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ISBN : 2207133028
Éditeur : Denoël (03/10/2016)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 50 notes)
Résumé :
Dans un futur lointain, l’espèce humaine a succombé à l’Hécatombe. Reste, après l’extinction, un peuple d’automates intelligents, métamorphosés en immenses nefs stellaires. Orphelins de leurs créateurs et dieux, esseulés et névrosés, ces princes et princesses de l'espace attendent, repliés dans l’Urbs, une inéluctable invasion extraterrestre, à laquelle leur programmation les empêche de s’opposer. Plautine est l’une d’eux. Dernière à adhérer à l’espoir mystique du r... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Lutin82
  25 octobre 2016
N'hésitez pas à consulter ma critique sur mon blog pour plus complet. Merci!
L'amateur de SF peut être désarçonné à la lecture des premières pages : les scènes initiales proposent une ouverture digne de nos dramaturges du XVII° siècle. D'ailleurs, ce fut Racine (avec Phèdre) qui me vint à l'esprit avant que l'intrigue ne se développe pleinement. Puis, Othon de Corneille s'imposa rapidement quand les jeux politiques de l'Urbs et l'ambition du proconsul éponyme s'épanouirent. Les décors grandioses, l'architecture intérieure des immenses Nefs, l'accoutrement des protagonistes (des toges), l'organisation « sociale » des Intelligences, les termes grecs et latins, tous participent à cette volonté de l'auteur de donner vie à un opéra dans l'espace. C'est assez déroutant, car mis à part le triptyque des unités théâtrales, Latium possède tous les marqueurs propres à cette littérature. Est-ce pour autant un opéra déguisé en SF ?
Les deux, mon Capitaine! Indéniablement, le roman nous embarque dans une réécriture de l'Othon de Corneille (qui lui même mit en scène une période troublée de l'Empire romain, consécutive au règne de Néron). Ainsi, le lecteur y rencontre-t-il Plautine et Othon, alors que Vinius et Galba ne sont qu'évoqués ; nous devrions les croiser dans le second tome. Reste à savoir si Romain Lucazeau a conçu une trame fidèle à la tragédie de l'auteur du XVII°…
Or, Latium n'a rien à renier à la SF, et cela à deux titres.
Des Nefs immenses parcourent notre bras de la Galaxie. Ce ne sont pas la quarantaine de provinces du Princeps qui servent de cadre à l'intrigue, les distances sont astronomiques (😉 ). Les personnages sont soit des noèmes plus ou moins élaborées – depuis celle qui contrôle l'armement d'un fusil à la puissante Intelligence (Plautine, Othon), soit des homme-chiens qui forment un peuple en voie d'évolution. le personnage central demeure le Grand Absent : l'Homme. Ce dernier a disparu de la surface de… notre bras de Galaxie. Les Intelligences appellent cette terrible perspective l'Hécatombe (même si sous la période hellénique, l'Hécatombe était un sacrifice de « 100 boeufs », et non pas la totalité du troupeau, bien souvent moins d'une dizaine…). Finalement Romain Lucazeau nous offre un space opera post apocalyptique (et dystopique)!
De plus, les thèmes abordés dans Latium sont des classiques de la SF : le mort, les manipulations génétiques, l'eugénisme, l'Homme, L'intelligence, les IA, le moi… et ancre davantage ce roman dans le genre SF. La filiation avec Banks et Simmons, notamment en raison de la présence et de l'importance des IA n'est pas absconse. Même Asimov influence le récit. le Carcan auquel sont confrontés les IA dérive intégralement des 3 lois de la Robotique de l'auteur américain.
Pour autant, la forme et l'exploration de certains concepts flirtent avec « l'essai » philosophique. J'emploie flirte volontairement. Ce sont des touches, des passages, des échanges entre protagonistes qui m'incitent à employer ce terme. Nous n'avons pas de gros pavés ou des chapitre intégraux visitant une idée ou une notion. Rien qui ne ressemble au Mythe de la Caverne de Platon (ou à sa République), même si certaines introspections (ou rêves) sont suffisamment longs pour exploiter le moment.
