfois ne s'entendent pas alors qu'ils pourraient avancer mieux ensemble. Cette manière de raconter, d'enrichir l'intrigue principale de motifs secondaires, fait en partie l'intérêt de ce roman, puisque l'intrigue en est relativement peu originale, même si Marie-Hélène Lafon trouve un ton, une justesse pour exprimer la naissance et la mort des sentiments, dans toute leur toute puissance et irrationalité. Il y a beaucoup d'émotion dans ce récit tout simple en apparence, triste pendant une grande partie du livre, même si une sorte de lueur apparaît au final.
J'aime beaucoup les livres de Marie-Hélène Lafon en général, et j'ai été vraiment impressionnée de voir à quel point, dès son premier roman, tout son talent et son univers était en place. Une très belle lecture.
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Lucilou
  15 décembre 2021
Je vois venir avec angoisse le moment où je n'aurais plus aucun roman de Marie-Hélène Lafon à découvrir.
Cet instant où je ne voudrais rien d'autre que ses histoires, si simples en apparences, souvent tristes et toujours belles et son style à nul autre pareil, clair et limpide comme ces eaux de source qui courent les contes, les légendes ou le Cantal et où je n'aurai rien pour étancher ma soif. Bien sûr, je relirai encore et encore, et l'enchantement sera le même, mais il ne vaudra pas cet ineffable plaisir d'ouvrir un livre dont on sait avec certitude qu'on l'aimera pour la toute première fois.
Heureusement, il m'en reste encore deux ou trois qui m'attendent et je retarde l'inéluctable. Ce n'est pas si difficile, en réalité, quand l'appartement déborde de romans qui n'attendent que moi et l'intérêt que je daignerai leur accorder.
Il n'empêche... J'ai relu "Les Pays" et je me suis sentie obligée de me jeter sur le tout premier roman de la dame d'Aurillac.
Je viens donc de finir "Le Soir du Chien" et je crois bien que je vais pleurer. Encore. Toujours avec Marie-Hélène Lafon.
C'était beau, tellement beau. Beau et triste, comme Laurent qui regarde Marlène s'en aller, comme Laurent quand il a compris, le fameux soir du chien, ce soir qu'il n'oubliera pas.
C'est une histoire simple, un peu comme dans les films de Claude Sautet. Une histoire d'amour qui naît puis qui meurt.
L'histoire aussi d'un village du Cantal et de ceux qui l'habitent, avec leurs murmures et leurs fêlures, leurs espoirs et leurs regrets.
Cela pourrait être banal, mais ça ne l'est pas, ça ne l'est jamais. Surtout pas avec Marie-Hélène Lafon, dont la langue faussement épurée et économe raconte si bien la beauté, la solitude et l'âpreté, la rudesse des paysages et celles de ses personnages.
Laurent a trente ans, il rencontre Marlène, belle et cabossée, qui en a dix-huit. Entre eux, c'est une évidence, de celle qui ne se présente pas deux fois. Ce n'est jamais pareil la deuxième fois... le temps des rose, l'apothéose ne renaissent jamais de le même couleur.
Les deux amants s'installent dans le village de Laurent, dans la maison d'en haut, une maison de famille qui laisse entrer la lumière à flots. Leur histoire fait bien grincer quelques dents, elle fait parler. Ils sont comme ça les gens ici, ils racontent, ils commentent, surtout si la femme n'est pas d'ici, surtout si elle ne veut pas d'enfant. Laurent et Marlène, eux, s'en fichent. Ils sont heureux.
Jusqu'au soir du chien.
Il y a la beauté et la tristesse de cette histoire.
Il y a sa narration aussi: c'est Laurent qui nous fait le récit de ce que fut cet amour là, poignant, déchirant, simple. Toutefois, d'autres voix parfois se mêlent à son récit et tout en parlant des amoureux de la "maison du haut", ils nous parlent d'eux aussi. de ce qui leur fait du bien ou de ce qui leur fait mal.
A travers cette narration plurielle, l'auteure, non contente de nous offrir comme un cadeau le récit d'une douloureuse histoire d'amour fait aussi la part belle au Cantal, à ce monde rural qu'elle semble porter en elle, ce monde âpre où les paysages étreignent de désarmantes solitudes. Roland, l'ami de Laurent est de celles-ci et ça fait un mal de chien.
Un roman beau comme une chanson un peu folk, un peu triste qu'on réécoute à l'infini, comme la voix de Kate Rusby sur "The farmer's toast" et celle de Bibio qui berce mes nuits d'hiver quand il chante "Curls".
Et si c'était ça finalement la grâce?





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sylvaine
  25 février 2021
Si Histoire du fils a remporté le Prix Renaudot 2020, le soir du chien , le premier roman de Marie-Hélène Lafon, a lui été récompensé par le Prix Renaudot des lycéens 2001.
Quand Laurent croise la route de Marlène c'est une évidence. Il a 30 ans, elle 18 et s'installent au village dans la maison du haut. Pas très accueillants les cantalous mais qu'importe ils vivent heureux n'est-ce pas là l'essentiel. Jusqu'au jour où le chien est renversé par une voiture, jusqu'au soir où le vétérinaire croise le chemin de Marlène et que tout bascule.. Il sera temps alors pour Laurent "d'apprendre cette douleur de la privation sans la mort" (p53)
Marie-Hélène Lafon raconte à pas comptés. Si Laurent est le narrateur principal d'autres voix interfèrent de ci de là. le récit gagne en ampleur et en profondeur, L'écriture de Marie-Hélène Lafon me parle l'émotion est là palpable et la vie suit son cours .
