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ISBN : 2264070560
Éditeur : 10-18 (19/01/2017)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 212 notes)
Résumé :
« On ne renonce jamais vraiment, on a besoin de croire que tout n'est pas perdu, on se rattache à un fil, même le plus ténu, même le plus fragile. On se répète que l'autre va finir par revenir. On l'attend. On se déteste d'attendre mais c'est moins pénible que l'abandon, que la résignation totale. Voilà : on attend quelqu'un qui ne reviendra probablement pas. »

Hélène a vu en direct à la télévision les images d'un tremblement de terre dévastateur dans... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (73) Voir plus Ajouter une critique
andman
  19 février 2016
Ce roman intimiste, reçu des mains qui m'ont déjà tant donné, ne manquait à priori pas d'attrait. En ce jour de la mi-février où paraît-il les oiseaux s'apparient, il était bien tentant de découvrir sur-le-champ la plume d'un auteur encore jeune mais à la bibliographie impressionnante.
La rencontre d'Hélène et de Mathieu, deux parisiens qui depuis quelques jours traînent leur vague à l'âme dans un hôtel lisboète, n'allait pas de soi. Par une fin d'après-midi écrasée de chaleur, la lève-tôt et le noctambule osent enfin se parler devant un verre.
Ces quarantenaires ne savent pas encore que ces premiers mots, échangés sur un ton hésitant, en appelleront d'autres. Ils ont toutefois suffisamment de sensibilité pour comprendre que la tristesse dans le regard de l'autre nécessite une attention précautionneuse.
Hélène et Mathieu sont des naufragés de la vie. Le chagrin qui les consume à petit feu paraît inextinguible. Au terme de cette première rencontre, la passerelle qui maintenant relie leur radeau respectif n'est pas, loin s'en faut, une planche de salut mais leur apporte néanmoins un peu de baume au coeur.
Comme le suggère le titre ‘'Les passants de Lisbonne'', la grande ville portugaise étouffante l'été est omniprésente dans ce court roman de Philippe Besson.
Connue pour sa mélancolie, cette fameuse saudade qui se dégage du moindre fado des rues, la capitale à taille humaine s'accorde bien à l'état d'esprit de ces deux êtres désireux de s'épancher.
Pour autant, il ne suffit pas de créer des personnages attachants et de les placer dans un cadre agréable pour réussir un grand livre. Celui-ci se lit certes sans déplaisir mais souffre d'un épilogue sans consistance, comme improvisé.
Le roman “Les passants de Lisbonne” laisse au final l'impression d'une histoire vite écrite, vite lue et probablement vite oubliée.
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Eve-Yeshe
  27 février 2016
Faisant partie du fan-club de Philippe Besson, je me suis précipitée sur ce livre que j'ai beaucoup aimé.
On est frappé d'emblée par cette rencontre entre deux êtres en souffrance, qui ne se connaissent pas mais se « re-connaissent ». Matthieu voit chaque jour Hélène quand il rentre de sa promenade dans Lisbonne écrasée par la chaleur, la moiteur. Elle est allongée, le regard dans le vide.
Il l'aborde presque malgré lui, sa souffrance l'attire car elle fait écho à la sienne : son mari est mort lors d'un séisme à San Francisco (et oui, « the big one » dont on parle tant a eu lieu), et on saura plus tard qu'il a perdu quelqu'un lui-aussi, son compagnon l'a quitté un jour sans prévenir et depuis il erre sur les traces de leur amour.
Elle se confie à lui, lui explique l'inexplicable : la mort, la façon dont on l'apprend lors d'une catastrophe comme celle-ci qui a fait des milliers de morts, le désarroi de ce qu'on appelle les cellules de crise, l'aide aux victimes. Comment aider des gens qui ont subi un tel traumatisme ? Comment trouver les mots ? Comment elle y a cru jusqu'au bout, est allée chercher son mari à l'aéroport. "Elle dit la blancheur de cet instant. Oui, la blancheur. Elle dit la seconde où elle apprend que celui qu'elle attend, n'arrivera pas, qu'il n'est jamais parti". P 48

