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EAN : 9782253183037
192 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (13/05/2015)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 3 notes)
Résumé :
L’auteur de Croc-Blanc et de L’Appel de la forêt, parmi dix-neuf romans et cent cinquante nouvelles, fut aussi, on le sait moins, un pionnier du journalisme de sport. Cet ouvrage, présenté par Benoît Heimermann, rassemble neuf textes écrits pour la presse au tout début du XXe siècle sur la navigation à la voile, le surf, le tir à la carabine et la boxe, avec notamment les comptes rendus de combats d’anthologie. On y découvre une autre facette du talent de Jack Londo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Erik35
  13 mars 2017
QUATRE BOULES DE CUIR... BOXE ! BOXE !
Innombrables sont les intellectuels, artistes, écrivains, journalistes et autres stars du "show-bizz" s'étant pris d'affection pour le "noble art". Et même si ce sport de combat - la boxe anglaise - est moins en cour qu'après guerre (qui n'a jamais entendu parler de la belle et tragique , histoire d'amour entre Edith Piaf et le grand champion français Marcel Cerdan ?) mais tout de même, elle a encore ses aficionados, ses fans, ses inconditionnels.
Mais avant d'en arriver à des gloires internationales comme Mohammed Ali et autres Joe Louis, Sugar Ray Robinson ou encore le terrible Mike Tyson , ce sports aux règles désormais très strictes et bien fixées en était encore à ses vrais débuts du vivant de Jack London.
Il n'aura par ailleurs pas échappé à l'amateur de cet écrivain souvent physique, tant dans l'écriture que dans les aventures qu'il conta pour notre plus grand plaisir de lecture, quelques seize années, qu'elles fussent du Grand Nord sauvage ou de l'affrontement contre l'élément marin, fut un sportif convaincu et émérite, bien que parfaitement amateur - au sens le plus noble du terme -, ne négligeant son corps que par la faute de la maladie (et, il faut bien l'avouer, de ses nombreux excès, principalement alcooliques) et de ses multiples dépressions. Mais jusqu'au bout, il tâchera d'entretenir ce corps souffrant. La pratique de la boxe en sera l'un des nombreux moyens. La voile demeurera l'une de ses principales passions jusqu'en ses dernières heures.
C'est donc assez naturellement que la plume nerveuse et précise de l'auteur californien devait se prêter à ce jeu du commentaire journalistique et même, à de multiples reprises, du grand reportage. On ne peut que songer, évidemment, à son immersion totale, quatre mois durant, dans a Londres des bas-fonds, d'où surgira l'un des témoignages parmi les plus frappant de l'époque, consacré à la misère des grandes villes industrielles : le peuple de l'abîme.
Il y eut aussi ses reportages consacrés aux grands bouleversements géopolitiques de son temps, son voyage suivit d'articles sur la guerre russo-japonaise en Corée, d'abord. La révolution mexicaine puis les implications étasuniennes de cette guerre civile ensuite.
N'oublions pas, non plus, son témoignage de première main sur la vie des "trimardeurs" dont il vécu l'existence, six mois durant, et qui lui fit rédiger son étonnant : Les vagabonds du rail.
Enfin, bien que dans un genre autobiographique un peu différent, il y a son célèbre journal de bord dans lequel il raconta les péripéties de la côte californienne jusqu'en Australie et qu'il vécu en compagnie de son épouse Charmian à bord du voilier qu'il avait lui-même intégralement conçu : La croisière du Snark.
Aussi est-ce parfaitement naturellement que l'on retrouve notre écrivain à la rédaction d'articles de presse, plus ou moins longs, plus ou moins aboutis, nous contant avec vigueur tel match de boxe, faisant de l'une de ces rencontres le premier "match du siècle" probable de toute l'histoire du pugilat moderne - la rencontre entre les deux champions invaincus de l'époque, Jim J. Jeffries versus Jack Johnson, dont l'intérêt pour l'histoire valu surtout pour ses à-côtés plutôt que pour le match lui-même, Johnson étant le premier grand champion noir-américain dans une Amérique blanche, "WASP", et terriblement raciste. La victoire, sans grande difficulté, de Johnson provoqua même de telles échauffourées le lendemain de la rencontre que treize personnes y périrent !-. Et si London pouvait se révéler par ailleurs à peu près aussi raciste que ses contemporains (malheureusement), il n'en demeure pas moins qu'il reconnu, ce jour-là comme lors d'un match précédent, la supériorité incontestable et la classe inouïe -et sans doute pour longtemps, de son propre aveu- de ce combattant. Ce qui ne fut donc pas le cas de tout le monde... Quoi qu'il en soit, même dans un genre moins glorieux que la Littérature, London sut être un précurseur, reconnu comme tel par les futurs grands reporters et journalistes sportifs de la génération suivante.
