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Paul Alexandre (Traducteur)
ISBN : 271444508X
Éditeur : Belfond (02/04/2009)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.54/5 (sur 621 notes)
Résumé :
De la course à l'écriture, il n'y a qu'une foulée que Murakami nomme la vitalité. Pour s'astreindre à une discipline d'écrivain, l'auteur a vendu son club de jazz, arrêté de fumer, commencé à courir, inlassablement, tous les jours. Journal, essai, éloge de la course à pied, au fil de confidences inédites, Murakami nous livre une méditation lumineuse sur la vie.


"Un traité de sagesse à la japonaise, et c'est aussi la source cachée de l'oeuvre d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (98) Voir plus Ajouter une critique
le_Bison
  11 septembre 2014
Chaussé de mes running Adidas pour qui je ne ferais pas de publicité tant elles me font mal aux sabots, produit purement marketing de haute technologie, je peux commencer la lecture de ce livre de Murakami, Haruki. Un autoportrait de l'écrivain vu à travers sa passion pour la course à pied. D'ailleurs en préambule, l'auteur se demande bien à qui peut s'adresser un tel objet « littéraire ». Au fan de l'auteur, certes ? Au passionné amateur de la course à pied, sûrement ? Au buveur de bière, certainement ? Tiens, je vais m'en décapsuler une. L'envie subite après l'effort. Je ne sais pas vous mais j'ai toujours cette fatale envie de boire une bière après une course – ou après l'amour, alors que mon corps est encore bouillant de tant d'efforts.
« J'ai beau boire une grande quantité d'eau, tout de suite après, j'ai terriblement soif. Ah ! comme j'aimerais une bière bien fraîche. »
Je débute ainsi cette lecture, un brin curieux, un brin envieux. Mais, au fil de ces lignes, j'en perçois tout son côté frustrant. Lui, l'amateur qui parcourt dix kilomètres quotidiennement, aussi bien les jours d'intempéries que ceux caniculaires. Dix ou vingt bornes, le pied. Si moi aussi, j'avais ce « luxe » de pouvoir le faire chaque jour. Se prendre des trombes d'eau en courant dans le sable mouillé d'Hawaï me ferait plus rêver que trembler. Torse nu, cuisses bandées, les perles d'une sueur salée dégoulinent le long de mes abdominaux… Arrête de fantasmer, belle inconnue… j'ai une âme derrière le corps esthète qui se cache sous sa fourrure de poil. Mais, heu, si je t'invite à prendre une bière bien fraiche dans ma chambre, tu me suis, mystérieuse groupie ? Et on parlera de l'imagination masculine dans ces moments-là…
« Je m'assois dans un café du village et avale goulûment une bière froide, une Amstel. Elle est agréable, mais pas aussi délicieuse que la bière de mon imagination, quand je courais. Rien dans le monde réel n'est aussi beau que les illusions d'un homme sur le point de perdre conscience. »
Haruki se confie à sa manière, à travers ses entraînements, ses objectifs, son hygiène de vie. Abandonné son club de jazz, stoppée la cigarette, il s'astreint à une nouvelle discipline, celle de chausser ses baskets tous les matins avant de s'installer devant son ordinateur pour écrire, celle de hausser ses objectifs de course – quitte à en sortir déçu voir démotivé, celle de s'accorder une bière fraîche après une course.
Mais comme l'essence même de la culture japonaise est fondée sur le bouddhisme, chaque respiration de l'auteur semble en respirer. A chaque inspiration, à chaque souffle, presque à chaque ligne. Tu ne vois pas la corrélation entre le bouddhisme et la bière fraiche ? Pourtant, je te l'assure au bout de la cinquième, j'en suis convaincu. En fait, là où je veux en venir, c'est que la course à pied peut s'assimiler, pour l'auteur, à une séance de zazen. L'esprit libéré par cette foulée court au même rythme que ses baskets. Il ne s'arrête pas, il trace sa route au rythme de la respiration