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Les Carnets de Jane Somers tome 2 sur 2

Natalie Zimmermann (Traducteur)
EAN : 9782253045182
378 pages
Le Livre de Poche (05/03/1988)
3.93/5   36 notes
Résumé :

Après Journal d'une voisine, écrit et publié en Angleterre sous le pseudonyme de Jane Somers, Doris Lessing poursuit le portrait ironique et déroutant d'une femme confrontée à son destin. Veuve sans enfant, Jane est une quinquagénaire heureuse et épanouie. Du moins en est-elle persuadée. Toute sa vie tourne autour du magazine féminin qu'elle a créé et qu'elle dirige. Mais un jour, tout se dé... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Après le 1er tome, je n'ai pu résister à l''envie de lire aussitôt le 2ème.
Ce carnet n° 2 est en partie consacré à la rencontre de Jane Somers avec un homme marié, pas très heureux dans son couple.
Ces rencontres ne se feront qu'à l'extérieur, dans les parcs de Londres ou dans des pubs.
Par ailleurs, Jane continue à rendre visite à une personne âgée esseulée, héberge la fille d'une collègue qui ne va pas très bien et qui trouve refuge chez elle.
L'histoire d'amour aura une fin, chacun d'eux restant attaché à leur propre passé, qu'il leur sera difficile de mettre de côté.

Je vous fais partager le dernier passage du livre qui signe la séparation de ces deux êtres qui auraient pu continuer une partie de leur vie ensemble, peut-être sur les mêmes bases de rencontres occasionnelles mais enrichissantes :
"Il me semble que toute ma vie ne correspond à rien, rien du tout, et n'a jamais été que du néant, de même que mes pièces impeccables, ma chambre à coucher dans laquelle Richard ne retrouve rien de moi, ne me voit pas. Je lève les yeux vers le ciel spectaculaire de Londres dans lequel Richard, il y a une heure à peine, s'est envolé vers sa vraie vie, en compagnie de la femme qui partage son existence depuis maintenant un tiers de siècle. J'examine alors cette chambre tranquille, si blanche, si fraîche et si ordonnée où je sais que bientôt se glisseront un à un, tout d'abord furtifs et insignifiants puis familiers et chers, tous les menus plaisirs, toutes les consolations innombrables de ma solitude."
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En moins d'une semaine, la vie tranquille de Jane est complètement bouleversée. Son talon se coince dans le métro, elle évite la chute de justesse en tombant dans les bras d'un séduisant quinquagénaire : le coup de foudre est immédiat, pour l'un comme pour l'autre.
Jane dirige un magazine féminin, elle "travaille par, pour et avec Lilith depuis la fin de la guerre". Veuve depuis de longues années, elle aurait pu continuer à mener une vie facile de célibataire dans son petit appartement, mais depuis trois ans elle héberge sa nièce Jill, jeune fille dynamique, à qui de surcroît, elle a offert un poste au sein de l'équipe du journal. Elle s'est habituée à la présence de la jeune fille chez elle et c'est un choc quand Jill lui annonce son départ pour s'installer avec son petit ami. Elle ne reste pas longtemps seule : la soeur de Jill, Kate, une marginale en plein désarroi, impose sa présence sitôt la place disponible! Jane ne peut se résoudre à la chasser et les difficultés commencent...
Le ton est donné dès la première page : c'est d'abord un roman d'amour, mais pas seulement, c'est aussi une oeuvre centrée sur les problèmes de la vieillesse, de la solitude, de la maladie et de la mort. Beaucoup de mélancolie dans ces relations amoureuses incomplètes, dans ces escapades dans la campagne anglaise, beaucoup de tristesse devant ces barrières insurmontables qu'ils ne pourront franchir pour vivre leur amour au grand jour, beaucoup de nostalgie quand affleurent les souvenirs du passé. Plus qu'un tableau flamboyant sur l'amour-passion qui peut dévorer les êtres à tout âge, ce serait plutôt un pastel en clair-obscur où les ombres souvent l'emporteraient sur la lumière...
[Note : dans le roman "L'amour encore", paru dix ans plus tard, l'héroïne ressemble comme une soeur à Jane : Sarah, veuve, directrice d'un théâtre, redécouvre l'amour et ses vicissitudes après cinquante ans, et tout comme Jane, elle est en charge de sa nièce, une marginale en souffrance.]
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Doris Lessing - "Carnets de Jane Somers – Si vieillesse pouvait" Albin Michel "livre de poche" (titre original "if the old could" cop.1983) (ISBN: 978-2253045182)

J'ai littéralement dévoré le tome 2 des "Carnets de Jane Sommers – Si vieillesse pouvait" de Doris Lessing. Un tableau au vitriol. J'en suis ressorti assommé, abasourdi, estomaqué...

