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Berthe Vulliemin (Traducteur)
ISBN : 2859405127
Éditeur : Phébus (18/02/1998)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 141 notes)
Résumé :
Parce qu'il y a de la houille au cœur des montagnes du Pays de Galles, des mines y sont creusées et des aciéries ou des forges se sont installées à proximité. Des villages ont grandi autour, à mesure que les hommes quittaient leur ferme pour travailler aux puits ou aux usines. Comme bien d'autres, Gwilym Morgan s'est fait mineur.
Puis la crise a sévi dans les charbonnages. Huw, cadet des huit enfants de Gwilym, a six ans quand s'amorce le mouvement pour forme... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
SZRAMOWO
  02 décembre 2014
Ce livre faisait partie des ouvrages "conseillés", "obligés" par mon professeur de français en classe de quatrième, au lycée Alain Fournier de Bourges, en 1966.
Il s'appelait Marius le Saulnier, et c'est à lui que je dois pour l'essentiel, ma passion de la lecture.
Habitants de ces nouvelles cités qui poussaient en périphérie des villes, en France, à cette époque, nous lisions cet ouvrage en rechignant, plus sensibles à l'ouverture du premier supermarché, au dernier flipper du nouveau bistrot, au cinéma facile, à la musique rock diffusée par Radio Caroline.
Ce livre avait toutefois un côté exotique, le Pays de Galles des Morgan, semblait à des années lumière de notre cité, paradis du confort, de la lumière et de la consommation.
Le seul passage qui nous agréait était celui où le jeune Huw Morgan découvre ses premiers émois amoureux, et découvre en même temps que cette fille qui se donne à lui ne sera jamais véritablement sienne.
Nous étions à vrai dire jaloux de lui.
Bien des années plus tard, en lisant l'ouvrage de Richard Hoggart "la culture du pauvre", j'ai retrouvé les mêmes accents chez l'auteur, bien que parés de l'objectivité de l'analyse sociologique, lorsqu'il évoque la distance qui se creuse entre les enfants d'ouvriers qui étudient, et leur famille.
Plus que de nostalgie, le livre de Llewellyn m'a parlé de déchirements, ceux, qu'adulte en devenir, nous ressentons face à la perspective d'abandonner le monde de nos parents, ses références, ses modes de pensées, pour devoir construire notre propre monde, un monde différent.
Au fond Marius nous avait fait lire ce livre pour nous amener à mieux considérer notre situation, nous enfants de parents, à peine sortis de la guerre, référents moraux que la société dans laquelle nous vivions mettait chaque jour un peu plus en difficulté, confrontés à notre désir de liberté, de confort et de jouissance immédiate, eux auxquels tout cela avait été refusé.
Le livre de Llewellyn reste pour moi la référence d'un livre qui a ouvert ma façon de voir le monde.

Lien : http://desecrits.blog.lemond..
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cmpf
  14 mars 2015
Ce qui ressort essentiellement de ce livre, c'est l'impression de bonheur. Bien sûr les hommes travaillent à la mine et c'est un travail très dur, mais il n'en est pas question sauf à propos des grèves et surtout dans la scène finale. Les hommes se plaignent des baisses de salaire, mais pas du travail en lui-même.
Bonheur, car Huw Morgan, le narrateur, grandit puis vit les premières années de sa vie d'adulte dans une famille très aimante et au sein de laquelle règne un profond respect pour chacun des membres et une grande complicité amoureuse entre les parents. Il est vrai que la vie est imprégnée d'une morale rigoureuse, soutenue par une foi profonde, que les déplacements se font beaucoup à pied, que les hivers sont froids, que les châtiments corporels font partie de l'éducation, en particulier à l'école. Mais il est beaucoup question de fêtes, de repas abondants, de lectures en famille... La cassette où chacun des fils en âge de travailler et le père versent leur salaire semble inépuisable.
Ce n'est en aucun cas un livre misérabiliste sur la condition ouvrière, même s'il est question à plusieurs reprises de grèves qui sont cause de déchirements au sein de la famille et de la vallée. En revanche, c'est la description de la fin d'un monde. A la fois le travail des mines, et la vie presque en autarcie de la vallée, dans laquelle la morale prévaut sur la loi, qui parait presque inutile.