Ils se confient l'un à l'autre, probablement parce qu'ils ont peu de chance de se revoir par la suite, mais aussi parce que chacun sait presque intuitivement ce que l'autre ressent, alors pas besoin de mots superflus, d'attitudes plus ou moins composées. On sait très bien qu'il n'y aura pas une histoire d'amour entre eux, mais un lien très fort se noue, une sorte de fraternité. ce sont des compagnons d'infortune.
Et bien sûr, il y a un troisième personnage : Lisbonne, sa moiteur, la chaleur de l'été, l'ambiance si particulière, une histoire mélancolique dans la ville de la « Saudade », et l'on entendrait presque Amalia Rodrigues en tendant l'oreille… une atmosphère qui m'a fait penser au journaliste Pereira qui transpire en arpentant la ville et en buvant citronnade sur citronnade pour tenter d'étancher sa soif, en 1938, sous la dictature de Franco (« Et Pereira prétend » très beau livre de l'auteur italien Antonio Tabucchi)
La mélancolie est à Lisbonne ce que l'amour est à Venise, dans notre inconscient, et c'est palpable. Je connais très peu cette ville, car mon mari est originaire de l'Algarve que j'aime énormément et le ressenti n'est pas du tout le même…
Mais, car il y a un mais, qui ne fera pas de ce livre un coup de coeur franc et définitif : j'ai été déçue par la fin. Tout était magique et tout à coup, l'histoire s'est accélérée, et c'est dommage.
Très beau titre également, les passants, telles deux ombres qui déambulent dans Lisbonne, ils ne sont que de passage, à un moment particulier de leur vie…
L'écriture de Philippe Besson est belle, les mots sont choisis avec précision, presque lapidaire parfois, brute de décoffrage, car inutile de s'étendre et sombrer dans le pathos. J'aime cette sensibilité si particulière de l'écrivain, tout en pudeur, qui me donne l'impression souvent de ne s'adresser qu'à moi, comme un double et ses mots me touchent, presqu'à chaque livre, alors une bonne note quand même et un livre à lire si on aime la sensibilité de l'auteur…
Note : 8,4/10
Lien : http://eveyeshe.canalblog.co..
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rabanne
  28 mai 2017
Un peu plus déçue par ce Besson-là, malgré une plume intimiste et sensible qui continue de me parler, de me toucher.
C'est l'histoire de deux êtres fragilisés, en deuil (même différent) d'un amour perdu, qui se rencontrent, se confient et se reconnaissent dans leur sentiment mutuel d'abandon. Autour d'eux, la vie, le bruit, la mer, et Lisbonne au coeur d'un bel été...
J'ai un moment désespéré de ne rien "voir venir" à travers cette mélancolie ambiante, à l'issue d'un dialogue s'apparentant à deux monologues, jusqu'à ce que jaillisse enfin la petite étincelle. Et bien que la fin soit quelque peu convenue, j'ai eu envie d'y adhérer, moi ! :-)
J'ai toujours très envie de poursuivre mon chemin avec Philippe Besson, avec "Son frère", "Arrête avec tes mensonges"... entre autres.
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domisylzen
  26 mai 2016
Je suis à la dérive, ballotée par les flots,
le vent qui tourbillonne me pousse,
de très loin, je distingue le clapot.
Parfois je croise des visages,
venus dont ne sais où.
Finirai-je un jour par atteindre le rivage ?
Dans ce port écrasé de chaleur,
émergent les paroles d'un homme.
Je partage la tristesse de son coeur.
Je lui confie ma souffrance,
née des profondeurs de San Francisco,
de ma vie, de mes journées d'errance.
Lui a perdu son alter égo,
trôle dans les nuits de Lisbonne,
à la recherche d'un autre Diégo.
Court roman, pétri de mélancolie,
riche de sentiments, d'amour, de fraternité.
Au travers des mots, un beau ressenti.
Le seul inconvénient s'il en est,
cette longueur dérisoire,
qui me laisse un peu frustré.
Merci, Andman, Eve-Yeshe et AudreyT.
Merci, pour vos magnifiques critiques,
qui m'ont beaucoup apporté.
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Annette55
  08 décembre 2016
Héléne et Mathieu se rencontrent par hasard dans un hôtel de Lisbonne , elle, choquée par le décés de son mari lors d'un tremblement de terre dévastateur dans une ville lointaine, alors qu'il y travaillait et y séjournait.......
Lui, dévasté par la rupture brutale avec son aimé, Diego, qui lui a laissé une lettre dans un appartement vide.......
Ils vont se parler, en déambulant dans la torpeur de l'été au coeur des ruelles tortueuses de Lisbonne, se comprendre, s'aider à affronter le manque, la faille, le désastre, la douleur ineffable alors que le monde continue ..
Ils panseront leurs blessures et tenteront , surtout pour Héléne, de renouer avec les vivants, de retrouver l'espoir et se rattacher à un fil même ténu .....au besoin de croire que tout n'est pas perdu.....