Cette fois, l'héroïne se débat entre trois pôles :
- elle se fait envahir par sa nièce Kate, une adolescente à la dérive, sans aucun projet d'avenir, rapidement happée par un bande de squatters (l'entrevue avec eux est un morceau d'anthologie)
- par ailleurs, elle continue de s'occuper de personnes âgées
- enfin, et c'est l'objet principal du récit, elle tombe amoureuse d'un homme de son âge, avec lequel finalement elle ne pourra rien construire... Si bien que le roman se termine sur une grande solitude.

Il m'arrive souvent de partager ce point de vue : les rapports entre les gens (et tout particulièrement entre les femmes et les hommes) sont aujourd'hui tellement détruits, calamiteux, inexistants et l'individualisme tellement érigé en modèle qu'il m'arrive souvent de poser la question : "comment vont-elles et ils faire pour vivre ensemble ?".
Nous vivons dans des sociétés matérialistes, cultivant l'hédonisme et le jeunisme, mortifères, des sociétés acharnées à détruire tout idéalisme, dans lesquelles les gens s'ennuient profondément lorsqu'ils en ont les moyens, et s'épuisent à tenter de survivre lorsqu'ils en sont exclus (voir le tome 1 des «carnets de Jane Somers»)...
Le constat dressé par Doris Lessing est terriblement réaliste.

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Le second volet des carnets de Jane Somers faussement autobiographique puisque il s'agit du pseudo choisi par Doris Lessing lors de la sortie du livre, marque un net recul en matière d'intensité dramatique. La narratrice , bourgeoise londonienne quinquagénaire, responsable d'un magazine féminin haut de gamme ne joue plus à la dame de compagnie auprès d'une vieille femme du sous-prolétariat mais est désormais aux prises avec une simili_punkette, sa nièce qu'elle héberge et un amant , vieux-beau velléitaire et tete à claques. Quelques belles pages sur l'age qui s'avance et la difficulté de comment aimer. Quand à l'adolescence, génération walkman et eau oxygénée dans les cheveux , la fashionista féministe n' y comprends pas grand chose. il faut attendre un trop court passage ou elle s'improvise de nouveau visiteuse pour vieille dame au bout du rouleau pour retrouver ce regard extraordinairement perçant sur la déchéance au crépuscule de la vie.
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Les moins de vingt ans ,mais aussi à mon avis les moins de quarante ans auront sans doute du mal à se reconnaître dans cette histoire d'amour de cinquantenaires.... et en plus sans sexe ! Pourtant la passion est là , les émois sont perceptibles , tout y est mais peut-on rejouer sa vie quand on en a plus de la moitié derrière soi ?

Retour sur le passé, se reconnaître ou non dans la/le jeune femme/homme que l'on était ... qui était-on , qui sommes-nous devenus ...

Quelle place les femmes peuvent-elles faire à l'amour quand elles veulent réussir socialement ....

Quelle vieillesse nous attend , quand le corps lachera petit à petit ...

Une belle et grande ballade dans un Londres que je ne connais pas , une renaissance au milieu de sa vie et toute la souffrance qui va avec l'amour .