J'ai eu beaucoup de plaisir, surtout dans les deux premiers tiers, à accompagner ce garçon dans la découverte de la vie, de l'amitié, de l'amour au sein d'une nature encore très belle, mais déjà menacée par les tas de déchets sortis des mines. A découvrir ces hommes et ces femmes qui vivent une vie riche en sentiments, en entraide.
Challenge pavés 2014-2015
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viou1108
  18 mars 2015
Qu'elles sont profondes, la nostalgie et la tristesse que l'on ressent avec le narrateur, une fois ce livre refermé !
Que de bonheurs enfuis, que d'amis et de parents perdus, comme cette si verte vallée qui peu à peu disparaît sous les monceaux de noirs déblais sortis des mines de charbon.
La mine et la vallée, voilà bien les deux personnages centraux de ce roman. le sort des habitants de leurs environs y est viscéralement lié, à la vie, à la mort. C'est leur histoire, à eux tous, qui nous est déroulée ici, à travers le destin de la famille Morgan, vivant dans un village gallois au temps béni de la reine Victoria.
La dynastie Morgan est une longue lignée de mineurs, rudes travailleurs aimant la mine et leur pays d'un même amour profond et sincère, pétris de foi chrétienne et de principes moraux inébranlables. Honneur, droiture, loyauté et respect ne sont pas de vains mots.
On n'est pas dans un Germinal gallois, on se situerait plutôt dans une sorte de « pré-Germinal », et à un niveau de lecture plus global. Là où Zola décrit d'emblée la misère des mineurs et centre son roman sur la lutte sociale, Llewellyn remonte au « bon vieux temps », où le travail à la mine était dur, mais noble, et permettait de vivre dans un certain confort. Une vision poétique dans laquelle l'Homme vivait encore en harmonie avec la Nature, quand il ne prenait à la Terre que ce qu'elle lui offrait généreusement : le charbon. Quand la chasse au profit à tout crin s'empare de ce filon, les choses se gâtent, les salaires baissent en même temps que le prix du minerai, entraînant révoltes et mouvements sociaux. La spirale infernale est lancée, il n'est plus question d'harmonie et de respect, mais d'exploitation des hommes et de la Terre. La Nature perd du terrain, les arbres disparaissent, la poussière se dépose partout. Les grèves sont terribles, personne ne cède, jusqu'à ce que les enfants meurent de faim et de froid. Ce qui est assez frappant, c'est l'opposition entre les générations : le père Morgan ne veut pas voir que la situation se dégrade, tandis que ses fils aînés se battent pour mettre sur pied les Unions, futurs syndicats. Impressionnante aussi, l'importance accordée à la foi, qui gouverne et imprègne tout, rendant certains passages quasi mystiques. L'auteur montre également la solidarité des villageois, tant dans les épreuves que dans la liesse, et le chant choral qui met tout le monde d'accord, à l'unisson. Car tout n'est pas triste dans cette histoire, qui porte aussi son lot de petits et grands bonheurs, d'amour et d'amitié, de caractères bien trempés, sensés, passionnés ou comiquement bornés. le style est un peu désuet, avec détails à foison, et certains comportements nous paraîtraient absurdes aujourd'hui, mais qu'elle est belle, cette saga familiale…

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Missbouquin
  18 septembre 2012
Je vais envelopper mes deux chemises, avec mes chaussettes et mon habit du dimanche, dans le bout d'étoffe bleue que ma mère avait coutume de nouer autour de ses cheveux quand elle faisait le ménage, et je quitterai la Vallée. “
Voilà comment commence cet épais roman du gallois Richard Llewelyn, que j'ai découvert à travers son adaptation célèbre par John Ford. Un film dont j'étais tombée amoureuse par la poésie, la force et la nostalgie qui s'en dégageait. Des sentiments qui me sont revenus identiques à la lecture du texte.
