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EAN : 9782020612036
140 pages
Éditeur : Seuil (05/09/2003)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 87 notes)
Résumé :
Dans un petit village du Cantal, Laurent, la trentaine, vit encore chez sa mère. Il rencontre Marlène, qui vient de Normandie, et dont il tombe amoureux. Ensemble, ils s'installent en haut du village, dans une maison isolée, pour des mois de bonheur lumineux. Mais bientôt leur amour se heurte au conformisme des villageois d'en bas.

Un soir, leur chien se fait renverser par une voiture, Marlène rencontre le vétérinaire, et tout est changé...
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
5Arabella
  15 février 2019
Il s'agit du premier roman de Marie-Hélène Lafon paru en 2001. le style de l'auteur, ciselé, économe et simple en apparence, mais splendide et au combien évocateur, est déjà en place. L'univers de la ruralité, des villages, des paysans, des gens simples, dont les vies se résument à peu de choses si on les enferme dans des mots, aussi.
Le livre raconte la vie et la mort d'un amour, celui de Laurent, un électricien fils de paysan, et de Marlène toute jeune fille de 18 ans, coiffeuse de formation. Leur rencontre est une révélation, surtout pour lui. Ils s'installent dans une maison familiale qui appartient à la mère de Laurent dans une campagne éloignée de l'agitation de la vie citadine. Mais elle rencontre un autre homme, plus âgé, marié, mais qui quitte femme et enfants, pour vivre avec elle. Laurent est en miettes. L'histoire nous est petit à petit distillée par différents personnages, Laurent tout d'abord, mais d'autres voix se font entendre, sa mère, tantes ou cousines, la grand-mère ou mère de Marlène, la bibliothécaire ou la femme du nouvel amour de Marlène…Ils sont nombreux, et au-delà de ce qu'ils nous disent de la trame principale du livre, c'est eux-même qu'ils racontent avant tout, leurs ressentis, leurs histoires, leurs frustrations ou espoirs.
Ces différentes voix se croisent, se complètent, se couvrent, parfois ne s'entendent pas alors qu'ils pourraient avancer mieux ensemble. Cette manière de raconter, d'enrichir l'intrigue principale de motifs secondaires, fait en partie l'intérêt de ce roman, puisque l'intrigue en est relativement peu originale, même si Marie-Hélène Lafon trouve un ton, une justesse pour exprimer la naissance et la mort des sentiments, dans toute leur toute puissance et irrationalité. Il y a beaucoup d'émotion dans ce récit tout simple en apparence, triste pendant une grande partie du livre, même si une sorte de lueur apparaît au final.
J'aime beaucoup les livres de Marie-Hélène Lafon en général, et j'ai été vraiment impressionnée de voir à quel point, dès son premier roman, tout son talent et son univers était en place. Une très belle lecture.
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Commenter  J’apprécie          282
mollymon
  23 septembre 2015
Laurent aime Marlène mais elle le quitte. Voilà une histoire ordinaire comme il en existe tant d'autres mais ce qui n'est pas banal dans ce roman, c'est la façon dont l'auteur traite le sujet. La multitude de personnages qui gravitent autour du couple va s'exprimer pour commenter l'histoire et en même temps la créer.
J'ai eu du mal à m'habituer à la forme chorale de ce roman: les changements trop fréquents et abrupts de narrateurs m'ont agacée en début de lecture. Déconcertée et mise de mauvaise humeur, j'ai vu dans cette multiplicité de voix, un artifice lassant qui m'a obligée à lire plusieurs fois les mêmes pages pour essayer de deviner qui parle. C'est comme débouler dans l'intimité des pensées d'une personne sans savoir qui elle est. Ça ne facilite pas la compréhension..
Mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Car tout bien considéré, c'est cette complication qui donne le piquant à ce roman dont la trame est assez banale. J'ai tenu bon, je me suis accrochée et j'ai finalement réussi à apprécier l'écriture de Marie Hélène Lafon. Ouf !
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zabeth55
  05 avril 2013
Une intrigue simple mais prenante. Et pas de tout repos pour le lecteur ! En effet, il faut toujours se concentrer pour savoir qui raconte ou qui écrit.
L'histoire est racontée par plusieurs narrateurs sans qu'il ne soit jamais spécifié duquel il s'agit.
Marlène et Laurent sont les principaux personnages, mais il y a aussi la famille et les habitants du village.
C'est une belle et triste histoire d'amour avec une description sobre des sentiments et une écriture agréable.