Après la boxe, c'est à la voile -et, véritablement, littéralement, la voile, non simplement la navigation, l'apparition de petits bateaux fonctionnant à vapeur et même, déjà, avec des moteurs à explosion, entament son lent processus de transformation de la société, y compris dans ses loisirs - dont il nous fait un panégyrique que l'on peut qualifier d'amoureux !
Le surf, qu'il découvrira lors de sa croisière avec le Snark, allait valoir quelques pages d'une rare élégance et d'un véritable et sincère coup de coeur de la part de cet homme qui, d'ailleurs, ne mentait jamais sur ses préférences ou sur ses dégoûts. Ainsi, cet homme qui admirait le combat entre deux êtres humains avait-il en abomination la corrida qu'il jugeait parfaitement innommable et barbare.
Mais c'est d'un tout autre sport dont il nous gratifie en fin de volume, pur travail de commande, mais assez amusant et instructif à lire, en fin de compte : un championnat national de tir à la carabine organisé à San Francisco en 1901. On sent que Jack est aussi peu connaisseur de ce sport qu'il a envie de bien faire (et, en bon pigiste ayant besoin de vivre car en début de carrière, parfaitement capable de tirer à la ligne sans trop ennuyer son lecteur). C'est donc relativement amusé que nous suivons ces tireurs d'un autre temps, presque tous d'origine germanique, presque tous les dignes héritiers des "freischütz" que l'on rencontre encore en Bavière ou en Suisse. Cela donne à ces dernières pages une couleur pour ainsi dire exotique et décalée.
Ces textes, réunis pour la forme car très souvent éclatés dans des publications aujourd'hui épuisées ou en complément de textes plus essentiels composent ainsi un petit ouvrage probablement anecdotique et pas absolument indispensable mais très réjouissant, autant qu'il offre une facette méconnu bien qu'importante de notre fameux Jack London.
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nathalie_MarketMarcel
  05 mai 2016
Jack London fut journaliste sportif et ce recueil rassemble des textes consacrés à la boxe, au surf, à la voile et au tir.
London sait se battre et ce rapport intime au corps, aux muscles et à la violence nourrit véritablement ses textes sur la boxe. Il faut noter que l'on est à un moment particulier de l'histoire de la boxe, celui où des boxeurs noirs l'emportent sur des boxeurs blancs (et aux États Unis, cela ne fait rire personne et surtout pas London). En dépit de ses propres opinions racistes, London couvre l'événement avec objectivité et ne rechigne pas à reconnaître la supériorité du boxeur noir. Ces chroniques sont l'occasion d'en appeler à la nature sauvage, virile et puissante (pas forcément le meilleur).
Le texte le plus remarquable du recueil est à mon sens celui où London découvre et apprend le surf au hasard d'un séjour à Waïkiki. Cet épisode donne lieu à une magnifique évocation de la puissance de la vague et de la magie qu'il y a à glisser sur l'eau. L'auteur s'émerveille de l'ingéniosité humaine et rend grâce au soleil et à la mer. C'est une découverte.
Lien : http://chezmarketmarcel.blog..
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Erik35Erik35   12 mars 2017
Lorsque l'homme frappe l'homme, lorsque les coups frappent bruyamment sur les corps, lorsque celui qui frappe et celui qui est frappé soupirent, celui qui rejette violemment l'air de ses poumons, et celui qui remplit les siens avec précaution, eh bien, je me surprenais à me soulever de mon siège, le souffle coupé, ayant oublié que le monde et moi nous existions, entièrement absorbé que j'étais par la lutte qui se déroulait devant moi.