et des pensées qui défilent. Est-ce pour cette raison que la course me fait également du bien. Assurément, j'en perçois aussi cette conduite. Je ne dis pas que chaque course pour moi aurait son équivalence dans un dojo zen, mais je remarque –ou du moins ne devrais-je pas y faire attention – que par moment les pensées défilent aussi vite que les nuages dans le ciel, que les gouttes de sueurs sur mes temps, et qu'elles ne s'accrochent ni à mon esprit ni à mes running. Mais, bon, j'ai encore des progrès à faire, aussi bien pour devenir bonze que pour dépasser un certain cap à mes temps de parcours – que comme chacun, je trouve trop lent par rapport aux autres, par rapport aux entrainements courus, par rapport aux bières bues.
Un livre pour qui ? Un quadragénaire qui court entre trente et quarante bornes par semaine – en fonction de ce que lui permet sa vie professionnelle et familiale. Un lecteur qui apprécie se perdre dans l'imagination de l'auteur japonais. Un homme qui aime bien boire une bière de temps en temps – ou plus souvent. Oui, un livre qui donne envie de boire une bière est ASSUREMENT un excellent livre ! Et là, le corps nu luisant encore de sueur, je me penche vers ce verre de bière pour y tremper mes lèvres. Putain, que c'est bon, que ça fait du bien !
« J'ai envie de boire une bière glacée, tellement glacée qu'elle me brulerait. »
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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Kittiwake
  08 novembre 2015
Bien loin des récits oniriques à la lisière de la réalité, Haruki Murakami se livre ici à un exercice introspectif dans un huis-clos à trois témoins : la course à pied, l'écriture et l'auteur.
Le texte est court, mais est-il nécessaire de s'étendre davantage sur ce qui apporte un éclairage tout à fait intéressant sur la personnalité de cet auteur plébiscité dans le monde entier?
Il y est question, bien sûr de la relation particulière qui s'instaure entre l'auteur et son corps, qu'il négligea jusqu'au jour où le désir d'user des chaussures sur la route, dans un déclic, le conduise à une addiction, comme celle que décrivent la plupart des adeptes de cette pratique sportive
C'est bien sûr une apologie de la course à pied, mais sans prosélytisme, l'auteur reconnait que ce n'est pas une panacée, que cela ne convient pas à tout le monde (il suffit pour s'en convaincre d'observer les joggueurs amateurs du dimanche, pour lesquels il n'est même pas besoin d'être un professionnel pour se rendre compte à quel point ils martyrisent leurs articulations, futurs candidats à la prothèse du genou). A contrario , c'est un sport, qui, quand il est adapté à la morphologie, peut procurer bien du bonheur.
De cette pratique est née chez l'auteur une discipline de vie, qui a bien sur influé sur son écriture, et c'est tout l'intérêt de ces confessions, le parallèle établi entre écriture et course.
On a l'impression, en parcourant ce livre, de regarder par le trou d'une serrure, et de découvrir un champ limité. Car comment si sa vie s'en tient à ces deux activités solitaires, peut-il écrire des romans foisonnants, qui explore les limites de l'imagination? Car on découvre un Murakami presque asocial, centré sur lui-même, de façon quasi pathologique. Ou alors cette vie monacale est-elle le secret pourvue s'ouvrent les passages qui conduisent à ses fabuleuses productions littéraires ?
Sans succès préalable, il est probable qu'un tel écrit serait passé inaperçu. Il faut déjà avoir assis sa réputation pour qu'un éditeur s'empare d'un texte comme celui-là. Et en même il est toujours très intéressant de découvrir les coulisses de la vie personnelle d'un écrivain. C'est ainsi que les sportifs et les lecteurs passionnés pourront être comblés. Et je ne parle pas des lecteurs marathoniens!…..

