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ISBN : 2234074762
Éditeur : Stock (27/03/2013)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 113 notes)
Résumé :
Un professeur de français à la retraite est intrigué par une fillette qui habite son immeuble. Chaque soir, après l'école, Manon se réfugie dans le jardin. Assise sous le bouleau, elle parle aux chats et aux fourmis, quand elle n'est pas plongée dans un livre. Depuis quelques mois, sa mère semble avoir disparu.
Brisant la routine et sa solitude, Anatole finit par l'approcher. C'est autour de la lecture du Petit Prince qu'ils échangent leurs premières confide... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (46) Voir plus Ajouter une critique
Ladybirdy
  02 janvier 2019
Très heureuse de débuter ce début d'année avec un tout joli roman aussi doux que tendre. Une belle découverte !
Si les arbres voyagent la nuit, la petite Manon, huit ans et son père Pierre sont figés dans un voyage immobile, aux couleurs de la peine d'avoir perdu mère et épouse. Anaïs est partie du jour au lendemain sur un coup de tête, faute à un trop plein de déprime, une fatigue de vivre, elle part et laisse derrière elle, deux êtres esseulés incapables de comprendre ce départ qui sonne comme un abandon. Pierre vit comme un clochard, les yeux pochés de peine, il délaisse la petite Manon qui se retrouve bien seule et développe une amitié avec les arbres et les fourmis à qui elle fait la conversation en se balançant avec mélancolie.
Anatole, le voisin, ancien professeur de français à la retraite quant à lui se sent bien seul et bien vieux devant la pitié des autres face à la vieillesse. Quand il aperçoit Manon perdue, il va lui ouvrir son coeur et aider cette petite à retrouver un peu goût à la vie. Cette complicité m'a attendrie. Je n'y ai perçu aucune niaiserie ou exagération.
Pourtant rien ne peut remplacer celle que l'on aime et encore moins une mère, le manque fait mal, l'absence torture. Accompagné de Sophie, la soeur d'Anais, ce petit monde va tout tenter pour retrouver Anaïs, une femme pour laquelle il m'a néanmoins manqué de l'empathie. J'avoue qu'elle m'a beaucoup énervée cette Anaïs déserteuse.
Enfin et surtout, il y a beaucoup de douceurs dans ce roman brodé autour d'écrivains, de poètes, de personnages attachants en quête d'amour avant toute chose. Un zeste d'humour tendre également qui m'a décroché plus d'un sourire.
Pour imaginer les arbres voyager la nuit, fermons les yeux et imaginons que rien n'est impossible pour les rêveurs, qu'une étoile n'est pas si loin si on regarde le ciel avec un coeur d'enfant...
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gouelan
  15 janvier 2016
« - Anatole, c'est un peu mon aviateur, et l'avion qu'il répare, c'est sa vieille carcasse. »
Anatole est un vieux monsieur. Professeur de français à la retraite, il vit en retrait du monde, abandonné au milieu de ses livres et de ses douleurs. Comme le dit la petite fille, Manon, il tente de réparer sa vieille carcasse.
Manon parle aux chats et aux fourmis, au fond du jardin, sous les branches d'un bouleau. Elle porte en elle un immense chagrin, trop grand pour ses 8 ans. Elle ressemble au Petit Prince qui voudrait retrouver sa rose. Sa maman a quitté sa planète, et depuis ce jour, Manon est devenue invisible pour son papa. Il s'est laissé avaler par sa profonde tristesse. Elle aussi est victime d'un abandon.
Anatole et Manon se tendent la main, ils échangent des mots qui changent la douleur en douceur. le vieux professeur de français a réussi à apprivoiser Manon grâce à la lecture du Petit Prince.
Puisque le bonheur s'en est allé sur cette planète, il faudra bien aller le chercher. Manon doit retrouver sa rose et Anatole réparer sa carcasse. C'est vital.
Le papa, la tante Sophie, Manon et Anatole partent pour un grand voyage. Ils ne profitent pas d'un vol d'oiseaux migrateurs pour rejoindre le Maroc, mais, plus simplement ils font ce long voyage en voiture.
