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Latium tome 1 sur 2
EAN : 9782207133026
464 pages
Denoël (03/10/2016)
3.69/5   275 notes
Résumé :
Dans un futur lointain, l’espèce humaine a succombé à l’Hécatombe. Reste, après l’extinction, un peuple d’automates intelligents, métamorphosés en immenses nefs stellaires. Orphelins de leurs créateurs et dieux, esseulés et névrosés, ces princes et princesses de l'espace attendent, repliés dans l’Urbs, une inéluctable invasion extraterrestre, à laquelle leur programmation les empêche de s’opposer. Plautine est l’une d’eux. Dernière à adhérer à l’espoir mystique du r... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (57) Voir plus Ajouter une critique
3,69

sur 275 notes
Vertigineux. S'il fallait un seul terme pour résumer cette lecture, ce serait celui-là.

Romain Lucazeau met en scène l'un de mes contextes préférés en science-fiction : un futur post-humain très, très lointain qui pousse à son paroxysme la troisième loi de Clarke (toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie). On devine que l'on se situe dans un univers où l'empire romain a perduré et s'est essaimé dans l'espace, et où les intelligences artificielles (ou plutôt « noèmes ») ont atteint un niveau de développement extrêmement avancé. Elles sont toutefois conditionnées selon une règle d'or : le Carcan, hérité des trois lois de la robotique d'Asimov, qui les place au service de l'humanité. Or, maintenant que l'humanité a disparu depuis longtemps, que reste-t-il à ces noèmes?

S'ensuit une solide réflexion existentialiste portée par un sense of wonder tout aussi solide. L'auteur combine à merveille la science-fiction ultra-futuriste, l'héritage de l'Antiquité classique et les questionnements philosophiques, dans un mélange que j'aimerais rencontrer plus souvent. Certaines scènes sont mémorables et me resteront longtemps en mémoire (comme celle d'un noème qui procède à une défragmentation, un acte devenu tellement ritualisé qu'il en est presque religieux).

Le style est riche et fleuri, même trop parfois, l'auteur se laisse souvent aller à de grandes envolées poétiques – si c'est votre truc, tant mieux, mais j'avoue que ça m'a pesé par moments. J'aurais peut-être dû étaler un peu plus ma lecture dans le temps pour la rendre plus digeste. Aussi, la fin, abrupte, n'en est pas vraiment une et laisse deviner que Latium était à l'origine un immense pavé divisé en deux tomes pour des raisons éditoriales. Les deux forment un tout et ne peuvent pas se lire indépendamment. Si les longues lectures vous rebutent, fuyez. Si vous êtes adepte de littérature classique (même si vous n'aimez pas spécialement la science-fiction), foncez.
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Une des difficultés pour un auteur de science-fiction du XXIe siècle est de faire aussi bien voir mieux que le génie des auteurs de science fiction du XXe siècle. Latium est cependant la preuve que même après un siècle et demi d'existence, la science-fiction est un genre qui trouve encore des sujets d'intrigue originaux et qu'il regorge d'histoires pas encore écrites. La science-fiction est un genre vivant, qui se fait écho de son temps mais qui au final parvient toujours à faire voyager son lecteur.

Latium est un space opéra qui décrit un futur sans homme. Ceux-ci laissent derrière eux les Intelligences, machines pensantes soumises au Carcan - nom désignant les Trois Lois de la robotique reprises à Asimov dans une version beaucoup moins restrictive que celui-ci l'avait imaginé. Une invasion barbare venue de l'autre bout de la galaxie vient interrompre le deuil des Intelligences. Leur programmation les empêchent de s'attaquer à une quelconque forme de vie. Elles vont alors chercher désespérément un moyen de se défendre. Pour Othon et Plautine, le seul moyen d'y parvenir serait de s'affranchir du Carcan, un acte aux conséquences aussi incertaines que dangereuses. En attendant, ils ne peuvent compter que sur une armée d'hommes-chiens pour se défendre.

Romain Lucazeau, agrégé de philosophie, utilise sa riche culture pour enrichir considérablement son texte. Tout son livre emprunte d'innombrables références à la culture antique grecque et romaine, que ce soit pour les noms des personnages, les objets, les lieux et même les us et coutumes des hommes-chiens. Ainsi le récit cultive son lecteur et l'enrichit par ses références philosophiques, littéraires, historiques et culturelles. On reconnait bien là le but premier d'un livre: apprendre.