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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latina
  31 mai 2013
Patience, ténacité, persévérance : voilà les maîtres-mots de Murakami lorsqu'il s'élance sur les pistes d'un marathon et sur l'autoroute de la vie, aussi, comme il le dit si bien lui-même.
Murakami nous raconte ici sa vie de romancier inséparable de sa vie de coureur de fond, ainsi que de participant à des triathlons.
Depuis qu'il a une trentaine d'années, il court. Il court pour maintenir sa forme physique, sans laquelle il ne peut écrire. Pour lui, c'est essentiel, c'est vital même.
Il court aussi pour se mesurer à lui-même, pour avancer intérieurement. « Se consumer au mieux à l'intérieur de ses limites individuelles, voilà le principe fondamental de la course, et c'est aussi une métaphore de la vie, - et pour moi, une métaphore de l'écriture. »
Courir, c'est aussi souffrir, physiquement : « D'ailleurs, la plupart du temps, dans la vie, on n'apprend quelque chose d'essentiel qu'à la suite d'une souffrance physique ».
C'est aussi souffrir mentalement, car il lui est arrivé d'avoir le blues du coureur...
Bref, il ne peut se penser sans courir.
En cela, je lui reconnais une volonté incroyable, extraordinaire, et je l'admire !
Ce livre plaira à tous ceux qui courent, même si ce sont de plus petites distances (un marathon, c'est 42 km)...en l'occurrence : moi, très humblement, qui cours 7 à 10 km....Mais je comprends tout ce que Murakami dévoile sur la course, car je ressens aussi ces sensations, j'ai aussi ces pensées qui défilent.
Ce livre plaira aussi à ceux qui font du triathlon, car la dernière partie de l'ouvrage lui est consacrée.
Ce livre plaira à ceux qui veulent, qui aiment, qui osent écrire. le travail du romancier y est très bien décrit.
Finalement, ce livre plaira à tous ceux qui aiment la vie et ses difficultés, la vie et ses rencontres, la vie et ses défis.
Lecture bien agréable, ni trop technique, ni trop simpliste, ouvrant à une réflexion plus vaste. Vous avez un bon score, Mr Murakami !
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zaphod
  06 octobre 2014
Toi et quelques bons livres.
Au fond, je n'ai pas vraiment besoin d'autre chose.
A quoi bon les voyages en avion, les grosses voitures, les cartes de visite professionnelles avec un titre ronflant, la piscine dans le grand jardin?

Encore, ces quelques livres, c'est parce que ce sont des amis fidèles, qui m'accompagnent depuis si longtemps, ils font presque partie de moi.
Si j'osais, j'ajouterais bien encore un peu de musique, pour les fois où mes yeux sont trop fatigués pour lire. Mais je ne prendrais que l'indispensable, comme les dernières sonates par Ushida, les Goldberg par Gould, le Chant de la Terre avec Ferrier, et le Prometeo de Nono; tant pis pour Cave, Young et Flogging Molly, tant pis pour Baker et Coltrane.

Oh, et puis encore une chose... mes running shoes.
Même si tu es assez coquine pour me répondre que si je manque de sport, tu peux me proposer d'autres exercices plus gratifiants.
Mais laisse-moi t'expliquer.

Et ici, je vais faire très fort, parce que non content d'écrire une non-critique de livre, je suis en train de faire une non-critique d'un livre que je n'ai pas encore commencé, ni même acheté.
J'entend déjà l'une ou l'autre membre perverse de Babelio me mettre au défi d'écrire une non-critique d'un livre qui n'existe pas, et la plus perverse d'entre toutes me suggérer d'écrire une vraie critique d'un livre qui existe, mais bon, je tiens à rester dans les limites de la bienséance.

D'abord, je dois dire que j'ai toujours eu la course en horreur.
J'arrivais à courir en pratiquant un autre sport, mais dès qu'il fallait courir pour courir, là, ça n'allait plus.
Je faisais le fier, je démarrais trop vite, je ne supportais pas que quelqu'un me dépasse, je ne supportais même pas l'idée que quelqu'un pourrait risquer de me dépasser, je ne supportais même pas l'idée que quelqu'un puisse seulement se croire permis d'imaginer qu'il pourrait éventuellement me dépasser.
Bref, j'étais en mode sprint dès le départ, et après 200 mètres, j'avais l'impression que toute l'athmosphère s'était échappée par le trou dans l'ozone, et que si je toussais, j'allais cracher du poumon.