Au cours de leur aventure, ils rencontrent un peu de la magie du Petit Prince. Chacun va s'apprivoiser, comprendre l'univers de l'autre. « En réalité, on est tous un peu ce renard, cette rose et le Petit prince. ». Ils sont tous un peu cabossés.
Que trouveront-ils au bout du chemin ? La maman de Manon qui, « comme un voilier, dérive sur l'eau, emportée par l'attrait du vent marin, du soleil et de la liberté », par un ailleurs sans nuages, va-t-elle ouvrir les yeux ? « Mais les yeux sont aveugles, il faut chercher avec le cœur. ».
C'est un beau roman, émouvant, qui parle des tourments de la vie, que ce soit la vieillesse, la solitude, l'abandon, la douleur, la différence, la détresse. J'ai trouvé la maman un peu en décalage par rapport aux autres personnages. Son égoïsme m'a dérangée.
Manon et Anatole sont tellement fragiles ; ils sont comme l'arbrisseau et le vieil arbre, prêts à se briser sous la tempête.
Mais, tout est possible, les arbres voyagent la nuit, ils ne nous quittent jamais tout à fait, on peut toujours retrouver le petit quelque chose qu'on a perdu. Les sentiments et les souvenirs se mêlent au décor. Et dans ce premier roman, on est gâté, les décors sont magnifiques et variés. La narration est teintée d'humour, ce qui la rend tendre et charmante.


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torpedo
  16 mai 2019
J'ai acheté ce livre après avoir lu des critiques dithyrambiques, que j'ai un peu de mal à comprendre après coup puisque j'ai eu beaucoup de difficultés à terminer cette lecture.
Ce conte moderne nous emmène sur un schéma classique. Quatre personnes que tout oppose et qui n'auraient jamais dû se rencontrer, vont s'aider, s'apprécier, en surmontant ensemble des épreuves. Je vous épargnerai les invraisemblances, notamment celles liées à la vie quotidienne. Et au langage d'une fillette de huit ans confrontée à la perte de sa mère. Il a été difficile de suivre ce quatuor dans ce road trip. L'auteur nous en donne des images de carte postale et aborde de façon superficielle les thèmes en vogue qui se succèdent au rythme des chapitres. Jugez plutôt : amour et désamour, isolement des personnes âgées, destruction de l'environnement, massacre des animaux, transsexualité, adultère... L'amitié de l'enfant et du vieil Anatole nous offre des séances de lecture, en particulier le Petit Prince, suivies d'explications de texte.
L'auteur tombe également dans la facilité, accumule les poncifs. Par exemple "Depuis des mois, la culpabilité le ronge. Il a bien essayé de l'étouffer à coups de bières, mais elle s'agrippe telle une gargouille au toit d'une église."
Trop c'est trop !
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fanfanouche24
  25 août 2013
Il me parait très compliqué et hasardeux de rajouter une einième critique après toutes celles déjà réalisées et excellentes...
Je vais toutefois me lancer... Car ce premier roman est un petit trésor de talent, sensibilité et réconfort... qui aborde moult sujets délicats: la solitude que nous ayons huit ans comme Marion ou soixante- dix ans comme Anatole, la différence, la vieillesse, les blessures de l'enfance, ...la difficulté de comprendre l'Autre... J'entends déjà quelque "mal embouché" pester contre trop de bons sentiments qui ne peuvent pas faire de "vraie littérature"...
Eh bien, ce premier roman est la preuve vivante du contraire .Car en plus des thématiques soulevées... Les livres, la littérature sont au centre de ce roman. Les livres viennent à la rescousse des humains qui sont en peine ou qui ont eu du mal à communiquer...La littérature fait lien entre les êtres, les aide à réfléchir sur leur parcours, sur leurs rapports avec les autres...
Cette petite fille, Marion ravagée par le départ de sa maman tente de trouver des moyens pour résister à son désespoir... "Que raconte-t-elle aux fourmis d'un air si sérieux ? D'où tient-elle cet étrange pouvoir d'attirer les chats ? Perçoivent-t-ils eux aussi cette once de gravité dans ses mouvements, ce voile de mélancolie sur son regard qui donne envie de poser une main sur sa tête et lui murmurer des paroles apaisantes ?
