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ISBN : 2200625138
Éditeur : Armand Colin (22/05/2019)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Le 11 octobre 1914, au Bois-des-Loges, le sous-lieutenant Julien Chapelant est fusillé pour reddition à l’ennemi. Blessé, la jambe fracturée, il est ligoté à son brancard pour pouvoir être maintenu debout face au peloton d’exécution. Cette affaire, qui a révolté l’opinion, a suscité une grande campagne en faveur de sa réhabilitation, soutenue par les associations d’anciens combattants et la Ligue des droits de l’Homme. Mais comment faire un récit honnête et impartia... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
oran
  13 juillet 2019
Je livre cette nouvelle critique accompagnée de mes vifs remerciements à Babelio pour ce livre reçu dans le cadre de la Masse critique, à Lydie Segala du Service communication de Dunod Editeur et à la Maison d'édition Armand Colin.
Coupable ou non coupable ? Criminel, innocent ? Telle est la question que Jean-Yves le Naour pose au lecteur converti en officier siégeant dans un conseil de guerre pour statuer sur le sort du sous-lieutenant Julien Chapelant, accusé de reddition à l'ennemi. Deux chapitres distincts où l'historien développe les nombreux éléments recueillis sur cette tragédie.
De multiples témoignages accablants, partiaux ou honnêtes, contestables, approximatifs, d'autres qui le dédouanent, des arguties, des versions contradictoires, des données historiques précises, le sens de l'Histoire et le contexte historique, sont autant d'éléments pour se conforter une conviction personnelle. Où est la vérité, et quelle vérité ?
Quoiqu'il en soit, Chapelant, commandant la 3e section de mitrailleuses au 98e R, accusé de désertion et de reddition, n'échappa pas à la terrible sentence fixée par l'article 238 du Code de la Justice militaire. Blessé, ligoté à son brancard de fortune, il reçut, deux mois et demi après le début des hostilités, le 11 octobre 1914, « douze balles dans la peau ». Il avait 23 ans, il est devenu l'un des symboles de l'inhumanité de la justice militaire, et pour Stanley Kibiric, un modèle cinématographique dans « les sentiers de la gloire ». Un cas, parmi les 600 autres fusillés « une goutte d'eau au milieu des 1 400 000 sacrifiés ».
Le père de cet infortuné, malgré d'interminables démarches et de courage, ne put obtenir la réhabilitation de son fils, et Jean-Yves le Naour de préciser « … un élan passionné et instinctif nous pousse à prendre parti de l'innocence du condamné. Mais la justice l'a dit et réaffirmé quatre fois. Chapelant était coupable ». Pourtant, il fut quand même reconnu en 2012, soit près d'un siècle après son exécution « mort pour la France » !
A chaque lecteur de se prononcer. Ma conviction était faite, bien avant cette lecture, car tous les hommes tombés pendant cette guerre sont autant de victimes de la barbarie humaine. L'exposé remarquable de Jean-Yves le Nahour a conforté mon sentiment, même si les faits reprochés à l'intéressé , condamnables en temps de guerre, étaient avérés.
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JeanPierreV
  22 août 2019
Le 11 octobre 1914, au Bois-des-Loges, lors des premiers combats, la section de mitrailleurs du sous-lieutenant Julien Chapelant résiste vaillamment aux assauts allemands et cause d'importantes pertes à l'ennemi. Mais les munitions s'épuisent, les mitrailleuses sont lourdes à transporter et les camions n'arrivent pas. Les soldats sont encerclés et se rendent sur ordre du sous-lieutenant...
Dans les rangs français l'ordre de tirer sur ces soldats déserteurs est donné, le sous-lieutenant est blessé à la jambe par un de ces tirs français. Malgré tout, le lendemain, il réussi son évasion et rampe dans le no-mans land qui sépare les deux armées. de là il est ramené dans les lignes française par ses camarades de combat.
Le Lieutenant-colonel Didier, son chef de corps, décide de le faire passer en conseil de guerre et d'en faire un exemple. Il lui propose même de se suicider avec son arme, sur son brancard, ce que Chapelant refusera.
Après un simulacre de procès expéditif, Julien Chapelant meurt donc fusillé, attaché sur son brancard dressé contre un pommier...il est l'un des premiers des 600 "fusillés pour l'exemple" de cette sinistre boucherie.
Révoltant à plus d'un titre, y compris pour ses camarades désignés d'office qui durent accomplir cette sinistre besogne !