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Loutre_des_Rivieres
  14 juillet 2015
Le soir du chien évoque une histoire de village du Cantal mais surtout une histoire d'amour et de désamour entre Laurent et Mylène racontées par différents narrateurs.
Laurent et Mylène mènent une vie tranquille dans leur maison isolée du village sur les hauteurs, jusqu'à ce que leur chien se fasse renverser par une voiture et emmener dans le cabinet du vétérinaire où Mylène fait sa rencontre.
Il y a une grande qualité dans la recherche d'écriture. La description de la nature, sa rudesse comme sa beauté sont bien décrites. Les narrateurs sont différents, les styles d'écritures le sont également et les personnages sont profonds, subtils, aucunement stéréotypés. Un beau roman profondément triste.
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Olloix
  29 juin 2020
Lecteur régulier des textes de M.H.Lafon, j'ai voulu voir et toucher la texture du "soir du chien" qui a contribué à la faire connaître en 2001 avec le prix Renaudot des Lycéens. Et bien ... j'ai eu l'impression de lire un de ses textes récents, avec tout ce qui fait la personnalité littéraire de M.H.Lafon : les vrais gens de la campagne qui ne sont pas des images d'Epinal, les phrases et le vocabulaire qui constituent des vies quotidiennes enracinées dans une histoire sociale et locale, les paysages qui ne sont pas des photos de guides touristiques, des vies, en apparence banales, mais qui ne le sont pas [banales].
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   09 octobre 2014
La maison était comme le prolongement des terres nues, muettes sous le long cri du vent, qui la cernaient de toutes parts ; elle les respirait par toutes ses fenêtres, ouvertes l’été, closes l’hiver, jamais voilées. Le pays entrait dans la maison, tout le temps, la pénétrait. Nous l’avions voulu ainsi, et nous vivions sous le grand regard des choses, dans la pupille écartelée du monde.
Commenter  J’apprécie          241
nadejdanadejda   09 octobre 2014
Elle restait assise dans la lumière, pendant des heures, la tête dans les mains, fourrageant dans ses cheveux qu'elle avait lourds, denses, annelés, parfumés ; une vraie crinière de femelle fauve, à mordre, à caresser.
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nadejdanadejda   09 octobre 2014
Ici, il n’est de printemps que furtif, comme honteux de recommencer, de réveiller les vieilles écorces, les plates étendues d’herbe lisse, de sonner le rappel des choses vertes, sommées d’exister encore, vouées à un sursis dans la très brève gloire de l’été. Quelques journées de fin mars, ou de début avril, se donnent au bleu, à la légèreté coruscante d’un air soudain moins âpre. Au bord des routes, les talus blondissent, frisottés de vent clair. Quelque chose change. Viennent ensuite les longues pluies froides, les neiges persévérantes de mai, les gelées blanches de juin. Mais le signal a été donné des fleurs insensées, des herbes longues, et des persiennes closes sur une lumière insolente, dans le temps des siestes striées de soleil, au fond des chambres odorantes. La douceur ne sera pas toujours refusée. Il suffit d’attendre.
+ Lire la suite
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5Arabella5Arabella   16 février 2019
Ici, il n'est de printemps que furtif, comme honteux de recommencer, de réveiller les vieilles écorces, les plates étendues d'herbe lisse, de sonner le rappel des choses vertes, sommées d'exister encore, vouées à un sursis dans la très brève gloire de l'été. Quelques journées de fin mars, ou de début avril, se donnent au bleu, à la légèreté coruscante d'un air soudain moins âpre. Au bord des routes, les talus blondissent, frisottés de vent clair. Quelque chose change. Viennent ensuite les longues pluies froides, les neiges persévérantes de mai, les gelées blanches de juin. Mais le signal a été donné des fleurs insensées, des herbes longues, et des persiennes closes sur une lumière insolente, dans le temps des siestes striées de soleil, au fond des chambres odorantes. La douceur ne sera pas toujours refusée. Il suffit d'attendre.
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myriampelemyriampele   23 mars 2013
IL était voyageur de commerce, bellâtre avantageux, valseur étourdissant, fleurant bon la brillantine, la cravate alerte et le soulier pointu; il avait eu la mère de Marlène, au sortir des raideurs familiales et du long deuil du frère, après trois bals et quelques escapades nocturnes dans la campagne de juillet. Il n'avait rien promis. Elle ne demandait d'ailleurs rien, étant silencieuse par habitude et avide des choses du corps.
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Le message de remerciements de Marie-Hélène LAFON à la suite de la réception du Prix Renaudot 2020
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