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ISBN : 2253061778
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 410 notes)
Résumé :
Lorsqu'on emploie les mots "manichéen" ou "manichéisme", on songe rarement à Mani, peintre, médecin et philosophe oriental du IIIe siècle, que les Chinois nommaient "le Bouddha de lumière" et les Egyptiens "l'apôtre de Jésus". Bien loin des jugements tranchés et sans appel auxquels on l'associe, sa philosophie tolérante et humaniste visa à concilier les religions de son temps. Elle lui valut les persécutions, le supplice, la haine. Mille ans après, l'accusation de m... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
Luniver
14 septembre 2015
Entamer un roman de Maalouf, c'est déjà avoir la certitude de s'embarquer pour un beau voyage, dépaysant puisque ses thèmes de prédilection sont des récits d'Orient largement méconnus en Europe. Cette fois-ci, l'auteur dépoussière l'histoire de Mani, prophète qui a connu une ascension et une chute aussi fulgurante l'une que l'autre.
Né dans une secte d'inspiration chrétienne, Mani commence à prêcher à la sortie de l'adolescence et mêle dans sa doctrine christianisme, bouddhisme et zoroastrisme, syncrétisme qui lui attire les foudres des trois communautés. Bien qu'ayant peu d'adeptes, il se fait remarquer et reçoit la protection des puissants de l'empire sassanide, qui voient d'un bon oeil une religion capable d'unir un empire étendu, sans heurter les sensibilités religieuses de qui que ce soit.
Le personnage de Mani éveille bien vite les curiosités, surtout que Maalouf le peint comme un sage qui se préoccupe uniquement des actes sans se soucier de la forme. Priez qui vous voulez, du moment que vous faites le bien ! J'ai aussi apprécié de découvrir que c'était un artiste accompli, qui a notamment peint un livre entier pour expliquer ses idées, uniquement à travers des images.
Pour autant, j'ai eu beaucoup de mal à m'attacher au Mani du roman. Peut-être la rareté des sources (presque tous les écrits manichéens ont été perdu aujourd'hui, on les connaît principalement à travers leur adversaire) a entravé Maalouf dans son écriture ; on a l'impression qu'il n'a pas voulu trop inventer les faits importants de sa vie, ni se tromper dans les grandes lignes de sa doctrine. Ça donne cependant un Mani assez inaccessible, coupé du monde qui l'entoure et qui reste constamment dans le flou au moment de prendre des décisions importantes. J'ai finalement été plus sensible aux personnages secondaires qui gravitent autour de lui et aux problèmes politiques de l'empire sassanide qu'au prophète.
J'ai apprécié le roman sur la partie culturelle et la curiosité qu'il peut provoquer, mais je trouve son personnage central un peu trop éthéré pour me marquer durablement.
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IreneAdler
26 septembre 2012
Comme Shams de Tabriz, fondateur du soufisme et de l'ordre des derviches tourneurs, Mani prône une foi ouverte et éclairée, en harmonie avec les autres religions. C'est d'ailleurs plus une spiritualité qu'une vraie religion (avec divinité, rite,...).
Mais comme souvent les esprits ouverts et tolérants, il fut victime de persécutions (surtout à la fin de sa vie) et connu l'oubli. Son enseignement fut dévoyé.
Amin Maalouf, avec son ses mots et son souffle poétique, ressuscite Mani, rétablissant au passage quelques vérités. Les choses pour lui n'étaient pas pour lui aussi tranchées que la doctrine qui survit veut le faire croire. Pour lui, chaque homme porte les Lumières et les Ténèbres. Libre à lui de choisir qui il veut servir.
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Mimimelie
29 février 2016
Je sais pas vous, mais moi j'aime bien ces petits étonnements, en forme d'énigme parfois, que la vie nous donne ici et là.
Ainsi ce livre, je l'avais acheté dans une brocante l'été dernier et ne l'avais encore pas ouvert. Et puis voilà… ma fille va dans les prochains jours, nous donner un troisième petit …. Il va me prénommer … Mani… le moment était venu, avec une émotion toute singulière, d'ouvrir ce livre….
J'avoue avoir un peu peiné au début car cette histoire se situe au IIIe siècle et je suis très peu familiarisée avec le Moyen-Orient antique, loin s'en faut, mais le talent de conteur de l'auteur m'a prise par la main.
C'est une belle histoire, et cependant, en refermant le livre, j'avais une première impression de pas assez, pas assez de détail sur ce Mani, pas assez de détail sur sa pensée, … que voulez-vous, je suis de mon siècle, il me faut du prédigéré, du prêt à penser…..
Bon, comme je suis du signe du taureau, je possède l'estomac qui va avec et digère lentement mais vaillamment. Donc voici le principal de ce bol alimentaire.
M'apparaît en fait que cette belle histoire s'inscrit bien dans la nôtre ou du moins pose question à la nôtre. En premier lieu me frappe le fait que nous utilisons quantité de mots dont nous ignorons bien souvent le sens réel ou exact et l'origine, voire nous nous en moquons, ce qui ne nous empêche pas de nous indigner dès lors que pointe l'ombre d'une menace d'en modifier l'orthographe… voilà qui signe notre dilettantisme, ou pour le moins notre paresse.