Les Morgan ont toujours vécu dans la même vallée. Grande famille de 9 enfants (si je ne me suis pas trompée dans ce compte), dont 6 garçons, les générations se sont succédés dans la mine, rapportant un salaire qui permet une vie modeste mais riche d'amour, d'amitié et de solidarité. Au-dessus de cette marmaille, règnent la mère et le père, amoureux et terriblement taquins, vivant heureux entourés de leurs enfants, malgré les temps difficiles.
“Oui, c'était vraiment le bonheur ; nous avions bonne maison, bonne nourriture, bon travail. le soir, rien ne nous appelait au-dehors sinon le culte à la Chapelle, une répétition du choeur, parfois une lecture en commun.”
Lorsque commence le roman, on découvre le narrateur qui est le plus jeune enfant de la famille, Huw Morgan (je n'ai jamais su comment le prononcer), six ans. On le quittera, une trentaine d'années plus tard alors que toute la famille est morte ou s'est dispersée. Car s'il décrit la paix qui règne et la joie d'une si belle famille, c'est aussi le début des problèmes et des premiers chocs entre mineurs et la Compagnie du Charbon qui baisse sans cesse les salaires.
“Allons sur la montagne, allons trouver la paix.”
La montagne est en effet un personnage à elle toute seule. On s'y réfugie pour être seul, on y fait des bébés, des meetings politiques. C'est aussi le seul passage pour quitter la vallée discrètement. Immuable, elle trône.
A travers une génération, Huw nous dresse le portrait d'une vie qui n'existe plus. Celle de l'honneur, de la bonté, de la joie, mais aussi celle qui chasse les jeunes femmes perdues, les commérages, etc. Une petite communauté que les luttes politiques vont déchirer malgré l'unité première.
Une communauté où l'école est lointaine, alors qu'elle représente le seul moyen de sortir des mines. Une école anglaise où il est interdit de parler gallois, alors que “les Anglais ne sont-ils pas stupides de construire des écoles pour les Gallois, d'exiger, sous peine de punition, qu'ils y parlent anglais, et de nejamais y faire donner un cours d'élocution afin d'enseigner la façon dont les mots doivent être prononcés ?” Ceci dit, on a pas fait mieux en France avec les langues régionales …
Les Anglais sont pourtant bien loin dans l'enfance de Huw, les ennemis étant plutôt représentés par la Compagnie du Charbon, de moins en moins paternaliste.
La fin d'un monde représenté par l'accumulation des déblais de charbon dans cette belle Vallée : “Le long de la route de la montagne, tels des dos d'animaux surgis du puits et enterrés là, les tas de déblais s'arrondissaient. Des arbres vivants s'y trouvaient ensevelis. Ici et là, les ajoncs y allumaient leur flamme d'or, et partout où le vent le permettait, l'herbe essayait d'y pousser.” Cette herbe, c'est l'espoir et la lutte des mineurs qui veulent sauver la vallée. Jusqu'à ce que les intérêts individualistes les perdent.
Huw, au moment de quitter la Vallée, n'accuse personne. Il regrette, se rappelle doucement, nostalgiquement, des plus beaux moments vécus ici, qui ne reviendront jamais.
C'est une formidable fresque, qu'il est difficile de rendre ou même d'essayer de résumer ici : naissances, morts, mariages, bonheur, misère, les événements se succèdent, et l'on vit chaque instant avec la famille Morgan, que l'on ne quitte qu'à regret 500 pages plus tard.
Un chef d'oeuvre de beauté, de pureté, qui nous laisse une ombre nostalgique au fond du coeur pour ces temps révolus.
Je vous recommande donc de découvrir le roman, puis de compléter par le film qui est une très bonne adaptation.