Mais voilà, j'ai peu à peu abandonné les autres sports. Les bonnes raisons ne manquent pas: blessure, équipes qui se dispersent, manque de temps.
Heureusement, il restait le vélo. Et le vélo présente l'avantage d'être un sport complètement idiot.
Vous roulez tout seul, personne ne vous emmerde, et vous pouvez passer votre cerveau en position off.
En fait, c'est une forme de méditation (joli nom pour dire qu'on ne pense à rien).

Mais le vélo, quand il fait trop froid, j'aime pas. Ou trop chaud. Ou quand il pleut, ou qu'il risque de pleuvoir, ou qu'il y a du vent. Ou quand ça monte.
Donc, je ne fais plus tellement de vélo.

Et puis, de temps en temps, Amazon m'envoie des conseils de lecture (je crois que c'est parce qu'elle m'aime bien (c'est une fille, non?)). En plus, elle sait que j'aime Murakami.
Donc quand "Autoportrait de l'auteur en coureur de fond" ou traduit plus littéralement en anglais "What I talk about when I talk about running" est sorti, Amazon s'est empressée de me le recommander.
Sur le moment, ça m'a énervé, parce que j'ai horreur de la course, et ça m'a fait de la peine de la part de Murakami que je croyais connaître.
Je me suis demandé, pourquoi il n'a pas fait plutôt "Autoportrait de l'auteur en buveur de bière"? Ou "Autoportrait de l'auteur en mélomane"? Ou même "Autoportrait de l'auteur en vieil homme qui regarde les canards assis au bord du lac quand fleurissent les cerisiers"? Tout m'aurait fait plus plaisir que coureur. Et en plus coureur de fond, excusez du peu, quand moi je ne suis pas capable de courir 200 mètres. Je me suis senti trahi par cet homme que j'admire.

Mais bon, d'une certaine manière, ce titre me travaillait.
Et puis, je me disais "Il y a plein d'imbéciles qui courent, mais quand-même, Murakami! C'est que la course doit cacher quelque chose."
J'aurais pu finir par acheter le bouquin, pour savoir.
A la place, j'ai fini par acheter une paire de running shoes. Quelle confusion!

On dit qu'un effort physique soutenu provoque la génération d'endorphines dans le cerveau, ce qui procure un certain plaisir.
Moi, j'ai jamais rien senti de tel avec le sport. le seul plaisir notable, pour moi, c'était de boire une bière après la fin du match.
Mais une fois que j'avais les chaussures, j'ai bien du me mettre à courir.
J'ai commencé par un programme d'entraînement pour débutant, alternant 30 secondes de course avec 30 secondes de marche.
Maintenant, mon rêve serait de devenir un vrai "coureur des bois", comme dans "l'or du Québec", mais j'en suis encore loin. Quoique hier, j'ai réussi à courir six minutes sans m'arrêter.
Finalement, la course, ça fait encore partie du peu qui me reste.
Voilà, c'est pour ça que je veux mes running shoes.

Mais j'ai peur de ce que tu vas me dire.
Parce que j'abandonne tout pour toi. Enfin, tout sauf quelques livres, quelques morceaux de musique, et mes running shoes.
Et toi... tout à coup, il me vient un doute... bien sûr, tu aimes les livres, mais il me semble que tu dois aimer aussi les voyages en avion, les voitures luxueuses, les bijoux, les bons restaurants, et une piscine dans le jardin.
Il me semble que si tout ce que j'ai à t'offrir, c'est moi, ce ne sera pas suffisant.