L'auteur décrit avec sensibilité et finesse : au scalpel, les souffrances, les non- dits, les regrets, les jalousies, les tourments de l'âme, le vide atroce de l'absence, le mystère des sentiments.
Il fouaille et creuse les interrogations, les infimes détails de la douleur et de ses manifestations jusqu'à l'obsession.
Il parle avec tendresse et lucidité du manque, de la force des images oubliées avec l'être disparu:
: les balades insouciantes à vélo, les files d'attente au cinéma........
Il détaille la mécanique des rires appuyés, des oeillades, des corps qui se rejoignent dans l'ivresse d'une nuit chaude, les numéros de téléphone échangés sur des bouts de papier dans la fièvre, les plaisirs faciles, les étreintes de peaux dans l'ombre........
Il aime décrire à satiété "l'intime", "l'invisible," l'intériorité de l'être , le lien familial et le lien amoureux.
Il dissèque avec art ,"sur le fil" les sentiments et l'entre - deux des coeurs.....
Malheureusement je suis restée un peu en retrait de cet ouvrage, non dénué de qualités; trop superficiel malgré l'auscultation savante et vivante des coeurs ......
La fin m'a laissée de marbre, une fin décevante , comme improvisée , peu travaillée, sans épaisseur ni consistance comme si l'auteur désirait s'en débarrasser !
Cela ne plaira pas aux inconditionnels de l'écrivain dont j'avais aimé les premiers ouvrages, tant pis, ce n'est que mon humble avis !
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Les critiques presse (3)
LaPresse   18 avril 2016
Besson demeure maître dans l'art d'user le verbe pour disséquer la souffrance à divers degrés. Or, une superficialité excessive nous laisse dans ce cas avec le sentiment de n'avoir effleuré qu'une brève parenthèse dans la vie de deux passants.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LaPresse   18 avril 2016
Besson demeure maître dans l'art d'user le verbe pour disséquer la souffrance à divers degrés. Or, une superficialité excessive nous laisse dans ce cas avec le sentiment de n'avoir effleuré qu'une brève parenthèse dans la vie de deux passants.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeFigaro   18 février 2016
Le peintre des sentiments Philippe Besson décrit la fraternité qui naît entre deux êtres cabossés par la vie.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations & extraits (76) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   18 mai 2016
Elle dit : "Je sais, vous allez me dire qu'il faut aller marcher au coeur de la ville, dans Baixa - c'est bien comme cela qu'on prononce? - parce que les façades y sont austères et qu'on peut faire des haltes sur des places charmantes. Ou bien du côté d'Alfama, les guides touristiques expliquent que c'est immanquable, Alfama, que c'est le Lisbonne authentique, mais ça veut dire quoi authentique? Et puis j'y suis passée déjà, j'ai vu les palais et les belvédères, et toutes ces rues exigües, oui, bien sûr, c'est plaisant. Mais c'est un jour particulier pour moi, aujourd'hui, c'est l'anniversaire de mon mariage avec Vincent, alors j'aimerais si vous n'y voyez pas d'inconvénient me rendre au cimetière. On m'assure que le cimetière anglais est une chose à voir. Accepteriez-vous de m'y accompagner?"
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missmolko1missmolko1   22 décembre 2015
Elle songe aux années traversées, aux voyages qu'elle n'a pas accomplis, aux villes qu'elle n'a pas visitées, aux avions qu'elle n'a pas pris, aux tours qu'elle a passés. Elle ne nourrit aucun regret et ne cherche pas particulièrement a rattraper le temps perdu. Elle sait depuis peu que ce temps-la ne se rattrape jamais. Elle l'a appris a ses dépens. Simplement, elle a voulu quitter la France, le territoire de son quotidien. Et on lui a assuré que, si on ne craignait pas d'approcher la mort, Lisbonne était la ville indiquée.
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araucariaaraucaria   16 mai 2016
Il traverse le hall de l'hôtel, d'un pas lent. Il a marché tout l'après-midi, au hasard des rues de la ville-labyrinthe, aux heures les plus violentes. Il rentre à peine, la chaleur du dehors pèse encore sur ses épaules, l'obligeant à cette lenteur. Heureusement, l'établissement, malgré ses salons décorés de brocart et de velours, ses lustres en cristal et son élégance surannée, baigne dans une fraîcheur moderne, artificielle qui devrait soulager l'épuisement d'une promenade sous un soleil éreintant.
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gabbgabb   17 juillet 2017
"Vraiment, il n'y a rien de bien passionnant à savoir. Sinon que j'ai été heureux à Lisbonne, autrefois". [...]
Elle est impressionnée par une telle entrée en matière. Les gens soupèsent rarement leur bonheur lorsqu'ils ont à se présenter. Ils s'en tiennent à des choses ordinaires, convenues. Il aurait pu dire son âge, sa profession. Mais non. Il dit qu'il a été heureux. Autrefois.
"Et vous ne l'êtes plus ?
- On n'est pas heureux deux fois."

Il est persuadé, contre la raison, contre les probabilités, que chaque individu se voit attribuer une occasion de bonheur, une seule. La sienne, il l'a eue, il l'a utilisée, dilapidée même. Maintenant, c'est fini. Il n'est pas vraiment triste. Il en est tellement qui ne se rendent même pas compte que cette occasion leur est fournie un jour, qui ne saisissent même pas la dose qui leur est proposée. Ceux-là, toutefois, n'éprouvent pas le regret de ce qu'ils ont perdu, les chanceux.

"Après, ce n'est plus pareil. On connaît des joies, des satisfactions, et même des moments de grâce. On rit, on est léger, la vie peut nous être douce, évidemment. Mais c'est autre chose. Ce n'est plus cette certitude."
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rabannerabanne   28 mai 2017
Pour qui la prend-il ? Une veuve éplorée, incapable d'approcher ceux qui s'amusent ? Une bourgeoise coincée, que la sensualité pourrait choquer ? Une femme ignorante, parce que mariée depuis trop longtemps ? Peut-être est-elle tout cela, au fond. Mais elle se considère également comme un être aiguisé, à l'écoute des battements, des convulsions, des pulsions. Elle sait les naufragés qui s'étreignent, quand l'amour vient à manquer.
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