« L'opposition » homme/machine est au coeur de ce roman, sans que ce soit une confrontation brutale. La machine IA qu'est Plautine s'interroge sur sa nature, celle de l'homme et sur leurs différences, avec des propos surprenants de prime abord.
« Au contraire des créatures computationnelles, les hommes n'ont pas d'âme. Lorsque leur corps meurt, ils ne peuvent changer de support.«
« Les automates, eux, avaient le mode d'existence des objets techniques, plus computation que corps, et métaphysique que vivant. Pour eux, chaque disparition faisait scandale, constituait une absurdité, une béance dans l'ordre du monde« .
Ces créatures sont « bridés » par le Carcan, par conséquent leur raison d'être se concentre sur le service de l'homme. Comme le rêve Plautine : « le moi ne trouve son unité que par l'agir. » Une action presque puérile en l'absence de leur créateur, et d'autant plus vaine si l'espoir s'éteint. Les Intelligences perdent peu à peu le fil de leur longue existence, d'où des tensions, frictions et conflits entre elles et l'émergence des fameux jeux politiques … Et des recherches désespérées pour palier à la Grande Absence.
J'adore l'ironie de la situation concernant Othon et les Intelligences : Dieu ne crée pas des dieux (Malebranche).
Tout n'est pas parfait. Les notes en bas de page sont trop nombreuses et pas forcément des plus judicieuses ( Okéanos = Océans, je pense que le lecteur lambda peut deviner tout seul!). de flamboyantes batailles spatiales… il n'y en a qu'une. L'intrigue tortueuse se développe à peine dans ce tome, alors je fonde mes espoirs sur le suivant.
Le rythme est parfois trop posé en raison de quelques longueurs ou introspections, compensées par une prose lumineuse, élégante et fort agréable. J'ai lu Latium après L'ancillaire 3, j'ai cru que je ne maîtrisais plus ma langue maternelle pendant une dizaine de pages. Ensuite, j'ai été vraiment emballée par le style, à tel point que le roman suivant m'a paru bien terne et bien pauvre après cette lecture.
Latium est à l'image d'une obsidienne, qui dévoile des nuances et une richesse insoupçonnée à mesure de notre découverte de l'objet (j'aurai pu utiliser l'image d'un oignon avec ses couches, c'est moins élégant). Il s'agit d'un space opera, dans toute son acception avec en sus des touches d'uchronie*, de dystopie et de post-apocalyptique. L'intrigue qui baigne dans le tragique, est porteuse de manoeuvres politiques dignes des époques troublées de l'Histoire et d'enjeux à l'échelle cosmique. L'ensemble est soutenu par un style fort agréable.
Qu'ajouter ? Vers l'infini et au-delà!* *me semble d'à propos.
Lien : https://albdoblog.wordpress...
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FeydRautha
  13 octobre 2016
C'est un roman de science fiction très ambitieux que propose Romain Lucazeau avec Latium.
Un roman de science fiction.