Quelle étrange petite fille ! Ses compagnons sont des chats, des fourmis, des livres et le frémissement des feuilles dans les arbres. Jamais son rire ne résonne dans le jardin. Cette enfant est bien trop sérieuse. Un vieux croulant comme lui qui passe ses journées à lire et ruminer, cela peut se comprendre, mais là, c'est du gâchis" (p.18)
Cette petite Marion , du haut de ses huit ans se prend d'amitié pour ce vieux voisin, professeur de français à la retraite, devenu bougon par un trop plein de solitude... La rencontre avec cette petite fille, l'envie de l'aider dans sa peine, vont lui redonner l'envie de vivre, de se battre...
"Anatole soupire. Une vie sur l'estrade à expliquer, analyser, plaisanter, écouter, corriger, une vie de patience à partager, parfois dans le vide, sa passion de la littérature, tout cela pour finir seul devant les chaînes d'info.
Et alors qu'il n'espérait plus rien, cette petite fille s'installe sous le bouleau et se met à parler aux chats, au vent et aux nuages".(p.18)... "Il lit quelques pages à une enfant, échange trois mots avec elle, et déjà il l'attend comme le Messie"
Marion, avec son regard tout neuf ,en remontre aux adultes. Curieuse de tout, elle est sensible à ce qui l'entoure: la nature, les animaux comme les êtres qu'elle tente de comprendre et non de juger. Une belle leçon de tolérance et d'amour de la vie. Une affection immense se construit entre Marion et Anatole, sans ce regard restrictif que nous pouvons avoir sur nos seniors...
Ce "road movie" insolite entre quatre êtres très dissemblables, qui partent au Maroc, rechercher la maman de Marion, va permettre qu'ils s'apprivoisent les uns et les autres : "L'affection qui lie ces individus si différents est palpable. Tout dans leurs gestes, leurs mots et leurs regards indique qu'ils ne sont plus simplement liés par l'envie commune de la retrouver, mais par des sentiments plus forts, qui ont pris racine en eux et grandi pendant ce voyage" (p.277)
Mille choses à dire et à puiser dans ce texte. Je ne rentre pas dans le descriptif détaillé de l'histoire, d'autres "babéliens" l'ont fait très bien...avant moi.
Je finis sur l'ouverture du Voyage, de la création artistique sans oublier le voyage immobile avec la Littérature...tout est construction et apprentissage des autres...
Nos protagonistes arrivent à Tanger : "C'est dans cette ville conquise et reconquise par des civilisations différentes, où se côtoient plusieurs langues ainsi que des mosquées et des cathédrales, que de grands hommes sont venus créer des oeuvres qui toucheront des millions d'individus sur plusieurs générations. Delacroix, puis Matisse, qui a trempé son pinceau dans les couleurs de Tanger pour donner naissance à une vingtaine de toiles; l'écrivain américain Paul Bowles, qui s'y installa, invitant Truman Capote et Tennessee Wiliams, à leur tour envoûtés. (p.242)
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BooksnPics
  31 mai 2013
Manon a huit ans. Sa maman, Anaïs, a disparu depuis quelques mois. Chaque jour, la petite fille effectue son petit rituel de « ne jamais, même du bout du pied, marcher sur les traits du trottoir », de « caresser les chats deux fois sur la tête, puis cinq fois sur le dos, en respectant bien cet ordre » espérant que ceci fasse revenir sa maman. Chaque jour après l'école, elle se réfugie dans le jardin de son immeuble, sous un bouleau. Elle y parle aux chats et aux fourmis, se refermant dans un monde bien à elle. Son papa, Pierre, perdu dans sa tristesse, se morfond. Son incompréhension est totale. Manon en souffre. Elle est livrée à elle-même.
Anatole, lui, est un professeur de français à la retraite. La solitude est devenue son amie. Intrigué par cette petite fille, il va tenter de lui faire retrouver le sourire et le Petit Prince de Saint Exupéry va l'y aider.
