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ISBN : 2072792932
Éditeur : Gallimard (04/10/2018)

Note moyenne : 3.53/5 (sur 101 notes)
Résumé :
Dans un futur lointain, l’espèce humaine a succombé à l’Hécatombe. Reste, après l’extinction, un peuple d’automates intelligents, métamorphosés en immenses nefs stellaires. Orphelins de leurs créateurs et dieux, esseulés et névrosés, ces princes et princesses de l'espace attendent, repliés dans l’Urbs, une inéluctable invasion extraterrestre, à laquelle leur programmation les empêche de s’opposer. Plautine est l’une d’eux. Dernière à adhérer à l’espoir mystique du r... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
Kalgan
  01 mars 2019
Une des difficultés pour un auteur de science-fiction du XXIe siècle est de faire aussi bien voir mieux que le génie des auteurs de science fiction du XXe siècle. Latium est cependant la preuve que même après un siècle et demi d'existence, la science-fiction est un genre qui trouve encore des sujets d'intrigue originaux et qu'il regorge d'histoires pas encore écrites. La science-fiction est un genre vivant, qui se fait écho de son temps mais qui au final parvient toujours à faire voyager son lecteur.
Latium est un space opéra qui décrit un futur sans homme. Ceux-ci laissent derrière eux les Intelligences, machines pensantes soumises au Carcan - nom désignant les Trois Lois de la robotique reprises à Asimov dans une version beaucoup moins restrictive que celui-ci l'avait imaginé. Une invasion barbare venue de l'autre bout de la galaxie vient interrompre le deuil des Intelligences. Leur programmation les empêchent de s'attaquer à une quelconque forme de vie. Elles vont alors chercher désespérément un moyen de se défendre. Pour Othon et Plautine, le seul moyen d'y parvenir serait de s'affranchir du Carcan, un acte aux conséquences aussi incertaines que dangereuses. En attendant, ils ne peuvent compter que sur une armée d'hommes-chiens pour se défendre.
Romain Lucazeau, agrégé de philosophie, utilise sa riche culture pour enrichir considérablement son texte. Tout son livre emprunte d'innombrables références à la culture antique grecque et romaine, que ce soit pour les noms des personnages, les objets, les lieux et même les us et coutumes des hommes-chiens. Ainsi le récit cultive son lecteur et l'enrichit par ses références philosophiques, littéraires, historiques et culturelles. On reconnait bien là le but premier d'un livre: apprendre.
Lucazeau fait aussi réfléchir le lecteur en développant autant de thèmes jamais explorés que de sujets incontournables de la science-fiction. L'idée d'un langage non-linéaire est par exemple une invention remarquable et marquante du livre. le concept des noèmes et d'aspects pensants, très bien expliqué par le texte, permet de renouveler les habituels personnages de science-fiction. Même si les noèmes de Lucazeau ont des comportements très anthropomorphiques pour des machines - aussi intelligentes soient elles, leur confrontation face au Carcan est très intéressante et est abordée de manière totalement différente que celle d'autres auteurs tels qu'Asimov ou Herbert. L'introduction du récit est formidablement bien menée et laisse présager les qualités d'écriture de l'auteur et les réflexions abordées dans la suite du texte.
Cependant le manque cruel d'action donne parfois de la lourdeur au récit. La fiction de « science-fiction » n'a donc pas été mise en valeur à travers l'action mais plus dans l'originalité des thèmes et des questions soulevées par le récit. La présence de certaines platitudes vient fortement contraster avec des passages réellement profonds.
A travers Latium on en vient à penser que la science-fiction du XXIe siècle a peut-peut-être le défaut de ne pas être géniale tout le long d'un récit comme l'est souvent la littérature de science-fiction du XXe siècle, mais elle a au moins le mérite de présenter des traits de génie par moment.
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Lutin82
  25 octobre 2016
N'hésitez pas à consulter ma critique sur mon blog pour plus complet. Merci!
