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ISBN : 2370490306
Éditeur : La Volte (15/09/2016)

Note moyenne : 2.7/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Ceci est l'histoire d'un monde qui pourrait être le nôtre. Depuis l'instant où apparaît la vie sur cette planète bleue, dans la moiteur des mares et des étangs, jusqu'au moment où le feu nucléaire menace d'emporter la civilisation qui a fini par se développer, voici contée l'histoire de Shikasta, jadis riche et florissante, désormais stérile, inhospitalière, « blessée à mort » ? mais qui ne demande qu'à renaître.Shikasta ? Un monde sur le berceau duquel se sont penc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
BlackWolf
  11 novembre 2018
Mon Avis : J'avoue, je me suis laissé tenter par ce roman il y a un an environ, c'était lors des Utopiales 2017. En effet le roman était mis en avant dans la librairie du festival et il avait attiré mon regard. Je me suis rapidement retrouvé intriguer par l'idée de voir ce que pouvait proposer une autrice, Prix Nobel nobel de littérature en 2007, en offrant ici un roman annoncé comme de Science-Fiction. Surtout que Wikipédia l'annonçait comme une « conteuse épique qui scrute une civilisation divisée » si avec cela il n'y a pas de quoi faire quelque-chose en SF. Par curiosité j'ai donc décidé de le faire entrer dans ma PAL et, il y a peu, de lui laisser enfin sa chance pour me faire mon avis. Concernant la couverture, elle est très sobre, loin de ce qui se fait généralement dans l'Imaginaire.
Ce roman est en fait, d'une certaine façon, l'ancien testament écrit et imaginé par Doris Lessing. On découvre ainsi qu'il existe plusieurs civilisations dans l'espace, certaines qui sont vouées au bien tandis que d'autres sont vouées au mal. Canopus et Sirius se sont ainsi lancés dans le projet scientifique de suivre, aider et influer sur l'évolution d'une planète aux ressources exceptionnelles : Shikasta. Bien entendu Shikasta est la représentation fictive notre planète Terre et rapidement on va se rendre compte que tout ne va pas se passer comme prévu, qu'une influence néfaste va obliger à modifier les plans mis en place. En effet un désalignement des planètes a permis à Shammat, le Mal, d'accroitre son ascendance sur la Planète Shikasta. Ainsi, l'Humanité se retrouve chassé de l'Eden mis en place et va devoir apprendre à se débrouiller. Franchement il y avait un certain potentiel dans l'idée de départ, de vouloir construire quelque-chose de vaste, mélangeant les différents genres de l'Imaginaire pour y apporter une réflexion sur notre monde, notre évolution, notre société. Certes le genre qui sert comme base les textes religieux pour y amener un background plus SF a déjà été vu plusieurs fois, mais il y avait du potentiel.
Pour autant, et ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux le savent déjà, j'ai finalement abandonné ce livre à un peu plus de la moitié, ce qui ne m'était pas arrivé depuis des années. Je n'ai tout simplement jamais pu franchement entrer dans le récit. Alors, je vais tenter de vous expliquer pourquoi, mais tout d'abord je voulais aussi rajouter un point. Avant je poussais jusqu'au bout ma lecture, je lisais tout car de rares fois la fin pouvait rattraper un début qui ne m'a pas accroché. J'ai même lu dans dans nombreuses chroniques US, après avoir abandonné, que le dernier tiers de Shikasta était meilleur, mais voilà je pense ne plus avoir la patience pour terminer un livre qui ne m'accroche pas. Ici, clairement, au bout de la moitié je n'y arrivais pas, c'était trop laborieux et je m'ennuyais. Je ne noterai pas non plus ma chronique, n'ayant pas terminé ma lecture je ne me vois pas de mettre une note. Même si c'est vrai la note est un ressenti, plus une valeur de plaisir de lecture que de chiffrer la valeur d'un livre, je ne me vois pas pour autant de noter ce roman non terminé.