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LiliGalipette
  09 juin 2011
La famille Morgan vit depuis toujours dans les montagnes du Pays de Galles et elle a la houille dans le sang. Gwilym et Beth Morgan ont plusieurs fils et filles : leur famille est soudée par l'amour et la foi. Les mines donnent en abondance et le pain ne manque jamais. Mais survient un jour où le charbon se vend moins bien, où les salaires baissent et où l'immobile tranquillité de la vie vole en éclats. La Vallée noircit et le monceau de déblais n'en finit pas de s'étendre. « Considérablement allongé, noir, énorme, sans vie, il s'étalait au fond de la Vallée, des deux côtés de la rivière. L'herbe verdoyante, les roseaux, les fleurs, tout avait disparu, enseveli par lui. Et, sans cesse, les bennes, grinçant et cahotant le long des câbles, venaient y déverser leur poussiéreux fardeau, grossir le dos noir, sale, ridé, de ce monstre hideux. » (p. 103)
Les mineurs grondent et les grèves se succèdent, pendant des mois entiers. Alors que la famine ravage la vallée, le père Morgan s'oppose à ses fils qui croient en l'Union et au communisme. le merveilleux équilibre n'est plus et l'argent est devenu le centre d'attention, entraînant dans son sillage les dérives et les vices. « Or, votre plus grand ennemi, en ce moment, c'est le charbon. C'est donc plus fort que lui que vous devez devenir. le charbon est inerte, sans âme. Mais, leurrant les hommes, il s'anime et prend vie, sous la forme de l'or. Vous l'évaluerez par wagonnets, à tant la tonne. D'autres l'estiment par cargaisons, titres, lettres de change, actions, emprunts, taux d'intérêt. Et là commence l'usure, votre seconde ennemie. » (p. 154) Les idéaux sont puissants et les révoltes sont légitimes, mais le feu de la contestation prend difficilement devant la faim qui creuse le ventre et qui fauche les enfants.
Huw Morgan, à la veille de quitter sa maison, se lance dans un récit pétri de nostalgie. Il évoque les siens, sa Vallée et le passé. « Ma Vallée, ô Vallée qui es en moi, c'est en toi, éternellement, que je veux vivre. Que la Mort, pire que la Mort frappe mon esprit, que la cécité dévore mes yeux, si ma pensée ou ma vue t'oublient. Vallée devenue pour certains celle de l'Ombre de la Mort, tu ne peux l'être pour moi, car la meilleure partie de mon être, c'est le souvenir de tes bruns, de tes verts, lorsque tu nous envoyais tes doux parfums, faisais croître les herbes odorantes pour la marmite, les fleurs, et que les oiseaux chantaient éperdument leur joie. » (p. 231 & 232) Huw a la nostalgie d'un passé prodigue où régnait le bonheur de l'abondance. La cassette familiale, symbole de richesse et de sécurité n'était jamais vide et s'ouvrait généreusement aux voisins et aux pauvres. Les années ont passé et la fertile source a tari. le récit de Huw est mélancolique et désabusé. La résignation est douloureuse, sans sérénité. « Comment garder rancune à des choses devenues poussière ? » (p. 100) La fatalité pèse désormais plus lourd qu'avant.
Huw est un garçon sensible et passionné. Quand il évoque les siens, c'est toujours avec respect et amour. Quand il décrit sa Vallée ou sa maison, son coeur est plein d'une tendresse qui se traduit dans une langue riche et lyrique. La douleur du départ n'a pas d'égale : « Chère petite maison, dans laquelle j'ai vécu, de quel bonheur tu as été témoin, même avant ma naissance. C'est en toi qu'est ma vie, et tous ceux que j'ai aimés sont partie de toi, de sorte que m'en aller, te quitter, c'est comme me quitter moi-même. » (p. 156) Et pourtant, on le sent, ce départ est inéluctable. Les déblais ont envahi la Vallée, la maison est sur le point d'être submergée et l'heure n'est plus au bonheur. Ce que décrit Huw, c'est un Paradis perdu, un âge d'or révolu. « Oui, c'était vraiment le bonheur ; nous avions bonne maison, bonne nourriture, bon travail. le soir, rien ne nous appelait au-dehors, sinon le culte à la Chapelle, une répétition du choeur, parfois une lecture en commun. Malgré cela, nous trouvions toujours à employer notre temps jusqu'au moment d'aller nous coucher. Nous lisions, étudiions, bricolions dans les communs, ou partions chanter quelque part, de l'autre côté de la montagne. Je ne me souviens pas que nous ayons jamais manqué d'occupation. Je me demande ce qui a bien pu se passer, pendant ces cinquante dernières années, pour que tout soit ainsi changé. Et je ne trouve pas d'autres explications que la mort. » (p. 156)
On assiste au déclin d'une société patriarcale ancestrale. Certaines traditions disparaissent, un nouvel ordre s'installe au nom du progrès et du profit. Les fils s'opposent aux pères et quittent les foyers pour des contrées plus prometteuses. Les femmes sont toujours le ciment des familles. Beth Morgan est une mère coulée dans un moule robuste : elle mène à la baguette sa famille et son coeur pardonne toujours puisqu'il aime au-delà de tout. Les soeurs sont les meilleures amies des frères. La fierté se porte haut en Pays de Galles et personne n'a à rougir d'être un Morgan. La force du coeur et la force des poings font les hommes d'honneur.