L'amateur de SF peut être désarçonné à la lecture des premières pages : les scènes initiales proposent une ouverture digne de nos dramaturges du XVII° siècle. D'ailleurs, ce fut Racine (avec Phèdre) qui me vint à l'esprit avant que l'intrigue ne se développe pleinement. Puis, Othon de Corneille s'imposa rapidement quand les jeux politiques de l'Urbs et l'ambition du proconsul éponyme s'épanouirent. Les décors grandioses, l'architecture intérieure des immenses Nefs, l'accoutrement des protagonistes (des toges), l'organisation « sociale » des Intelligences, les termes grecs et latins, tous participent à cette volonté de l'auteur de donner vie à un opéra dans l'espace. C'est assez déroutant, car mis à part le triptyque des unités théâtrales, Latium possède tous les marqueurs propres à cette littérature. Est-ce pour autant un opéra déguisé en SF ?
Les deux, mon Capitaine! Indéniablement, le roman nous embarque dans une réécriture de l'Othon de Corneille (qui lui même mit en scène une période troublée de l'Empire romain, consécutive au règne de Néron). Ainsi, le lecteur y rencontre-t-il Plautine et Othon, alors que Vinius et Galba ne sont qu'évoqués ; nous devrions les croiser dans le second tome. Reste à savoir si Romain Lucazeau a conçu une trame fidèle à la tragédie de l'auteur du XVII°…
Or, Latium n'a rien à renier à la SF, et cela à deux titres.
Des Nefs immenses parcourent notre bras de la Galaxie. Ce ne sont pas la quarantaine de provinces du Princeps qui servent de cadre à l'intrigue, les distances sont astronomiques (😉 ). Les personnages sont soit des noèmes plus ou moins élaborées – depuis celle qui contrôle l'armement d'un fusil à la puissante Intelligence (Plautine, Othon), soit des homme-chiens qui forment un peuple en voie d'évolution. le personnage central demeure le Grand Absent : l'Homme. Ce dernier a disparu de la surface de… notre bras de Galaxie. Les Intelligences appellent cette terrible perspective l'Hécatombe (même si sous la période hellénique, l'Hécatombe était un sacrifice de « 100 boeufs », et non pas la totalité du troupeau, bien souvent moins d'une dizaine…). Finalement Romain Lucazeau nous offre un space opera post apocalyptique (et dystopique)!
De plus, les thèmes abordés dans Latium sont des classiques de la SF : le mort, les manipulations génétiques, l'eugénisme, l'Homme, L'intelligence, les IA, le moi… et ancre davantage ce roman dans le genre SF. La filiation avec Banks et Simmons, notamment en raison de la présence et de l'importance des IA n'est pas absconse. Même Asimov influence le récit. le Carcan auquel sont confrontés les IA dérive intégralement des 3 lois de la Robotique de l'auteur américain.
Pour autant, la forme et l'exploration de certains concepts flirtent avec « l'essai » philosophique. J'emploie flirte volontairement. Ce sont des touches, des passages, des échanges entre protagonistes qui m'incitent à employer ce terme. Nous n'avons pas de gros pavés ou des chapitre intégraux visitant une idée ou une notion. Rien qui ne ressemble au Mythe de la Caverne de Platon (ou à sa République), même si certaines introspections (ou rêves) sont suffisamment longs pour exploiter le moment.
« L'opposition » homme/machine est au coeur de ce roman, sans que ce soit une confrontation brutale. La machine IA qu'est Plautine s'interroge sur sa nature, celle de l'homme et sur leurs différences, avec des propos surprenants de prime abord.
« Au contraire des créatures computationnelles, les hommes n'ont pas d'âme. Lorsque leur corps meurt, ils ne peuvent changer de support.«
« Les automates, eux, avaient le mode d'existence des objets techniques, plus computation que corps, et métaphysique que vivant. Pour eux, chaque disparition faisait scandale, constituait une absurdité, une béance dans l'ordre du monde« .
Ces créatures sont « bridés » par le Carcan, par conséquent leur raison d'être se concentre sur le service de l'homme. Comme le rêve Plautine : « le moi ne trouve son unité que par l'agir. » Une action presque puérile en l'absence de leur créateur, et d'autant plus vaine si l'espoir s'éteint. Les Intelligences perdent peu à peu le fil de leur longue existence, d'où des tensions, frictions et conflits entre elles et l'émergence des fameux jeux politiques … Et des recherches désespérées pour palier à la Grande Absence.
J'adore l'ironie de la situation concernant Othon et les Intelligences : Dieu ne crée pas des dieux (Malebranche).
