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EAN : 9782070406401
195 pages
Gallimard (23/10/1998)
3.8/5   418 notes
Résumé :
Martin Terrier était pauvre, esseulé, bête et méchant, mais pour changer tout ça, il avait un plan de vie beau comme une ligne droite. Après avoir pratiqué dix ans le métier d'assassin, fait sa pelote et appris les bonnes manières, il allait rentrer au pays retrouver sa promise et faire des ronds dans l'eau... Mais pour se baigner deux fois dans le même fleuve, il faut que beaucoup de sang passe sous les ponts.
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Critiques, Analyses et Avis (57) Voir plus Ajouter une critique
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jeranjou
  05 août 2013
Dix ans que vous faites le même métier ! Et vous voulez arrêter aujourd'hui !
Martin, je vais peut-être vous poser une question bête, mais ce n'est pas un peu difficile d'arrêter son job comme ça, du jour au lendemain, non ?
En fait, vous devez déménager aujourd'hui même! Sans avoir à faire les cartons…
Evidemment, c'est pratique sur le coup, mais je ne vous dis pas quand il faut tout racheter après. Pas grave, ha bon…
Vous allez perdre également votre petite copine Alex ! Et votre chat Soudan en prime… Ha, vous comptez récupérer une ancienne copine, Anne, que vous n'avez pas vue depuis dix ans… et qui est mariée.
Pourquoi pas ? C'est un challenge excitant ! Pas gagné d'avance mais excitant, c'est sûr…
Heureusement, vous avez mis un paquet de pognon à l'abri, bien au chaud chez un banquier qui fait fructifier théoriquement votre argent. Sauf que… C'est sûr, les gestionnaires de fortune, ils privilégient avant tout votre fortune et ensuite ils font ce qu'ils peuvent avec la gestion.
Moi, est-ce que je peux vous aider ? Je peux tout juste vous donner quelques euros. Vous savez, les romans aux Editions Rivages, ça me coute une fortune !
Et votre ancien patron Cox ne veut pas que vous arrêtiez votre boulot? Vous allez donc devoir vous cacher… Monsieur Terrier ! (son nom est bien Martin Terrier, sans blague) Mais appelez la police !
Hum, votre métier était illégal ! Alliant précision, sang-froid et détermination... Et vous ne laissiez jamais de témoin qui pouvait vous identifier…
Gloups… Ecoutez. je pense qu'il faut se détendre un peu en buvant un coup. Vous savez, j'ai particulièrement aimé « le petit bleu de la côte ouest » de Manchette où des tueurs, en maillot de bain rayé, essayaient de faire la peau à ce pauvre Georges Gerfaut. Bon, c'est sûr, il était plus une cible débout mais Georges s'en plutôt bien tiré en fin de compte. Vous pouvez faire de même !
Quoi, je dois tout de même vous donner mon avis sur « La position du tireur couché » ?
Bon, quitte à mourir, je préfère vous dire la vérité. Ce roman est un très bon cru mais reste un ton en dessous du petit bleu de Gerfaut. Dans les deux cas de figure, vous voulez tout plaquer comme « L'homme qui voulait vivre sa vie » de Kennedy, mais je préfère le fugueur amateur Gerfaut pisté par les tueurs fous au professionnel froid et intouchable que vous êtes. Mais je ne me suis pas ennuyé une seule minute avec vous, je vous assure !
Vous me laissez partir malgré tout ! Je ne vous fais pas la bise mais le coeur y est. Je vous promets de plus jamais fréquenter un bar cité dans les bouquins de Manchette.
Avant de se dire adieu, j'avais une dernière question à vous poser sur votre ancien métier. En football, on adore les brésiliens ou les argentins pour leur virtuosité. Dans votre milieu, on est plutôt fan des Colombiens, du Mexicains ou des Russes ?
Non, mais c'était une blague... Oui, de l'humour noir... Ecoutez Martin, c'était un plaisir de discuter avec… un tueur à gages…heureusement retraité. Portez-vous bien !
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Crossroads
  14 décembre 2017
Mon premier Manchette, certainement pas le dernier.