Surtout que, je ne le nie pas il y a de bonnes idées dans ce roman, principalement dans les nombreuses réflexions que soulève Doris Lessing. Il est dur de parler des point que cherchent à soulever l'autrice tant ils sont nombreux, mais d'une certaine façon elle cherche à soulever un miroir sur nous-même, sur note histoire pour nous rappeler, nous dévoiler le meilleur de nous mais aussi, surtout le pire. Ainsi que ce soit dans la haine, le colonialisme, la capacité que l'on a à s'entredéchirer, se détruire, à vouloir nous trouver des différences pour nous attaquer, faire la guerre, elle brasse de nombreux sujets. J'y ait ainsi retrouvé le côté qui scrute une civilisation divisée. Alors après, on pourrait lui reprocher un côté très moralisateur, principalement dans la vision donné, mais franchement dans la façon dont est construit le récit il y a une certaine logique à ce que ce soit présenté d'une telle façon. Cela amène aussi, d'une certaine façon un sentiment de coup de poing qui peut marcher. Ainsi il y a certains passages qui sont vraiment prenants et marquants et qui se dégagent tout de même de ce livre. Pour autant ces passages sont rares et surtout l'idée du regard extérieur neutre a très vite ses limites, je trouve, et entrave certaines réflexions, pire donne l'impression d'être l'inverse de ce que cherche l'autrice.
Ainsi, en reprenant la bible comme base de son roman, on se retrouve avec certains passages ou « tuer » pour le bien en devient limite nécessaire. Attention on ne parait pas être dans des situations ou il n'y a pas d'autres choix possible ou autres explications qui pourraient tenter d'amener une justification. Simplement les fameuses forces extra-terrestres, vu qu'elles sont supérieures et savent ce qui doit être fait, ont le droit d'anéantir à coup de vaisseaux des gens. Je doute que Doris Lessing voulait laisser transparaitre une telle idée, ou peut-être que par la suite il y avait une tentative d'explication, mais voilà le manque de développement à ce moment-là du récit rend l'ensemble dérangeant. Ensuite, il parait se dégager une sorte de binarité dans le récit et les idées développées, comme si tout devait obligatoirement être manichéen ce qui est quand même dommage. J'avais ainsi par moment clairement l'impression de relire justement la bible, ou Dieu est simplement remplacé par des puissances extra-terrestres, avec son manque de complexité, son besoin par cela de vouloir accentuer la morale du récit, nous rappeler que nous sommes jugés par une force supérieure ce qui, désolé de le dire, de mon côté me bloque. Je ne dis pas que le bien est le mal sont des concepts inintéressants, mais tout réduire à de tels concepts devient vite perturbant, car comment classer des meurtres au nom du bien.
Surtout, ce qui m'a le plus bloqué avec ce livre c'est tout simplement la plume ainsi que sa construction. Doris Lessing sait manier les mots, je n'en doute pas, comme je l'ai dit il y a parfois de très bons passages, mais j'ai trouvé qu'ici elle en faisait trop. Franchement je me suis clairement ennuyé durant plus des trois quarts de ce que j'ai lu. Elle parait ainsi aligner les mots les uns derrières les autres sans jamais arriver, tout du moins pour moins, à créer une image, un ressenti. J'avais l'impression d'avancer de façon laborieuse, ennuyeuse dans un univers qui peinait à se dévoiler. À l'inverse d'autres auteurs qui oublient le précepte « montre, ne le dit pas », ici l'autrice cherche tellement à montrer, sans que personne ne lui dise à un moment STOP, qu'elle étouffe le lecteur d'informations pas toujours utiles et le perd. Car oui, j'ai aussi eu l'impression que de nombreux passages n'apportaient rien et donnaient l'impression d'être présents que pour montrer qu'elle sait écrire. Ensuite je me suis senti perdu dans une construction qui donne l'impression d'une certaine incohérence, présenté comme des chroniques qui n'en sont pas et mélangeant différentes constructions. Enfin autre point, vous devez le savoir, je suis un lecteur de SF qui aime une certaine cohérence, ainsi ici on parle de fluide, de voyages spatiaux, de zones et autres sauf que tout ce background de SF n'a d'autres intérêts que de soutenir le récit. Alors, comme je l'ai dit avec Chroniques Martiennes de Bradbury, parfois ça fonctionne, mais ici ce ne fut pas le cas, maintenant cela peut venir aussi du fait que le reste m'ait laissé de marbre.