Elle me pose aussi la question de la communication, celle surabondante et cacophonique de notre siècle où nous avons tellement de moyens de communication, d'opinions, de voix qui s'expriment, sans pour autant réussir à nous entendre clairement, et pour finir ne plus nous entendre tout court, alors qu'en ces siècles lointains des voix isolées, sans aucun moyen pour les porter, parvenaient à traverser des contrées peuplées de déserts et qui plus est à faire des adeptes capables de perdurer des siècles ?
Et puis il parle de l'inutilité des empires et des guerres auxquelles il ne voulait en rien être associé « Il y avait des complaisances qu'il ne s'accordait pas, même par le biais commode des astres et des augures »… mais aussi et surtout de beauté et de lumière, sources de connaissance…
Et question aussi bien sûr, aujourd'hui brûlante, de la tolérance, de l'acceptation de l'autre dans sa foi et ses croyances, car ce Mani prêchait que l'homme n'appartient finalement pas à une seule religion mais que toutes lui appartiennent « Je respecte toutes les croyances, et c'est bien cela mon crime aux yeux de tous »… N'est-il pas en cela aujourd'hui comme hier un messager de paix entre les hommes ?
Au final, une double découverte, celle de Mani, et celle de l'auteur de ce beau récit qui a éveillé ma curiosité pour ce personnage singulier et son époque.
Me reste à découvrir maintenant, notre petit Mani, nouveau rayon de joie dans ma vie, dans quelques jours…. plaît au ciel.
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gerardmuller
12 février 2016

Un livre magnifique qui vous prend et ne vous lâche plus. Relu après 15 ans, il prend une dimension très actuelle et plus grande encore. Je suis d'accord avec les intervenants: quand vous commencez à lire Maalouf, vous ne pouvez vous arrêter que lorsque vous avez tout lu. Même son ouvrage tout d'érudition "les croisades vues par les Arabes", plus difficile à lire est d'un intérêt essentiel. Les croisades de nos livres scolaires sont bien loin...!
On se dit en lisant ce livre que l'on aurait aimer échanger quelques paroles avec Mani. Il nous est rendu sympathique par l'auteur et on l'aime tout au long du récit.
"La vérité est une maîtresse exigeante; elle ne tolère aucune infidélité, toute la dévotion lui est due, tous les moments de ta vie sont à elle." Paroles magnifiques prononcées à l'intention de Pattig, père de Mani , par Sittaï maître à penser de la palmeraie des "Vêtements blancs" ,où Mani, enlevé à sa mère supporta, au côté de son père, une rigueur et une étroitesse d'esprit qui ne lui convenait pas, et ce durant dix huit ans, avant de partir , suivi par son père et ses fidèles amis, sur les chemins en "messager " de la bonne et belle pensée , jusqu'en Inde, pour tenter d'unifier les religions, toutes étant respectables selon Mani, zoroastrisme, christianisme, bouddhisme..., lui admirateur de Bouddha, Jésus, Zoroastre...
Je ne suis pas d'accord avec un intervenant qui dit que ce livre n'est qu'une biographie. La deuxième lecture permet de découvrir la pensée de Mani, alors que la première s'intéresse surtout à l'histoire elle-même. Chaque phase prononcée par le fils de Babel est une sentence à méditer longuement. Mani avait le verbe concis. Une phrase résume bien la pensée du "messager":"En toute chose et en chacun de nous se côtoient Lumières et Ténèbres."
Une réplique de Shahbuhr, roi des rois sassanides, ami et disciple de Mani décrit bien l'esprit du "messager":"Que tes paroles sont soumises, Mani, et que tes pensées sont rebelles."
Et si Mani était parvenu à Rome , comme dit un intervenant, où il avait de nombreux disciples, la face du monde en eût peut-être été changée en une époque de balbutiement du christianisme ?!
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brigittelascombe
03 juin 2011
Qui dit manichéisme oppose le principe du bien et celui du mal.Le terme manichéen est employé aujourd'hui dans un sens péjoratif. Comment Mani, fondateur de cette philosophie tolérante et humaniste qui visait à concilier les religions, nommé en son temps(III° siècle) le Bouddha de lumière et l'apotre de Jésus a t il pu être trainé dans la boue,haï,rejeté,torturé, supplicié,tué et surtout comment sa doctrine à priori bonne a t elle pu tomber dans l'oubli et mener au bûcher les cathares qui y adhéraient?
Voilà le message que Amin Maalouf, auteur de "Léon l'africain" de "Samarcande"(prix des maisons de la presse 1988) et du "Rocher de Tanios" (prix Goncourt 1993) essaye de diffuser dans ce livre.Un fanatisme que l'auteur dénonce, lui le libanais déchiré dans son propre pays.
Entre roman et légende son récit nous mène sur les bords du Tigre, dans les jardins d'Ishtar à l'aube du christianisme. Une ère nouvelle s'ouvre alors de par le monde, une ère où les apôtres de Jésus parcourent les chemins pour répandre la bonne nouvelle, celle d'une nouvelle religion qui puise son essence dans l'amour de l'autre.