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Erik35Erik35   14 mars 2017
L'homme public sait exactement quand il a établi le contact parfait entre lui et la foule. Le démagogue sent également quand ses auditeurs sont en résonance avec ce qu'il leur dit ; de même, les acteurs ou ceux qui font un prêche. Marc-Antoine savait que les romains étaient suspendus à ses lèvres quand il prononçait ses discours - demeurés historiques - car il avait la claire conscience qu'ils répondaient parfaitement aux suggestions de chacun, inconsciemment peut-être mais certainement adaptés à l'objectif qu'ils visaient.q
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Erik35Erik35   13 mars 2017
Et puis, marin un jour, marin toujours. Le goût du sel ne s'atténue jamais. On n'est jamais trop vieux pour se battre contre le vent et les vagues. Je sais de quoi je parle : je suis devenu propriétaire de ranch et j vis sans voir la mer, mais au bout de quelques mois, elle me manque. Je deviens impatient, je repense aux péripéties de ma dernière croisière, je me dis qu'on trouve peut-être des bars rayés dans le Wino Slough, je dévore dans la presse les articles sur l'arrivée des premiers vols de canards en provenance du Nord. Et tout d'un coup, je fais mes valises, je rassemble le matériel, et nous partons à Vallejo, où le petit "Roamer" attend toujours l'annexe qui se met à couple, le feu qu'on allume dans le poêle, les rabans de ferlage qu'on retire, le chant de la grand-voile, le claquement des garcettes, le dérapage de l'ancre, l'appareillage, et le tour de gouvernail au moment où il s'élance, toutes voiles dehors, dans la baie.
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Erik35Erik35   12 mars 2017
Toute personne qui se figure que la compétition n'est rien d'autre que de la brutalité pure et de la barbarie apprendraient beaucoup en une journée de contact avec cette armée de boxeurs et de fanatiques qui s'est déversée à Reno et serait surprise d'apprendre qu'il y a plus dans ce sport que deux hommes qui se flanquent des beignes. Ce sport est des milliers de fois plus subtil et plus grandiose que cela.
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Erik35Erik35   13 mars 2017
Allez-y ! Ôtez les vêtements qui vous entravent sous ce climat béni ! Entrez dans l'eau, affrontez la mer, ayez vous aussi des talons ailés, rassemblez a puissance et l'habileté qui sont en vous, défiez les déferlantes, dominez-les, chevauchez-les comme il sied à un roi !
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Videos de Jack London (29) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jack London
Jack London : Faire un feu (France Culture / Samedi noir). Émission “Samedi noir” diffusée sur France Culture le 12 novembre 2016. Production : Blandine Masson. Image : dessin de Patrick Chabouté pour son adaptation en bande dessinée de la nouvelle “Constuire un feu” de Jack London. Un homme qui voyage seul dans le Yukon confronté au plus destructeur de ses ennemis : le froid. Traduit par Marc Chénetier. Réalisation : Christophe Hocké. En direct du studio 110, de la Maison de la radio. Lecture Carlo Brandt. Musique composée par John Greaves. À l’occasion de la parution dans La Pléiade des “Romans, récits et nouvelles” de Jack London en octobre 2016, édition publiée sous la direction de Philippe Jaworski. “Faire un feu” (paru en août 1908 sous le titre “To build a fire” dans le Century Magazine) est “le compte rendu” terrible et tragique " (pour reprendre le titre de l'essai de London sur les thèmes et les ressorts de la grande littérature), minutieusement agencé, d'une inexorable descente dans l'enfer du froid, la plus brutale description, et littérairement la plus parfaite, de la rencontre meurtrière du chétif corps humain, minuscule atome de vie perdu dans un infini de la blancheur, avec le plus immatériel et le plus destructeur de ses ennemis. Le récit n'est nulle part ailleurs chez London aussi dépouillé et concentré que dans ces pages. Comme dans bien d'autres nouvelles, ce n'est pas une intrigue qu'il déploie ou qu'il développe, mais une situation d'affrontement, un état de tension, qu'il mène, degré par degré, jusqu'au point de rupture. […] Dans un silence jamais rompu par aucune parole directement prononcée se déroule, rythmée par le passage des heures, la tragédie de la lente détérioration du corps, en même temps que s'amenuise l'espoir de survie. […] Marc Chénetier. Note publiée dans La Pléiade, extraits. Musiciens : John Greaves, Piano, chant Laurent Valero, Alto, violon, flûte, bandonéon Scott Taylor, Accordéon, kalimba, percus, cuivres Assistant à la réalisation : Pablo Valero Source : France Culture
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