Martin Terrier possède un nom passe-partout, pratique pour un tueur de son acabit.
Blindé de chez blindé, faut dire que le business est non imposable, il décide, comme ça, tout de go, de quitter l'organisation puis de retrouver son amour de jeunesse à qui il avait demandé de l'attendre une paille, dix p'tites années.
Tendre naïveté, va.
Fort de sa détermination, c'est empli de confiance qu'il s'en alla proposer son nouveau projet de vie à ses employeurs.
Fonce, mon frêle ingénu, fonce.
Sans problème, s'entendit-il répondre, pour peu que tu remplisses un ultime contrat avant la quille.
Seulement voilà, on est pas chez Darty, et son contrat de confiance allait très rapidement avoir des relents de piège à con.
Nerveux, épuré jusqu'à l'os, ce tireur couché fait mouche.
Fastoche, lorsque tout comme moi l'on représente idéalement le coeur de cible de ce genre littéraire.
Mêlant savamment ambiance arabica et amour déchu flirtant presque avec le vaudeville, Manchette déroule, sans fioritures, un scénario qui ne décrochera pas le César de l'originalité, certes, mais qui possède suffisamment d'atouts rédactionnels et de style pour contenter l'amateur de polar en mal de percussion.
Petit mais costaud !
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Renod
  20 septembre 2016
Quelle ambiance, quelle putain d'ambiance ! Comment vous la rendre ? Associez des riffs de jazz, le goût suave d'un verre de J&B, la gueule mi-ange, mi-brute d'Alain Delon, la tension d'un film de Melville et vous obtiendrez quelque chose d'approchant. J'ai été emporté par le flow du style de Manchette. le récit tout en action est décrit par des phrases courtes et rythmées. Ici, pas de place pour la psychologie. Les états d'âme des personnages sont indiqués par de menus signes : une mâchoire crispée, des poings serrés, une roseur sur les joues, une immobilité inquiétante. Comme dans ses romans précédents, Manchette précise les marques des voitures, des armes, des cigarettes et des alcools. Pour introduire un personnage, il écrit par exemple : « un type lisait le Monde diplomatique dans une 404 (…)» Il glisse des références au cinéma et à la musique, évoque Régis Debray. Mais il est surtout question de politique, de complot d'État, de relations internationales et de terrorisme. La violence est omniprésente et souvent spectaculaire : « le crâne de Dubofsky, fendu, troué et mis en morceaux comme une coquille d'oeuf dur, heurtait le trottoir avec un bruit grumeleux.» Même l'amour revêt une certaine forme de bestialité, on saisit sa proie plus qu'on ne la séduit. Ah oui, j'ai oublié de vous donner le synopsis : Martin Terrier souhaite mettre un terme à sa carrière de tueur à gages. Il part récupérer Anne, son amour de jeunesse à qui il a demandé de l'attendre dix ans. Grâce à son pécule, il projette de se retirer avec elle dans un endroit calme, sans conflit, au climat doux. Mais très vite, cela va s'annoncer plus compliqué que prévu. Alors qu'il s'engage sur l'autoroute, il s'aperçoit qu'il est suivi.. La suite est une longue fuite en avant...

Un roman culte que j'ai pu déguster dans une version audio : la voix grave d'Éric Elmosnino et les extraits de jazz et d'opéra ont sublimé le texte.
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tamara29
  27 mars 2021
Jean-Patrick Manchette avec « La position du tireur couché » nous offre un polar qui fleure bon la Série Noire. Manchette sait y faire pour nous faire plonger dans l'atmosphère. Un polar à la saveur d'un de ces bons vieux films en noir et blanc, du jazz pour accompagner les scènes d'action, le tout saucé d'un peu d'humour -noir- il va s'en dire.
Martin Terrier. Tueur à gages sans trop de scrupule, pas trop causant non plus, qui aime son chat, et surtout Anne, la fille de ses dix-huit ans. La jeune femme est d'un milieu plus aisé. Qu'à cela ne tienne, il lui fait promettre de l'attendre dix ans, le temps qu'il se fasse assez de blé pour qu'ils puissent enfin vivre ensemble, et pourquoi pas, aller se dorer la pilule sur une île des Caraïbes ou Ceylan… Mais, dix ans, c'est long.