Après avoir rapporté les faits, Jean-Yves le Naour place le lecteur dans la situation de l'un de ces soldats, hommes de troupe ou officiers qui jugèrent en quelques minutes le sous lieutenant et le condamnèrent. le livre est écrit en deux grandes parties distinctes, "Coupable" d'une part, dans laquelle sont repris les éléments à charge et "Non coupable" d'autre part dans laquelle sont repris les arguments de défense du soldat...Deux présentations volontairement partiales....bel exercice !
A chacun de se faire juge.
Le sinistre Lieutenant-Colonel voulait à tout prix ses barrettes de colonel, il les obtint, malgré toutes les fautes lourdes de procédure lors du jugement expéditif qui condamna Chapelant. J'écris "sinistre", vous comprendrez pourquoi...
Cette lecture m'a passionné et révolté.
Passionné, oui, je le fus par la lecture de faits certes archi-connus, à la lecture de ces quelques pages qui me rappelèrent les rares confidences que me fit mon grand père, blessé plusieurs fois et Croix de Guerre. J'ai vécu à Verdun, où les traces toujours présentes de ces combats dans ces bois au sol défoncé donnent des frissons...des traces qui ne peuvent que nous interroger : "qu'aurais-je fait si j'avais été là?". Il est facile depuis notre fauteuil de lecture de juger, de condamner...voire de fanfaronner.
Révolté aussi, car le cas de ce soldat Chapelant fut réexaminé à quatre reprises sans suite, une fois la guerre finie, Jean-Yves le Naour nous le rappelle, y compris par des tribunaux composées d'Anciens Combattants ou par la Cour de Cassation, et ceci malgré toutes les fautes de procédure, évoquées par l'auteur, lors de ce jugement expéditif.
Chapelant reste donc, aux yeux de l'Histoire et de la Justice,coupable de désertion, mais pas les soldats qui l'ont suivi ...ils ont obéi à son ordre de reddition! Un ministre, dont je tairai le nom, décida malgré tout de le faire figurer dans la trop longue liste des "Morts pour la France"
Hypocrisie suprême !
Et, malgré toutes ses turpitudes le sinistre lieutenant-colonel Didier obtint quand même, avant sa retraite, ses étoiles de général.
Édifiant !
Aucun président de la République en exercice, y compris les plus récents, n'a souhaité rouvrir le lourd dossier des fusillés pour l'exemple !
Il n'est peut-être pas bon de remuer la boue ! "Ils sont notre mauvaise conscience"
Passionnant ouvrage sur le mode de fonctionnement de cette "justice" expéditive. Un ouvrage rédigé en puisant dans les archives militaires, dans les dossiers de Chapelant et de Didier, dans les archives du Ministère de la Justice ou dans les Archives Nationales (entre autres)
Georges Clemenceau, fut ministre de la guerre, il participa activement, faut-il le rappeler, à la défense du capitaine Dreyfus. Il garde à jamais le surnom de "Père la Victoire" et nous rappelle : "Il suffit d'ajouter "militaire" à un mot pour lui faire perdre sa signification. Ainsi la justice militaire n'est pas la justice, la musique militaire n'est pas la musique."
C'est quand même alors qu'il était en fonction qu'une partie des autres fusillés pour l'exemple furent exécutés...
Passionnant ouvrage - notamment pour les amateurs d'histoire et de justice - qui ne manquera pas d'indigner et d'interroger chaque lecteur ou lectrice, appelé à se faire juge d'un homme!
Juge de l'Histoire.
Un grand merci aux Editions Armand Colin et à Babelio, qui m'ont transmis cet ouvrage. Je les prie de bien vouloir excuser mon retard dans la publication de ce commentaire de lecture.
Lien : https://mesbelleslectures.co..
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Chat-Pitre
  19 juillet 2019
Remarquable travail que celui offert ici par Jean-Yves le Naour: pour traiter cette douloureuse affaire de "fusillé pour l'exemple", l'auteur a choisi une approche originale. Il nous propose deux versions de l'affaire en quasi symétrie: une à charge, une à décharge et nous place en position du juré qui doit juger en son âme et conscience. Entre l'éternel problème de la lecture objective des témoignages et du crédit à leur accorder, la lutte contre le risque de plaquer sur une affaire vieille de plus de 100 ans nos critères de jugement contemporains, le recul nécessaire pour ne pas laisser l'horreur de l'acte (seul fait indéniable) nous aveugler, il devient difficile de répondre: coupable! innocent! Une démonstration donc très intéressante pour nous apprendre à ne pas juger ce qui ne peut l'être quand on le regarde d'aussi loin, à regarder l'histoire comme une expérience pour le présent et le futur, afin ne pas nous laisser embrouiller par les manigances et autres récupérations. Pari gagné car la lecture de cet ouvrage interpelle et suscite nombre d'interrogations. Ouvrage des Editions Armand Colin reçu dans le cadre de la Masse Critique.