A travers un récit tout à la fois doux, poétique, émouvant, Aude le Corff nous emmène en voyage. Un voyage au Maroc. Un voyage qui va se transformer pour chacun de nos personnages en une découverte de soi, de l'autre. Une quête qui va les mener au plus profond d'eux-mêmes. Car détrompez-vous, sous ses airs innocents, ce récit traite de sujets profonds, sensibles, liés à l'enfance, la vieillesse, au couple, à la différence. Dès les premières lignes, nous sommes pris par ce récit, par ces nombreux détails qui nous permettent de nous attacher aux personnages, de nous plonger au coeur de leurs vies, de leurs sentiments. Vecteur de cette rencontre entre Anatole et Manon, le Petit Prince de Saint Exupéry, n'est pas la seule référence littéraire présente dans le récit. A travers cet ancien professeur de français, Aude le Corff nous fait redécouvrir des auteurs comme Zola, Maupassant, Zweig. Un vrai bonheur !
Vous l'aurez compris, ce livre est un vrai coup de coeur tel que l'on rêve d'en avoir à la découverte d'un nouvel auteur. Ce premier roman, j'en suis sûre, laisse présager un très bel avenir d'écrivain pour Aude le Corff !
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Citations et extraits (67) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   24 août 2013
Manon réfléchit. elle est peinée pour les oiseaux et les arbres qui disparaissent, mais il n'a pas que cela. Elle a du chagrin pour son vieil ami qui a vécu si longtemps seul, attendant des hérons cendrés dans une barque alors que, lui, personne ne l'attendait nulle part.
Elle hésite puis lui demande, l'air soucieux, s'il a des amis. Elle a conscience, du haut de ses huit ans, qu'il y a quelque chose de vexant dans cette question. Mais elle a besoin de savoir si vraiment il n'a plus personne: c'est possible de finir sa vie seul alors qu'il y a tellement de gens sur Terre ? (p.142)
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joedijoedi   26 septembre 2013
Pourquoi le temps s'écoule-t-il à sens unique ? L'homme ne peut aller que dans une seule direction, de la jeunesse vers la vieillesse, de la naissance vers la mort, de la fraîcheur vers la décrépitude, de l'aube vers le crépuscule. Les cerisiers dépérissent en automne et refleurissent au printemps, dans un éternel recommencemet que nous ne connaîtrons pas.
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LadybirdyLadybirdy   02 janvier 2019
La voix de compteur d’Anatole perce les ténèbres :
Comme il est profond, ce mystère de l’Invisible ! Nous ne le pouvons sonder avec nos sens misérables, avec nos yeux qui ne savent apercevoir ni le trop petit, ni le trop grand, ni le trop près, ni le trop loin, ni les habitants d’une étoile, ni les habitants d’une goutte d’eau. C’est de Maupassant.
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LadybirdyLadybirdy   02 janvier 2019
On ne reçoit aucun signal quand une personne perdue de vue s’éteint. On ne ressent rien. Elle n’est plus, c’est tout. On meurt, et la Terre continue de tourner. En cinquante ans, l’humanité aura oublié jusqu’à leur nom et leur visage. En trois ou quatre générations, toute trace de leur passage sera effacée. À moins d’avoir légué une œuvre assez grandiose pour leur survivre, qui disparaîtra quand nous nous serons autodétruits.
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gouelangouelan   15 janvier 2016
C'est absurde, mais quand je traversais cette crise où la raison n'avait plus sa place, je lisais des romans et des poèmes. Certains, comme ceux de Jean Lahor, me confrontaient dans mon envie de tout envoyer balader pour profiter de la vie [...]

Rêver, aimer, seul est réel :
Notre vie est l'éclair qui passe,
Flamboie un instant sur le ciel,
Et se va perdre dans l'espace.

Seule la passion qui luit
Illumine au moins de sa flamme
Nos yeux mortels avant la nuit
Éternelle, où disparaît l'âme. [...]

Près de nous est le trou béant :
Avant de replonger au gouffre,
Fais donc flamboyer ton néant ;
Aime, rêve, désire et souffre !
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Video de Aude Le Corff (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Aude Le Corff
Rencontre avec Aude LE CORFF Le Lycée René Cassin à Tarare reçoit Aude LE CORFF pour parler de son roman "Les arbres voyagent la nuit"
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