La communauté de la Vallée est profondément pieuse. le protestantisme y est pur, voire originel, sous l'égide du bon Mr Gruffyd, un pasteur éclairé et sensible. La modération préside toute chose, même si la foi ne prévient personne contre les passions. Souvent, la Vallée résonne des cantiques que les hommes entonnent à toute occasion. « J'entendis vibrer les voix riches et mâles des hommes de la Vallée, sonores, courageuses, nettes, bonnes, nobles et fières, et je sus que ces voix étaient aussi la mienne, car je faisais partie d'eux, comme eux de moi, et nous de la Vallée, et elle de nous. » (p. 231) La Vallée a une voix puissante. Les aléas ne la font pas taire : le chant de la terre galloise résonne pour longtemps entre les montagnes et envoie à l'Angleterre un éternel message d'insoumission.
Huw est habile narrateur. Il redevient l'enfant qu'il a été et repose un regard candide sur son univers. Mais il a toute la sagesse et la mémoire de l'homme fait et il conclut les chapitres par des annonces terribles : avant de les lire, on sait que des accidents de mine déciment les familles, qu'une fillette sera souillée par un monstre en haut de la colline ou que la grève se profile. le roman tient le lecteur en haleine sans discontinuer. le récit mêle les grandes affaires des travailleurs et les affaires privées de la famille. Les mariages et les naissances, les scandales et les épreuves sont d'une égale importance pour le coeur d'un enfant.
Qu'elle était verte ma vallée n'est pas un Germinal gallois, en aucun sens. Richard Llewellyn met à l'honneur les sentiments, son texte n'est pas une étude sociale de la grève chez les mineurs. Les mines galloises sont cruelles et exigeantes, mais pas comme le Voreux de Zola. Lantier est un homme seul, enragé de socialisme. Les Morgan sont un clan, soudé même dans la discorde. Richard Llewellyn offre une oeuvre qui flirte avec la poésie : c'est une longue élégie qu'il nous est donné de lire, le chant du cygne d'une époque qui s'éteint.
C'est la lettre de Jérôme Soligny à l'auteur, dans le cadre du festival Avousdelire, qui m'a donné envie de découvrir ce roman.
Le film éponyme de John Ford avec Maureen O'Hara, Roddy McDowall et Walter Pidgeon est très fidèle au texte de Richard Llewellyn. Les quelques raccourcis ne dénaturent pas l'histoire et c'est un plaisir d'entendre le choeur des chanteurs gallois résonner dans la vallée. L'image en noir et blanc se prête à la nostalgie et à la célébration du passé.
J'ai passé un agréable moment avec cette adaptation qui prolonge brillamment un texte d'exception.

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Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
viou1108viou1108   04 mars 2015
Ce n'est pas que je sois mécontent de mon sort, ni d'en être où j'en suis. Mais, si je n'avais pas commencé à réfléchir, à découvrir moi-même les choses, j'aurais pu avoir une vie, en apparence, plus heureuse peut-être, jouir d'un plus grand respect.