Ça me rappelle un autre Patrick qui, quelques années plus tard, a voulu nous faire croire qu'on pouvait s'donner rendez-vous dans dix ans. Pourtant, il n'y a que les midinettes -qui n'ont pas lu Manchette- pour gober encore facilement ce genre de contes de fées. Parce qu'avec Martin, on a eu vite fait de comprendre que, malgré toute la volonté et la conviction du monde, cela ne va pas être si simple. Dans les histoires plus sombres avec quelques obsédés de la gâchette, y'en a toujours qui cherchent à nous mettre des bâtons dans les roues et à tenter de casser tous nos rêves. Dans le palmarès des plus pénibles, on a le boss qui ne voit pas d'un très bon oeil que Terrier veuille raccrocher les gants (ou plus exactement ranger son HK4 au placard).
Dix ans, pour lui, ça laisse du temps pour rayer définitivement quelques noms sur la liste des cibles dans le viseur. Et pour la fille lorsqu'on ne s'appelle pas Pénélope et qu'on n'aime pas trop faire tapisserie alors que l'autre est parti guerroyer et vivre pas mal d'aventures, on va pas forcément rester là à se tourner les pouces et à soupirer délicatement d'impatience… Faut bien passer le temps, faut bien que le corps exulte, comme dirait le grand Jacques. Et c'est chez le mari Félix que Terrier devra aller reconquérir sa belle.
Sans trop dévoiler, on peut dire qu'il y aura quelques exultations (parfois courtes), de rares sourires de Martin, si discrets qu'il ne faut pas les louper (j'aime bien pourtant quand Martin se laisse à sourire), mais aussi des corps qui prennent des coups, qui tressautent, expirent vite fait bien fait dans moult quartiers parisiens et de la banlieue. Vu le rythme de la balade, on n'a pas le temps de se prendre un guide touristique d'accord, ni de faire de belles photos souvenir non plus. Faut dire qu'y'a des boulots où on ne fait pas dans le détail, plutôt dans la précision, si vous voyez ce que je veux dire. Juste le temps de passer dans un bistrot pour s'offrir un p'tit remontant et c'est déjà reparti. Mais c'était une belle balade quand même, une de celles qu'on ne peut pas oublier.
Manchette ne fait pas dans la dentelle (ni dans les tapisseries et les descriptions à rallonge). Il y a pourtant un air de je-ne-sais-quoi, avec ces quelques notes de musique accompagnées d'un bon whisky et d'un goût de romance qui donnent à l'histoire (et à Terrier) pas mal de piquant et d'intérêt. C'est rapide et efficace comme le tir d'un silencieux, et bien plus politique et social qu'il n'y parait. Et si certains trouvent que les virées en DS donnent depuis quelques rouilles et rides à l'intrigue, pour ma part, 40 ans plus tard, c'est encore et toujours un incontournable… Merci Manchette.
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gonewiththegreen
  24 juillet 2020
C'est un des avantages des rencontres babéliotes. Quand quelqu'un me demande en ami, je vais d'abord farfouiller sa bibliothèque pour voir ce qui s'y trouve. Et une fois, je suis tombé sur des piles de JP Manchette. Qu'est ce que c'est que cet auteur au nom que n'auraient pas renié les producteurs de Groland ?
Un libraire avait aussi décidé de mettre en avant monsieur Manchette , ce qui scella notre rencontre.
Et ce fut une belle rencontre, pleine de bouts de cerveau évaporés dans la nature ou sur des murs aux couleurs psychédéliques des années 70. Pleine de rebondissement dans cette histoire qui suit un sérial killer ayant décidé de se ranger et de retrouver l'amour de sa jeunesse, Anne , à qui il avait demandé 10 ans de patience.
Bon , je me suis "culturé" sur JPM . le papa du néopolar, le pourfendeur des riches, de la religion ...