Lucazeau fait aussi réfléchir le lecteur en développant autant de thèmes jamais explorés que de sujets incontournables de la science-fiction. L'idée d'un langage non-linéaire est par exemple une invention remarquable et marquante du livre. le concept des noèmes et d'aspects pensants, très bien expliqué par le texte, permet de renouveler les habituels personnages de science-fiction. Même si les noèmes de Lucazeau ont des comportements très anthropomorphiques pour des machines - aussi intelligentes soient elles, leur confrontation face au Carcan est très intéressante et est abordée de manière totalement différente que celle d'autres auteurs tels qu'Asimov ou Herbert. L'introduction du récit est formidablement bien menée et laisse présager les qualités d'écriture de l'auteur et les réflexions abordées dans la suite du texte.
Cependant le manque cruel d'action donne parfois de la lourdeur au récit. La fiction de « science-fiction » n'a donc pas été mise en valeur à travers l'action mais plus dans l'originalité des thèmes et des questions soulevées par le récit. La présence de certaines platitudes vient fortement contraster avec des passages réellement profonds.

A travers Latium on en vient à penser que la science-fiction du XXIe siècle a peut-peut-être le défaut de ne pas être géniale tout le long d'un récit comme l'est souvent la littérature de science-fiction du XXe siècle, mais elle a au moins le mérite de présenter des traits de génie par moment.
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N'hésitez pas à consulter ma critique sur mon blog pour plus complet. Merci!

L'amateur de SF peut être désarçonné à la lecture des premières pages : les scènes initiales proposent une ouverture digne de nos dramaturges du XVII° siècle. D'ailleurs, ce fut Racine (avec Phèdre) qui me vint à l'esprit avant que l'intrigue ne se développe pleinement. Puis, Othon de Corneille s'imposa rapidement quand les jeux politiques de l'Urbs et l'ambition du proconsul éponyme s'épanouirent. Les décors grandioses, l'architecture intérieure des immenses Nefs, l'accoutrement des protagonistes (des toges), l'organisation « sociale » des Intelligences, les termes grecs et latins, tous participent à cette volonté de l'auteur de donner vie à un opéra dans l'espace. C'est assez déroutant, car mis à part le triptyque des unités théâtrales, Latium possède tous les marqueurs propres à cette littérature. Est-ce pour autant un opéra déguisé en SF ?

Les deux, mon Capitaine! Indéniablement, le roman nous embarque dans une réécriture de l'Othon de Corneille (qui lui même mit en scène une période troublée de l'Empire romain, consécutive au règne de Néron). Ainsi, le lecteur y rencontre-t-il Plautine et Othon, alors que Vinius et Galba ne sont qu'évoqués ; nous devrions les croiser dans le second tome. Reste à savoir si Romain Lucazeau a conçu une trame fidèle à la tragédie de l'auteur du XVII°…

Or, Latium n'a rien à renier à la SF, et cela à deux titres.

Des Nefs immenses parcourent notre bras de la Galaxie. Ce ne sont pas la quarantaine de provinces du Princeps qui servent de cadre à l'intrigue, les distances sont astronomiques (😉 ). Les personnages sont soit des noèmes plus ou moins élaborées – depuis celle qui contrôle l'armement d'un fusil à la puissante Intelligence (Plautine, Othon), soit des homme-chiens qui forment un peuple en voie d'évolution. le personnage central demeure le Grand Absent : l'Homme. Ce dernier a disparu de la surface de… notre bras de Galaxie. Les Intelligences appellent cette terrible perspective l'Hécatombe (même si sous la période hellénique, l'Hécatombe était un sacrifice de « 100 boeufs », et non pas la totalité du troupeau, bien souvent moins d'une dizaine…). Finalement Romain Lucazeau nous offre un space opera post apocalyptique (et dystopique)!

De plus, les thèmes abordés dans Latium sont des classiques de la SF : le mort, les manipulations génétiques, l'eugénisme, l'Homme, L'intelligence, les IA, le moi… et ancre davantage ce roman dans le genre SF. La filiation avec Banks et Simmons, notamment en raison de la présence et de l'importance des IA n'est pas absconse. Même Asimov influence le récit. le Carcan auquel sont confrontés les IA dérive intégralement des 3 lois de la Robotique de l'auteur américain.

Pour autant, la forme et l'exploration de certains concepts flirtent avec « l'essai » philosophique. J'emploie flirte volontairement. Ce sont des touches, des passages, des échanges entre protagonistes qui m'incitent à employer ce terme. Nous n'avons pas de gros pavés ou des chapitre intégraux visitant une idée ou une notion. Rien qui ne ressemble au Mythe de la Caverne de Platon (ou à sa République), même si certaines introspections (ou rêves) sont suffisamment longs pour exploiter le moment.

