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EAN : 9781096906001
200 pages
Editeur distribué par Harmonia Mundi (03/02/2017)
4.15/5   87 notes
Résumé :
Un CV imaginaire, une fausse identité, et un crâne rasé. Steak Machine est le récit d'une infiltration totale de quarante jours dans un abattoir industriel en Bretagne. Geoffrey Le Guilcher a partagé le quotidien des ouvriers : les giclées de sang dans les yeux, les doigts qui se bloquent et les défonces nocturnes. Un univers où, selon un collègue de l'abattoir, "si tu te drogues pas, tu tiens pas". L'usine ciblée par le journaliste abat deux millions d'animaux par ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
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"Steak machine" de Geoffrey le Guilcher a reçu le prix du meilleur récit par les éditions Points, à juste titre.

La couverture est provocatrice avec sa couleur rouge sang, son crochet de boucher et la file de vaches, dessinées en mode découpe. Entre le titre et la couverture, l'auteur pose déjà le décor.

Grâce à un CV imaginaire, une identité modifiée et du bon sens, Geoffrey s'est infiltré durant une quarantaine de jours dans l'un des plus grand abattoir industriel de Bretagne.
Comme tous les employés, il a dû subir l'autorité excessive de certains chefs, suivre le rythme épuisant du travail à la chaîne avec tous les aléas que cela comporte. Il a également développé des TMS (troubles musculo-squelettiques).

Au cours de ce reportage édifiant, le journaliste partage et raconte le quotidien de ces hommes et femmes, qui se ruinent la santé pour que les français mangent de la viande.
Le sort des animaux n'est pas laissé de côté et l'on apprend que malgré les formations "bien être animal" mises en place depuis quelques années, pour les employés assommant et donnant la mort aux animaux, il est très difficile de se préoccuper de leur bien être lorsque le profit est plus important aux yeux des industriels.

Ce récit est très immersif et écrit avec une plume très intelligente qui ne tombe jamais dans la critique. Coup de poing magistral dans le monde très fermé de ce que nous cache le secteur agroalimentaire.

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Journaliste indépendant, Geoffrey le Guilcher se bricole un faux CV pour se faire embaucher comme intérimaire dans un abattoir industriel en Bretagne qui génère un milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel en abattant deux millions d'animaux, ce qui représente en moyenne 600 boeufs et 8 500 porcs par jour. Récit.
(...)
Cette immersion de Geoffrey le Guilcher permet de montrer l'inacceptable qui est précisément invisibilisé : mises à mort ratées et souffrance au travail. Lecture sans doute plus vivante qu'un essai sur le même sujet.

Article complet sur le blog.

Lien : https://bibliothequefahrenhe..
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Un journaliste réussi à se "fondre dans la masse" pour s'infiltrer incognito dans un abattoir industriel en Bretagne et va se faire embaucher pour mener son enquête. le travail est pénible et la cadence infernale. Pour les hommes, pour tenir il y a l'alcool et autres addictions....Tous les anciens souffrent de nombreux maux que la médecine du travail rechigne à déclarer en maladie professionnelle..là où la souffrance au travail et la souffrance animale de ce milieu professionnel sont au cœur de l'actualité.

Un témoignage un peu 'sanguinolant"..bien écrit on humerait presque les odeurs !! une enquête qui "colle à la réalité et qui nous plonge dans un univers un peu secret......qui face à la question cruciale du "consommer de la viande ou pas" et la cause animale bien entendu, nous interpelle avec intelligence.
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Comme beaucoup d'entre nous, Geoffrey le Guilcher a été élevé autour de repas omnivores. Alors, quand il reçoit un matin un texto de son éditrice lui demandant s'il serait capable de se faire embaucher dans un abattoir, les premiers doutes s'installent…

Le « paradoxe de la viande » ou la dissonance cognitive

La dissonance cognitive est l'incompatibilité engendrée par deux croyances opposées. D'un côté « j'aime la viande » mais de l'autre « je ne veux pas faire souffrir un animal ». La réaction de l'auteur dès la première page en est alors le parfait exemple :

"Je suis un « viandard ». Je vis près du métro La Chapelle, à Paris, où l'indien, le grec (en réalité turc), le japonais (en réalité chinois), le marocain et l'italien (en réalité français) devancent mes attentes de carnivore. Pourquoi irais-je tout gâcher en allant enquêter dans une boucherie géante ?"

Et cela, les entreprises du secteur agroalimentaire spécialisées dans l'abattage des animaux et la transformation des viandes l'ont bien compris. Pour continuer à vendre, il faut matraquer l'audience à grand renfort de publicités montrant des animaux heureux. Cacher la vérité, par tous les moyens.

Lors de son infiltration de plus d'un mois au coeur de l'abattoir, Geoffrey le Guilcher en sera témoin plusieurs fois. Au niveau de la tuerie (l'endroit où les bêtes sont étourdies et que leurs gorges sont tranchées) un mur a été érigé. La raison ? Empêcher les visiteurs de voler des images avec leurs téléphones. Images qui pourraient leur porter préjudice, l'abattage ne se faisant pas toujours dans les règles.