Je n'ai pas senti ce coté politique ici mais ai bien appréhendé le style singulier de l'écriture.
C'est un texte brut, sans fioriture qui nous est livré. le héro? C'est Lino Ventura dans ses films les plus durs , on est en plein dans le cinéma des années 70, auquel Manchette a apporté sa pierre ( Je suis une vraie buse en cinéma à part The Big Lebowski que je connais par coeur et bien entendu ma rencontre avec Manchette ne m'avait rien évoqué du septième art).
C'est une plongée dans le monde des années 70, il y a même des Nuts.
Il y a sans doute plusieurs niveaux de lectures possibles et l'étude psychologique de Terrier, puisque c'est ainsi que se nomme l'ancêtre du nettoyeur, est bien plus profonde que les phrases ne sont longues.
Froideur, professionnalisme rigueur certes mais aussi névrose, obstination ,troubles et fatalisme . Un peu comme Léon le nettoyeur de Besson.
Un livre direct, sans chichi, qui laisse peu de place à l'empathie mais qui livre un bon moment de lecture et qui transporte le lecteur dans ces films où les méchants se cassent, accompagnés par une bande son orchestrée par une chanteuse qui pousse des mélopées aiguës .
A très vite Mr Manchette !
PS / puisque j'ai parlé des amis babeliotes, je ne comprends pas les gens qui invitent...puis disparaissent à jamais . L'abonnement est moins cher quand on a plein d'amis ???
Prenez soin de vous et dites aux cons d'arrêter de l'être dans la sphère publique sinon on va tous être recloitrés !
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
jeranjoujeranjou   05 août 2013
-Je te demande dix ans, a dit Martin. Ce sera peut-être moins si j’ai de la chance. Si je n’en n’ai pas, il me faudra dix ans, j’ai calculé.

Anne jure de l’attendre. Elle l’embrasse en pleurant. Elle a seize ans et demi, Martin en a dix-huit.
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PavlikPavlik   23 janvier 2021
- Pourquoi êtes-vous ici ? Par conviction ?[...]
- Non, dit Terrier avec embarras. Moi, c'est seulement pour l'argent.
- Ça m'intéresse, dit la journaliste d'un air intéressé. Vous et vos collègues, vous commencez toujours à dire que c'est seulement pour l'argent. Mais en grattant un peu, on découvre des choses. En fait, j'aimerais trouver quelqu'un qui est seulement ici pour l'argent. (Elle parlait un français impeccable.) Mais je n'y crois pas. Mais je voudrais. Je veux dire : risquer sa vie juste pour de l'argent, est-ce que c'est possible ?
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RenodRenod   19 septembre 2016
- (...) Vous allez me laisser tranquille à présent, dites ?
- Mais oui.
Terrier recula un peu sur son siège et cessa de presser le canon du HK4 contre la gorge du jeune homme. Celui-ci se massa le cou en larmoyant.
- Ah ! Merci, merci !
- Porte ce message à M. Cox, lui dit Terrier en lui tirant une balle dans le cœur.
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RenodRenod   19 septembre 2016
- Dis donc, demanda Terrier, on a baisé, cette nuit ?
- Pas qu’un peu. Tu te rappelles pas ?
- Pas tellement. J’étais bien ?
- T’étais bourré.
- Mais pour un mec bourré, dit Terrier, est-ce que j’étais bien ?
-Tu fais chier, observa la fille.
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RabanetRabanet   08 septembre 2010
-Arrête tes conneries, Félix, murmura distraitement Anne.
Qu’est-ce que tu aimes, toi ? demanda Félix à Terrier, d’un air goguenard et il jeta un coup d’œil à Anne et ramena son regard sur Terrier perplexe et précisa : Comme musique, par exemple ?
Terrier haussa les épaules. Félix porta son verre à ses lèvres et voulut le vider d’un trait.
Maria Callas, dit Terrier.
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Vidéo de Jean-Patrick Manchette
Gilles Magniont présente "les Lettres du mauvais temps : correspondance 1977-1995" de Jean-Patrick Manchette aux éditions La Table ronde.
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