Voilà les différentes raisons qui ont fait que j'ai préféré abandonné ce roman à un peu plus de la moitié. Je me doute qu'il doit exister un lectorat pour ce genre de récit, je n'en faisait tout simplement pas parti. Maintenant à vous de voir si vous vous laissez tenter ou pas.
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Horizon_du_plomb
  01 septembre 2017
« De l'Irlande à l'Oural, de la Scandinavie à la Méditerranée (région dont j'ai l'honneur d'être le responsable), les populations souffrent de la famine. (…) S'il est vraiment dans ses intentions de vider l'Europe pour la coloniser par des populations originaires de Sud, si c'est vraiment là son but, alors je me sens obligé de protester, pour des raisons de pure opportunité. »
« C'est pour fair circuler le sang. Pour obliger le chaton à reprendre l'usage de ses sens. Ces mots, « l'usage de ses sens », sont exacts. Ils vivent. Ils vibrent. Je les sens. »
Voilà un livre singulier qui fut en son temps salué par Gore Vidal et Ursula le Guin. Autant le dire de suite, ce roman parle de la fin d'une planète, un monde dans une galaxie très très proche.
« L'odeur fade du sang qui monte de cette planète doit bien atteindre les narines de quelqu'un. »
C'est un livre mutant, transgenre, qui déstabilisera les amateurs de littérature générale comme ceux de l'imaginaire si ceux-ci n'ont pas l'habitude des hors pistes littéraires. Par contre, il y a toujours moyen d'y picorer des scènes (ex l'ancien combattant estropié au pays des Noirs ou la lettre sur le mariage) ou des propos intéressants sur sa longueur sans pour autant qu'il en vaille la peine dans sa globalité à mes yeux.
« Il n'a pas été facile de convaincre ces gens de leurs propres possibilités, car ces arguments tombaient dans des oreilles conditionnées à les considérer soit comme non scientifiques, soit comme tellement « dingues » qu'ils ne pouvaient même pas les écouter. »
Comme l'auteur ne s'en cache pas dans la préface, le roman est fortement inspiré des croyances religieuses et notamment de l'ancien testament. Il est scindé en quelque sorte en quatre livres: un sur les temps anciens et la « chute » , un sur les témoignages de gens contemporains en attente, en souffrance, en espérance, un sur l'itinéraire d'un envoyé incarné qui parle aussi de l'accélération des tensions et un dernier sur la fin et un éventuel renouveau qui clôture. Si la fin est assez évocatrice et témoigne du talent de l'auteur, le début porte une mystique qui frise le créationnisme tandis que la partie sur l'envoyé est franchement souvent ennuyante. Globalement, l'envoyé n'est pas aussi finement construit que dans « Il est parmi nous » mais l'influence et ingérence galactique est plus complexe que dans les « Missions Terre » de Hubbard. Le livre m'a aussi fait penser au film Starman (qui a donné la série) au début.
Il faut voir les différents rapports, récits, témoignages de situations sociales qui composent le livre comme des propos de l'auteur sur différentes problématiques qui lui tiennent à coeur et touchent à l'humanité, comme une anthropologie particulière et singulière. Le livre a été publié alors qu'elle avait 60 ans, c'est un roman ambitieux qui fait office en quelque sorte de testament spirituel (mais qui parfois par sa distance et sa trop grande généralité perd le coche de l'intérêt). Le passage du paganisme au monothéisme alors que c'est essentiellement la même cause mais avec des conditions extérieures, « astrales », qui ont changé est intéressant, il offre une vision globale dans une problématique où souvent l'on oppose (pareil pour le polythéisme et le monothéisme). Il prouve que ce livre est avant tout un livre de fond, voire un essai fictionnel qui prétendrait que le monomythe n'est jamais que l'histoire déguisée de notre chaperonnage par une société galactique. L'intrigue et l'intérêt de la psychologie des personnages en paient souvent malheureusement le prix. Je me garderai bien cependant de nous traiter d'arriérés comme semble le faire souvent Lessing, elle ne glorifie Shikasta que par sa capacité au changement alors que c'est un trait inhérent des systèmes complexes (et à leur diversité) un peu partout dans l'univers et qu'à l'inverse l'entropie est aussi partout.