« L'opposition » homme/machine est au coeur de ce roman, sans que ce soit une confrontation brutale. La machine IA qu'est Plautine s'interroge sur sa nature, celle de l'homme et sur leurs différences, avec des propos surprenants de prime abord.

« Au contraire des créatures computationnelles, les hommes n'ont pas d'âme. Lorsque leur corps meurt, ils ne peuvent changer de support.«

« Les automates, eux, avaient le mode d'existence des objets techniques, plus computation que corps, et métaphysique que vivant. Pour eux, chaque disparition faisait scandale, constituait une absurdité, une béance dans l'ordre du monde« .

Ces créatures sont « bridés » par le Carcan, par conséquent leur raison d'être se concentre sur le service de l'homme. Comme le rêve Plautine : « le moi ne trouve son unité que par l'agir. » Une action presque puérile en l'absence de leur créateur, et d'autant plus vaine si l'espoir s'éteint. Les Intelligences perdent peu à peu le fil de leur longue existence, d'où des tensions, frictions et conflits entre elles et l'émergence des fameux jeux politiques … Et des recherches désespérées pour palier à la Grande Absence.

J'adore l'ironie de la situation concernant Othon et les Intelligences : Dieu ne crée pas des dieux (Malebranche).

Tout n'est pas parfait. Les notes en bas de page sont trop nombreuses et pas forcément des plus judicieuses ( Okéanos = Océans, je pense que le lecteur lambda peut deviner tout seul!). de flamboyantes batailles spatiales… il n'y en a qu'une. L'intrigue tortueuse se développe à peine dans ce tome, alors je fonde mes espoirs sur le suivant.

Le rythme est parfois trop posé en raison de quelques longueurs ou introspections, compensées par une prose lumineuse, élégante et fort agréable. J'ai lu Latium après L'ancillaire 3, j'ai cru que je ne maîtrisais plus ma langue maternelle pendant une dizaine de pages. Ensuite, j'ai été vraiment emballée par le style, à tel point que le roman suivant m'a paru bien terne et bien pauvre après cette lecture.

Latium est à l'image d'une obsidienne, qui dévoile des nuances et une richesse insoupçonnée à mesure de notre découverte de l'objet (j'aurai pu utiliser l'image d'un oignon avec ses couches, c'est moins élégant). Il s'agit d'un space opera, dans toute son acception avec en sus des touches d'uchronie*, de dystopie et de post-apocalyptique. L'intrigue qui baigne dans le tragique, est porteuse de manoeuvres politiques dignes des époques troublées de l'Histoire et d'enjeux à l'échelle cosmique. L'ensemble est soutenu par un style fort agréable.

Qu'ajouter ? Vers l'infini et au-delà!* *me semble d'à propos.
Lien : https://albdoblog.wordpress...
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Ouf, terminé...
Merci néanmoins à Babélio et Denoël-Folio pour cette découverte, même si elle ne fut pas à la hauteur de mes espérances...
Amateur de space opéra, il me semble sérieusement manquer des références citées dans les nombreux autres commentaires, élogieux, ceux là ; à part , peut-être Isaac Asimov, mais dans la partie qui me touche le moins, celle des robots et des conventions rapport à l'humain, retranscrites ici dans le Carcan...

Pourtant, le thème est alléchant : l'espèce humaine à disparu, restent des automates, repliés dans l'Urbs...

Mais bon sang, qu'il est difficile de pénétrer dans le bouquin : de multiples notes en bas de page qui nuisent à la fluidité de la lecture, des redites, des tics de langage...
Et pourtant, je m'engageais avec enthousiasme dans ma lecture. Jamais la SF ne me branche plus que lorsqu'elle débouche, au delà du premier niveau de lecture, sur une réflexion (plus ou moins) philosophique. Romain Lucazeau n'est-il pas agrégé de philosophie ?
Je postule...
Je suis sélectionné...
Impatience...
Le livre arrive...
Début de la lecture le soir même...
Depuis, la rame...
Bon... On l'aura compris, le tome II se fera sans moi. Dommage...
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J'ai longtemps hésité avant d'aborder ce roman en deux tomes classé en « SF philosophique », courant littéraire que je ne connais pas et qui me paraissait ardu. Et alors ? Dès les premières pages, j'ai été époustouflée par l'univers créé et j'ai rarement autant ressenti le sens of wonder qu'offre parfois la science-fiction.