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turtlesandbooks
  14 juillet 2019
Je tiens à remercier Babelio et les éditions Armand Colin pour l'envoi de ce livre!
Étant une grande passionnée de l'histoire des guerres mondiales, j'ai été ravie de découvrir ce roman.
Il s'agit d'une histoire vraie, narrée par un historien. Cette l'histoire est celle d'un sous-lieutenant (Julien Chapelant) fusillé pour traîtrise alors qu'il était blessé.
L'originalité de ce livre repose sur la façon dont sont raconté les faits : la première partie dénonce sa culpabilité et la deuxième son innocence.
Première partie : les témoignages sont assez flous, racontés par des personnes qui ont soi disant vu le sous lieutenant derrières les lignes ennemies. On s'y perd un peu et il s'agit surtout des avis des hauts gradés.
J'ai bien aimé cette partie, qui résume bien l'affaire.
Seconde partie : On relate les témoignages des soldats de la compagnie de Chapelant et qui contredisent totalement les dires des personnes de la première partie.
Difficile de dire si Chapelant est coupable ou innocent, les sons de cloches sont différents. Les proches du sous-lieutenant se battent pour sa réhabilitation alors que le conseil de guerre s'appuie sur des soi-disants aveux.
Les soldats qui ont témoigné ont l'air confus et se contredisent dans leurs différentes affirmations, des erreurs ont été commises dans le procès et les choses ne sont pas claires.
J'ai trouvé cette deuxième partie assez longue à lire, le dernier quart du livre relate des dates et des faits qui ne m'ont pas vraiment intéressée.
Cependant je peux dire que ce livre est intéressant du point de vue juridique. On se rend compte de ce à quoi les juges ont affaire.
Il s'agit au lecteur de se faire sa propre opinion!
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Jijirita
  30 juillet 2019
Magnifique livre écrit par Jean Yves le Naouar qui nous délivre ici deux versions de l'histoire.
Etait-il coupable ou innocent?
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
oranoran   13 juillet 2019
Ernest Renan peut bien considérer que le talent de l'historien consiste "à faire un ensemble vrai" avec des éléments qui ne le sont qu'à moitié, on peut tout à fait lui opposer que les faits en tant que tels n'ont pas de sens et que la narration repose uniquement sur l'interprétation de l'historien, interprétation qui fatalement construit et reconstruit l'histoire en lui donnant une cohérence qu'elle n'a pas eue forcément ou qui n'a pas été ressentie comme telle.
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Videos de Jean-Yves Le Naour (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Yves Le Naour
Fusillé sur son brancard - L'affaire Chapelant et les fantômes de la Grande Guerre
Le 11 octobre 1914, au Bois-des-Loges, le sous-lieutenant Julien Chapelant est fusillé pour reddition à l?ennemi. Blessé, la jambe fracturée, il est ligoté à son brancard pour pouvoir être maintenu debout face au peloton d?exécution. Cette affaire, qui a révolté l?opinion, a suscité une grande campagne en faveur de sa réhabilitation, soutenue par les associations d?anciens combattants et la Ligue des droits de l?Homme. Mais comment faire un récit honnête et impartial de cette affaire ? En effet, il est des témoins qui accusent Chapelant et d?autres qui le disculpent intégralement. Où se situe la vérité ? Plutôt que de bâtir une narration unique qui enfermerait le lecteur dans la vision de l?auteur, Jean-Yves le Naour a fait le choix de présenter deux versions différentes, délibérément partiales : la thèse de la culpabilité du sous-lieutenant et celle de son innocence. Ainsi, derrière l?histoire de ce fusillé, c?est aussi une réflexion sur la subjectivité de l?histoire et la relativité du témoignage à laquelle nous invite ce livre à la forme inédite.
Pour la première fois, l?historien s?efface derrière le lecteur. À lui de se faire juge.
Jean-Yves le Naour

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