Evidemment par l'aspect humaniste nourri aux mythes ethniques, on ne peut que penser à Ursula K le Guin mais j'ai eu plusieurs fois l'impression que Lessing avait moins d'expérience de l'imaginaire et donc une gamme moins riche que Le Guin malgré l'habilité d'écriture.
Le trio soeur et frères jumeaux dans la partie sur l'envoyé m'a fait penser à la saga d'Ender je l'avoue mais en plus évanescent. La partie sur l'endoctrinement des jeunes déshérités et désoeuvrés qui deviennent une force armée finalement auto-gérée fait clairement penser aux problèmes actuels du terrorisme et de ses idéologies. On ne peut s'empêcher de se demander si certaines des problématiques de ce livre apocalyptique ne se retrouvent pas à l'heure actuelle dans la vague zombie qui parcoure les arts.
« Il acceptait comme étant « inhérentes à la nature humaine » des choses qu'il aurait rejetées en tant qu'enfant. »
Souvent l'oubli est la principale tare de l'humanité. C'est aussi un roman qui parle de la perte du lien et du sens de manière générale.
« Parce que le gouvernement de Grande-Bretagne, le peuple de Grande-Bretagne ne se souvenaient pas, n'avaient jamais pris la peine de comprendre un fait essentiel, à savoir que l'autonomie avait été octroyée à la minorité blanche à condition que les Noirs ne fussent pas maltraités, et qu'ils avaient le devoir d'intervenir. Ce qui leur avait permis d'oublier, simplement de se désintéresser de la chose, c'était leur mépris inhérent et inné à l'égard de peuples différents d'eux même.  ».
Le bouquin est rempli de notions de développement personnel, de notions de résilience, de l'importance de la connexion à la totalité et du contact voire d'influences new age. Le problème étant la récupération religieuse possible qu'on perçoit toujours un peu dans les pages alors que je ne pense pas que l'auteur soit fondamentalement pour les religions au sens primaire (Par exemple l'histoire de Taufiq qui a mal tourné mais qui peut revenir dans le droit chemin, l'arbre système vu comme l'arbre du savoir, de lumière ou le fait que la survie survient à cause de la déchéance d'un monde idéal).
« Tout le temps sur la défensive, on nous a dressés à ça. »
« Tu es l'enfant d'un grand malheur, il te faut à présent apprendre à vivre différemment ».
Il faut le répéter, les trente dernières pages sont puissantes et le procès qui ne m'a pas vraiment convaincu les introduit bien.
Je ne regrette pas d'avoir lu ce livre en tant qu'expérience mais je ne le conseillerai pas, tout en sachant que tous les goûts sont dans la nature et que certaines personnes le coteront peut-être quatre étoiles. La Volte va bientôt sortir la suite « Mariages entre les zones Trois, Quatre et Cinq ». On verra si comme le Seuil en son temps elle s'arrêtera ou continuera la suite. Si j'ai fortement apprécié « La Horde » et «Le Déchronologue », là franchement je suis déçu par le livre.
« Je me trouve avec d'autres, et quand on commence à parler de l'horreur, c'est comme si les gens n'entendaient pas. (…) Ils ne peuvent y croire. »
« Je n'ai jamais, avant ou depuis, éprouvé si fort cette sensation d'être avec quelqu'un et de savoir que, du début à la fin, une partie de cette personne est là, avec soi, réelle, vivante, attentive, et que, pourtant, l'essentiel de ce que l'on dit n'atteint pas cet être silencieux et invisible et que les paroles qu'il prononce viennent rarement de son moi réel. C'était comme si quelqu'un se tenait en face de moi, ligoté et bâillonné, tandis qu'un mauvais imitateur parlait à sa place. »
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Doris Lessing, the Nobel prize-winning author of more than 50 books including "The Golden Notebook" and "The Grass is Singing", dies at the age of 94.
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