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EAN : 9782845230064
124 pages
Editions du Laquet (16/03/2000)
4.17/5   3 notes
Résumé :

A Lisbonne, le fleuve n'est jamais bien loin. Le temps d'un été, une jeune française, d'origine portugaise, découvre la ville et ses tramways, se perd dans ses ruelles, dans les lointains faubourgs, à la recherche de sa cousine. Peu à peu une ville apparaît, un quartier, une colline, des odeurs. A distance, un garçon de café les observe. Est-il de la partie ? Que fait-il exactement ? Peut-être Lisbonne ne ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
araucaria
  29 août 2014
Livre magnifique, merveilleusement écrit, très poétique qui nous fait marcher dans Lisbonne au côté du fantôme de Fernando Pessoa. Pour une personne qui comme moi suis amoureuse de cette ville, sans pourtant y être jamais allée (sauf une escale dans son aéroport), ce roman très court ne peut être qu'un coup de coeur. Une magnifique découverte que ce texte et cet auteur. Que du bonheur...
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Lali
  19 février 2011
« Tu te rappelles ton arrivée à la gare de Lisbonne, les trains qui continuent vers les stations balnéaires de Setubal, Cascaïs, les paquets de rails enchevêtrés qui désormais t'évoquent les dallages noirs et blancs des trottoirs, le cerclage en damier des parvis. Lisbonne n'est que couleurs. le promeneur invisible que tu es devenue et que je m'efforce de mimer repère désormais le treillage noir et blanc de la ville hantée par les dégradés de gris qui persistent souvent au-delà du Tage, lorsque les bouillonnements des nuages se confondent avec les fumées des cheminées du Barreiro. »
Ainsi, le serveur d'un café de Lisbonne s'adresse-t-il à Héléna, fille de Portugais installés en Vendée venue un été au pays des origines qui entre un jour là où il travaille et qui lui dit Je suis perdue. Un été marquant. Un été où Lisbonne s'imprimera en elle à jamais. Un été où jour après jour, au hasard de ses promenades dans Lisbonne, elle écrit et note les détails de sa vie cet été-là dans un cahier qu'elle lui donne le jour où elle remet les pieds à Lisbonne, après des événements qui la lieront à jamais à Lisbonne et qui feront qu'elle la fuira en laissant derrière elle ce cahier qu'elle ne peut plus ouvrir sans souffrir.
Lui, le narrateur, le garçon de café, venu lui aussi à Lisbonne pour trouver ses racines, va tenter de nous redonner Héléna. de nous parler de cet été-là. de cette ville que tous deux aimaient plus que tout. de celle qu'il devine, qu'il sent plus qu'il ne la connaît ni ne la connaîtra jamais.
Et nous le suivons. Nous aimons Lisbonne avec lui. Avec elle. La Lisbonne du quotidien, la Lisbonne de l'errance, la Lisbonne des odeurs, la Lisbonne des poètes. La Lisbonne vue par les yeux de Guillaume le Blanc.
Lien : http://lalitoutsimplement.co..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   28 août 2014
La nuit lisboète coule dans mon corps. Dormir est devenu une opération réservée aux dieux. Je récite à haute voix des vers de Pessoa. "Un éclat de rire de jeune fille retentit dans l'air du chemin. Elle a ri des paroles de quelqu'un que je ne vois pas. Il me souvient d'avoir entendu. Mais si l'on me parle maintenant d'un éclat de rire de la jeune fille du chemin, je dirai : non les montagnes, les terres au soleil, le soleil, la maison que voici et moi qui n'entends que le bruit silencieux du sang qui bat dans ma vie des deux côtés de ma tête." Je m'endors en pensant au gardeur de troupeaux, Fernando Pessoa.
Je suis venu à Lisbonne, je me l'avoue seulement maintenant, pour tous les écrivains que j'aime. J'ai accepté ce travail de serveur, moi qui aurais ri il y a quelques années si l'on m'avait dit qu'un jour je serais serveur, pour être près de Pessoa, d'Antunes, de tous les écrivains qui forment une pile à côté de mon lit et m'aident à traverser la nuit.
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araucariaaraucaria   29 août 2014
J'aime Lisbonne aux ruelles détrempées, dégringolant vers le Tage dans un charivari de voitures, de linges humides, de ferronnerie rouillée. J'aime Lisbonne, tachetée de couleurs ocres et rouges, aux poumons noircis par les gris insaisissables du ciel, de l'eau, des rues. J'aime Lisbonne, solitaire en ses palmiers brunis par le soleil, Lisbonne aux murs vérolés, Lisbonne des antennes paraboliques sur les balcons défoncés. J'aime le Musée d'Art Antique mais plus que tout j'aime les nuages au-dessus des façades, le petit peuple lisboète sous le chapiteau céleste, les joueurs d'échecs à deux pas du Cimetière des Plaisirs, les travailleurs austères et impeccables qui se croisent sans se connaître, le parc Edouard VII dont la serre aux essences exotiques de l'Estufia fria et quente finit par disparaître derrière des allées aux essences péruviennes, australiennes, chinoises, dans une jungle de poche où voyager rime avec rester immobile.
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araucariaaraucaria   29 août 2014
Dans ton journal, tu mentionnes le guide de Lisbonne écrit par Pessoa. Tu recopies une phrase : "Lisbonne, même de loin, s'élève comme une ravissante vision de rêve, et se découpe clairement contre le bleu vif du ciel que le soleil réchauffe de son or. Les dômes, les monuments, les vieux châteaux font saillie au-dessus du fouillis de maisons et semblent être les lointains hérauts de ce séjour délicieux, de cette région bénie." Ce n'est pas le Fernando que j'aime, le vieil oncle d'Antonio. Le vrai Pessoa se promène dans les rues de la Baixa dans un costume sombre, à l'écart des monuments et des châteaux, attentif à tous les écoulements. Invisible aux touristes tranquilles qui s'attardent devant les cartes postales de la ville, il arpente les rues de Lisbonne, promeneur inquiet, écrit chaque jour, assis à son petit bureau de bois, le livre de l'intranquillité.
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araucariaaraucaria   28 août 2014
Tu n'es pas de Lisboa, tu as simplement grandi dans son ombre, à deux mille kilomètres de là, dans le département de Vendée qui ne ressemble pas, même les yeux fermés, à la moindre parcelle de terre portugaise. Tu étais en classe de terminale quand tu découvris Fernando Pessoa. Tu t'ennuyais dans la cour de récréation, chaque jour la sonnerie retentissait, les cours ressemblaient aux cours, tu pensais à tes prochaines vacances à Lisbonne, au visage de Pessoa. Tu ne connaissais rien au Portugal mais tu pressentais que tu deviendrais Héléna Silva à force de voyages à Lisboa et de querelles internes qui disposaient de ton esprit comme de tes rires.
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LaliLali   19 février 2011
Tu te rappelles ton arrivée à la gare de Lisbonne, les trains qui continuent vers les stations balnéaires de Setubal, Cascaïs, les paquets de rails enchevêtrés qui désormais t’évoquent les dallages noirs et blancs des trottoirs, le cerclage en damier des parvis. Lisbonne n’est que couleurs. Le promeneur invisible que tu es devenue et que je m’efforce de mimer repère désormais le treillage noir et blanc de la ville hantée par les dégradés de gris qui persistent souvent au-delà du Tage, lorsque les bouillonnements des nuages se confondent avec les fumées des cheminées du Barreiro.
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