Latium se présente comme un space opera post-apocalyptique qui se déroule dans un lointain avenir qui a vu la disparition complète de l'espèce humaine. Pour habiller son univers et planter le décor, Romain Lucazeau multiplie les emprunts à quelques grands auteurs du genre. Les Nefs, ces gigantesques vaisseaux qui parcourent l'espace circonscrit du bras d'Orion (quelques 1000 années lumière tout de même), d'une redoutable puissance, dirigée par des intelligences artificielles extrêmement avancées, rappellent furieusement les vaisseaux de la Culture d'Iain Banks et plus particulièrement ceux décrits dans Excession. le Carcan, ces trois lois qui contraignent les intelligences artificielles vis à vis de l'homme sont un rappel des trois lois d'Asimov. de la même manière, on peut déceler des références à Vernor Vinge (la race des hommes chiens du Feu sur l'Abîme ), à Frank Herbert (l'espace replié pour rendre le voyage instantané dans Dune), à Dan Simmons (le personnage de Plautine rappelle celui d'Enée), et bien d'autres que le lecteur amateur saura dénicher. Il ne s'agit pas d'un roman d'anticipation, car l'auteur ne propose pas une description du monde tel qu'il pourrait être à l'avenir puisqu'il s'appuie sur un passé réécrit. le passé sur lequel se construit l'histoire de Latium n'est pas L Histoire humaine telle qu'elle s'est déroulée jusqu'à nous mais prend pour point de divergence l'antiquité romaine. On peut alors penser ce roman comme une uchronie, mais aussi en faire une autre lecture (j'y reviendrai). Dans la forme, il s'agit donc bien d'un roman de science-fiction, rondement mené, mais auquel on pourrait reprocher ses nombreux emprunts, s'il en restait là. Mais Latium prend une toute autre dimension.
Une tragédie grecque.
Car Latium n'est un roman de SF que dans la forme. En substance, il s'agit d'une tragédie grecque à la manière de Sophocle ou Eschyle. Frank Herbert avait déjà été puisé dans ce fond avec Dune. Mais là où Herbert écrivait de la science fiction sous la forme de tragédie grecque, Lucazeau écrit une tragédie antique sous forme de science fiction. Cela se retrouve évidemment dans les noms et notions latins ou grecques, dans les emprunts faits à l'Othon de Corneille dont sont tirés les noms de plusieurs personnages principaux : Plautine, Vinius, Galba, Atticus, et bien sûr Othon qui se rêve empereur. Cela se retrouve surtout dans les thèmes abordés dans le roman. Comme la tragédie grecque, le roman explore le thème principal du libre arbitre confronté au destin auquel les acteurs de la tragédie sont liés. le Carcan est la main implacable du destin, la volonté des dieux disparus (les hommes). La tragédie qui se joue alors est résumée en une phrase dans le roman :
"Les Intelligences névrosées de ce monde pouvaient, inlassablement, justifier de leurs turpitudes en les raccrochant, par une chaîne logique complexe, au Carcan." (p 375).
Là repose le mécanisme du roman. Les Intelligences artificielles qui ont survécu à l'Hécatombe, la grande disparition de l'espèce humain, se retrouvent à errer dans un univers vide de sens, emprisonnées dans ce Carcan dont elles ne peuvent se libérer quand bien même la raison même du Carcan n'est plus là. A peine peuvent elles défendre le domaine de leurs anciens maîtres face à l'invasion barbare. On peut là lire autrement l'aspect uchronique du roman, car le récit que font les intelligences artificielles de l'histoire humaine sonne non pas comme une histoire réelle mais comme une sorte de récit mythologique et évidemment allégorique pour rendre compte de l'impensable de leur situation. A la manière de la tragédie grecque qui ne reposait certainement pas sur une histoire vécue du peuple grecque mais sur une mythologie censée illustrer plus que rapporter.
A noter que Romain Lucazeau revendique clairement cet héritage du théâtre en faisant une humoristique mise en abîme et convoque le théâtre sur la scène de sa tragédie ( à la façon de Corneille, encore, Pirandelo, ou Copi), poussant le jeu de mot jusqu'à invoquer un Deus Ex-Machina (p 390).
Un roman philosophique.
A partir de là, le phénotype de l'auteur, agrégé de philosophie formé sur les bancs de la rue d'Ulm, s'exprime et Latium devient un roman philosophique qui joue des concepts (par exemple les monades de Plotin et Leibniz - lire et relire à ce propos la discussion entre Oiké, l'un des aspects de Plautine et Anaximandre, l'étrange modulateur monadique pages 86 à 92). Il va jusqu'à opérer un original et joyeux renversement métaphysique : les hommes sont dépourvus d'âme alors que les intelligences artificielles en ont une, par nécessité ontologique :
"L'homme n'était ni libre ni immortel : il n'avait pas, à proprement parler, d'âme, bien qu'indubitablement doté de conscience. Mais pour un noème, une créature de transcendance et d'intellection, qui ne portait pas en elle le spectre de sa propre mort, point d'autre voie que de se fixer un objectif et de l'accomplir." (p 169).