Mani,enlevé à sa mère dés l'âge de quatre ans par son père et élevé dans la secte stricte des vêtements blancs qui restreint plutôt que d'élargir la vision des êtres et des choses, n'aura de cesse après sa découverte de l'art mural et de l'écoute de la voix divine(celle des jardins de lumière) qui s'adresse à lui, que de diffuser les paroles de Thomas, disciple de Jésus. Sa jambe torse ne l'incommode pas et il guérit.Il a le don et veut plus que tout faire reculer les ténèbres dont il pressent la force.Mais il perturbe l'ordre établi et active par là même la haine de ceux qui le jalousent. Cette histoire vécue, relatée avec beaucoup de poésie est une fable qui nous interpelle car nombreux sont les bons bannis pour le seul fait d'être hors normes et d'avoir essayé de faire entendre leur voix et leur pensée différentes sous prétexte qu'ils les estimaient valables.A méditer!
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Citations & extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
latracelatrace04 mars 2011
En tout être comme en toute chose se côtoient et s’imbriquent Lumière et Ténèbres. Dans une datte que vous croquez, la chair nourrit votre corps, mais le goût suave et le parfum et la couleur nourrissent votre esprit. La Lumière qui est en vous se nourrit de beauté et de connaissance, songez à la nourrir sans arrêt, ne vous contentez pas de gaver le corps.
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psamboupsambou12 février 2017
Je me réclame de toutes les religions et d'aucune. On a appris aux hommes qu'ils devaient appartenir à une croyance comme on appartient à une race ou à une tribu. Et moi je leur dis, on vous a menti. En chaque croyance, en chaque idée, sachez trouver la substance lumineuse et écarter les épluchures. ... Je respecte toutes les croyances, et c'est bien cela mon crime aux yeux de tous. Les chrétiens n'écoutent pas le bien que je dis du Nazaréen, ils me reprochent de ne pas dire du mal des juifs et de Zoroastre. Les mages ne m'entendent pas lorsque je fais l'éloge de leur prophète. Ils veulent m'entendre maudire le Christ et le Bouddha. Car lorsqu'ils rassemblent le troupeau de fidèles, ce n'est pas autour de l'amour mais de la haine, c'est seulement face aux autres qu'ils se retrouvent solidaires. Ils se reconnaissent frères que dans les interdits et les anathèmes. Et moi, Mani, loin d'être l'ami de tous, je me retrouverai bientôt l'ennemi de tous. Mon crime est de vouloir les concilier. Je le paierai. Car ils s'uniront pour me damner. ....
Le souverain était intrigué.
- La religion que tu voudrais propager aurait-elle des temples et des mages ?
- Elle aura des lieux de culte et des Élus. Ils se consacreront à la prière et à l'enseignement, à l'art et à l'écriture, à l'exercice de la justice, comme le font les mages aujourd'hui. A la condition cependant qu'ils renoncent à désirer fortune, gloire ou pouvoir.
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bo6ellbo6ell11 novembre 2015
"Lorsque tu fermeras les yeux pour la dernière fois; ils s'ouvriront aussitôt, sans que tu l'aies voulu. Et ton premier instant sera fait d'incrédulité. Quelle qu'ait pu être ta foi.
[..]
Passé l'instant d'incrédulité, chacun retrouve ses travers, ses habitudes. Et le tri s'opère entre les humains. Sans besoin de tribunal.
Celui qui a vécu par la domination souffrira de ne plus être obéi ; celui qui a vécu dans l'apparence a perdu toute apparence ; celui qui a vécu pour la possession ne possède plus rien, sa main se ferme sur le néant. Ce qui était à lui appartient désormais à d'autres. Comme un chien au bout de sa laisse il hantera à jamais les lieux de son séjour terrestre, attaché.
Mendiant ignoré là ou il fut maître.
Les Jardins de Lumières appartiennent à ceux qui ont vécu détachés"
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Acerola13Acerola1315 octobre 2014
A Charay, entrepôt de la Mésopotamie, c'était dans les bouges plantés le long de l'estuaire que se préparaient les voyages. Affréteurs, matelots, changeurs, honorables trafiquants, ribaudes, diseuses d'aventures. De cette faune qui retentissait de gros rires avinés et de refrains gaillards, Mani et Pattig restèrent à l'écart. Et même prudemment au-dehors, dans une rue passante et ombragée. A Malchos de faire seul les manœuvres d'approche, Malchos dont le regard cherchait déjà un compatriote ; il était sûr d'en trouver un ou plusieurs, les Tyriens pratiquant depuis des siècles la route de la girofle et de la cardamome.
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eirene62eirene6214 mars 2016
"La même étincelle divine est en nous tous, elle n'est d'aucune race, d'aucune caste, elle n'est ni mâle, ni femelle, chacun doit la nourrir de beauté et de connaissance, c'est ainsi qu'elle parvient à resplendir, c'est seulement par la Lumière qui est en lui qu'un homme est grand"
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Vidéo de Amin Maalouf
"Samarcande", de Amin Maalouf (Alchimie d'un roman, épisode n°41)
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