Endormies dans une Nef voguant au sein de la galaxie, des Intelligences Artificielles se réveillent suite à la détection d'un mystérieux signal non naturel… Des milliers d'années après l'Hécatombe qui a vu la fin de l'espèce humaine, les Intelligences ont évolué mais espèrent encore le retour de l'Homme. Soumises au Carcan, ce principe implanté en elles et qui les contraint à servir un Homme qui n'existe plus, elles ont adopté diverses stratégies de survie pour affronter le temps qui passe et repousser la sénescence, tout en se livrant à des luttes de pouvoirs plus ou moins subtiles. le lecteur est plongé dans un univers captivant par sa complexité et les questions soulevées.

Ce même Carcan, principe fortement inspiré des lois de la robotique d'Isaac Asimov, leur interdit de tuer tout ce qui est biologique. Comment faire quand une autre civilisation biologique progresse inexorablement de siècle en siècle et menace de s'emparer des espaces autrefois occupés par l'Homme et que protègent les Intelligences en vue de son hypothétique retour ?

Ce roman est tellement foisonnant qu'il est impossible de résumer en quelques lignes les thématiques : l'évolution des Intelligences laissées à elles-mêmes, la hiérarchie des principes et des rôles au sein de sociétés complexes, le pouvoir et le savoir, les thèmes philosophiques inspirés de la Grèce Antique, le vivant et l'artificiel, l'intelligence et parfois des passions proprement humaines… Parce que ces Intelligences sont sensibles et représentent des allégories des volontés qui animent les hommes.

Le tout mêlé à une imagination créative au service d'un récit qui ne manque pas d'aventure et d'enjeux. J'ai particulièrement aimé la scène d'introduction des hommes-chiens, et maintes autres descriptions de micro-univers éblouissants. Même les descriptions des technologies sont fascinantes, grâce à une plume travaillée et fluide qui n'oublie pas la poésie.

Ce space-opera brosse un passé de milliers d'années qui donne une grande profondeur au récit, et une uchronie se mariant avec la culture gréco-latine et inspirant les personnages et les concepts décrits.

À la fin du tome 1 est posée une question… et j'espère que la suite apportera des réponses aux nombreuses interrogations soulevées.

Lien : https://feygirl.home.blog/20..
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critiques presse (1)
Telerama
05 avril 2017
On peut attendre beaucoup de cet auteur débutant, dont le principal défaut est d'avoir voulu faire trop riche — mais quand tant d'autres se ­distinguent par leur pauvreté, on ne va pas se plaindre.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (51) Voir plus Ajouter une citation
Je voulais consacrer mes capacités au seul problème qui mérite d'être résolu, et qui n'a jamais donné lieu, pour autant, à un début d'explication scientifique: l'organisation du groupe, de l'espèce, dans son ensemble. En finir avec la multiplicité des individualités stériles. Structurer le grand tout, seul capable d'assurer la survie de la culture humaine à travers les éons.
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Le moi ne trouvait son unité que par l’agir. Pour un humain, un tel problème ne se posait pas, car pour un être biologique, incarné, la survie de la chair constituait un but en soi. L’Homme n’était ni libre ni immortel : il n’avait pas, à proprement parler, d’âme, bien qu’indubitablement doté de conscience. Mais pour un noème, une créature de transcendance et d’intellection, qui ne portait pas en elle le spectre de sa propre mort, point d’autre voie que de se fixer un objectif et de l’accomplir.
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A travers votre corps, que vous le vouliez ou non, vous vous inscrivez dans une lignée qui dépasse la seule civilisation humaine qui vous enracine dans quelque chose d'ancien et de paisible.
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- Vous n'obéissez à ses décrets que parce qu'il vous a convaincu de le faire. C'est là le propre des dieux que de n'exister que par les suppliques de ses fidèles.
- Alors, songea-t-il a haute voix, notre dieu est mort.
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Votre rôle, Plautine, est la réminiscence, la compréhension, la décision, et pour finir l'action. Ce sont des choses que nul, parmi les Intelligences, ne peut plus accomplir, car nous sommes tous prisonniers de notre propre immatérialité.
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Vidéo de Romain Lucazeau
Lecture de Romain LUCAZEAU : une création originale inspirée par les collections de la BIS.
Ce cycle est proposé depuis 2017 par la BIS en partenariat avec la Maison des écrivains et de la littérature (MéL). Quelques mois avant la restitution, l'écrivain est invité à choisir un élément dans les fonds de la BIS. Lors de la rencontre publique, « le livre en question » est dévoilé. Chaque saison donne lieu à la publication d'un livre aux éditions de la Sorbonne "Des écrivains à la bibliothèque de la Sorbonne".
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