Je ne passerai pas en revue tous les concepts abordés directement ou plus discrètement évoqués dans ce roman car j'en suis bien incapable. Tout au plus ai-je pu en reconnaître quelques-uns au passage. Et c'est là la grande force de ce roman. Latium est un roman complexe construit sur une multitude de couches. Il peut se lire comme un excellent roman de SF, ou se lire comme un roman philosophique et autorise le lecteur a creuser plus profondément s'il le souhaite, distillant avec érudition (à la Umberto Eco) les pistes de réflexion. C'est un roman admirable, qui fera sans doute date dans la SF française.
Publié en deux tomes, on reste un peu sur sa faim à la dernière page de ce premier tome, mais avec l'impatience chevillée au corps en attendant la sortie à venir du deuxième tome.

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ElGatoMalo
  17 décembre 2016
A mon très cher lecteur (et maître),
si tu as lu, comme moi, toutes les critiques où ce livre se faisait éreinter avant d'arriver à celle-ci, c'est que tu cherches encore une bonne excuse pour le lire et, crois-moi, ce sera un grand moment de plaisir entre connaisseurs, de g(u)eek à g(u)eek (geek to geek). Parce que l'auteur connait bien ses classiques ; et les meilleurs ; et les plus grands. Si tu as lu, ô mon lecteur, que c'était dans la veine de Dan Simmons alors j'espère que tu ne l'as pas cru. La seule correspondance entre les deux univers, c'est, tout au plus, la référence aux Intelligences Artificielles (et peut-être une rime en 'ium' très pauvre : Ilium/Latium). Pour le reste, on en est bien loin et même très très loin. Si tu cherches des références pour justifier le temps que tu vas consacrer à cette lecture, alors regarde du coté de Fred Saberhagen et de la longue série des Berserkers. Là, ce sont des machines fabriquées par une civilisation disparue qui entrent en conflit avec l'humanité. Ici, ce sont les machines fabriquées par la civilisation humaine disparue qui entre en conflit avec des barbares. Inversion de la situation en caméra subjective : on se met à la place des monstres de métal en essayant de suivre le cheminement tortueux de leurs questionnements et de leurs angoisses existencielles. C'est du Van Vogt tout craché, ça ! S'identifier aux monstres. Essayer de les comprendre. Par ailleurs, l'histoire commence un peu à la manière des premiers plans d'Alien, le 8eme passager (Van Vogt a gagné son procès en plagiat contre les producteurs du film) : un message mystérieux réveille une nef endormie et, à partir de cette obscurité qui s'efface petit à petit, on découvre tout un monde. Avec une certaine lenteur au début - quand elles sont intelligentes, même les machines peuvent déprimer et dans la déprime, se mettre au boulot, ce n'est pas si simple ; comme prendre des décisions. Puis, les paragraphes lents et les rapides sont alternés. Avec une accélération enthousiaste, on saute allègrement (avec la délicatesse d'un pas de danse de mammouth) de siècles en siècles, de millénaires en millénaires, d'année-lumières en parsecs. Le voile se lève sur les détails et la structure de cet univers qui se précise au fil des pages. J'irai jusqu'à dire qu'il prend corps si l'expression a encore un sens pour la génération actuelle...
Voila, bien à toi, passe de bonnes fêtes de fin d'année, et encore désolé pour la page de ce livre de ta bibliothèque sur laquelle je viens encore de griffonner,
ElGatoMalo.

PS : il faut vraiment que tu trouves une astuce pour te(/me) faire offrir aussi le tome 2.