Je crois bien que je vais aller courir un peu, maintenant.
Et puis après, je me souviens que j'avais aussi planqué une bonne bouteille de whisky quelque part, juste au cas où, pour les moments difficiles.
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rabanne
  14 mai 2016
Rien ne sert de courir, il faut partir à point, nous insuffle la sagesse. Mais courir après quoi, après qui ?... Pour Haruki Murakami, c'est "se consumer au mieux à l'intérieur de ses limites individuelles", mais également "une métaphore de la vie", et de l'écriture en ce qui le concerne.
J'ai lu ce livre en totale observatrice, n'étant pas adepte de la course à pied, voire complètement inculte dans ce domaine. Mais côtoyant des personnes qui ne pourraient pas s'en passer, le sujet m'a facilement intéressée.
Pour Murakami, la course n'est pas un simple loisir occasionnel, c'est une réelle philosophie de vie. Ecrire comme courir, c'est expérimenter la constance, l'effort, le dépassement de soi, la persévérance et la satisfaction d'avoir atteint le but fixé. C'est ce que Murakami nous partage à travers le récit de sa préparation au marathon de New-York en 2005...
Si j'avais de la course à pieds la vision d'un sport addictif, pour ces doux dingues qui courent à toute heure et par tous les temps, je peux mieux comprendre que cette "drogue" soit vitale, même plutôt saine et inoffensive, dès lors que l'on connaît ses propres limites.
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critiques presse (1)
Lecturejeune   17 février 2012
Lecture Jeune, n°130 - juin 2009 - « On obtient souvent les choses qui ont une véritable valeur au moyen d'actes apparemment improductifs. » Un aphorisme qui pourrait résumer le rapport de Murakami à la course à pied. À ses détracteurs qui ne comprennent pas pourquoi il court 10 kilomètres tous les jours depuis 37 ans, il pourrait répondre que cela a du sens dans sa vie de romancier. L'auteur rend compte de son rapport au sport, depuis qu'il a choisi d'écrire. Les écrivains de génie ne sont pas si nombreux, et l'auteur revendique être un auteur « de fond », endurant. Il ne s'agit pas tant d'un éloge de la course à pied, que de constater qu'il est possible pour un être humain d'aller au-delà de la souffrance, de la fatigue et de ses propres limites. Le style de Murakami est ici identique à celui qu'il déploie dans ses romans. Mélange de sagesse, de simplicité et d'observation du monde qui l'entoure. Cet essai se lit comme un roman, avec la course à pied comme personnage, les marathons comme une succession d'actions insensées où la machine humaine obéit ou résiste. Murakami décrit le mécanisme de ses jambes qui refusent parfois de poursuivre le chemin. Cet auteur « coureur » saura séduire les lecteurs par l'humilité et la poésie de son propos. L'occasion également de désacraliser le stéréotype de l'écrivain auprès de l'adolescent : figure romantique marquée par le génie. Car ici, il est avant tout question de persévérance, de travail et de « littérature athlétique ». Anne Clerc
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations et extraits (138) Voir plus Ajouter une citation
DIEGODIEGO   23 juin 2011
La majorité des coureurs ordinaires sont avant tout motivés par un but personnel, qui consiste en général à parcourir telle distance en un temps donné. Quand l’athlète réalise ce temps, il (ou elle) a le sentiment d’avoir accompli ce qu’il s’est fixé de faire, et s’il n’y arrive pas, il aura le sentiment d’avoir failli. Même s’il ne parvient pas au temps qu’il espérait atteindre, tant qu’il éprouve la satisfaction d’avoir fait de son mieux – et, éventuellement, d’avoir découvert un aspect significatif de lui-même-, sa course est perçue comme un accomplissement, et il retrouvera ce sentiment positif lors de la compétition suivante. en d’autres termes, la fierté (ou ce qui ressemble à de la fierté) qu’éprouve le coureur de fond à être allé au bout de sa course reste pour lui le critère fondamental.