Une fois dépassé le milieu friqué de la mode qui m'a un peu tendu au début, j'ai été émue par cette histoire , par cette femme qui se retrouve à mi-parcours et doute de ses choix
Lien : http://theetlivres.eklablog...
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
J'ai appris à me taire maintenant, ai-je repris. Quand on dit qu'on n'a pas peur de la mort, de mourir, les gens réagissent comme si on n'était pas normal. En fait, il n'y a pas qu'à propos de ce sujet-là. Il me semble que je ne peux avouer pratiquement rien de ce que je pense vraiment, crois profondément. Par exemple, quand je dis que je préfère vivre seule. C'est encore...", mais ma voix s'est soudainement mise à trembler, et cela parce qu'il m'est brusquement venu à l'idée que si je pouvais vivre avec Richard, alors peut-être cesserais-je de préférer la solitude. Mais je me suis alors dit que c'était justement le fait de ne pas avoir à subir le traintrain journalier du lit, de la bouffe à préparer ou des discussions à propos des taches sur les fauteuils qui faisait qu'on se sentait bien avec quelqu'un.
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Elle affirme maintenant qu'elle se plaisait à l'hôpital et que cela ne la dérangerait pas d'avoir à y faire un petit séjour.
Je lui rappelle qu'elle a grogné tout le temps, jusqu'à ce qu'on la ramène chez elle.
"Ce n'est pas vrai, proteste t-elle. Pourquoi dites-vous cela ?"
Et la voilà qui maugrée tandis qu'assise auprès d'elle j'essaie de repousser cet état d'esprit où l'on ne voit plus la condition humaine que comme un gigantesque système d'égouts : nous ne sommes rien de plus que des machines à produire de la merde et de l'urine, et l'existence humaine tout entière n'est qu'une conspiration visant à dissimuler ce fait. Annie est "viable" tant qu'elle peut arriver à déposer ses déchets aux bons endroits ; dès qu'elle n'en sera plus capable, ce sera la fin. Je contemple la bouche béante d'Annie, d'où jaillissent des flots de mots, et je la vois comme l'ouverture d'un conduit qui donnerait, après maints méandres répugnants, sur une ouverture similaire : son anus.
Et plus je reste assise là, plus je m'étonne que nous puissions à tel point nous cacher ce que nous sommes réellement : les récipients d'intestins emplis de saletés. Quand cet état d'esprit menace de me gagner tout à fait, je pars et laisse Annie qui crie après moi :
"Voilà, maintenant je vais rester seule toute la nuit !"
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De telles pensées m'ont aussitôt donné du vague à l'âme et je me suis tout simplement mise au lit. Il était trois heures de l'après-midi. je ne me rappelle pas avoir jamais agi de la sorte auparavant. J'ai pleuré, j'ai dormi, et je me suis réveillée les yeux fixés sur un carré empli de la lumière du soir : un crépuscule tardif, doux et attrayant, agrémenté de quelques nuages ouatés.
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Je pensais à une chose, ai-je dit. Quand des jeunes gens se marient, ils ne traînent pas grand-chose derrière eux, non ? Pas étonnant que ce soit si facile. Moi, John, je prends Mary pour épouse. Moi, Mary, je prends John pour époux. Et ils sont là, prêts à se livrer tout entiers. Enfin, plus ou moins. Mais pour des gens de notre âge, c'est un peu comme la collision de deux continents.
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Nous nous sommes étreints. Nos étreintes ont décidemment une étrange saveur. Elles respirent l'amitié, oui, surtout, et toujours une intimité immédiate, comme si nous n'avions jamais été séparés. La chaude entente de la chair, sa main sur mon avant-bras dénudé pour l'été, la mienne plaquée sur sa nuque. La passion, oh oui! la passion est là, imminente, naissante, semblable à un paysage qui s'étendrait tout autour de nous mais dans lequel il nous serait interdit de pénétrer par quelque loi mystérieuse.
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Videos de Doris Lessing (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Doris Lessing
Chaque mois, un grand nom de la littérature française contemporaine est invité par la Bibliothèque nationale de France, le Centre national du livre et France Culture à parler de sa pratique de l'écriture. Javier Cercas, auteur de Terra Alta qui lui valut en 2019 le 68e prix Planeta, est à l'honneur de cette nouvelle séance du cycle « En lisant, en écrivant ».
QUI EST JAVIER CERCAS ? Né en 1962 à Ibahernando, dans la province de Cáceres, Javier Cercas est un écrivain et traducteur espagnol. Après des études de philologie, il enseigne la littérature à l'université de Gérone, pendant plusieurs années. En 2001, son roman Les Soldats de Salamine – sur fond de Guerre civile espagnole – remporte un succès international et reçoit les éloges, entre autres, de Mario Vargas Llosa, Doris Lessing ou Susan Sontag. Ses livres suivants, qui s'inspirent souvent d'événements historiques et de personnages ayant réellement existé, rencontrent le même accueil critique et sont couronnés de nombreux prix : Prix du livre européen (2016), Prix André Malraux (2018), Prix Planeta (2019), Prix Dialogo (2019). Son oeuvre est traduite en une vingtaine de langues. Il est également chroniqueur pour le quotidien El País.
De Javier Cercas, Actes Sud a publié : Les Soldats de Salamine (2002), À petites foulées (2004), À la vitesse de la lumière (2006), Anatomie d'un instant (2010), Les Lois de la frontière (2014, prix Méditerranée étranger 2014), L'Imposteur (2015), le Mobile (2016), le Point aveugle (2016), et le Monarque des ombres (2018). Son nouveau roman, Terra Alta, paraîtra en mai 2021.
En savoir plus sur les Masterclasses – En lisant, en écrivant : https://www.bnf.fr/fr/master-classes-litteraires
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