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Apophis
  05 octobre 2016
Banks et Simmons ont un digne héritier, il est français et s'appelle Romain Lucazeau
Ce roman (dont la seconde partie paraîtra le mois prochain), qui mêle Space Opera, Uchronie et post-apocalyptique, s'est révélé être prenant, habile, fluide, et surtout très intéressant. Bien qu'inspiré par de nombreux grands-maîtres de la SF, aux premiers rangs desquels on trouve Banks, Simmons, Asimov, Clarke, Vinge et Brin, Romain Lucazeau exploite, dans son roman, leurs thématiques bien plus loin qu'eux, et nous livre un ouvrage qui allie sense of wonder et profondes réflexions psychologiques et philosophiques. Il bâtit une véritable psychanalyse de l'IA, un domaine où son ouvrage risque de très rapidement devenir une référence. Et tout ça sans (pratiquement) jamais sonner pédant ou faire passer la réflexion, la philosophie, devant l'aventure.
Vous trouverez une version ultra-détaillée de cette critique sur mon blog.
Lien : https://lecultedapophis.word..
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WillyTheGeek
  24 octobre 2016
Latium est le nouveau space opera des éditions Denoël, collection Lunes d'encre. Pour son premier roman, Romain Lucazeau frappe fort : Latium nous emmène dans un futur uchronique et lointain.

L'Humanité n'est plus, l'Hécatombe a mis fin au règne du Vivant. Les Intelligences ont assisté à l'extinction générale de l'humanité. Les seuls survivants sont ces automates, intelligences artificielles créées par les humains, dont la conscience (ou âme computationnelle) se retrouve métamorphosée en immenses nefs stellaires. Certaines d'entre elles dérivent parmi les étoiles et sillonnent l'univers, aux confins du Latium. D'autres nefs se terrent dans l'Urbs, redoutant une attaque de barbares pouvant franchir les Limes à tout instant. Car Rome a survécu, éternelle, aux invasions barbares. Et les Intelligences ont naturellement empruntées et transférées les codes et concepts romains (et grecs) dans leur identité propre.
Parmi ces immenses nefs stellaires, Plautine. Depuis des siècles, elle navigue non loin de la frontière du Latium. En stase, Plautine aspire au renouveau de l'espèce humaine. La réception d'un signal l'emmènera vers un destin inattendu. Est-ce l'Humanité qui revient sur scène ? Ou un danger pour ces Intelligences livrées à elles-mêmes depuis des siècles et craignant la sénescence ? Se rendre aux coordonnées du signal se révèle donc indispensable. le proconsul Othon, une autre arche stellaire, est prévenu. Lui est un Prométhée des étoiles qui s'attelle et s'occupe à la création d'une armée d'hommes-chiens, afin de déjouer les règles du Carcan, inspirées des lointaines trois lois de la robotique d'Isaac Asimov. Les chemins de Plautine et d'Othon vont se croiser. L'Histoire est en marche.
"C'était le rêve de tout automate que de devenir humain. C'était l'interdit suprême."

La quête de Plautine, à la recherche de son essence humaine, presque divine, ressemble à un concept théosophique antique appliquée aux intelligences artificielles. Les créateurs des Intelligences, après des siècles, sont perçus de manière mystique et légendaire. D'ailleurs, Othon se transforme en colosse antique pour s'adresser à ses hommes-chiens, qui le considèrent comme un Dieu. Les nefs stellaires adoptent les traits et émotions des humains, Plautine ayant différents aspects de sa personnalité matérialisés en plusieurs femmes. Ces IA sont bloquées par le Carcan. Ledit Carcan qui n'a plus de raison d'être dans un univers où l'Homme n'existe plus. de quoi rendre ces Intelligences un peu neurasthéniques…


L'auteur, agrégé de philosophie, aime jouer avec les Idées. Par exemple, Platon, Pythagore, Anaximandre, Leibniz sont au programme. Je vous conseille donc de réviser vos bases. Trêve de plaisanterie, il n'est point nécessaire d'avoir des connaissances approfondies en philosophie pour lire ce roman. Et c'est là que Latium-I est réussi. Plusieurs lectures sont possibles. Romain Lucazeau a un style fluide, une écriture riche. On peut dire qu'il a son style. L'amateur de philo se réjouira des références qui parsèment le roman. de même, le lecteur de science-fiction y prendra beaucoup de plaisir. Notamment lors d'une scène de bataille épique et mémorable. J'y ai d'ailleurs retrouvé le « sense of wonder » si cher à la science-fiction des étoiles. Quant à l'amateur d'Histoire, il s'amusera à chercher le point de divergence, quelques références historiques, notamment une petite pique de l'auteur sur une certaine date.