Une très belle découverte
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mollymon
  23 septembre 2015
Laurent aime Marlène mais celle-ci le quitte. Voilà une histoire ordinaire comme il en existe tant d'autres mais ce qui n'est pas banal dans ce roman, c'est la façon dont l'auteur traite le sujet. La multitude de personnages qui gravitent autour du couple va s'exprimer pour commenter l'histoire et en même temps la créer.
J'ai eu du mal à m'habituer à la forme chorale de ce roman: les changements trop fréquents et abrupts de narrateurs m'ont agacée en début de lecture. Déconcertée et mise de mauvaise humeur, j'ai vu dans cette multiplicité de voix, un artifice lassant qui m'a obligée à lire plusieurs fois les mêmes pages pour essayer de deviner qui parle. C'est comme débouler dans l'intimité des pensées d'une personne sans savoir qui elle est. Ça ne facilite pas la compréhension..
Mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Car tout bien considéré, c'est cette complication qui donne le piquant à ce roman dont la trame est plutôt insignifiante. J'ai tenu bon, je me suis accrochée et j'ai finalement réussi à apprécier l'écriture de Marie Hélène Lafon. Ouf !
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zabeth55
  05 avril 2013
Une intrigue simple mais prenante. Et pas de tout repos pour le lecteur ! En effet, il faut toujours se concentrer pour savoir qui raconte ou qui écrit.
L'histoire est racontée par plusieurs narrateurs sans qu'il ne soit jamais spécifié duquel il s'agit.
Marlène et Laurent sont les principaux personnages, mais il y a aussi la famille et les habitants du village.
C'est une belle et triste histoire d'amour avec une description sobre des sentiments et une écriture agréable.
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
nadejda nadejda   09 octobre 2014
La maison était comme le prolongement des terres nues, muettes sous le long cri du vent, qui la cernaient de toutes parts ; elle les respirait par toutes ses fenêtres, ouvertes l’été, closes l’hiver, jamais voilées. Le pays entrait dans la maison, tout le temps, la pénétrait. Nous l’avions voulu ainsi, et nous vivions sous le grand regard des choses, dans la pupille écartelée du monde.
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nadejda nadejda   09 octobre 2014
Elle restait assise dans la lumière, pendant des heures, la tête dans les mains, fourrageant dans ses cheveux qu'elle avait lourds, denses, annelés, parfumés ; une vraie crinière de femelle fauve, à mordre, à caresser.
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nadejda nadejda   09 octobre 2014
Ici, il n’est de printemps que furtif, comme honteux de recommencer, de réveiller les vieilles écorces, les plates étendues d’herbe lisse, de sonner le rappel des choses vertes, sommées d’exister encore, vouées à un sursis dans la très brève gloire de l’été. Quelques journées de fin mars, ou de début avril, se donnent au bleu, à la légèreté coruscante d’un air soudain moins âpre. Au bord des routes, les talus blondissent, frisottés de vent clair. Quelque chose change. Viennent ensuite les longues pluies froides, les neiges persévérantes de mai, les gelées blanches de juin. Mais le signal a été donné des fleurs insensées, des herbes longues, et des persiennes closes sur une lumière insolente, dans le temps des siestes striées de soleil, au fond des chambres odorantes. La douceur ne sera pas toujours refusée. Il suffit d’attendre.
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Analire Analire   21 mai 2021
Aujourd'hui, 18 juin 1967, j'ai eu dix ans. Mamie m'a offert ce carnet et je commence ce journal pour me souvenir de tout. Mamie dit qu'il faut se souvenir. Elle me parle souvent de mon oncle Georges que je n'ai pas connu parce qu'il est mort avant ma naissance. Il est mort très jeune, à seize ans. Il avait six ans de plus que moi. Elle dit qu'il faut se souvenir pour que les morts soient moins morts. Moi je crois qu'on n'est pas plus ou moins mort ; on est mort et c'est tout.
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5Arabella 5Arabella   16 février 2019
Ici, il n'est de printemps que furtif, comme honteux de recommencer, de réveiller les vieilles écorces, les plates étendues d'herbe lisse, de sonner le rappel des choses vertes, sommées d'exister encore, vouées à un sursis dans la très brève gloire de l'été. Quelques journées de fin mars, ou de début avril, se donnent au bleu, à la légèreté coruscante d'un air soudain moins âpre. Au bord des routes, les talus blondissent, frisottés de vent clair. Quelque chose change. Viennent ensuite les longues pluies froides, les neiges persévérantes de mai, les gelées blanches de juin. Mais le signal a été donné des fleurs insensées, des herbes longues, et des persiennes closes sur une lumière insolente, dans le temps des siestes striées de soleil, au fond des chambres odorantes. La douceur ne sera pas toujours refusée. Il suffit d'attendre.
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Videos de Marie-Hélène Lafon (42) Voir plus Ajouter une vidéo
Rencontre avec Marie-Hélène Lafon, Prix Renaudot 2020 Entre Figeac, dans le Lot, Chanterelle ou Aurillac, dans le Cantal, et Paris, Histoire du fils @Editions Buchet/Chastel 2020 sonde le coeur d'une famille, ses bonheurs ordinaires et ses vertiges les plus profonds, ceux qui creusent des galeries dans les vies, sous les silences. Avec ce nouveau roman, Marie-Hélène Lafon confirme la place si particulière qu'elle occupe aujourd'hui dans le paysage littéraire français.
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