Depuis les vidéos tournées clandestinement dans les abattoirs français et rendues publiques par l'association L214, un vent de panique souffle dans les abattoirs et il est encore plus difficile d'y avoir accès. Armé d'une nouvelle apparence, d'une fausse identité et d'un CV imaginaire, notre journaliste – coaché par l'un des fondateurs de L214 (persona non grata dont la photo est placardée dans tous les abattoirs) – arrivera cependant à y être embauché.

Travail à la chaîne pour les « damnés de la viande »

C'est ainsi que notre journaliste les appelle. Car Steak Machine leur est dédié, à ces travailleurs cachés des abattoirs. Victimes au même titre que les animaux, ils sont nombreux à vouloir y être embauchés au péril de leur santé. Et cela peut se comprendre : places disponibles, salaires acceptables, nombreux avantages… Les abattoirs ont d'ailleurs toujours accueilli les vagues d'immigration qui ont touché la France au fil des années.

Steak Machine offre une réflexion sur un système et ses limites. Une enquête qui fait froid dans le dos et met en perspective nos habitudes de consommation sans mettre tout à fait de côté ces personnes qui, grâce à cela, réussissent à vivre et faire vivre leurs proches. C'est d'ailleurs la pierre angulaire de ce livre. Geoffrey le Guilcher nous dresse des portraits touchants de ses collègues, décrit les moments sincères partagés avec ceux à qui il a été obligé de cacher son identité et ses réelles motivations.
Lien : http://ivredelivres.com/stea..
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Au début, je pensais que ce livre témoignerait surtout du calvaire des animaux, mais c'est principalement un récit sur les humains qui travaillent dans ces abattoirs.
Et autant les animaux sont maltraités, autant les humains le sont eux aussi ! Il ne fallait pas s'attendre à des miracles non plus... Chaleur intenable, douleurs causées par le travail (non reconnues), drogue et alcoolisme pour faire face à tout ça, la liste est longue. Ces employés ne vivent pas, ils survivent. J'ai fait lire ce livre à quelqu'un qui a travaillé en usine, il m'a confirmé que ça lui a rappelé beaucoup de souvenirs.
La tuerie, l'endroit où l'on tue les animaux, est cachée non seulement du public, mais du reste du personnel. Les vidéos de L214 ont eu un impact public retentissant, donc on se méfie ! On parle un peu des animaux, mais très peu, l'auteur n'ayant eu que peu d'accès à cet endroit.
Je crois que ce livre est très important dans le sens où les personnes qui ne sont pas touchées par la souffrance des animaux (ou qui choisissent de l'ignorer) seront peut-être plus touchées par la souffrance des humains ?...
Juste pour préciser, je serai à la marche pour la fermeture des abattoirs le 17 juin prochain à Paris.
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
(...)la Steak Machine a encore frappé. Elle fonctionne comme le hachoir à viande en Inox du boucher. Pour faire du steak haché, il faut sans cesse y introduire de la viande et la broyer. D'un côté, le monstre de métal a besoin de quantités astronomiques d'animaux, sa matière première. Bien les "traiter", c'est-à-dire bien les tuer, n'est pas un but en soi. Le but premier, c'est de vendre le plus de viande possible. Face aux vidéos de l'association L214 pouvant effrayer le consommateur, il fallait agir. Mercure a estimé qu'il était moins coûteux de cacher la souffrance que d'essayer de l'éviter. Une attitude répandue.
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on fait 63 vaches a l'heure quand on est au taquet, mais la norme, c'est plutot 55, me crie Rémi a l'oreille. le bruit de la chaine est assourdissant.
au bout d'une heure avec lui sur la nacelle, je n'ai pas encore tenu le couteau mais j'ai compté qu'il attaque 6 zones. sachant qu'on a 60 secondes pour dégraisser une vache, cela impose de passer moins de 10 secondes par zone.
Rémi est si rapide qu'il a souvent le temps de m'expliquer un geste et d'aiguiser sa lame avant que la sonnerie -un "tulululu" de camion qui recule- annonce la prochaine carcasse
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De l'autre coté, la steak Machine consomme des hommes. Elle aimerait bien faire autrement mais la vérité, c'est qu'à part son robot aiguiseur à 180000 euros ou ses podiums élévateurs (et, parait-il, un robot désosseur de jambon sur la chaîne-porc), elle n'a jamais réussi à se passer d'humains en chair et en os.
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L'abattoir est le dinosaure qui a permis la naissance de l'ère de consommation de masse. Un vieil animal toujours bien vivant.
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À coup de vidéos insoutenables pour les associations et de publicités "Bisounours" pour les trusts de la viande, on vise de part et d'autre l'endroit du cerveau où naissent nos désirs. Les antispécistes mettent l'accent sur la souffrance, les commerçants sur la saveur. Les premiers montrent la réalité, les seconds la cachent. (156)
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