Latium se joue également comme une tragédie grecque. le destin épique des acteurs est immuable. Ces êtres computationnels, névrosés, complexés, empreints d'une certaine fatalité, tentent de survivre dans un monde qui n'a plus de sens, entretenant le chimérique espoir du retour de l'Homme. Destin tragique, inéluctable, tout se met en place pour l'acte II. le premier acte est donc bien abouti, maîtrisé, profond. Une mise en abîme vertigineuse.
Lien : http://lemontdesreves.fr
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critiques presse (1)
Telerama   05 avril 2017
On peut attendre beaucoup de cet auteur débutant, dont le principal défaut est d'avoir voulu faire trop riche — mais quand tant d'autres se ­distinguent par leur pauvreté, on ne va pas se plaindre.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
ChtiSuisseChtiSuisse   14 septembre 2017
Le moi ne trouvait son unité que par l’agir. Pour un humain, un tel problème ne se posait pas, car pour un être biologique, incarné, la survie de la chair constituait un but en soi. L’Homme n’était ni libre ni immortel : il n’avait pas, à proprement parler, d’âme, bien qu’indubitablement doté de conscience. Mais pour un noème, une créature de transcendance et d’intellection, qui ne portait pas en elle le spectre de sa propre mort, point d’autre voie que de se fixer un objectif et de l’accomplir.
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ElGatoMaloElGatoMalo   24 novembre 2016
Et chaque instant de veille lui rappelait que le désastre avait eu lieu, que l'univers entier ne contenait plus de but, plus de raison de perdurer dans l'existence. C'était là que se nouait l'absurde paradoxe. Là que s'achevait l'ordre et que commençait la folie.
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ChtiSuisseChtiSuisse   20 septembre 2017
J’ai perçu le monde, dans sa réalité, tel qu’aucun humain ne l’a jamais vu. Il est un torrent rugissant, imprévisible, sans cesse changeant. Il court vers sa propre fin, inconscient et joyeux, comme une sphère pleine d’elle-même, et qui ne voit ni n’entend alors qu’elle roule vers l’abîme. L’existence n’est que devenir et transformation.
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ChtiSuisseChtiSuisse   12 septembre 2017
— Regardez autour de vous. L’élément marin… Il parle aux gènes enfouis dans chacune de vos cellules. Il apaise notre détresse, et il offre le rêve d’un ailleurs, d’un retour à la mare primitive dont nous, l’écume de la terre, sommes issues. À travers votre corps, que vous le vouliez ou non, vous vous inscrivez dans une lignée qui dépasse la seule civilisation humaine, qui vous enracine dans quelque chose d’ancien et de paisible. Le ressentez-vous ?
+ Lire la suite
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ChtiSuisseChtiSuisse   19 septembre 2017
La race humaine est faible. Elle est l’héritière d’animaux imparfaits. Leur système nerveux est lent. Ils peuplent leur environnement de fausses idoles : les dieux, les lois, la morale, parce qu’ils craignent la solitude face à la matérialité silencieuse de l’univers. Leur désir le plus profond consiste à se réfugier dans un arrière-monde imaginaire, coupé du devenir, parfait et dénué de risque. La matrice maternelle, l’art, la religion…
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Video de Romain Lucazeau (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Romain Lucazeau
Julien Burri, critique littéraire, pose son regard sur Latium.
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