Tout n'est pas parfait. Les notes en bas de page sont trop nombreuses et pas forcément des plus judicieuses ( Okéanos = Océans, je pense que le lecteur lambda peut deviner tout seul!). de flamboyantes batailles spatiales… il n'y en a qu'une. L'intrigue tortueuse se développe à peine dans ce tome, alors je fonde mes espoirs sur le suivant.
Le rythme est parfois trop posé en raison de quelques longueurs ou introspections, compensées par une prose lumineuse, élégante et fort agréable. J'ai lu Latium après L'ancillaire 3, j'ai cru que je ne maîtrisais plus ma langue maternelle pendant une dizaine de pages. Ensuite, j'ai été vraiment emballée par le style, à tel point que le roman suivant m'a paru bien terne et bien pauvre après cette lecture.
Latium est à l'image d'une obsidienne, qui dévoile des nuances et une richesse insoupçonnée à mesure de notre découverte de l'objet (j'aurai pu utiliser l'image d'un oignon avec ses couches, c'est moins élégant). Il s'agit d'un space opera, dans toute son acception avec en sus des touches d'uchronie*, de dystopie et de post-apocalyptique. L'intrigue qui baigne dans le tragique, est porteuse de manoeuvres politiques dignes des époques troublées de l'Histoire et d'enjeux à l'échelle cosmique. L'ensemble est soutenu par un style fort agréable.
Qu'ajouter ? Vers l'infini et au-delà!* *me semble d'à propos.
Lien : https://albdoblog.wordpress...
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lecassin
  25 novembre 2018
Ouf, terminé...
Merci néanmoins à Babélio et Denoël-Folio pour cette découverte, même si elle ne fut pas à la hauteur de mes espérances...
Amateur de space opéra, il me semble sérieusement manquer des références citées dans les nombreux autres commentaires, élogieux, ceux là ; à part , peut-être Isaac Asimov, mais dans la partie qui me touche le moins, celle des robots et des conventions rapport à l'humain, retranscrites ici dans le Carcan...
Pourtant, le thème est alléchant : l'espèce humaine à disparu, restent des automates, repliés dans l'Urbs...
Mais bon sang, qu'il est difficile de pénétrer dans le bouquin : de multiples notes en bas de page qui nuisent à la fluidité de la lecture, des redites, des tics de langage...
Et pourtant, je m'engageais avec enthousiasme dans ma lecture. Jamais la SF ne me branche plus que lorsqu'elle débouche, au delà du premier niveau de lecture, sur une réflexion (plus ou moins) philosophique. Romain Lucazeau n'est-il pas agrégé de philosophie ?
Je postule...
Je suis sélectionné...
Impatience...
Le livre arrive...
Début de la lecture le soir même...
Depuis, la rame...
Bon... On l'aura compris, le tome II se fera sans moi. Dommage...
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ElGatoMalo
  17 décembre 2016
A mon très cher lecteur (et maître),
si tu as lu, comme moi, toutes les critiques où ce livre se faisait éreinter avant d'arriver à celle-ci, c'est que tu cherches encore une bonne excuse pour le lire et, crois-moi, ce sera un grand moment de plaisir entre connaisseurs, de g(u)eek à g(u)eek (geek to geek). Parce que l'auteur connait bien ses classiques ; et les meilleurs ; et les plus grands. Si tu as lu, ô mon lecteur, que c'était dans la veine de Dan Simmons alors j'espère que tu ne l'as pas cru. La seule correspondance entre les deux univers, c'est, tout au plus, la référence aux Intelligences Artificielles (et peut-être une rime en 'ium' très pauvre : Ilium/Latium). Pour le reste, on en est bien loin et même très très loin. Si tu cherches des références pour justifier le temps que tu vas consacrer à cette lecture, alors regarde du coté de Fred Saberhagen et de la longue série des Berserkers. Là, ce sont des machines fabriquées par une civilisation disparue qui entrent en conflit avec l'humanité. Ici, ce sont les machines fabriquées par la civilisation humaine disparue qui entre en conflit avec des barbares. Inversion de la situation en caméra subjective : on se met à la place des monstres de métal en essayant de suivre le cheminement tortueux de leurs questionnements et de leurs angoisses existencielles. C'est du Van Vogt tout craché, ça ! S'identifier aux monstres. Essayer de les comprendre. Par ailleurs, l'histoire commence un peu à la manière des premiers plans d'Alien, le 8eme passager (Van Vogt a gagné son procès en plagiat contre les producteurs du film) : un message mystérieux réveille une nef endormie et, à partir de cette obscurité qui s'efface petit à petit, on découvre tout un monde. Avec une certaine lenteur au début - quand elles sont intelligentes, même les machines peuvent déprimer et dans la déprime, se mettre au boulot, ce n'est pas si simple ; comme prendre des décisions. Puis, les paragraphes lents et les rapides sont alternés. Avec une accélération enthousiaste, on saute allègrement (avec la délicatesse d'un pas de danse de mammouth) de siècles en siècles, de millénaires en millénaires, d'année-lumières en parsecs. Le voile se lève sur les détails et la structure de cet univers qui se précise au fil des pages. J'irai jusqu'à dire qu'il prend corps si l'expression a encore un sens pour la génération actuelle...