On peut dire la même chose à propos de ma profession. Dans le travail du romancier, pour autant que je le sache, la victoire ou la défaite n’ont pas de sens. Peut-être le nombre d’exemplaires vendus, les prix littéraires, les critiques élogieuses sont-ils des critères apparents qui fixent la réussite dans le domaine littéraire, mais rien de tout cela ne compte véritablement. l’essentiel est de savoir si vos écrits ont atteint le niveau que vous vous êtes assigné. Une chose difficile à expliquer. Aux autres, vous pouvez toujours fournir une explication appropriée. À vous-même, impossible de mentir. En ce sens, écrire un roman ou courir un marathon, voilà deux activités qui se ressemblent. Chez les créateurs, il existe une motivation intérieure, une force calme qu’il n’est pas du tout nécessaire de confronter à des critères extérieurs.
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le_Bisonle_Bison   13 juin 2014
je suis le genre d’homme qui aime faire les choses – quoi que ce soit – tout seul. Et pour être encore plus direct, je dirai que je suis le genre d’homme qui ne trouve pas pénible d’être seul. Je n’estime pas difficile ni ennuyeux de passer chaque jour une heure ou deux à courir seul, sans parler à personne, pas plus que d’être installé à ma table quatre ou cinq heures durant. J’ai toujours eu cette inclination depuis ma jeunesse : lorsque j’avais le choix, je préférais invariablement lire des livres seul ou bien me concentrer à écouter de la musique plutôt que d’être en compagnie de quelqu’un d’autre.
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le_Bisonle_Bison   10 juin 2014
Le grand écrivain de romans noirs Raymond Chandler a un jour avoué, dans sa correspondance privée, que même s’il n’écrivait rien il s’obligeait à s’asseoir à sa table chaque jour sans exception, un certain nombre d’heures, et à demeurer là, seul, la conscience en éveil. Je comprends bien quel était son objectif. Grâce à ce dressage sévère, Chandler se donnait la force musculaire nécessaire à son travail d’écrivain professionnel et renforçait tranquillement sa volonté. Il ne se dérobait pas à son entraînement quotidien.
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latinalatina   28 mai 2013
Lorsque je dis aux gens que je cours chaque jour, ils sont admiratifs. "Vous avez sûrement beaucoup de volonté !" remarquent-ils parfois.
Je ne pense pas que la simple volonté vous rende capable de faire quelque chose. Je crois que j'ai pu courir depuis plus de vingt ans pour une raison simple : cela me convient. Ou du moins, je ne trouve pas cela pénible.
Les êtres humains continuent naturellement à faire ce qu'ils aiment et cessent ce qu'ils n'aiment pas.
Voilà pourquoi je ne conseille jamais aux autres de courir.
Le marathon ne convient pas à tout le monde. De même, tout le monde ne peut pas devenir romancier.
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le_Bisonle_Bison   25 juillet 2014
Et mon temps ? Honnêtement, pas formidable. En tout cas, pas aussi bon que je l’avais espéré en secret. Si possible, j’aurais aimé achever cet ouvrage avec une déclaration tonitruante du genre : « Grâce à mon entrainement rigoureux, j’ai réussi à courir le marathon de New York avec un temps très honorable. Quand j’ai franchi la ligne d’arrivée, j’étais très ému. » Et puis je serai parti nonchalamment dans la splendeur du soleil couchant sur l’air héroïque de Rocky. Jusqu’à cet instant où j’ai vraiment entamé ce marathon, j’ai caressé l’espoir que les choses se passeraient ainsi et que la course s’achèverait avec autant de panache. C’était mon plan A. Un plan exaltant.
Dans la vraie vie, cela ne se déroule pas aussi facilement.
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Vidéo de Haruki Murakami
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---------------------- Les livres dont on vous parle dans cette vidéo : - le signal de Maxime Chattam : http://bit.ly/2yj9bnb - L'empire des Soleri de Michaël Johnston : http://bit.ly/2PAkkH2 - le Meurtre du Commandeur d'Haruki Murakami : http://bit.ly/2CENfXj
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