Mais, bonheur et respect n'ont guère de valeur car, à moins qu'ils n'aient pour cause les motifs les plus vrais, ils ne sont que leurre. La réussite vaut à un homme le respect du monde, quels que soient sa disposition d'esprit, ou les moyens qu'il a employés. Mais quelle valeur accorder à pareil respect? Et quel bonheur intérieur cet homme peut-il connaître? Et s'il s'accommode de ce prétendu bonheur, son état me paraît inférieur, son contentement de soi plus vil que ceux du plus abject animal.
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cmpfcmpf   08 mars 2015
Je me demande ce qui a bien pu se passer au cours de ces cinquante dernières années pour que tout soit ainsi changé. Et je ne trouve pas d’autre explication que la mort. Quand l’éclairage au gaz fut installé, on fut moins tenté de lire, par manque de confort, peut-être, et quand l’électricité arriva, on se coucha de meilleure heure, parce qu’elle coûtait plus cher. Mais je ne puis imaginer à quel moment les enfants commencèrent à ne plus être les amis de leurs parents, ni quand le désir d’être hors de chez soi, de faire n’importe quoi, de varier à tout prix ses occupations s’est emparé des gens.
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LiliGalipetteLiliGalipette   05 juin 2011
"Et maintenant, assis dans cette demeure silencieuse, je repense à la structure de ma vie, essayant de reconstruire ce qui s'est écroulé. Il me semble que l'existence humaine n'est guère plus qu'un croquis, esquissé sur le Temps, sans grande réflexion, avec peu de soin, ni aucun sens du dessin. Pourquoi, je me le demande, les gens souffrent-ils, quand ce n'est pas indispensable, lorsqu'un simple effort de volonté, un peu de dur labeur, les sortiraient de leur tourment, leur procurant la paix et le contentement.
Le tas de déblais recommence à bouger.
Je l'entends bruire et chuchoter, tandis que les murs de cette vaillante petite demeure s'arc-boutent et résistent à l'assaut. Depuis des mois, elle supporte la pression de cette masse formidable, pesant contre ses parois et sur son toit. Jamais je n'aurais cru qu'elle tiendrait aussi longtemps. Le monstre n'a pu encore venir à bout de son courage, car, du temps de mon père, les hommes construisaient bien, en bons artisans. Poutres solides, pierres de taille, travail consciencieux, amour du métier: c'est de tout ça que cette maison a été faite".

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FraHauFraHau   15 février 2011
Des centaines de fois, je suis descendu dans la cage, mais jamais je n'ai pu m'habituer à sa chute.
D'abord, pendant un long moment, vous croyez être devenu aveugle. Puis la terreur vous mord de ses crocs acérés.
La descente me parut durer des heures. L'air devenait froid, mais l'obscurité régnait toujours, épaisse, suffocante, et nos pieds touchaient à peine le sol qui continuait à se dérober, si bien que, les genoux fléchis, nous semblions nous tenir sur les bords de la nuit, prêts à bondir dans le matin.
Puis le sifflement du vent s'atténua, le sol se raffermit sous nos pieds, l'air devenu plus chaud nous apporta la puanteur salée du charbon brut et, tandis qu'apparaissaient les lumières et que je retrouvais ma respiration et la saveur de la vie, une brûlante reconnaissance m'envahit de posséder le don de la vue.
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UnityUnity   03 août 2013
Certes, je connais l’envie du meurtre. Elle est brûlante, trop, pour être gardée à l’intérieur ; elle monte à la tête et elle dévaste là où elle passe, desséchant la gorge, de sorte que le souffle devient saccadé et sort avec un bruit sourd. Un tremblement vous saisit, vos yeux se voilent, non de larmes, mais d’un brouillard qui intercepte votre vue et, dans les ténèbres, le désir vous tourmente de saisir la chair entre vos doigts, de la déchirer jusqu’à ce que le sang jaillisse, ou de prendre un couteau et de l’enfoncer jusqu’à ce que la pointe s’émousse, ou de vous emparer d’une arme et de frapper jusqu’à en être épuisé, de broyer, de poignarder, d’étrangler, d’écraser, de tuer, de tuer, de tuer. Oh ! Certes, je connais ce sentiment.
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Bande annonce du film 'Qu'elle était verte ma vallée', par John Ford. 1941
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