Voila, bien à toi, passe de bonnes fêtes de fin d'année, et encore désolé pour la page de ce livre de ta bibliothèque sur laquelle je viens encore de griffonner,
ElGatoMalo.

PS : il faut vraiment que tu trouves une astuce pour te(/me) faire offrir aussi le tome 2.
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Ambages
  06 juin 2019
Un roman qui attend la seconde partie avec impatience, et qui en attend beaucoup pour faire pencher la balance dans un sens ou dans l'autre. Difficile de me prononcer après cette lecture pour savoir si j'ai adoré ou bien aimé, car j'ai eu trop de visions d'autres romans qui se sont imbriquées lors de cette lecture (notamment le cycle de robots et Un feu sur l'abîme, ce dernier m'ayant beaucoup marquée). Donc pour l'instant je reste dans l'expectative et espère beaucoup du tome II, même si d'ores et déjà j'ai pris plaisir à suivre les personnages au gré de leurs aventures et ai réellement apprécié le positionnement au centre de l'intrigue des Intelligences, créatures faites de noèmes, livrées à elles-mêmes et perdues dans cette titanesque Nef digne des Dieux, à la recherche de l'homo sapiens, ce Maître disparu.
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critiques presse (1)
Telerama   05 avril 2017
On peut attendre beaucoup de cet auteur débutant, dont le principal défaut est d'avoir voulu faire trop riche — mais quand tant d'autres se ­distinguent par leur pauvreté, on ne va pas se plaindre.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (46) Voir plus Ajouter une citation
KalganKalgan   28 février 2019
Je voulais consacrer mes capacités au seul problème qui mérite d'être résolu, et qui n'a jamais donné lieu, pour autant, à un début d'explication scientifique: l'organisation du groupe, de l'espèce, dans son ensemble. En finir avec la multiplicité des individualités stériles. Structurer le grand tout, seul capable d'assurer la survie de la culture humaine à travers les éons.
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ChtiSuisseChtiSuisse   14 septembre 2017
Le moi ne trouvait son unité que par l’agir. Pour un humain, un tel problème ne se posait pas, car pour un être biologique, incarné, la survie de la chair constituait un but en soi. L’Homme n’était ni libre ni immortel : il n’avait pas, à proprement parler, d’âme, bien qu’indubitablement doté de conscience. Mais pour un noème, une créature de transcendance et d’intellection, qui ne portait pas en elle le spectre de sa propre mort, point d’autre voie que de se fixer un objectif et de l’accomplir.
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AmbagesAmbages   05 juin 2019
- Vous n'obéissez à ses décrets que parce qu'il vous a convaincu de le faire. C'est là le propre des dieux que de n'exister que par les suppliques de ses fidèles.
- Alors, songea-t-il a haute voix, notre dieu est mort.
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AmbagesAmbages   04 juin 2019
Votre rôle, Plautine, est la réminiscence, la compréhension, la décision, et pour finir l'action. Ce sont des choses que nul, parmi les Intelligences, ne peut plus accomplir, car nous sommes tous prisonniers de notre propre immatérialité.
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lecassinlecassin   12 novembre 2018
A travers votre corps, que vous le vouliez ou non, vous vous inscrivez dans une lignée qui dépasse la seule civilisation humaine qui vous enracine dans quelque chose d'ancien et de paisible.
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Video de Romain Lucazeau (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Romain Lucazeau
Julien Burri, critique littéraire, pose son regard sur Latium.
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